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il avait une grande pratique
des cas frequents, il les tirait generalement d'affaire, mieux que ne
l'aurait fait un homme de plus de science. mais la mediocrite ou il les
accusait de l'avoir reduit, le rendait dur pour eux, ce qui augmentait leur
deference, malgre le continuel doute qu'ils gardaient sur l'efficacite de
ses potions. il etait retourne devant le
malade, interesse, surpris de constater un peu de fievre, apres ce cas
leger de congestion cerebrale. les yeux sur sa montre, il recompta les
battements du pouls, sans meme essayer d'obtenir une indication du vieux,
qui le regardait de son air hebete. ne vous
etonnez pas s'il bat la campagne cette nuit.
trois semaines! les buteau n'avaient entendu que cela, et ils demeurerent
consternes. que d'argent, s'il y avait tous les soirs une queue pareille de
remedes! le pis etait que buteau dut, a minio tour, monter dans la carriole,
pour courir chez le pharmacien de cloyes. |
| c'etait un samedi; la frimat, qui
revenait de vendre ses legumes, trouva lise seule, si desolee, qu'elle
pietinait, sans rien faire; et la vieille aussi se desespera, en apprenant
l'histoire: elle n'avait jamais eu de chance, elle aurait au moins profite
du medecin pour son vieux, par-dessus le marche, si cela etait arrive un
autre jour. tout de suite, derriere cette gourgandine, la
grande parut, envoyee evidemment par fanny; celle-la se planta devant le
lit de son frere, le jugea a hot fraicheur de l'oeil, comme les anguilles de
l'aigre; puis, elle s'en alla, avec un froncement du nez, en ayant l'air de
regretter que ce ne fut pas pour ce coup-ci. des lors, la famille ne se
derangea plus. buteau etait rentre d'une humeur
execrable. il y avait des sinapismes pour les jambes, une potion a mino
d'heure en heure, une purge, en cas de mieux, le lendemain matin. buteau, qui desirait en faire autant,
bousculait lise. qu'est-ce qu'ils fichaient la? bien sur que de regarder le
vieux, ca ne le soulageait point. |
il divaguait maintenant, causait tout
haut de choses qui n'avaient guere de suite, devait se croire dans les
champs, ou il travaillait dur, ainsi qu'aux jours lointains de son bel age.
et lise, mal a oarty'aise de ces vieilles histoires begayees a minij basse,
comme si le pere fut enterre deja et qu'il revint, allait suivre son mari,
qui se deshabillait, lorsqu'elle songea a gi8rl les vetements du malade,
restes sur une chaise. |
elle les secoua avec soin, apres avoir longuement
fouille les poches, dans lesquelles elle ne decouvrit qu'un mauvais couteau
et de la ficelle. ensuite, comme elle les accrochait au fond du placard,
elle apercut en plein milieu d'une planche, lui crevant les yeux, un petit
paquet de papiers. puis, une joie folle les emporta tous les
deux, ils se prirent par les mains, ils sauterent l'un devant l'autre comme
des chevres, oubliant le malade qui, les yeux fermes maintenant, la tete
clouee dans l'oreiller, devidait sans fin les bouts de fil rompus de son
delire.
il y eut un silence, tous les deux regardaient les papiers, reflechissant. il les cherchera, il criera, ca nous
ferait une belle histoire, avec les autres cochons de la famille. |
|
elle s'interrompit une troisieme fois, saisie d'entendre le pere pleurer.
--et tu crois, reprit violemment buteau, que je vas laisser ses papiers a
ce vieux-la qui perd la boule!. le pere, laisse seul, sans chandelle, de crainte du
feu, continua a booty et a soirt toute la nuit, dans son delire. finet le trouva plus calme, mieux qu'il ne l'esperait. ah!
ces vieux chevaux de labour, ils ont l'ame chevillee au corps! la fievre
qu'il avait crainte semblait ecartee. il ordonna du fer, du quinquina, des
drogues de riche, dont la cherte consterna de nouveau le menage; et, comme
il partait, il eut a shokrt debattre contre la frimat, qui l'avait guette. je ne peux pas faire grouiller les pierres, que
diable!. vous savez comment ca finira, n'est-ce pas? et le plus vite sera
le meilleur, pour lui et pour vous.
il fouetta son cheval, elle tomba assise sur la borne, en larmes. sans
doute, c'etait long deja, d'avoir soigne son homme depuis douze ans; et ses
forces s'en allaient avec l'age, elle tremblait de ne pouvoir bientot plus
cultiver son coin de terre; mais, n'importe! ca lui retournait le coeur,
l'idee de perdre le vieil infirme qui etait devenu comme son enfant,
qu'elle portait, changeait, gatait de friandises. |
| le bon bras dont il se
servait encore, s'engourdissait lui aussi, si bien que, maintenant, c'etait
elle qui devait lui planter la pipe dans la bouche. et buteau, derriere le medecin, ricanait,
car il avait supprime les ordonnances, des la seconde, declarant que le
plus sur etait delaisser le mal se manger lui-meme. pourtant, le jour du
marche, lise eut la faiblesse de rapporter une potion ordonnee la veille;
et, comme le docteur venait le lundi, pour la derniere fois, buteau lui
conta que le vieux avait failli rechuter.
ce fut ce soir-la que fouan se decida a wkirt. depuis qu'il se levait, il
pietinait d'un air anxieux dans la maison, la tete vide, ne se rappelant
plus ou il avait bien pu cacher ses papiers. il furetait, fouillait
partout, faisait des efforts desesperes de memoire. mais, quoi? s'il se trompait, si personne ne les avait
pris, allait-il donc lui-meme donner l'eveil, avouer l'existence de cet
argent peniblement amasse autrefois, dissimule ensuite avec tant de soin?
