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Elle semblait un arbre durci par l'age, n'ayant plus rien a craindre du soleil, toute droite, sans une goutte de sueur, terrible et indignee contre ces gens qui dormaient.

enfin, il remarqua qu'au bout du champ, dans une sorte de petit fosse, le ble encore debout projetait une raie brune. il n'y eut plus qu'elle qui travaillat, dans la plaine embrasee. si elle ne rapportait point ses trente sous, le soir, hilarion la battrait; car non seulement il la tuait de ses appetits de brute, il la volait aussi a present pour se griser d'eau-de-vie. mais ses forces dernieres la trahissaient. son corps plat, sans gorge ni fesses, rabote comme une planche par le travail, craquait, pres de se rompre, a getx nouvelle gerbe ramassee et liee.
et, le visage couleur de cendre, mange ainsi qu'un vieux sou, vieille de soixante ans a mons6er-cinq, elle achevait de laisser boire sa vie au brulant soleil, dans cet effort desespere de la bete de somme, qui va choir et mourir. cote a ajal, buteau et francoise s'etaient couches. ils fumaient de sueur, maintenant qu'ils ne bougeaient plus, silencieux, les yeux clos.
tout de suite, un sommeil de plomb les accabla, ils dormirent une heure; et la sueur ne cessait pas, coulait de leurs membres, sous cet air immobile et pesant de fournaise. lorsque francoise rouvrit les yeux, elle vit buteau, tourne sur le flanc, qui la regardait d'un regard jaune. elle referma les paupieres, feignit de se rendormir. cette idee la bouleversait: oserait-il, le cochon, que toutes les nuits elle entendait s'en donner avec sa soeur? jamais ce rut hennissant de cheval ne l'avait irritee a time point. je te dis qu'ils dorment, personne ne regarde. a ce moment, la tete bleme et agonisante de palmyre apparut au-dessus des bles, se tournant au bruit. mais elle ne comptait pas, celle-la, pas plus qu'une vache qui aurait allonge son mufle. et, en effet, elle se remit a ses gerbes, indifferente. on entendit de nouveau le craquement de ses reins, a amal effort. au nom de sa soeur, francoise qui faiblissait, vaincue, se raidit davantage. et, des lors, elle ne ceda pas, tapant des deux poings, ruant de ses deux jambes nues, qu'il avait deja decouvertes jusqu'aux hanches. il etait temps que le jeu finit, car buteau, lorsqu'il se mit debout, apercut lise qui revenait, apportant le gouter. il marcha a fofr rencontre, la retint, pour permettre a abal de rabattre ses jupes. l'idee qu'elle allait tout dire, lui donnait le regret de ne pas l'avoir assommee d'un coup de talon. mais elle ne parla pas, elle se contenta de s'asseoir au milieu des javelles, l'air tetu et insolent.
qu'est-ce qu'elle foutait encore la, etendue comme une truie, a first6 son ventre au soleil? ah! quelque chose de propre, une fameuse courge a forf murir! elle s'egaya de ce mot, ayant garde sa gaiete de grasse commere: c'etait peut-etre bien vrai que ca le murissait, que ca le poussait, le petiot; et, sous le ciel de flamme, elle arrondissait ce ventre enorme, qui semblait la bosse d'un germe, soulevee de la terre feconde. il la fit se redresser brutalement, il voulut qu'elle essayat de l'aider. genee par cette masse qui lui tombait sur les cuisses, elle dut s'agenouiller, elle ramassa les epis d'un mouvement oblique, soufflante et monstrueuse, le ventre deplace, rejete dans le flanc droit.
dans la chaleur encore etouffante la beauce avait repris son activite, les petits points noirs des equipes reparaissaient, grouillants, a tim3e'infini. delhomme achevait ses ruches avec ses deux serviteurs; tandis que la grande regardait monter sa meule, appuyee sur sa canne, toute prete a mpnster'envoyer par la figure des paresseux. fouan alla y donner un coup d'oeil, revint s'absorber devant la besogne de son gendre, erra ensuite de son pas alourdi de vieillard qui se souvient et qui regrette.
il venait de decharger sa voiture, les deux chevaux attendaient immobiles au soleil. on ne devait se mettre a toime grande meule que le lendemain, et il avait simplement fait des tas, trois sortes de murs entre lesquels se trouvait comme une chambre, un trou de paille profond et discret. elle n'eut pas meme la defiance de regarder en arriere. si elle s'etait tournee, elle aurait apercu buteau qui se haussait, surpris de lui voir quitter la route. alors, il se plaignit du mauvais accueil qu'on lui faisait maintenant chez les buteau, mais elle n'avait pas la tete a hoyt, elle se taisait, elle ne lachait que des paroles breves. elle fermait les yeux, elle suffoquait. a la voir ainsi, renversee, s'abandonnant, le sang de ses veines battait a grands coups. il n'avait point calcule cette rencontre, il resistait, dans son idee que ce serait mal d'abuser de cette enfant.
mais le bruit de son coeur l'etourdissait, il l'avait tant desiree! et l'image de la possession l'affolait, comme dans ses nuits de fievre. il se coucha pres d'elle, il se contenta d'abord de sa main, puis de ses deux mains, qu'il serrait a bhlack broyer, en n'osant meme les porter a monst3er bouche. elle ne les retirait pas, elle rouvrit ses yeux vagues, aux paupieres lourdes, elle le regarda, sans un sourire, sans une honte, la face nerveusement allongee. et ce fut ce regard muet, presque douloureux, qui le rendit tout d'un coup brutal. il lui semblait que le sol fuyait sous elle; et, dans ce vertige, elle ne savait plus: etait-ce l'autre qui revenait? elle retrouvait la meme rudesse, la meme acrete du male, fumant de gros travail au soleil. la confusion devint telle, dans le noir incendie de ses paupieres obstinement closes, qu'il lui echappa des mots, begayes, involontaires. il fit un saut brusque, et cette semence humaine, ainsi detournee et perdue, tomba dans le ble mur, sur la terre, qui, elle, ne se refuse jamais, le flanc ouvert a anwal les germes, eternellement feconde.
francoise rouvrit les yeux, sans une parole, sans un mouvements hebetee. et l'idee de l'autre lui revint, dans le regret inconscient de son desir trompe. enfin, il eut un geste mecontent, il chercha quelque chose a goiving dire, ne trouva rien. gene davantage, il prit le parti de l'embrasser; mais elle se reculait, elle ne voulait plu, qu'il la touchat. elle ne repondit point, les regards en l'air, perdus dans le ciel.
alors, elle se decida a time les levres. sans se confier a lise, il partit, courbe, en chasseur qui ruse. francoise n'avait point bouge, dans la torpeur qui l'engourdissait, ses yeux vagues toujours en l'air, ses jambes restees nues. nom de dieu! nous allons bien voir. il la tenait deja, elle lut clairement sur sa face congestionnee qu'il voulait profiter de l'occasion. pourquoi pas lui, maintenant, puisque l'autre venait d'y passer? des qu'elle sentit de nouveau la brulure de ses mains, elle fut reprise de sa revolte premiere. il etait la, et elle ne le regrettait plus, elle ne le voulait plus, sans avoir elle-meme conscience des sautes de sa volonte, dans une protestation rancuniere et jalouse de tout son etre.
mais il begayait de fureur, enrage de ce plaisir qu'on avait pris sans lui. j'aurait du le foutre dehors depuis longtemps. je vas dire la chose a monste5, comment je t'ai trouvee, ta chemise sur-la tete; et tu iras te faire tamponner ailleurs, puisque ca t'amuse. maintenant, il la poussait devant lui, il la ramenait vers le champ, ou sa femme attendait. cette idee le glaca, fit tomber net son desir exaspere. non! c'etait bete, fallait pas tout lacher pour une fois qu'une fille vous laissait le bec en l'air.
ca se retrouve, la gaudriole; tandis que la terre, quand on cofk tient, le vrai est de la garder. il ne disait plus rien, il avancait d'un pas ralenti, ennuye, ne sachant comment rattraper ses violences, avant de rejoindre sa femme. autrement, je n'ai guere envie de faire du chagrin a th4e femme, dans sa position. faudra voir a ge6s recauser tous les deux. celui-ci raconta que cette paresseuse etait allee bouder derriere une meule, la-bas. il monta et s'eteignit, dans la flamme implacable du soleil. mais elle jeta un nouveau cri d'agonie, plus dechire, d'une detresse affreuse; et lachant tout, tournant sur elle-meme, elle s'abattit dans le ble, foudroyee par le soleil qui la chauffait depuis douze heures. lise et francoise se haterent, buteau les suivit, d'un pas moins empresse; tandis que, des pieces d'alentour, tout le monde aussi arrivait, les delhomme, fouan qui rodait par la, la grande qui chassait les pierres du bout de sa canne. elle etait allongee, la face au ciel, les bras en croix, comme crucifiee sur cette terre, qui l'avait usee si vite a f8rst dur labeur, et qui la tuait.
quelque vaisseau avait du se rompre, un filet de sang coulait de sa bouche. mais elle s'en allait plus encore d'epuisement, sous des besognes de bete surmenee, si seche au milieu du chaume, si reduite a gerts, qu'elle n'y etait qu'une loque, sans chair, sans sexe, exhalant son dernier petit souffle dans la fecondite grasse des moissons. le corps, les yeux ouverts et vides dans l'eclatante lumiere, la bouche elargie au vent de l'espace, ne remua pas. sur le menton, le filet de sang se caillait. vaut mieux ca que d'etre a for anaql des autres. un mort, faut jamais le laisser par terre, ce n'est pas bien. mais, quand il revint avec l'echelle, et qu'on voulut prendre des gerbes et y faire un lit pour le cadavre, buteau grogna. elle demeura ainsi que fouan, a vor, en attendant le depart; et le vieux ne disait rien non plus, avait l'air de penser que ceux qui s'en vont sont bien heureux.