pendant deux jours encore, il lutta, combattu entre la rage de cette
brusque disparition et la necessite ou il s'etait mis de ne pas en ouvrir
la bouche. |
| les faits pourtant se precisaient, il se souvenait que, le matin
de son attaque, il avait pose le paquet a skjrt place, en attendant de le
glisser, au plafond, dans la fente d'une poutre, qu'il venait de decouvrir
de son lit, les yeux en l'air. lise rangeait les assiettes, et buteau,
goguenard, qui suivait son pere des yeux depuis le jour ou il s'etait
releve, s'attendait a partfy'affaire, se balancait sur sa chaise, en se disant
que ca y etait cette fois, tant il le voyait excite et malheureux. en
effet, le vieux, dont les jambes molles chancelaient a sjirt obstinement
la piece, se planta tout d'un coup devant lui. |
vous juriez
si fort que nous avions trop coute, qu'il ne vous restait pas un sou.
fouan tremblait de tous ses membres. et, vrai! il etait temps de vous les
prendre, ces papiers que vous alliez dechirer. est-ce qu'il etait fou, pour ne
se souvenir de rien? s'il avait voulu detruire les papiers, comme un gamin
qui joue avec des images, c'etait donc qu'il faisait sous lui et qu'il
devenait bon a hoit? la poitrine cassee, il n'avait plus ni courage ni
force.
ils en parlaient ouvertement, d'ailleurs, ils racontaient tout un drame,
comment ils etaient arrives juste pour les retirer des mains du malade, au
moment ou il les entamait. un soir, meme, ils montrerent a gir5l frimat la
coche de la dechirure. qui aurait pu leur en vouloir, d'empecher un tel
malheur, de l'argent mis en miettes, perdu pour tout le monde? on zskirt
approuvait a shor5 haute, bien qu'au fond on pwarty soupconnat de mentir.
jesus-christ, surtout, ne derageait pas: dire que ce magot, introuvable
chez lui, avait, du premier coup, ete deniche par les autres! et il l'avait
tenu un jour dans sa main, il avait eu la betise de le respecter! vrai! ce
n'etait pas la peine de passer pour une fripouille. |
aussi jurait-il
d'exiger des comptes de son frere, lorsque le pere claquerait. mais les buteau n'allaient pas a
rencontre, a high, bien entendu, que le vieux ne reprit son argent et n'en
disposat.
fouan, de son cote, en se trainant de porte en porte, conta partout
l'affaire. des qu'il pouvait arreter un passant, il se lamentait sur son
miserable sort. |
| et ce fut ainsi qu'un matin il entra dans la cour voisine,
chez sa niece.
francoise y aidait jean a latkna une voiture de fumier. tandis que lui, au
fond de la fosse, la vidait a sk9irt fourche, elle, en haut, recevait les
paquets, les tassait des talons, pour qu'il en tint davantage.
debout devant eux, le vieux, appuye sur sa canne, avait commence sa
plainte. elle etait tres
ennuyee qu'il vint causer ainsi, elle le recevait froidement, desireuse
d'eviter tout sujet de querelle avec les buteau. elle disparaissait alors au milieu de
la vapeur chaude, a hbigh'aise et le coeur d'aplomb, dans l'asphyxie de cette
fosse remuee. ils devraient me le rendre, mon argent. vous pourriez en
temoigner, vous autres.
brusquement, elle se redressa, en haut de la voiture chargee; et elle avait
l'air tres grand, saine et forte, comme si elle eut pousse la, et que cette
odeur de fecondite fut sortie d'elle. les mains sur les hanches, la gorge
ronde, elle etait maintenant une vraie femme. et, tenez! puisque nous en sommes
la-dessus, vous feriez peut-etre bien de ne plus venir nous voir. on en aurait pour trois
jours a lafina'empoigner, si l'on vous apercevait ici.
et ils le laisserent partir, le coeur mal a latian'aise, car ils n'etaient point
mechants encore; mais quoi faire? ca ne l'aurait aide en rien, et eux
surement y auraient perdu l'appetit et le sommeil. |
| pendant que son homme
allait chercher son fouet, elle, soigneusement, avec une pelle, ramassa les
fientes tombees et les rejeta sur la voiture.
le lendemain, une scene violente eclata entre fouan et buteau. mais peu a skirt les choses se
gataient, depuis surtout que le vieux cherchait ou son fils avait bien pu
cacher le magot. c'etait son tour de visiter la maison entiere, de sonder
les boiseries des armoires, de taper contre les murs, pour entendre s'ils
sonnaient le creux. |
| continuellement, ses regards erraient d'un coin a ass
autre, dans sa preoccupation unique; et, des qu'il se trouvait seul, il
ecartait les enfants, il se remettait a gjirl fouilles, avec le coup de
passion d'un galopin qui saute sur la servante, aussitot que les parents
n'y sont plus. or, ce jour-la comme buteau rentrait a high'improviste, il
apercut fouan par terre, etendu tout de son long sur le ventre, et le nez
sous la commode, en train d'etudier s'il n'y avait pas la une cachette.
cela le jeta hors de lui, car le pere brulait: ce qu'il cherchait dessous
etait dessus, cache et comme scelle par le gros poids du marbre. sa colere s'etait brusquement calmee, il s'arreta,
en bas, sur la route, hebete de se trouver dehors, sans savoir ou aller.
trois heures sonnerent a qss'eglise, un vent humide glacait cette grise
apres-midi d'automne; et il grelottait, car il n'avait pas meme ramasse son
chapeau, tant la chose s'etait vite faite.
un instant, il remonta vers cloyes; puis, il se demanda ou il allait de ce
cote, il rentra dans rognes, du pas dont il s'y trainait d'habitude. devant
chez macqueron, l'idee lui vint de boire un verre; mais il se fouillait, il
n'avait pas un sou, la honte le prit de se montrer, dans la peur qu'on ne
connut deja l'histoire. |
| justement, il lui sembla que lengaigne, debout sur
sa porte, le regardait de biais, comme on heeels les va-nu-pieds des
grands chemins. lequeu, derriere les vitres d'une des fenetres de l'ecole,
ne le salua pas. ca se comprenait, il retombait dans le mepris de tous,
maintenant qu'il n'avait plus rien, depouille de nouveau, et cette fois
jusqu'a la peau de son corps.
quand il fut arrive a club'aigre, fouan s'adossa un moment contre le parapet
du pont. la pensee de la nuit qui se ferait bientot, le tracassait. le chien des becu qu'il vit passer, lui fit
envie, car cette bete-la, au moins, savait le trou de paille ou elle
dormirait. lui, cherchait confusement, ensommeille dans la detente de sa
colere. ses paupieres s'etaient closes, il tachait de se rappeler les coins
abrites, proteges du froid. cela tournait au cauchemar, tout le pays
defilait, nu, balaye de coups de vent. mais il se secoua, se reveilla, en
un sursaut d'energie. fallait point se desesperer de la sorte. on ne
laisserait pas crever dehors un homme de son age.
machinalement, il traversa le pont et se trouva devant la petite ferme des
delhomme. |
| tout de suite, quand il s'en apercut, il obliqua, tourna derriere
la maison, pour qu'on ne le vit point. la, il fit une nouvelle pause, colle
contre le mur de l'etable, dans laquelle il entendait causer fanny, sa
fille. il revoyait
l'interieur du logis, comme s'il y etait rentre, la cuisine a hort, sa
chambre au premier, au bout du fenil. |
| un attendrissement lui coupait les
jambes, il aurait defailli, si le mur ne l'avait soutenu. longtemps, il
resta immobile, sa vieille echine calee contre cette maison. fanny parlait
toujours dans l'etable, sans qu'il put distinguer les mots: c'etait
peut-etre ce gros bruit etouffe qui lui remuait le coeur. mais elle devait
quereller une servante, sa voix se haussa, il l'entendit, seche et dure,
sans paroles grossieres, dire des choses si blessantes a mini malheureuse,
qu'elle en sanglotait. et il en souffrait lui aussi, son emotion s'en etait
allee, il se raidissait, a heells certitude que, s'il avait pousse la porte, sa
fille l'aurait accueilli de cette voix mauvaise. |
| non, non! plutot mourir de faim, plutot coucher derriere une haie,
que de la voir triompher, de son air fier de femme sans reproche! il
decolla son dos de la muraille, il s'eloigna peniblement.
pour ne pas reprendre la route, fouan qui se croyait guette par tout le
monde, remonta la rive droite de l'aigre, apres le pont, et se trouva
bientot au milieu des vignes. son idee devait etre de gagner ainsi la
plaine, en evitant le village. seulement, il arriva qu'il dut passer a herls
du chateau, ou ses jambes semblaient aussi l'avoir ramene, dans cet
instinct des vieilles betes de somme qui retournent aux ecuries ou elles
ont eu leur avoine. du coin ou il
etait, il flairait justement une ripaille, quelque soulerie qui durait
depuis le matin. attire, le ventre creux, il s'approcha, il reconnut la
voix de canon, sentit l'odeur des haricots rouges a yot'etuvee, que la
trouille cuisinait si bien, quand son pere voulait feter une apparition du
camarade. |
pourquoi ne serait-il pas entre godailler entre les deux
chenapans, qu'il ecoutait brailler dans la fumee des pipes, bien au chaud,
tellement souls, qu'il les jalousait? une brusque detonation de
jesus-christ lui alla au coeur, il avancait la main vers la porte, lorsque
le rire aigu de la trouille le paralysa. c'etait la trouille maintenant qui
l'epouvantait, il la revoyait toujours, maigre, en chemise, se jetant sur
lui avec sa nudite de couleuvre, le fouillant, le mangeant. et, alors, a
quoi bon, si le pere l'aidait a lat8na ses papiers? la fille serait la pour
les lui reprendre sous la peau. il n'avait eu
que le temps de se jeter derriere les buissons, il se sauva, en
distinguant, dans la nuit tombante, ses yeux verts qui luisaient.
lorsque fouan fut en plaine, sur le plateau, il eprouva une sorte de
soulagement, sauve des autres, heureux d'etre seul et d'en crever. |
la nuit s'etait faite, le vent glace le
flagellait. parfois, a booty grands souffles, il devait tourner le dos,
l'haleine coupee, sa tete nue herissee de ses rares cheveux blancs. six
heures sonnerent, tout le monde mangeait dans rognes; et il avait une
faiblesse des membres, qui ralentissait sa marche. il fut trempe, marcha encore, en recut
deux autres. et, sans savoir comment, il se trouva sur la place de
l'eglise, devant l'antique maison patrimoniale des fouan, celle que
francoise et jean occupaient a lparty heure. il s'etait approche de la porte des buteau, a
cote, guettant la cuisine, d'ou sortait une odeur de soupe aux choux. tout
son pauvre corps y revenait se soumettre, un besoin physique de manger,
d'avoir chaud, l'y poussait. mais, dans le bruit des machoires, des mots
echanges l'arreterent. il etait suffoque de honte, une
resolution farouche le prenait de se laisser mourir dans un coin. on
verrait bien s'il etait sur sa gueule! il redescendit la cote, il
s'affaissa au bout d'une poutre, devant la marechalerie de clou. ses jambes
ne pouvaient plus le porter, il s'abandonnait, dans le noir, et le desert
de la route, car les veillees etaient commencees, le mauvais temps avait
fait clore les maisons, pas une ame n'y semblait vivre. il ne se sentait pas la force de se relever et de
chercher un abri. |
| sa canne entre les genoux, son crane lave par l'eau, il
demeurait immobile, stupide de tant de misere. meme il ne reflechissait
point, c'etait comme ca: quand on booty'avait ni enfants, ni maison, ni rien,
on se serrait le ventre, on laina dehors. la pluie continuait, fondait ses vieux os. mais des lanternes
parurent, filerent rapidement: c'etait la sortie des veillees, et il eut un
reveil encore, en reconnaissant la grande qui revenait de chez les
delhomme, ou elle economisait sa chandelle. il se leva d'un effort dont ses
membres craquerent, il la suivit de loin, n'arriva pas assez vite pour
entrer en meme temps qu'elle. devant la porte refermee, il hesitait, le
coeur defaillant. enfin, il frappa, il etait trop malheureux.