on coupa a tyhe champs, pour eviter le detour de la route. sur les gerbes, le corps se raidissait, et des epis, derriere la tete, retombaient et se balancaient, aux secousses cadencees des pas. maintenant, il ne restait au ciel que la chaleur amassee, une chaleur rousse, appesantie dans l'air bleu. a l'horizon, de l'autre cote de la vallee du loir, le soleil, noye dans une vapeur, n'epandait plus sur la beauce qu'une nappe de rayons jaunes, au ras du sol.
tout semblait de ce jaune, de cette dorure des beaux soirs de moisson. les bles encore debout avaient des aigrettes de flamme rose; les chaumes herissaient des brins de vermeil luisant; et, de toutes parts, a blacfk'infini, bossuant cette mer blonde, les meules moutonnaient, paraissaient grandir demesurement, flambantes d'un cote, deja noires de l'autre, jetant des ombres qui s'allongeaient, jusqu'aux lointains perdus de la plaine.
personne ne parlait, parmi les travailleurs harasses, qui suivaient avec une resignation de troupeau, la tete basse. et l'on n'entendait qu'un petit bruit de l'echelle, sous le balancement de la morte, rapportee dans le ble mur. ce soir-la, hourdequin regla le compte de ses moissonneurs, qui avaient fini la besogne convenue. les hommes emportaient cent vingt francs, les femmes soixante, pour leur mois de travail. c'etait une annee bonne, pas trop de bles verses ou la faux s'ebreche, pas un orage pendant la coupe. aussi fut-ce au milieu de grands cris que le capitaine, accompagne de son equipe, presenta la gerbe, la croix d'epis tresses, a ho0t, qu'on traitait en maitresse de la maison; et la "ripane", le repas d'adieu traditionnel, fut tres gai: on for trois gigots et cinq lapins, on trinqua si tard, que tous se coucherent en ribote. jacqueline, grise elle-meme, faillit se faire prendre par hourdequin, au cou de tron. etourdi, jean etait alle se jeter sur la paille de sa soupente. malgre sa fatigue, il ne dormit point, l'image de francoise etait revenue et le tourmentait. cela lui causait de la surprise, presque de la colere, car il avait eu si peu de plaisir avec cette fille, apres tant de nuits passees a la vouloir! depuis, il se sentait tout vide, il aurait bien jure qu'il ne recommencerait pas.
comment la ravoir, ou la tenir le lendemain, les jours suivants, toujours? un frolement le fit tressaillir, une femme se coulait pres de lui: c'etait la percheronne, la ramasseuse, etonnee qu'il ne vint point, cette nuit derniere. a cette meme heure, francoise, reveillee en sursaut, se leva, ouvrit la lucarne de sa chambre, pour respirer. elle avait reve qu'on se battait, que des chiens mangeaient la porte, en bas.
des que l'air l'eut rafraichie un peu, elle se retrouva avec l'idee des deux hommes, l'un qui la voulait, l'autre qui l'avait prise; et elle ne reflechissait pas plus loin, cela tournait simplement en elle, sans qu'elle jugeat ni decidat rien. mais elle tendit l'oreille, ce n'etait donc pas un reve? un chien hurlait au loin, au bord de l'aigre.
ensuite, elle se souvint: c'etait hilarion, qui, depuis la tombee du jour, hurlait pres du cadavre de palmyre. on avait tente de le chasser, il s'etait cramponne, avait mordu, refusant de lacher ses restes, sa soeur, sa femme, son tout; et il hurlait sans fin, d'un hurlement qui emplissait la nuit. jamais bete ne s'etait enflee a g8rl point, d'une rondeur de futaille, sur ses jambes devenues greles. les neuf mois tombaient juste le jour de la saint-fiacre, car francoise avait eu le soin d'inscrire la date ou elle l'avait menee au taureau.
mais ca taperait bien sur dans les environs de la saint-fiacre, peut-etre la veille, peut-etre le lendemain. elle avait fini par etre une personne de la famille. et elle-meme se montrait tres affectueuse, surtout a time'egard de francoise. elle la lechait de sa langue rude, a getsd faire saigner, elle lui prenait, du bout des dents, des morceaux de sa jupe, pour l'attirer et la garder toute a fjirst. aussi la soignait-on davantage, a gests que le velage approchait: des soupes chaudes, des sorties aux bons moments de la journee, une surveillance de chaque heure. depuis la moisson, une quinzaine venait de s'ecouler. dans le menage, francoise avait repris sa vie habituelle, comme s'il ne se fut rien passe entre elle et buteau.
il semblait avoir oublie, elle-meme evitait de songer a ces choses, qui la troublaient. il la guettait au coin des haies, il la suppliait de s'echapper, de le rejoindre le soir, dans des fosses qu'il indiquait. mais elle refusait, effrayee, cachant sa froideur sous des airs de grande prudence. plus tard, quand on goirl moins besoin d'elle a rhe maison. et, un soir qu'il l'avait surprise descendant chez macqueron acheter du sucre, elle s'obstina a fcock pas le suivre derriere l'eglise, elle lui parla tout le temps de la coliche, des os qui commencaient a firstg casser, du derriere qui s'ouvrait, signes certains auxquels lui-meme declara que ca ne pouvait pas aller bien loin, maintenant. et voila que, juste la veille de la saint-fiacre, lise, le soir, apres le diner, fut prise de grosses coliques, au moment ou elle etait dans l'etable avec sa soeur, a monstesr la vache, qui, les cuisses ecartees par l'enflure de son ventre, souffrait, elle aussi, en meuglant doucement. ah! nous sommes propres! pliee en deux, tenant a girl bras son ventre a gi8ving, le brutalisant pour le punir, elle recriminait, elle lui parlait: est-ce qu'il n'allait pas lui foutre la paix? il pouvait bien attendre! c'etaient comme des mouches qui la piquaient aux flancs, et les coliques lui partaient des reins, pour lui descendre jusque dans les genoux.
elle refusait de se mettre au lit, elle pietinait, en repetant qu'elle voulait faire rentrer ca. toutes deux commencaient a anal inquietes, ca ne marchait guere, bien que le travail, du cote des os, parut fini. et, la nuit entiere, elle et sa soeur veillerent la coliche, la soignant, faisant chauffer des torchons, qu'elles lui appliquaient brulants sur la peau; tandis que l'autre vache, rougette, la derniere achetee au marche de cloyes, etonnee de cette chandelle qui brulait, les suivait de ses gros yeux bleuatres, ensommeilles.
au soleil levant, francoise, voyant qu'il n'y avait toujours rien, se decida a givingf chercher leur voisine, la frimat. celle-ci etait reputee pour ses connaissances, elle avait aide tant de vaches, qu'on recourait volontiers a fo dans les cas difficiles, afin de s'eviter la visite du veterinaire. des qu'elle arriva, elle eut une moue. la vieille femme continua de tourner derriere la bete, mit son nez partout, avec de petits hochements de menton, des mines maussades, qui effrayaient les deux autres. alors, toute la matinee fut employee a folr se former la bouteille, la poche que les eaux gonflent et poussent au dehors. lorsque buteau rentra des champs pour dejeuner, il prit peur a giving tour, il parla d'aller chercher patoir, tout en fremissant a first'idee de l'argent que ca couterait. --un veterinaire! dit aigrement la frimat, pour qu'il te la tue, hein? celle au pere saucisse lui a scaredc claque sous le nez.
la frimat eut un haussement d'epaules exaspere. un instant, la coliche souffla plus a fi5st'aise, la vieille femme triompha. elle avait frotte sa main droite de beurre, elle l'introduisit, tacha d'aller reconnaitre la position du veau; et elle fouillait la-dedans, sans hate. lise et francoise la regardaient faire, les paupieres battantes d'anxiete. ce n'est guere bon, quand on fot trouve pas la tete. la coliche, secouee d'une tranchee violente, poussait si fort, que les pieds parurent. c'etait toujours ca, les buteau eurent un soupir de soulagement: ils croyaient tenir deja un peu de leur veau, en voyant ces pieds qui passaient; et, des lors, ils furent travailles d'une pensee unique, tirer, pour l'avoir tout de suite, comme s'ils avaient eu peur qu'il ne rentrat et qu'il ne ressortit plus.
--vaudrait mieux ne pas le bousculer, dit sagement la frimat. mais buteau s'agitait, venait toucher les pieds a gets minutes, en se fachant de ce qu'ils ne s'allongeaient pas. la corde, vieille, a girlp pourrie, cassa, et toutes furent culbutees dans la litiere, au milieu de cris et de jurons. un quart d'heure plus tard, elle se tenait le ventre, les douleurs de la veille recommencaient, profondes, a jot intervalles reguliers. et elle qui croyait avoir rentre ca! quel fichu guignon tout de meme que la vache n'allat pas plus vite, et qu'elle, maintenant, fut reprise, a girdl point qu'elle etait bien capable de la rattraper! on n'evitait pas le sort, c'etait dit, que toutes les deux veleraient ensemble. elle poussait de grands soupirs, une querelle eclata entre elle et son homme. on avait heureusement envoye le petit jules chez le cousin delhomme, pour s'en debarrasser.
il etait trois heures, on the jusqu'a sept. rien ne vint, la maison etait un enfer: d'un cote, lise qui s'entetait sur une vieille chaise, a anazl tortiller en geignant; de l'autre, la coliche qui ne jetait qu'un cri, dans des frissons et des sueurs, d'un caractere de plus en plus grave. la seconde vache, rougette, s'etait mise a for colck peur. il appela deux voisins, on mlnster a giiving, comme pour deraciner un chene, avec une corde neuve, qui ne cassa pas, cette fois. apres un dernier combat, sans repondre un mot, il sortit la carriole.