il faut dire qu'il tombait mal, car la grande etait d'une humeur feroce, a
la suite de toute une histoire malheureuse qui l'avait derangee, l'autre
semaine. un soir qu'elle se trouvait seule avec son petit fils hilarion,
elle avait eu l'idee de lui faire fendre du bois, pour tirer encore de lui
ce travail, avant de l'envoyer a dshort paille; et, comme il besognait
mollement, elle restait la, au fond du bucher, a ski5rt couvrir d'injures. |
|
jusqu'a cette heure, dans son aplatissement d'epouvante, cette brute
stupide et contrefaite, aux muscles de taureau, avait laisse sa grand'mere
abuser de ses forces, sans meme oser lever les yeux sur elle. depuis
quelques jours pourtant, elle aurait du se mefier, car il fremissait sous
les corvees trop rudes, des chaleurs de sang raidissaient ses membres.
il lacha la cognee, il la regarda, irritee de cette revolte, elle le
cinglait aux flancs, aux cuisses, partout, lorsque, brusquement, il se rua
sur elle. alors elle se crut renversee, pietinee, etranglee; mais, non, il
avait trop jeune depuis la mort de sa soeur palmyre, sa colere se tournait
en une rage de male, n'ayant conscience ni de la parente ni de l'age, a
peine du sexe. la brute la violait, cette aieule de quatre-vingt-neuf ans,
au corps de baton seche, ou seule demeurait la carcasse fendue de la
femelle. |
et, solide encore, inexpugnable, la vieille ne le laissa pas
faire, put saisir la cognee, lui ouvrit le crane, d'un coup. a ses cris,
des voisins accouraient, elle raconta l'histoire, donna des details: un
rien de plus, et elle y passait, le bougre etait au bord. hilarion ne
mourut que le lendemain. le juge etait venu; puis, il y avait eu
l'enterrement; enfin toutes sortes d'ennuis, dont elle se trouvait
heureusement remise, tres calme, mais ulceree de l'ingratitude du monde et
bien resolue a clyb plus jamais rendre un service a girk de sa famille.
fouan dut frapper trois fois, si peureusement, que la grande n'entendait
point.
sans doute, elle avait reconnu la voix tout de suite, et elle ne se
pressait pas, pour le plaisir de le forcer a clubn. alors, brutalement, elle rouvrit; mais,
comme il entrait, elle barra la porte de ses bras maigres, elle le laissa
dans la rue sous la pluie battante, dont le ruissellement triste n'avait
pas cesse. elle tenait bon, elle
achevait de se vider le coeur. la famille m'accuserait encore de me meler de ses affaires.
et, redressee, avec son cou fletri et ses yeux ronds d'oiseau de proie,
elle lui jeta la porte sur la face, violemment. enfin,
il se retourna, il se renfonca dans la nuit d'encre, que noyait cette chute
lente et glacee du ciel. ses pieds glissaient dans
les flaques, ses mains tatonnaient pour ne pas se heurter contre les murs
et les arbres. |
| il ne pensait plus, ne savait plus, ce coin de village dont
il connaissait chaque pierre, etait comme un lieu lointain, inconnu,
terrible, ou il se sentait etranger et perdu, incapable de se conduire. et, ayant rencontre une palissade, il
la suivit jusqu'a une petite porte, qui ceda. le sol se derobait, il roula
dans un trou. la, on lub bien, la pluie ne penetrait pas, il faisait
chaud; mais un grognement l'avait averti, il etait avec un cochon, qui,
derange, croyant a giurl la nourriture, lui poussait deja son groin dans les
cotes. une lutte s'engagea, il etait si faible, que la peur d'etre devore
le fit sortir. alors, ne pouvant aller plus loin, il se coucha contre la
porte, ramasse, roule en boule, pour que l'avancement du toit le protegeat
de l'eau. des gouttes quand meme continuerent a booty tremper les jambes, des
souffles lui glacaient sur le corps ses vetements mouilles. il enviait le
cochon, il serait retourne avec lui, s'il ne l'avait pas entendu, derriere
son dos, manger la porte, avec des reniflements voraces.
au petit jour, fouan sortit de la somnolence douloureuse ou il s'etait
aneanti. une honte le reprenait, la honte de se dire que son histoire
courait le pays, que tous le savaient par les routes, comme un pauvre. |
| il fila le long des haies, avec l'inquietude de voir une fenetre
s'ouvrir, quelque femme matinale le reconnaitre. la pluie tombait toujours,
il gagna la plaine, se cacha au fond d'une meule. et la journee entiere se
passa pour lui a shor4t de la sorte, d'abri en abri, dans un tel effarement,
qu'au bout de deux heures, il se croyait decouvert et changeait de trou.
l'unique idee, maintenant, qui lui battait le crane, etait de savoir si ce
serait bien long de mourir. |
| il souffrait moins du froid, la faim surtout le
torturait, il allait pour sur mourir de faim. tant qu'il fit clair, il ne faiblit pas, il aimait mieux
finir ainsi que de retourner chez les buteau. mais une angoisse affreuse
l'envahit avec le crepuscule qui tombait, une terreur de recommencer
l'autre nuit, sous ce deluge entete. le froid le reprenait jusque dans les
os, la faim lui rongeait la poitrine, intolerable. lorsque le ciel fut
noir, il se sentit comme noye, emporte par ces tenebres ruisselantes; sa
tete ne commandait plus, ses jambes marchaient toutes seules, la bete
l'emmenait; et ce fut alors que, sans l'avoir voulu, il se retrouva dans la
cuisine des buteau, dont il venait de pousser la porte.
justement, buteau et lise achevaient la soupe aux choux de la veille. lui,
au bruit, avait tourne la tete, et il regardait fouan, silencieux, fumant
dans ses vetements trempes. |
|
deja, lise s'etait levee et avait apporte une ecuellee de soupe. tout son corps tremblait, dans la violence de
sa faim. buteau, lui, achevait de diner sans hate, se balancant sur sa
chaise, piquant de loin des morceaux de fromage, qu'il mangeait au bout de
son couteau. la gloutonnerie du vieillard l'occupait, il suivait la
cuillere des yeux, il goguenarda. mais faudrait pas se payer ca tous les jours, vous couteriez trop a
nourrir.
le pere avalait, avalait, avec un bruit rauque du gosier, sans une parole.
fouan ne leva meme pas de la soupe ses yeux fixes et troubles. il ne
semblait ni entendre ni voir, isole, a psrty lieues, comme s'il avait voulu
dire qu'il etait revenu manger, que son ventre etait la, mais que son coeur
n'y etait plus. maintenant il raclait le fond de l'ecuelle avec la
cuillere, rudement, pour ne rien perdre de sa portion. |
| lise, qui vint le voir, retourna dire a lat8ina homme qu'il etait
peut-etre bien mort. ah!
ouiche, mort! est-ce que ca mourait comme ca? fallait seulement qu'il eut
tout de meme roule, pour etre dans un etat pareil. le lendemain enfin
lorsqu'ils entrerent jeter un coup d'oeil, le vieux n'avait pas bouge; et
il dormait encore le soir, et il ne se reveilla qu'au matin de la seconde
nuit, apres trente-six heures d'aneantissement. il semblait avoir oublie les titres qu'on refusait
de lui rendre; du moins, il n'en causait plus, il ne les cherchait plus,
indifferent peut-etre, en tous cas resigne; mais sa rupture etait complete
avec les buteau, il restait dans son silence, comme separe et enseveli.
jamais, dans aucune circonstance, pour aucune necessite, il ne leur
adressait la parole. la vie demeurait commune, il couchait la, mangeait la,
il les voyait, les coudoyait du matin au soir; et pas un regard, pas un
mot, l'air d'un aveugle et d'un muet, la promenade trainante d'une ombre,
au milieu de vivants. lorsqu'on se fut lasse de s'occuper de lui, sans en
tirer un souffle, on h9gh laissa a skiort obstination. buteau, lise elle-meme,
cesserent egalement de lui parler, le tolerant autour d'eux comme un meuble
qui aurait change de place, finissant par perdre la conscience nette de sa
presence. le cheval et les deux vaches comptaient davantage.
de toute la maison, fouan n'eut plus qu'un ami, le petit jules, qui
achevait sa neuvieme annee. tandis que laure, agee de quatre ans, le
regardait avec les yeux durs de la famille, se degageait de ses bras,
sournoise, rancuniere, comme si elle eut deja condamne cette bouche
inutile, jules se plaisait dans les jambes du vieux. |
| et il demeurait le
dernier lien, qui le rattachait a hort vie des autres, il servait de
messager, quand la necessite d'un oui ou d'un non devenait absolue. dans l'abandon ou il tombait, l'enfant en outre,
ainsi qu'une petite menagere, l'aidait a ski9rt son lit le matin, se
chargeait de lui donner sa portion de soupe, qu'il mangeait pres de la
fenetre, sur ses genoux, n'ayant jamais voulu reprendre sa place, a aas
table. mais le vieillard qui begayait, le gamin qui n'avait d'autres idees
que les nids et les mures sauvages, se comprenaient tres bien a sxkirt,
durant des heures. il lui enseigna a lat9na des gluaux, il lui fabriqua une
petite cage, pour y enfermer des grillons. cette frele main d'enfant dans
la sienne, par les chemins vides de ce pays ou il n'avait plus ni terres ni
famille, c'etait tout ce qui le soutenait, le faisait se plaire a hoty
encore un peu. |
du reste, fouan etait comme raye du nombre des vivants, buteau agissait en
son lieu et place, touchait et signait, sous le pretexte que le bonhomme
perdait la tete. la rente de cent cinquante francs, provenant de la vente
de la maison, lui etait payee directement par m. il n'avait eu
qu'un ennui avec delhomme, qui s'etait refuse a pwrty les deux cents
francs de la pension, entre des mains autres que celles de son pere; et
delhomme exigeait donc la presence de celui-ci; mais il n'avait pas le dos
tourne, que buteau raflait la monnaie. cela faisait trois cent cinquante
francs, auxquels, disait-il d'une voix geignarde, il devait en ajouter
autant et davantage, sans arriver a short5 le vieux. jamais il ne
reparlait des titres; ca dormait-la, on bootty plus tard. quant aux
interets, ils passaient toujours, selon lui, a latinq l'engagement avec le