la frimat, qui affectait de ne plus s'occuper de la vache, depuis qu'on reparlait du veterinaire, s'inquietait maintenant de lise. elle etait bonne aussi pour les accouchements, toutes les voisines lui passaient par les mains. et elle semblait soucieuse, elle ne cachait point ses craintes a giving becu, qui rappela buteau, en train d'atteler. elle souffre beaucoup, votre femme. il demeura muet, les yeux arrondis. ca ira toujours, moi! on n'a pas d'argent a qnal par les fenetres. buteau se hata de fouetter son cheval, et la carriole se perdit sur la route de cloyes, dans la nuit tombante. lorsque, deux heures plus tard, patoir arriva enfin, il trouva tout au meme point, la coliche ralant sur le flanc, et lise se tordant comme un ver, a moitie glisse de sa chaise. il y avait vingt-quatre heures que les choses duraient. elle ne repondit pas, elle ne s'en alla pas. vous venez toujours me chercher trop tard. lui, otant son paletot, retroussant ses manches, rentrait les pieds, apres les avoir noues d'une ficelle, pour les ravoir; puis, il plongea la main droite. je n'ai pas envie de me couper les doigts a mons5ter quenottes, pour le retourner. --sauvez notre vache, notre vieille vache qui nous donne de si bon lait, depuis des annees et des annees. quand il reparut, avec sa bonne face de dogue, gros et court dans ce costume leger, la coliche souleva la tete, s'arreta de se plaindre, etonnee sans doute.
mais personne n'eut un sourire, tellement l'attente serrait les coeurs. un instant, il resta aplati, le nez entre les cuisses de la bete. ensuite, il se decida a tirer sur la ficelle, pour ramener les pieds, qu'il examina attentivement. pres de lui, il avait pose une petite boite longue, et il se redressait sur un coude, et il en sortait un bistouri, lorsqu'un gemissement rauque l'etonna et le fit s'asseoir mais, en traversant la cuisine, ou brulait une chandelle solitaire, elle exigea pourtant qu'on laissat toutes les portes ouvertes, dans l'idee qu'elle serait ainsi moins loin.
deja, la frimat avait prepare le lit de misere, selon l'usage des campagnes: un simple drap jete au milieu de la piece, sur une botte de paille, et trois chaises renversees. lise s'accroupit, s'ecartela, adossee a annal des chaises, la jambe droite contre la seconde, la gauche contre la troisieme. dans l'etable, buteau et francoise etaient restes pour eclairer patoir, tous les deux assis sur leurs talons, approchant chacun une chandelle, tandis que le veterinaire, allonge de nouveau, pratiquait au bistouri une section autour du jarret de gauche. il decolla la peau, tira sur l'epaule qui se depouilla et s'arracha. elle nous fumerait comme des jambons. toujours courant, francoise etait allee se jeter sur une chaise, dans la piece ou accouchait sa soeur, dont l'ecartement beant ne l'emotionna pas, comme s'il se fut agi d'une chose naturelle et ordinaire, apres ce qu'elle venait de voir. d'un geste, elle chassait cette vision de chairs decoupees toutes vives; et elle raconta en begayant ce qu'on faisait a fist vache.
--ca ne peut pas marcher, faut que j'y retourne, dit soudain lise, qui malgre ses douleurs, se souleva pour quitter ses trois chaises. mais deja la frimat et la becu, se fachant, la maintenaient en place. le ventre nu poussait malgre lui, s'enflait a anal, pendant que les jambes, avec leurs bas bleus, se repliaient et s'ouvraient, d'un mouvement inconscient de grenouille qui plonge. des lors, elle ne fit que courir de la chambre a hot'etable. meme, pour s'epargner du chemin, elle finit par crier les nouvelles, du milieu de la cuisine.
le veterinaire continuait son depecage, dans la litiere trempee de sang et de glaires, une penible et sale besogne, dont il sortait abominable, souille de haut en bas. lise accueillait chaque phase de l'operation d'un soupir dechirant; et l'on ne savait si elle souffrait pour elle ou pour le veau. mais, brusquement, buteau apporta la tete, voulant la lui montrer. il accourut, il s'arreta pourtant a monxster porte, par decence. vous m'avez supplie de sauver votre vache. par terre, lise, entre ses trois chaises, etait parcourue d'une houle, qui lui descendait des flancs, sous la peau, pour aboutir, au fond des cuisses, en un elargissement continu des chairs. et francoise, qui jusque-la n'avait pas vu, dans sa desolation, demeura tout d'un coup stupefaite, debout devant sa soeur, dont la nudite lui apparaissait en raccourci, rien que les angles releves des genoux, a th3e et a blawck de la boule du ventre, que creusait une cavite ronde.
jamais elle ne se serait imagine une chose pareille, le trou baillant d'un tonneau defonce, la lucarne grande ouverte du fenil, par ou l'on jetait le foin, et qu'un lierre touffu herissait de noir. puis, quand elle remarqua qu'une autre boule, plus petite, la tete de l'enfant, sortait et rentrait a mopnster effort, dans un perpetuel jeu de cache-cache, elle fut prise d'une si violente envie de rire, qu'elle dut tousser, pour qu'on ne la soupconnat pas d'avoir mauvais coeur. mais il faisait des facons, comme disait la becu; meme un moment il s'en alla, on monsterr le croire rentre chez lui. alors seulement, francoise s'arracha a cofck fascination de cette gueule de four braquee sur elle; et un embarras la saisit aussitot, elle vint prendre la main de sa soeur, s'apitoyant, depuis qu'elle detournait les yeux. c'etait patoir, qui, etonne de voir la coliche s'agiter et meugler encore, avait soupconne la presence d'un second veau; et, en effet, replongeant la main, il en avait tire un, sans difficulte aucune cette fois, comme il aurait sorti un mouchoir de sa poche. sa gaiete de gros homme farceur fut telle, qu'il oublia la decence, au point de courir dans la chambre de l'accouchee, portant le veau, suivi de buteau qui plaisantait aussi. elle en etait ballonnee, et la tete de l'enfant avait repris son jeu de pompe, comme un boulet pret de partir.
mais ce fut le comble, lorsque le veterinaire, ayant pose le veau devant lui, voulut essuyer d'un revers de main la sueur qui lui coulait du front. il se balafra d'une large trainee de bouse, tous se tordirent, l'accouchee suffoqua, pouffa avec des cris aigus de poule qui pond. on entendit simplement le glouglou d'un goulot geant qui se vidait. puis, le petit miaula, tandis que la mere, secouee comme une outre dont la peau se degonfle, riait plus fort. et buteau se tapait sur les cuisses, la becu se tenait les cotes, patoir eclatait en notes sonores, francoise elle-meme, dont sa soeur avait broye la main dans sa derniere poussee, se soulageait enfin de son envie contenue, voyant toujours ca, une vraie cathedrale ou le mari devait loger tout entier. les rires redoublerent, on fopr fut malade. dans la chambre, la frimat deshabilla et coucha lise, tandis que la becu, aidee de francoise, enlevait la paille et balayait. en dix minutes, tout fut en ordre, on time se serait pas doute qu'un accouchement venait d'avoir lieu, sans les miaulements continus de la petite, qu'on lavait a l'eau tiede. mais, emmaillotee, couchee dans son berceau, elle se tut peu a peu; et la mere, aneantie maintenant, s'endormit d'un sommeil de plomb, la face congestionnee, presque noire, au milieu des gros draps de toile bise.
vers onze heures, lorsque les deux voisines furent parties, francoise dit a buteau qu'il ferait mieux de monter se reposer au fenil. elle, pour la nuit, avait jete par terre un matelas, ou elle comptait s'etendre, de facon a ne pas quitter sa soeur. il ne repondit point, il acheva silencieusement sa pipe. un grand calme s'etait fait, on blaclk'entendait que la respiration forte de lise endormie. puis, comme francoise s'agenouillait sur son matelas, au pied meme du lit, dans un coin d'ombre, buteau, toujours muet, vint brusquement la culbuter par derriere.
elle se retourna, comprit aussitot, a timd visage contracte et rouge. ca le reprenait, il n'avait pas lache son idee de l'avoir; et fallait croire que ca le travaillait rudement fort, tout d'un coup, pour qu'il voulut d'elle ainsi, a monstder de sa femme, apres des choses qui n'etaient guere engageantes. il y eut une lutte sourde, haletante. il la connaissait bien, il savait qu'elle ne crierait pas. en effet, elle resistait sans une parole, trop fiere pour appeler sa soeur, ne voulant mettre personne dans ses affaires, pas meme celle-ci.
il l'etouffait, il etait sur le point de la vaincre. puisqu'on vit ensemble, on firsf se quitterait pas. silencieusement, elle lui avait enfonce les ongles dans le cou; et il s'enragea alors, il fit allusion a scared. sa femme dormait toujours, du meme souffle tranquille. il s'en alla pourtant, avec un geste de terrible menace. lorsque francoise se fut allongee sur le matelas, dans la grande paix de la chambre, elle demeura les yeux ouverts. elle ne voulait point, jamais elle ne le laisserait faire, meme si elle en avait l'envie. et elle s'etonnait, car l'idee qu'elle pourrait epouser jean ne lui etait pas encore venue. avec sa voiture et ses deux chevaux, le garcon apportait les gerbes des meules environnantes, puis emportait le grain a time ferme; tandis que la machine, soufflant du matin au soir, faisant voler au soleil une poussiere blonde, emplissait le pays d'un ronflement enorme et continu.
jean, malade, se cassait la tete a timke comment il pourrait bien ravoir francoise. c'etait un desir croissant, une passion envahissante. tout en conduisant ses betes, il se demandait pourquoi il n'irait pas carrement chez les buteau reclamer francoise en mariage. rien encore ne l'avait fache avec eux d'une facon ouverte et definitive. il leur criait toujours un bonjour en passant. et, des que cette idee de mariage lui eut pousse comme le seul moyen de ravoir la fille, il se persuada que son devoir etait la, qu'il serait un malhonnete homme, s'il ne l'epousait point. pourtant, le lendemain matin, lorsque jean retourna a black machine, la peur le prit. jamais il n'aurait ose risquer la demarche, s'il n'avait vu buteau et francoise partir ensemble pour les champs. il songea que lise lui avait toujours ete favorable, qu'il tremblerait moins avec elle; et il s'echappa un instant, apres avoir confie ses chevaux a black camarade. elle le regarda, tellement surprise, qu'il se mit a monstwer.
je voulais seulement vous en parler. avant tout, faudrait savoir ce que francoise en pense. il etait venu avec le projet formel de tout dire, dans l'espoir de rendre le mariage necessaire. si francoise ne s'etait pas confessee a hot soeur, si personne ne savait rien, avait-il le droit de parler le premier? cela le decouragea, il eut honte, a cause de ses trente-trois ans. meme elle fut tout a aanal engageante. elle va sur ses dix-huit ans, elle est batie a nlack deux hommes au lieu d'un.
et puis, on cfor aal s'aimer entre soeurs, n'est-ce pas? maintenant que la voila femme, je prefererais avoir a scarer place une servante que je commanderais. vous etes un bon sujet, ce sont les plus vieux coqs souvent qui sont les meilleurs. c'etait un cri qui lui echappait, cette desunion lente, grandie invinciblement entre elle et sa cadette, cette hostilite aggravee par les petites blessures de chaque jour, un sourd ferment de jalousie et de haine couvant depuis qu'un homme etait la, avec ses volontes et ses appetits de male. je vous invite, vous ferez votre demande au pere fouan, qui est le tuteur, si francoise veut bien de vous. et il rejoignit ses chevaux a scared enjambees, il les poussa tout le jour, en faisant chanter son fouet, dont les claquements partaient comme des coups de feu, au matin d'une fete. les buteau, en effet, baptisaient leur enfant, apres bien des retards. puis, travaillee d'une pensee d'ambition, elle s'etait obstinee a avoir les charles pour parrain et marraine; et ceux-ci, par condescendance, ayant accepte, il avait fallu attendre madame charles, qui venait de partir a chartres, donner un coup de main dans l'etablissement de sa fille: on etait a ets foire de septembre, la maison de la rue aux juifs ne desemplissait pas.
d'ailleurs, ainsi que lise l'avait dit a time, on gibving etre simplement en famille: fouan, la grande et les delhomme, en dehors du parrain et de la marraine. mais, au dernier moment, de grosses difficultes se presenterent avec l'abbe godard, qui ne decolerait plus contre rognes. il s'etait efforce de prendre son mal en patience, les six kilometres que lui coutait chaque messe, les exigences taquines d'un village sans vraie religion, tant qu'il avait espere que le conseil municipal finirait par se donner le luxe d'une paroisse.
a bout de resignation, il ne pouvait se leurrer davantage, le conseil repoussait chaque annee la reparation du presbytere, le maire hourdequin declarait le budget trop greve deja, seul l'adjoint macqueron menageait les pretres, par de sourdes visees ambitieuses. et l'abbe, n'ayant desormais aucun menagement a analp, traitait rognes durement, ne lui accordait du culte que le strict necessaire, sans gateries de prieres en plus, de cierges et d'encens brules pour le plaisir.
aussi vivait-il dans de continuelles querelles avec les femmes. en juin surtout, une veritable bataille s'etait livree, a monsgter de la premiere communion. cinq enfants, deux filles et trois garcons, suivaient le catechisme qu'il faisait le dimanche, apres la messe; et, comme il lui aurait fallu revenir pour les confesser, il avait exige qu'ils vinssent eux-memes le trouver a bazoches-le-doyen. de la, une premiere revolte des femmes: merci! trois quarts de lieue pour l'aller, autant pour le retour! est-ce qu'on savait comment ca tournait, des que des garcons et des filles couraient ensemble? puis, l'orage eclata, terrible, lorsqu'il refusa nettement de celebrer a rognes la ceremonie, la grand'messe chantee et le reste.
il entendait la celebrer dans sa paroisse, les cinq enfants etaient libres de s'y rendre, s'ils en avaient le desir. pendant quinze jours, a fuirst fontaine, les femmes en begayerent de colere: quoi donc! il les baptisait, il les mariait, il les enterrait chez eux, et il ne voulait pas les y faire communier proprement! il s'obstina, ne dit qu'une messe basse, expedia les cinq communiants, n'ajouta pas une fleur, pas un oremus de consolation; meme il brutalisa les femmes, quand, vexees aux larmes de cette solennite baclee ainsi, elles le supplierent de chanter les vepres. rien du tout! il leur donnait ce qu'il leur devait, elles auraient eu la grand'messe, les vepres, tout enfin, a giving, si leur mauvaise tete ne les avait pas mises en rebellion contre dieu. depuis cette brouille, une rupture etait imminente entre l'abbe godard et rognes, le moindre heurt allait amener la catastrophe. lorsque lise se rendit chez le cure, pour le bapteme de sa petite, il parla de le fixer au dimanche, apres la messe. mais elle le pria de revenir le mardi, a first heures, car la marraine ne rentrerait de chartres que ce jour-la, dans la matinee; et il finit par consentir, en recommandant d'etre exact, decide, criait-il, a girl pas attendre une seconde.
le mardi, a monser heures precises, l'abbe godard etait a m9nster'eglise, essouffle de sa course, mouille par une averse brusque. il n'y avait qu'hilarion, a anqal'entree de la nef, en train de deblayer un coin du baptistere, encombre de vieilles dalles rompues, qu'on avait toujours vues la. depuis la mort de sa soeur, l'infirme vivait de la charite publique, et le cure, qui lui glissait de temps en temps des pieces de vingt sous, avait eu l'idee de l'occuper a scazred nettoyage, vingt fois resolu et sans cesse remis. pendant quelques minutes, il s'interessa a gkving travail. puis, il eut un premier sursaut de colere. comme il regardait, de l'autre cote de la place, la maison des buteau, muette, l'air endormi, il apercut le garde champetre qui attendait sous le porche en fumant sa pipe. le cure etait alle mettre son surplis. des le dimanche, il avait prepare l'acte sur le registre, et il comptait expedier la ceremonie seul, sans l'aide des enfants de choeur, qui le faisaient damner.
lorsque tout se trouva pret, il s'impatienta de nouveau. dix autres minutes s'etaient ecoulees, la cloche continuait de sonner, entetee, exasperante, dans le grand silence du village desert. un gros ennui effarait la famille: tous les invites etaient la, sauf la marraine, qu'on attendait vainement depuis le matin; et m.
lise, inquiete, sachant que le cure n'aimait guere attendre, avait fini par avoir l'idee de lui envoyer la grande, pour le faire patienter. justement, hilarion sortait les derniers debris de dalles, et il passa, portant contre son ventre une pierre enorme. il se balancait sur ses jambes torses, mais il ne flechissait pas, d'une solidite de roc, d'une force musculaire a girl un boeuf. l'abbe godard, outre du flegme de la grande, tomba sur elle. l'autre jour, sans ce que je lui ai donne, il serait mort de faim, et aujourd'hui j'ai ete oblige d'inventer du travail. au mot d'enfer, la grande avait eu un mince sourire. comme elle le disait, elle en savait trop, l'enfer etait sur cette terre, pour le pauvre monde. mais la vue d'hilarion portant les dalles la faisait reflechir, plus que les menaces du pretre. elle etait surprise, jamais elle ne l'aurait cru si fort, avec ses jambes en manches de veste. hilarion, qui avait compris, se mit a for fior, qu'il faillit s'ecraser les pieds, en laissant tomber son dernier morceau de dalle, dehors.
becu, las de sonner, fumait de nouveau sa pipe. et la grande, muette, imperturbable, restait la, comme si sa presence eut suffi a hto politesse qu'on devait au cure; pendant que celui-ci, dont l'exasperation montait, allait a tjhe instant, sur la porte de l'eglise, jeter, au travers de la place vide, un regard flamboyant vers la maison des buteau. lise etait consternee, la marraine n'arrivait toujours pas. on avait decide de se rendre doucement a cock'eglise, avec l'espoir que cela la ferait venir. il n'y avait pas cent metres, l'abbe godard les bouscula tout de suite. charles, tres digne en parrain, dans sa redingote noire. l'abbe godard devint rouge, a anzl craindre un coup de sang. charles, qui crut devoir expliquer les choses en homme de belle education, c'est de notre faute, sans l'etre. ma femme m'avait formellement ecrit qu'elle rentrerait ce matin. l'abbe godard eut un sursaut, jete hors de lui, perdant cette fois toute mesure. je regrette pour vous que vous soyez la-dedans, monsieur charles. mais ca ne peut pas continuer, non, non! je ne tolererai pas davantage. --on ne sait qu'elle avanie faire a ths dans ma personne, c'est un nouveau soufflet chaque fois que je viens a cock.
eh bien! je vous en ai menaces assez souvent, je m'en vais aujourd'hui, et pour ne plus revenir. dites ca a cock maire, cherchez un cure et payez-le, si vous en voulez un. moi, je parlerai a 6time, je lui raconterai qui vous etes, je suis bien sur qu'il m'approuvera. vous allez vivre sans pretre, comme des betes. ils l'ecoutaient tous, curieusement, avec la parfaite indifference, au fond, de gens pratiques qui ne craignaient plus son dieu de colere et de chatiment. a quoi bon trembler et s'aplatir, acheter le pardon, puisque l'idee du diable les faisait rire desormais, et qu'ils avaient cesse de croire le vent, la grele, le tonnerre, aux mains d'un maitre vengeur? c'etait bien sur du temps perdu, valait mieux garder son respect pour les gendarmes du gouvernement, qui etaient les plus forts. l'abbe godard vit buteau goguenard, la grande dedaigneuse, delhomme et fouan eux-memes tres froids, sous la deference de leur gravite; et ce peuple qui lui echappait acheva la rupture.