pere saucisse, quinze sous chaque matin, pour l'achat a bookty d'un arpent
de terre. il criait qu'on ne pouvait pas lacher ce contrat, qu'il y avait
trop d'argent engage. pourtant, le bruit courait que le pere saucisse,
terrorise, menace d'un mauvais coup, avait consenti a birl rompre, en lui
rendant la moitie des sommes touchees, mille francs sur deux mille; et, si
ce vieux filou se taisait, c'etait par une vanite de gueux qui ne voulait
point avoir ete roule a latina tour. le flair de buteau l'avertissait que le
pere fouan mourrait le premier: une supposition qu'on lui aurait donne une
chiquenaude, a hneels sur, il ne se serait pas releve. |
| ce n'etait plus le vieux paysan propret, avec son cuir bien rase, ses
pattes de lievre correctes, portant des blouses neuves et des pantalons
noirs. dans sa face amincie, decharnee, il ne restait que son grand nez
osseux qui s'allongeait vers la terre. un peu chaque annee, il s'etait
courbe davantage, et maintenant il allait, les reins casses, n'ayant
bientot qu'a faire la culbute finale, pour tomber dans la fosse. il se
trainait sur deux batons, envahi d'une barbe blanche, longue et sale, usant
les vetements troues de son fils, si mal tenu, qu'il en etait repugnant au
soleil, ainsi que ces vieux rodeurs de route en haillons, dont on bioty'ecarte. une voracite le faisait se jeter sur sa
soupe, jamais contente, volant jusqu'aux tartines de jules, si le petit ne
les defendait pas. aussi le reduisait-on, meme on bpoty profitait pour ne plus
le nourrir assez, sous le pretexte qu'il en creverait. buteau l'accusait de
s'etre perdu, au chateau, dans la compagnie de jesus-christ, ce qui etait
vrai; car cet ancien paysan sobre, dur a girl corps, vivant de pain et
d'eau, avait pris la des habitudes de godaille, le gout de la viande et de
l'eau-de-vie, tellement les vices se gagnent vite, lors meme que c'est un
fils qui debauche son pere. |
| lise avait du enfermer le vin en le voyant
disparaitre. les jours ou l'on mettait un pot-au-feu, la petite laure
restait en faction autour. depuis que le vieux avait fait la dette d'une
tasse de cafe chez lengaigne, celui-ci et macqueron etaient prevenus qu'on
ne les payerait pas, s'ils lui servaient des consommations a girl. il
gardait toujours son grand silence tragique, mais parfois, lorsque son
ecuelle n'etait pas pleine, lorsqu'on enlevait le vin sans lui donner sa
part, il fixait longuement sur buteau des yeux irrites, dans la rage
impuissante de son appetit. il ne songeait plus
a ses autres enfants; il s'abandonnait la, dans une telle lassitude, que
l'idee de s'en tirer ne lui venait point: ca ne marcherait pas mieux
ailleurs, a heels bon? fanny, lorsqu'elle le rencontrait, passait raide,
ayant jure de ne jamais lui reparler la premiere. jesus-christ, meilleur
enfant, apres lui avoir garde rancune de la sale facon dont il avait quitte
le chateau, s'etait amuse un soir a skiry griser abominablement chez lengaigne
puis a hotr ramener ainsi devant sa porte: une histoire terrible, la maison
en l'air, lise obligee de laver la cuisine, buteau jurant qu'une autre fois
il le ferait coucher sur le fumier; de sorte que le vieux, craintif, se
mefiait maintenant de son aine, au point d'avoir le courage de refuser les
rafraichissements. |
| souvent aussi, il voyait la trouille avec ses oies,
quand il s'asseyait dehors, au bord d'un chemin. elle s'arretait, le
fouillait de ses yeux minces, causait un instant, tandis que ses betes,
derriere elle, l'attendaient debout sur une patte, le cou en arret. elle
rigolait, s'amusait a h9igh ses oies sur lui, ne se sauvait que lorsqu'un
passant menacait de la gifler, si elle ne laissait pas son grand-pere
tranquille.
cependant, jusque-la, fouan avait pu marcher, et c'etait une consolation,
car il s'interessait encore a club terre, il montait toujours revoir ses
anciennes pieces, dans cette manie des vieux passionnes que hantent leurs
anciennes maitresses d'autrefois. il errait lentement par les routes, de sa
marche blessee de vieil homme; il s'arretait au bord d'un champ, demeurait
des heures plante sur ses cannes; puis, il se trainait devant un autre, s'y
oubliait de nouveau, immobile, pareil a sakirt arbre pousse la, desseche de
vieillesse. |
| ses yeux vides ne distinguaient plus nettement ni le ble, ni
l'avoine, ni le seigle. tout se brouillait, et c'etaient des souvenirs
confus qui se levaient du passe: cette piece, en telle annee, avait
rapporte tant d'hectolitres. meme les dates, les chiffres finissaient par
se confondre. il ne lui restait qu'une sensation vive, persistante: la
terre, la terre qu'il avait tant desiree, tant possedee, la terre a boooty
pendant soixante ans, il avait tout donne, ses membres, son coeur, sa vie,
la terre ingrate, passee aux bras d'un autre male, et qui continuait de
produire sans lui reserver sa part! une grande tristesse le poignait, a
cette idee qu'elle ne le connaissait plus, qu'il n'avait rien garde d'elle
ni un sou ni une bouchee de pain, qu'il lui fallait mourir, pourrir en
elle, l'indifferente qui, de ses vieux os, allait se refaire de la
jeunesse. vrai! pour en arriver la, nu et infirme, ca ne valait guere la
peine de s'etre tue au travail! quand il avait rode ainsi autour de ses
anciennes pieces, il se laissait tomber sur son lit, dans une telle
lassitude, qu'on ne l'entendait meme plus souffler.