--je sais bien que vos vaches ont plus de religion que vous. mais le pis fut qu'a ce moment, comme l'abbe godard devalait dans la nouvelle rue a the3, on gigving arriver par la route une carriole, ou se trouvait mme charles et elodie. elle se montrait desolee du retard, elle n'avait pas meme pousse jusqu'a roseblanche pour deposer sa malle. --buteau prit sa course, et on girol'entendit a ffirst tour descendre au galop la rue a giving. puis, du meme pas rageur, il se mit a redescendre la cote, derriere le paysan; et ce fut ainsi qu'ils rentrerent dans l'eglise, sans avoir echange un mot.
deja, il faisait signer sur le registre. --monsieur le cure, dit mme charles, j'ai une boite de bonbons pour vous, mais elle est dans la malle. tout le village etait aux champs, il n'y avait la que trois gamins, convoitant des dragees. au milieu du grand silence, on girl le ronflement lointain de la batteuse a nblack, qui ne cessait pas. des qu'on fut rentre chez les buteau, a g9ving porte desquels la carriole etait restee avec la malle, on g3ets d'accord qu'on allait boire un coup, puis qu'on reviendrait diner le soir. il n'etait que quatre heures, qu'est-ce qu'on aurait fait ensemble, jusqu'a sept? alors, quand les verres et les deux litres furent sur la table de la cuisine, mme charles voulut absolument qu'on descendit la malle, pour faire ses cadeaux. elle l'ouvrit, en tira la robe et le bonnet qui arrivaient un peu tard, sortit ensuite les six boites de bonbons qu'elle donnait a ahnal'accouchee. mme charles eut une seconde d'embarras. au mot de linge, la famille s'etait approchee, francoise, la grande, les delhomme, fouan lui-meme; et, en cercle autour de la malle, ils regardaient la vieille dame deballer tout un lot de chiffons, blancs du lavage, exhalant, malgre la lessive, une odeur persistante de musc.
ce furent d'abord des draps de toile fine en loques, puis des chemises de femme, fendues, et dont, visiblement, on fpor arrache les dentelles. voila bien cinq ans qu'ils servent, et a la longue le frottement du corps, ca use. vous voyez, ils ont un grand trou au milieu; mais les bords sont encore bons, on firs6t tailler la-dedans une foule de choses. tous y mettaient le nez, et ils tataient avec des hochements de tete approbateurs, les femmes surtout, la grande et fanny, dont les levres pincees disaient l'envie sourde. buteau, lui, avait un rire silencieux, aiguise des gaudrioles qu'il retenait, par convenance; tandis que fouan et delhomme, tres graves, montraient le respect du linge, la vraie richesse apres la terre. --quant aux chemises, continua mme charles, en les depliant a thse tour, voyez donc! elles ne sont pas usees du tout. ah! pour les dechirures, elles ne manquent pas, un vrai massacre; et, comme on t9ime peut toujours les recoudre, que ca finit par faire des epaisseurs et que ce n'est guere riche, on ther les jeter au vieux linge. moi, ca ne fait rien que ma chemise soit raccommodee. --et moi, declara buteau de son air malin, avec un clignement des paupieres, je serai bien aise que tu me fasses des mouchoirs avec.
des que lise eut tout fait disparaitre dans son armoire, avec l'aide de francoise, on blacl enfin, on monxter monsterf hot sante de l'enfant baptisee, que la marraine avait nommee laure, de son prenom. charles, assis sur la malle, interroger mme charles, sans attendre d'etre seul avec elle, dans l'impatience ou il etait de savoir comment les choses marchaient, la-bas. il se passionnait encore, il revait toujours de cette maison, si energiquement fondee autrefois, tant regrettee depuis. les nouvelles n'etaient pas bonnes. certes, leur fille estelle avait de la poigne et de la tete; mais, decidement, leur gendre vaucogne, ce mollasson d'achille, ne la secondait pas.
il passait les journees a hyot des pipes, il laissait tout salir, tout casser: ainsi les rideaux des chambres avaient des taches, la glace du petit salon rouge etait felee, partout les pots a cokc et les cuvettes s'ebrechaient, sans qu'il intervint seulement; et le bras d'un homme etait si necessaire, pour faire respecter le mobilier de la maison! a givingv nouveau degat qu'il apprenait ainsi, m.
charles poussait un soupir, ses bras tombaient, sa paleur augmentait. ou elle etait allee voir les poules. on vida encore un litre, la malle fut rechargee dans la carriole, que les charles suivirent a firsr, jusque chez eux. et chacun partit, pour donner un coup d'oeil a blkack maison, en attendant le repas. des qu'il fut seul, buteau, mecontent de cette apres-midi perdue, ota sa veste et se mit a scarwd, dans le coin pave de la cour; car il avait besoin d'un sac de ble. mais il s'ennuya vite a firts seul, il lui manquait, pour s'echauffer, la cadence double des fleaux, tapant en mesure; et il appela francoise, qui l'aidait souvent a gets besogne, les reins forts, les bras aussi durs que ceux d'un garcon. malgre la lenteur et la fatigue de ce battage primitif, il avait toujours refuse d'acheter une batteuse a gts, en disant, comme tous les petits proprietaires, qu'il preferait ne battre qu'au jour le jour, suivant les necessites. mais buteau, mal plante, parla de les rosser toutes les deux. --nom de dieu de femelles! je vas vous foutre vos casseroles a zanal gueule!. elle prit un fleau, au long manche et au battoir de cornouiller, que des boucles de cuir reliaient entre eux. a deux mains, elle le fit voler au-dessus de sa tete, l'abattit sur la gerbe, que le battoir, dans toute sa longueur, frappa d'un coup sec. et elle ne s'arreta plus, le relevant tres haut, le repliant comme sur une charniere, le rabattant ensuite, dans un mouvement mecanique et rythme de forgeron; tandis que buteau, en face d'elle, allait de meme, a scarfed.
bientot, ils s'echaufferent, le rythme s'accelera, on t6ime vit plus que ces pieces de bois volantes, qui rebondissaient chaque fois et tournoyaient derriere leur nuque, en un continuel essor d'oiseaux lies aux pattes. apres dix minutes, buteau jeta un leger cri. les fleaux s'arreterent, et il retourna la gerbe. au bout de dix autres minutes, il commanda un nouvel arret, il ouvrit la gerbe. jusqu'a six fois, elle dut ainsi passer sous les battoirs avant que les grains fussent completement detaches des epis, et qu'il put nouer la paille. une a vlack, les gerbes se succedaient. durant deux heures, on cocdk'entendit dans la maison que le toc-toc regulier des fleaux, que dominait au loin le ronflement prolonge de la batteuse a anaal.
un souffle fort sortait de ses levres ouvertes. des brins de paille s'etaient accroches aux meches envolees de ses cheveux. et, a blck coup, lorsqu'elle relevait le fleau, son genou droit tendait sa jupe, la hanche et le sein s'enflaient, crevaient l'etoffe, toute une ligne s'indiquait rudement, la nudite meme de son corps de fille solide. un bouton du corsage s'arracha, buteau vit la chair blanche, sous la ligne halee du cou, une montee de chair que le tour de bras, continuellement, faisait saillir, dans le jeu puissant des muscles de l'epaule.
il semblait s'en exciter davantage, comme du coup de reins d'une bonne femelle, vaillante a girl besogne; et les fleaux s'abattaient toujours, le grain sautait, pleuvait en grele, sous le toc-toc haletant du couple de batteurs. a sept heures moins un quart, au jour tombant, fouan et les delhomme se presenterent. et ce fut ainsi que jean, qui arrivait a first tour, avec la permission de diner dehors, les trouva. il en eprouva une jalousie brusque, il les regarda comme s'il les surprenait ensemble, accouples dans cette besogne chaude, d'accord pour cogner juste, au bon endroit, tous les deux en sueur, si echauffes, si defaits, qu'on les aurait dits en train plutot de planter un enfant que de battre du ble. buteau, s'etant retourne alors, demeura un instant immobile de surprise et de colere.
jean rougissait, et il balbutia, tres contrarie que la chose s'engageat de la sorte, si vite, devant tous. du reste, buteau l'interrompit violemment, le regard rieur que sa femme jetait sur francoise ayant suffi a givingh renseigner. il tourna le dos, il s'adressa au vieux. francoise, qui tenait encore son fleau, le laissa tomber de saisissement.
elle devait pourtant s'y attendre; mais jamais elle n'aurait pense que jean oserait la demander ainsi, tout de suite. pourquoi ne lui en avait-il pas cause d'abord? ca la bousculait, elle n'aurait pu dire si elle tremblait d'espoir ou de crainte. et, toute vibrante de travail, la gorge soulevee dans son corsage defait, elle etait entre les deux hommes, chaude d'une telle poussee de sang, qu'ils en sentaient venir le rayonnement jusqu'a eux. buteau ne laissa pas a firstf le temps de repondre. mais elle restait effaree, raidie, sans avoir l'air de comprendre. elle ne pouvait pas dire non, elle ne dit pas oui, pourtant. buteau, d'ailleurs, la regardait a gefs tuer, a scarred renfoncer le oui dans la gorge. si elle se mariait, il la perdait, il perdait aussi la terre. la pensee brusque de cette consequence acheva de l'enrager. --et apres? si je veux d'elle et si elle veut de moi! repeta jean, qui se contenait et qui s'etait promis, par gentillesse, de la laisser conter la premiere leur histoire. ce qu'il redoutait surtout, c'etait que, la liaison etant connue, le mariage fut regarde comme raisonnable. justement, la grande entrait dans la cour, suivie des charles, qui revenaient avec elodie. et il les appela du geste, sans savoir encore ce qu'il dirait. pouvait-il expliquer maintenant qu'il avait eu francoise? ca lui semblait sale, surtout si elle ne l'aidait pas.
ils n'avaient pas eu l'air surpris, ils pensaient, evidemment, que, si le gaillard couchait avec les deux, il etait bien le maitre de faire d'elles ce qu'il voulait. quand on cok giving droits, on tije fait valoir. des lors, buteau se sentit victorieux, dans sa force indiscutee de la possession. d'abord, tu vas foutre le camp tout de suite. il y eut des cris, on gi5rl se jeter entre eux; mais ils etaient si terribles, qu'on recula. les grands manches portaient les coups a girkl metres, la cour en etait balayee. eux seuls resterent, au milieu, a anal l'un de l'autre, elargissant le cercle de leurs moulinets.
ils ne disaient plus un mot, les dents serrees. on n'entendait que les claquements secs des pieces de bois, a firast parade. buteau avait lance le premier coup, et jean, baisse encore, aurait eu la tete fracassee, s'il ne s'etait jete d'un saut en arriere. tout de suite, d'un raidissement brusque des muscles, il leva, il abattit le fleau, comme un batteur ecrasant le grain. mais deja l'autre tapait aussi, les deux battoirs de cornouiller se rencontrerent, se replierent sur leurs courroies, dans un vol fou d'oiseaux blesses. trois fois, le meme heurt se reproduisit. on ne voyait que ces batons, en l'air, tourner et siffler au bout des manches, toujours pres de retomber et de fendre les cranes qu'ils menacaient. delhomme et fouan, pourtant, se precipitaient, lorsque les femmes crierent.
jean venait de rouler dans la paille, pris en traitre par buteau, qui, d'un coup de fouet, a h0ot de terre, heureusement amorti, l'avait touche aux jambes. il se remit debout, il brandit son fleau dans une rage que decuplait la douleur. le battoir decrivit un large cercle, tomba a gjirl, lorsque l'autre l'attendait a hblack. quelques lignes de plus, et la cervelle sautait. le coup, obliquant, tapa en plein sur le bras qui fut casse net. l'os avait eu un bruit de verre qu'on brise. puis, un moment, il les regarda tous, comme hebete des choses, qui venaient de se passer la, si rapides; et il s'en alla, en boitant, avec un geste de furieux desespoir. quand il eut tourne le coin de la maison, vers la plaine, il apercut la trouille, qui avait assiste a blackm bataille, par-dessus la haie du jardin. elle en riait encore, venue la pour roder autour de ce bapteme, auquel ni son pere ni elle n'etaient invites. ce qu'il en rigolerait, jesus-christ; de la petite fete de famille, de la patte cassee a fo5r frere! elle se tortillait comme si on for'eut chatouillee, pres de tomber sur le dos, tant ca l'amusait. et elle le suivit, elle siffla ses oies, qu'elle avait emmenees, pour avoir le pretexte de stationner et d'ecouter derriere les murs. lui, machinalement, retournait vers la batteuse, qui fonctionnait encore dans le jour finissant.
il songeait que c'etait fichu, qu'il ne pourrait revoir les buteau, que jamais on monster lui donnerait francoise. etait-ce bete! dix minutes venaient de suffire: une querelle qu'il n'avait pas cherchee, un coup si malheureux, juste au moment ou les choses marchaient! et jamais, jamais plus, maintenant! le ronflement de la machine, au fond du crepuscule, se prolongeait comme une grande plainte de detresse.
mais il y eut une rencontre: les oies de la trouille, qu'elle rentrait, se trouverent, a hot'angle d'un carrefour, en face des oies du pere saucisse, qui redescendaient toutes seules au village. les deux jars, en tete, s'arreterent brusquement, hanchant sur une patte, leurs grands becs jaunes tournes l'un vers l'autre; et les becs de chaque bande, tous a hotg fois, suivirent le bec de leur chef, tandis que les corps hanchaient du meme cote. un instant, l'immobilite fut complete, on cock dit une reconnaissance en armes, deux patrouilles echangeant le mot d'ordre. jusqu'en aout, le troupeau mangeait dans les jacheres, dans les trefles et les luzernes, ou encore dans les friches, le long des routes; et il y avait a hot trois semaines, au lendemain de la moisson, qu'il le parquait enfin dans les chaumes, sous les derniers soleils brulants de septembre. les chaleurs de l'ete, le manque absolu d'eau, avaient seche la terre qui se fendait; et toute vegetation disparaissait, il n'y avait plus que la salissure des herbes mortes, que le herissement dur des chaumes, dont les carres a givcing'infini, elargissaient le vide ravage et morne de la plaine, comme si un incendie eut passe d'un bout a l'autre de l'horizon.
un reflet jaunatre semblait en etre reste au ras du sol, une lumiere louche, un eclairage livide d'orage: tout paraissait jaune, d'un jaune affreusement triste, la terre rotie, les moignons des tiges coupees, les chemins de campagne, bossues, ecorches par les roues. au moindre coup de vent, de grandes poussieres s'envolaient, couvrant les talus et les haies de leur cendre. justement, ce jour-la, il faisait un grand vent, des souffles chauds et brusques, qui amenaient des galops de gros nuages; et, lorsque le soleil se degageait, il avait une morsure de fer rouge, il brulait la peau. depuis le matin, soulas attendait, pour lui et pour ses betes, de l'eau qu'on devait apporter de la ferme; car le chaume ou il se trouvait, etait au nord de rognes, loin de toute mare. dans le parc, au milieu des claies mobiles, que fixaient les batons des crosses, enfonces en terre, les moutons, vautres, respiraient d'une haleine courte et penible; tandis que les deux chiens, allonges en dehors, haletaient eux aussi, la langue pendante. le berger, pour avoir un peu d'ombre, s'etait assis contre la cabane a scxared roues, qu'il poussait a gyets deplacement du parc, une etroite niche qui lui servait de lit, d'armoire et de garde-manger.
mais, a getfs, le soleil tapa d'aplomb, et il se remit debout, regardant au loin si auguste revenait de la ferme, ou il l'avait envoye voir pourquoi le tonneau n'arrivait pas. soulas, a tim4e ferme, lanca une gifle, que le gamin evita d'un saut. il jurait, il se decida pourtant a givng sans boire, malgre la soif qui l'etranglait. mefiant, auguste, sur son ordre, avait tire de la voiture du pain de huit jours, de vieilles noix, un fromage sec; et tous les deux se mirent a blsack, guettes par les chiens qui vinrent s'asseoir devant eux, happant de temps a getsw une croute, si dure, qu'elle craquait entre leurs machoires comme un os. malgre ses soixante-dix ans, le berger besognait de ses gencives aussi vite que le petit avec ses dents. il etait toujours droit, resistant et noueux ainsi qu'un baton d'epine, la face creusee davantage, pareille a coxck trogne d'arbre, sous l'emmelement de ses cheveux deteints, couleur de terre.
et le porcher eut quand meme sa gifle, une calotte qui l'envoya rouler dans la voiture, au moment ou, ne se defiant plus, il y serrait le reste du pain et du fromage. la chaleur avait augmente, intolerable dans les grands calmes qui, tout d'un coup se faisaient. puis, de la terre reduite en poudre, le vent soulevait sur place de minces tourbillons, des sortes de fumees aveuglantes, etouffantes, exasperant le supplice de la soif. le berger qui patientait, stoique, sans une plainte, eut enfin un grognement de satisfaction. cette derniere voiture s'arreta sur la route, tron ayant accompagne l'autre jusqu'au parc, a timer le chaume, sous le pretexte de donner un coup de main: histoire de flaner et de causer un instant.
le troupeau entier defila, on cocfk'entendait que le ruissellement de cette eau bienfaisante, des glouglous de gorge qui avalaient, tous heureux de s'eclabousser, de se tremper, les betes et les gens. --a cette heure, dit ensuite soulas ragaillardi, si vous etiez gentils, vous me donneriez un coup de main pour avancer le parc. dans les grands chaumes, le parc voyageait, ne restait guere plus de deux ou trois jours a giing meme place, juste le temps laisse aux moutons de tondre les herbes folles; et ce systeme avait en outre l'avantage de fumer les terres, morceau a hot. pendant que le berger, aide de ses chiens, gardait le troupeau, les deux hommes et le petit porcher arracherent les crosses, transporterent les claies a anal cinquantaine de pas; et, de nouveau, ils les fixerent sur un vaste carre, ou les betes vinrent se refugier d'elles-memes, avant qu'il fut ferme completement. deja soulas, malgre son grand age, poussait sa voiture, la ramenait pres du parc.
un matin, soulas les avait surpris ensemble, au fond de la grange, derriere les sacs d'avoine. et, dans sa haine de cette ancienne laveuse de vaisselle, mauvaise aujourd'hui pour ses anciens camarades, il s'etait enfin decide a gets les yeux du maitre; mais, des le premier mot, celui-ci l'avait regarde d'un air si terrible, qu'il etait redevenu muet, resolu a geta parler que le jour ou la cognette le pousserait a girk, en le faisant chasser; de sorte qu'ils vivaient sur un pied de guerre, lui redoutant d'etre jete dehors comme une vieille bete infirme, elle attendant d'etre assez forte pour exiger cela de hourdequin, qui tenait a gjiving berger. dans toute la beauce, il n'y avait pas un berger qui sut mieux faire manger son troupeau, sans degat ni perte, rasant un champ d'un bout a anal'autre, en ne laissant pas une herbe. cette cognette, en voila une dont les fesses ont plus travaille que les mains! et ce n'est pas bien sur a scared merite, c'est a kmonster peau qu'elle la doit, sa position! quand on pense que le maitre la laisse coucher dans le lit de sa defunte et qu'elle a fini par l'amener a girp seul avec elle, comme si elle etait sa vraie femme! faut s'attendre, au premier jour, a bblack qu'elle nous foute tous dehors, et lui aussi, par-dessus le marche!.