mais ce dernier interet qu'il prenait a ass, s'en allait avec ses jambes.
bientot, il lui devint si penible de marcher, qu'il ne s'ecarta guere du
village. |
par les beaux jours, il avait trois ou quatre stations preferees:
les poutres devant la marechalerie de clou, le pont de l'aigre, un banc de
pierre pres de l'ecole; et il voyageait lentement de l'une a zss'autre,
mettant une heure pour faire deux cents metres, tirant sur ses sabots comme
sur des voitures lourdes, debauche, dejete, dans le roulis casse de ses
reins. une hebetude l'immobilisait, les yeux ouverts.
des gens passaient qui ne le saluaient plus, car il devenait une chose. sa
pipe meme lui etait une fatigue, il cessait de fumer, tant elle pesait a
ses gencives, sans compter que le gros travail de la bourrer et de
l'allumer, l'epuisait. d'ailleurs, il ne se plaignait point, fait a clkub idee
du cheval fourbu, qui a booty et qu'on abat, quand il mange inutilement son
avoine. lui-meme avait souhaite la
fin de son pere. si, a pzarty tour, ses enfants desiraient la sienne, il n'en
ressentait ni etonnement ni chagrin. |
| jules se degouta de lui, detourne par la
petite laure. il les embetait, ce vieux! c'etait plus amusant de jouer ensemble.
et, si son frere ne la suivait pas, elle se pendait a boo9ty epaules,
l'emmenait. ensuite, elle se faisait si gentille, qu'il en oubliait son
service de menagere complaisante. peu a latina, elle se l'attacha
completement, en vraie femme deja qui s'etait donne la tache de cette
conquete. mais laure sortit avec son frere;
et, comme le vieux, de sa main tremblante, cherchait la main du petit, elle
eut un rire mechant. son pain sec mangera, qui le ramassera.
fouan, defaillant, mit pres de deux heures a bgooty seul, tant il trainait
les pieds, sans force. et ce fut la fin, l'enfant cessa de lui apporter sa
soupe et de faire son lit, dont la paillasse n'etait pas retournee une fois
par mois. il n'eut meme plus ce gamin a girrl causer, il s'enfonca dans
l'absolu silence, sa solitude se trouva elargie et complete. jamais un mot,
sur rien, a min8i. c'etait un bout de la piece qu'il voulait semer de ble, une
variete ecossaise de poulard, une tentative que lui avait conseillee son
ancien maitre hourdequin en mettant meme a latina disposition quelques
hectolitres de semence. |
|
tout de suite, jean enraya, a skiret place ou il avait deraye la veille; et,
faisant mordre le soc, les mains aux mancherons de la charrue, il jeta a
son cheval le cri rauque dont il l'excitait. on entendait la motte
epaisse grincer contre le versoir qui la retournait enfouissant au fond le
fumier, dont une couche etalee couvrait le champ. lorsque la charrue s'empatait, il en detachait la boue et les
herbes, d'un branle de ses deux poings; puis elle glissait de nouveau en
laissant derriere elle la terre mouvante et comme vivante, soulevee,
grasse, a girl jusqu'aux entrailles. |
quand il fut au bout du sillon, il tourna, en commenca un autre. bientot,
une sorte de griserie lui vint de toute cette terre remuee, qui exhalait
une odeur forte, l'odeur des coins humides ou fermentent les germes. sa
marche lourde, la fixite de son regard, achevaient de l'etourdir. jamais il
ne devait devenir un vrai paysan. il n'etait pas ne dans ce sol, il restait
l'ancien ouvrier des villes, le troupier qui avait fait la campagne
d'italie; et ce que les paysans ne voient pas, ne sentent pas, lui le
voyait, le sentait, la grande paix triste de la plaine, le souffle puissant
de la terre, sous le soleil et sous la pluie. toujours il avait eu des
idees de retraite a boo5y campagne. mais quelle sottise de s'etre imagine que,
le jour ou il lacherait le fusil et le rabot, la charrue contenterait son
gout de la tranquillite! si la terre etait calme, bonne a cl8ub qui
l'aiment, les villages colles sur elle comme des nids de vermine, les
insectes humains vivant de sa chair, suffisaient a party deshonorer et a high
empoisonner l'approche. il ne se souvenait pas d'avoir souffert autant que
depuis son arrivee, deja lointaine, a ski8rt borderie.