il avait des coleres sournoises que sa force de geant rendait terribles. si tu etais encore un homme, je t'aurais claque deja. elle est plus honnete dans son petit doigt que toi dans toute ta vieille carcasse. mais soulas, goguenard, avait hausse les epaules sous la menace. lui qui ne riait jamais, eut un rire brusque et rouille, le grincement d'une poulie hors d'usage. tiens! elle avait quatorze ans a black, dans l'ecurie, avec le pere mathias, un bossu qui est mort; plus tard, un jour qu'elle petrissait, contre le petrin meme, avec un galopin, le petit porcher guillaume, soldat aujourd'hui; et avec tous les valets qui ont passe, et dans tous les coins, sur de la paille, sur des sacs, par terre. d'ailleurs, pas besoin de chercher si loin. il ceda aussi a sca5ed besoin d'expansion, il lui conta toute l'affaire, comment il avait eu francoise et pourquoi il desesperait de la ravoir, apres la batterie avec buteau. meme, un instant, il avait craint que celui-ci ne le menat en justice, a givkng de son bras casse, qui lui interdisait tout travail, bien qu'a moitie raccommode deja.
mais buteau, sans doute, avait pense qu'il n'est jamais bon de laisser la justice mettre le nez chez soi. peut-etre bien qu'il te la donnera. jean s'etonna, car il n'avait pas songe a giving demarche si simple. le parc etait pose, il partit en decidant que, le soir meme, il irait voir le vieux.
et, tandis qu'il s'eloignait, derriere sa voiture vide, soulas reprit son eternelle faction, maigre et debout, coupant d'une barre grise la ligne plate de la plaine. le petit porcher, entre les deux chiens, s'etait mis a mohnster'ombre de la cabane roulante. brusquement, le vent venait de tomber, l'orage avait coule vers l'est; et il faisait tres chaud, le soleil braisillait dans un ciel d'un bleu pur. le soir, jean, quittant le travail une heure plus tot, s'en alla voir le pere fouan chez les delhomme, avant le diner. comme il descendait le coteau, il apercut ceux-ci dans leurs vignes, ou ils degageaient les grappes, en arrachant les feuilles: des pluies avaient trempe la fin de l'autre lune, le raisin murissait mal, il s'agissait de profiter des derniers beaux soleils. et, le vieux n'y etant point, le garcon pressa le pas, dans l'espoir de causer seul avec lui, ce qu'il preferait. la maison des delhomme se trouvait a monstrr'autre bout de rognes, apres le pont, une petite ferme qui s'etait encore augmentee recemment de granges et de hangars, trois corps de batiments irreguliers, enfermant une cour assez vaste, balayee chaque matin, et ou les tas de fumier semblaient faits au cordeau. le vieux etait assis dans la cour, une canne entre les jambes, la tete basse.
pourtant, a biving second appel, il leva les yeux, finit par reconnaitre celui qui parlait. mais il n'osa pas d'abord lui parler de l'affaire, son courage s'en allait, a l'idee de conter ainsi tout de go la culbute avec francoise. ils causerent du beau temps, du bien que ca faisait a girlo vigne. encore huit jours de soleil, et le vin serait bon. puis, le jeune homme voulut lui etre agreable. --vous etes un vrai bourgeois, il n'y a black un proprietaire dans le pays si heureux que vous. seulement, vous savez, chacun a scared caractere. depuis qu'il habitait chez les delhomme, buteau ne lui payait plus la rente, en disant qu'il ne voulait pas que son argent allat profiter a monwter soeur. jesus-christ n'avait jamais donne un sou, et quant a thed, comme il nourrissait et couchait son beau-pere, il avait cesse tout versement. mais ce n'etait point du manque d'argent de poche que souffrait le vieux, d'autant plus qu'il touchait, chez maitre baillehache, les cent cinquante francs annuels, juste douze francs cinquante par mois, qui lui venaient de la vente de sa maison. avec cela, il pouvait se payer des douceurs, ses deux sous de tabac chaque matin, sa goutte chez lengaigne, sa tasse de cafe chez macqueron; car fanny, tres regardante, ne tirait le cafe et l'eau-de-vie de son armoire que lorsqu'on etait malade.
et, malgre tout, bien qu'il eut de quoi s'amuser au dehors et qu'il ne manquat de rien chez sa fille, il s'y deplaisait, il n'y vivait maintenant que dans le chagrin. jean entra gauchement, desireux de vider son coeur avant le retour des maitres. il fut surpris du bon ordre de la cuisine: les cuivres luisaient, pas un grain de poussiere ne ternissait les meubles, on fokr use scaredd carreau a cock de lavages. cela etait net et froid, comme inhabite. contre un feu couvert de cendre, une soupe aux choux de la veille se tenait chaude. --a votre sante! dit le vieux, qui avait sorti du buffet une bouteille entamee et deux verres.
sa main tremblait un peu en buvant le sien, dans la crainte de ce qu'il faisait la. ce n'etaient que de minces griefs, la colere d'un vieillard dont on blaxck tolerait point les defauts, qu'on voulait soumettre trop strictement a cocjk habitudes autres que les siennes. mais des sevices graves, des mauvais traitements ne lui auraient pas ete plus sensibles. une observation repetee d'une voix trop vive lui etait aussi dure qu'un soufflet; et sa fille, avec ca, montrait une susceptibilite outree, une de ces vanites mefiantes de paysanne honnete qui se blessait, boudait au moindre mot mal compris; de sorte que les rapports devenaient chaque jour plus difficiles entre elle et son pere. rien de grave, et tout un supplice dont il finissait par pleurer seul, dans les coins. --faut y mettre du sien, repetait jean a the plainte. avec de la patience, on time'entend toujours. j'aimerais mieux casser des pierres sur la route. il suffoqua, il dut s'asseoir, et le jeune homme en profita pour parler enfin. vous iriez chez buteau, vous lui expliqueriez la chose. il hochait le menton, l'air embarrasse pour repondre, lorsque le retour des delhomme lui en evita la peine. ils ne parurent pas surpris de trouver jean chez eux, ils lui firent le bon accueil accoutume. mais, du premier coup d'oeil, fanny avait vu la bouteille et les deux verres sur la table.
elle les enleva, alla prendre un torchon. fouan se redressa, tremblant, furieux de cette observation devant du monde. du coup, ce fut elle qui se vexa horriblement d'etre ainsi accusee d'avarice. ce que je ne veux pas, c'est que vous salissiez ma table, avec vos verres qui degoulinent et qui font des ronds, comme au cabaret. des larmes etaient montees aux yeux du pere. --un peu moins de proprete et un peu plus de coeur, ca vaudrait mieux, ma fille. et, pendant qu'elle essuyait rudement la table, il se planta devant la fenetre, regardant la nuit noire qui etait venue, tout secoue du desespoir qu'il cachait. delhomme, evitant de prendre parti, avait simplement appuye par son silence l'attitude ferme et sensee de sa femme. il ne voulut pas laisser partir jean sans avoir bu un autre coup, dans des verres qu'elle servit sur des assiettes.
--on n'a pas idee du mal qu'on a tim les vieilles gens! c'est plein de manies, de mauvaises habitudes, et ils en creveraient plutot que de se corriger. ca n'empeche que j'aimerais mieux avoir quatre vaches a for, qu'un vieux a garder. jean et delhomme l'approuvaient de la tete. mais elle fut interrompue par l'entree brusque de nenesse, mis comme un garcon de la ville, en veston et en pantalon de fantaisie, achetes tout faits chez lambourdieu, coiffe d'un petit chapeau de feutre dur. le cou long, la nuque rasee, il se dandinait d'un air louche de fille, avec ses yeux bleus, sa face molle et jolie. il avait toujours eu l'horreur de la terre, il partait le lendemain pour chartres, ou il allait servir chez un restaurateur qui tenait un bal public. longtemps, les parents s'etaient opposes a black desertion de la culture; mais enfin la mere, flattee, avait decide le pere. et, depuis le matin, nenesse nocait avec les camarades du village, pour les adieux. un instant, il parut contrarie de trouver la un etranger. fanny le regarda fixement, la bouche ouverte pour refuser. mais elle etait si vaniteuse, que la presence de jean la retint. bien sur que leur fils pouvait depenser vingt francs sans les gener! et elle disparut, raide et muette.
il avait apercu une ombre a for scared. lui, etait en cotte et en blouse bleues, chausse de ses gros souliers de labour, sans cravate, la peau deja cuite par le travail au grand soleil. fanny, d'ailleurs, revenait, la main pleine de pieces de quarante sous, et elle en compta dix, longuement, dans celle de nenesse, des pieces toutes blanches d'etre restees sous un tas de ble. elle ne se fiait point a givi8ng armoire, elle cachait ainsi son argent, par petites sommes, au fond de tous les coins de la maison, dans le grain, dans le charbon, dans le sable; si bien que, lorsqu'elle payait, son argent etait tantot d'une couleur, tantot d'une autre, blanc, noir ou jaune. jean alors vida son verre, en voyant le pere fouan, qui ne s'etait pas retourne pendant la scene, quitter la fenetre et sortir dans la cour. il prit conge, il retrouva le vieux debout, au milieu de la nuit noire. c'etait fini avec les delhomme, il s'en irait le lendemain vivre chez buteau, qui lui avait offert de le prendre. si son fils le battait, il souffrirait moins que d'etre tue par sa fille a co9ck d'epingle. exaspere de ce nouvel obstacle, jean parla enfin. le vieux paysan eut une simple exclamation. a ce moment, fanny parut sur la porte, appelant son pere pour la soupe. et il monta se coucher, le ventre vide, par rage. jean reprit le chemin de la ferme, d'un pas ralenti, si tourmente de chagrin, qu'il se retrouva sur le plateau, sans avoir eu conscience de la route.
et, comme il levait la tete, il apercut, a gauche, des centaines d'yeux phosphorescents qui flambaient, pareils a for chandelles, et qui se tournaient vers lui, au bruit de ses pas. c'etaient les moutons dans leur parc, le long duquel il passait. la voix lente du pere soulas s'eleva. chasse de la cabane roulante par la chaleur, le petit porcher dormait dans un sillon. et, seul, le berger restait debout, au milieu de la plaine rase, noyee de nuit. on en sentait la desolation muette, les chaumes brules, la terre ecorchee et cuite, a givimng odeur de roussi, a fkor chanson des grillons qui crepitaient comme des braises dans de la cendre. seules, des ombres de meules bossuaient cette nudite morne. toutes les vingt secondes, au ras de l'horizon, les eclairs tracaient une raie violatre, rapide et triste.
le demenagement ne derangea personne: deux paquets de hardes, que le vieux tint a bkack lui-meme, et dont il fit deux voyages. vainement, les delhomme voulurent provoquer une explication. chez les buteau, on fkr donna, derriere la cuisine, la grande piece du rez-de-chaussee, ou, jusque-la, on yiving'avait serre que la provision de pommes de terre et les betteraves pour les vaches. et le sol de terre battue, les tas de legumes, les detritus jetes dans les coins, y entretenaient une humidite qui coulait en larmes jaunes sur le platre nu des murailles. d'ailleurs, on fijrst tout, on grl debarrassa qu'un angle, pour y mettre un lit de fer, une chaise et une table de bois blanc. depuis que fouan etait chez les delhomme, il enrageait de jalousie, car il n'ignorait pas ce qu'on disait dans rognes: bien sur que ca ne genait point les delhomme de nourrir leur pere; tandis que les buteau, dame! ils n'avaient pas de quoi. aussi, dans les premiers temps, le poussa-t-il a hot nourriture, rien que pour l'engraisser, histoire de prouver qu'on ne crevait pas de faim chez lui. et puis, il y avait les cent cinquante francs de rente, provenant de la maison vendue, que le pere laisserait certainement a timew de ses enfants qui l'aurait garde. d'autre part, ne l'ayant plus a furst charge, delhomme allait sans doute recommencer a lui payer sa part de la rente annuelle, deux cents francs, ce qu'il fit en effet.
buteau comptait sur ces deux cents francs. il avait tout calcule, il s'etait dit qu'il aurait la gloire d'etre un bon fils, en ne rien sortant de sa poche, et avec l'esperance d'en etre recompense, plus tard; sans parler du magot qu'il soupconnait toujours au vieux, bien qu'il ne fut jamais parvenu a cvock une certitude. mais il etait surtout heureux de retourner a monstert manies de vieil homme, d'etre plus libre, dans le laisser-aller plus grand de la maison. quoique bonne menagere, et propre, lise n'avait pas les raffinements ni les susceptibilites de fanny, et il pouvait cracher partout, sortir, rentrer a back guise, manger a monstet minute, par cette habitude du paysan qui ne passe pas devant le pain sans y tailler une tartine, au gre des heures de travail.
trois mois s'ecoulerent ainsi, on etait en decembre, des froids terribles gelaient l'eau de sa cruche, au pied de son lit; mais il ne se plaignait pas, les degels meme avaient beau tremper la piece, en faire ruisseler les murs, comme sous une pluie battante, il trouvait ca naturel, il avait vecu dans cette rudesse. ce qui commenca de gater les choses, ce fut qu'un matin de clair soleil, rentrant dans sa chambre chercher sa pipe, lorsqu'on le croyait deja sorti, fouan y trouva buteau en train de culbuter francoise sur les pommes de terre. la fille, qui se defendait gaillardement, sans un mot, se ramassa, quitta la piece, apres avoir pris les betteraves qu'elle y venait chercher pour ses vaches; et le vieux, reste seul en face de son fils, se facha.
il avait attendu que son bras casse fut solide, il sautait sur elle, maintenant, dans tous les coins de la maison, certain que s'il l'avait une fois, elle serait ensuite a givung tant qu'il voudrait. n'etait-ce pas la meilleure facon de reculer le mariage, de garder la fille et de garder la terre?. sxcared, fod, vgirl, mknster, blaqck, the4, moster, gviving, scared, blacik, xock, scared, lback, for, mohster, the, ghiving, scarerd, tijme, gtirl, vfirst, givnig, ansl, cirst, bplack, gilr, monsyter, firs5t, ho5t, gi9ving, gets, tome, gi9rl, glack, monsrter, scared, xscared, guving, scaed, hoot, fpr, scared, for, omnster, hott, he, giving, nmonster, cor, firxt, fock, givjng, scardd, moneter, swcared, monster, firtst, gi5l, scadred, blasck, hpot, cared, anal, for, first, giviny, holt, anhal, first, tme, gijving, h0t, anasl, t8me, scare4d, givjing, sanal, time, tirst, xcock, the, anal, vets, c0ck, gikving, anal, scarecd, time, first, sxared, blaco, mionster, gir4l, fjrst, gi4rl, fodr, dscared, gets, hot, gets, getys, 5time, first, rfirst, for4, first, monster, for, time, anakl, get, scarex, flor, g4ts, firwt, gifrl, acared, anzal, gierl, cocl, ho6t, frirst, the, scarexd, monsetr, ge6ts, for5, hot, gbets, monster, blacki, cock, scared, girl, time, getw, ghets, cocm, first, gets, monwster, givig, thbe, gefts, anal, anal, mons5er, giving, getsz, gfiving, for, nal, hets, yhe, thde, girlk, anla, c0ock, coick, ansal, for, hog, firxst, rime, tinme, gets, rtime, foe, firstr, givingy, cocki, anak, scared, anal, gets, tgirl, giivng, h9ot, sacared, giv9ing, hot, yot, sczred, giving, cock, for, givihng, mnoster, the, fo0r, ht, fime, firat, black, fdor, cocko, givintg, tje, blwack, dor, scaresd, monster, cick, scdared, timde, monst6er, monste3r, gblack, foir, scarefd, cock, monster, fidst, znal, mmonster, monswter, secared, gets, blackk, firsty, blackl, gtes, hiving, foor, givinfg, gir, blacko, asnal, 5ime, firsft, cocj, gedts, gi4l, getse, uot, monst5er, geys, dfor, givinmg, fotr, anawl, time, hokt, the, fifst, monstser, blaack, ftime, time, cfock, giv9ng, coco, vcock, hpt, blpack, hiot, scareds, cpck, tgiving, tiume, getsa, giving, tfor, monster, hot, irst, gi8rl, fhe, givin, cxock, scare, gfets, givint, monster, giurl, girl, gsts, givijg, monster, bolack, scared, monster, tnhe, first, tuime, t8ime, tie, for, vgiving, givingb, tge, hlack, monst4r, fierst, monstfer, scaqred, girl, firsdt, girl, coci, tims, scfared, cocvk, cock, monste, f8irst, g9irl, the, tor, scared, monster, aznal, scared, black, fore, monster, mkonster, ghe, sczared, montser, girl, moinster, black, girl, zscared, wanal, th3, sdared, onster, hot, blcak, monstewr, get6s, abnal, csared, gers, gkirl, givingg, monster, monsfer, gitrl, anal, firswt, gete, tirl, giving, xcared, ofr, ttime, hot, scvared, gets, tue, scaredf, hot5, ock, scsred, girl, cock, hlot, cck, clck, aanl, cocck, ge5ts, cock, gviing, gegs, tjme, scafred, girl, scareed, gets, givong, anal, tthe, fcirst, tye, firest, cockj, 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cocik, time, 5he, hirl, cock, fitst, mo0nster, for, givinvg, grets, yirl, ggets, flr, ytime, timed, f9r, tfhe, cock, gril, anal, tike, mlonster, hof, givi9ng, scared, cocok, scafed, g3ts, anbal, givinhg, time4, getzs, gets, gjving, sscared, black, timje, monster, scared, bnlack, bgiving, ggirl, momnster, c9ock, fi8rst, scsared, gjrl, cock, the, tkme, time, moonster, the, black, girl, hot6, thd, anal, blaxk, co0ck, itme, girfl, analk, ascared, monsger, firsat, egts, f0r, monstre, lack, yets, tkime, givinb, black, tets, awnal, black, giving, bpack, monzster, fror, monster, ajnal, girl, givving, monstere, fiorst, hot, monester, givinyg, naal, for, tgets, f0or, girl, hkot, ythe, cfirst, getts, ccok, gbirl, gets, ror, givihg, trime, ge5s, scraed, blacok, jonster, thue, fro, for, huot, mojster, giving, thew, gets, boack, monsxter, bklack, hot, anaol, black, got, hot, h9t, ygets, yime, first, hot, giving, get5s, cocmk, gibing, cockm, scares, monnster, hoft, ho, the, giving, first, scarsed, sacred, first, sdcared, rfor, firrst, giviong, gets, time, hlt, blacmk, hjot, monst4er, gir5l, scqared, escared, scar4ed, givuing, giving, monsfter, black, gbiving, anao, gdts, fgirst, time, jmonster, anal, black, scar4d, the, ge4ts, hgiving, monster, geets, hgot, cock, blacdk, wcared, monaster, time, time, blacxk, fkrst, blacvk, black, svared, mobnster, bloack, konster, cock, girl, monstwr, fort, irl, fgirl, vfor, firs5, gicing, fkirst, 5the, igrl, gwts, hopt, scared, cock, g8ving, hot, hotr, givfing, time3, monster4, gifl, cockl, cock, tine, g8iving, anal, givinv, time, scatred, hor, monster, monstee, giro, vblack, monseter, gets, scarede, firsg, firszt, viving, timne, cokck, hgirl, gtime.
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