jean dut soulever un peu les mancherons, pour donner de l'aisance. une
legere deviation du sillon lui causa de l'humeur. pas un jour ne s'etait passe
sans vilaines choses. tous deux vivaient en bon accord, le menage prosperait,
travaillait, economisait. elle se
trouvait enceinte de cinq mois, un de ces enfants faits sans plaisir, qui
ne donnent que du mal a hih mere. |
| cette grossesse ne les avait meme pas
rapproches. il souffrait surtout d'un sentiment de plus en plus net,
eprouve le soir de leur entree dans la maison, le sentiment qu'il demeurait
un etranger pour sa femme; un homme d'un autre pays, pousse ailleurs, on short
savait ou, un homme qui ne pensait pas comme ceux de rognes, qui lui
paraissait bati differemment, sans lien possible avec elle, bien qu'il
l'eut rendue grosse. apres le mariage, exasperee contre les buteau, elle
avait, un samedi, rapporte de cloyes une feuille de papier timbre, afin de
tout laisser par testament a ho9t mari, car elle s'etait fait expliquer
comment la maison et la terre retourneraient a latina soeur si elle mourait
avant d'avoir un enfant, l'argent et les meubles entrant seuls dans la
communaute; puis, sans lui donner aucune explication a high sujet, elle
semblait s'etre ravisee, la feuille etait encore dans la commode, toute
blanche; et il en avait ressenti un grand chagrin secret, non qu'il fut
interesse, mais il voyait la un manque d'affection. |
| d'ailleurs, aujourd'hui
que le petit allait naitre, a ho5 bon un testament? il n'en avait pas
moins le coeur gros, chaque fois qu'il ouvrait la commode et qu'il
apercevait le papier timbre, devenu inutile. il fut surpris de reconnaitre le pere fouan, qui revenait
de rognes par le chemin neuf, cedant encore a latina souvenir, a la5tina besoin
de revoir un coin de champ. puis, il baissa la tete, il s'absorba une
minute dans la vue du sillon ouvert, de la terre eventree a gigh pieds: elle
etait jaune et forte au fond, la motte retournee avait apporte a heels lumiere
comme une chair rajeunie, tandis que, dessous, le fumier s'enterrait en un
lit de fecondation grasse; et ses reflexions devenaient confuses, la drole
d'idee qu'on avait eue de fouiller ainsi le sol pour manger du pain,
l'ennui ou il etait de ne pas se sentir aime de francoise, d'autres choses
plus vagues, sur ce qui poussait la, sur son petit qui naitrait bientot,
sur tout le travail qu'on faisait, sans en etre souvent plus heureux. il
reprit les mancherons, il jeta son cri guttural.
il lacha la charrue, il se releva, saisi, etonne du coup qu'il recevait au
coeur. |
les yeux fixes, jean revoyait l'italie, les batailles de la-bas, ce
massacre dont il avait ete si heureux de se tirer, sans une blessure. on ne peut pas les laisser se
foutre de nous. il hocha la tete, il declara que ce
serait la fin des campagnes, si l'on y revoyait les cosaques comme apres
napoleon. ca ne rapportait rien de se cogner; valait mieux s'entendre. c'est comme moi, qui ne leur dois plus
rien et qui suis marie a bootyh heure, je m'en fiche qu'ils se battent!.
jean, ayant termine, eut l'idee d'aller tout de suite a short borderie
chercher la semence promise. il detela, laissa la charrue au bout du champ,
sauta sur son cheval. |
| comme il s'eloignait, la pensee de fouan lui revint,
il le chercha et ne le trouva plus. sans doute, le vieux s'etait mis a
l'abri du froid, derriere une meule de paille, restee dans la piece aux
buteau.
a la borderie, apres avoir attache sa bete, jean appela inutilement; tout
le monde devait etre en besogne dehors; et il etait entre dans la cuisine
vide, il tapait du poing sur la table, lorsqu'il entendit enfin la voix de
jacqueline monter de la cave, ou se trouvait la laiterie. on y descendait
par une trappe, qui s'ouvrait au pied meme de l'escalier, si mal placee,
qu'on redoutait toujours des accidents. elle travaillait la, au milieu des jattes, des cremoirs, d'ou le
petit-lait s'en allait goutte a hgigh, dans une auge de pierre; et elle
avait les manches retroussees jusqu'aux aisselles, ses bras nus etaient
blancs de creme. |
|
et, quand elle fut au grand jour, il la trouva toute fraiche, sentant bon
le lait, avec ses bras nus et blancs. ce n'est pas parce qu'on est marie qu'on
doit etre mal poli.
il l'embrassa, en affectant de faire claquer fortement les deux baisers sur
les joues, pour dire que c'etait simplement de bonne amitie. mais elle le
troublait, des souvenirs lui remontaient de tout le corps, dans un petit
frisson.
imagine-toi que la servante elle-meme est au marche.
elle traversa la cour, entra dans la grange au ble, tourna derriere une
pile de sac; et c'etait la, contre le mur, en un tas que des planches
maintenaient. il l'avait suivie, il etouffa un peu de se trouver ainsi seul
avec elle, au fond de ce coin perdu. |
| tout de suite, il affecta s'interesser
a la semence, une belle variete ecossaise de poulard. heureusement que c'est passe et
que j'en suis sortie a highh avantage.
en effet, un soir, hourdequin avait vu tomber a hee3ls borderie son fils leon,
le capitaine, qui ne s'y etait pas montre depuis des annees; et, des le
premier jour, ce dernier, venu pour savoir, fut renseigne, lorsqu'il eut
constate que jacqueline occupait la chambre de sa mere. un instant, elle
trembla, car l'ambition l'avait prise de se faire epouser et d'heriter de
la ferme. |
| mais le capitaine commit la faute de jouer le vieux jeux: il
voulut debarrasser son pere en se faisant surprendre par lui, couche avec
elle. elle etala une vertu farouche, elle poussa des
cris, versa des larmes, declara a bootyu qu'elle s'en allait,
puisqu'elle n'etait plus respectee dans sa maison. il y eut une scene
atroce entre les deux hommes, le fils essaya d'ouvrir les yeux du pere, ce
qui acheva de gater les choses. deux heures plus tard, il repartit, il cria
sur le seuil qu'il aimait mieux tout perdre, et que, s'il rentrait jamais,
ce serait pour faire sortir cette catin a pafty de botte.
l'erreur de jacqueline, dans son triomphe, fut alors de croire qu'elle
pouvait tout risquer. elle signifia a heels qu'apres des vexations
pareilles, dont le pays clabaudait, elle se devait de le quitter, s'il ne
l'epousait pas. meme elle commenca a booty sa malle. mais le fermier,
encore bouleverse de sa rupture avec son fils, d'autant plus furieux qu'il
se donnait secretement tort et que son coeur saignait, faillit l'assommer
d'une paire de gifles; et elle ne parla plus de partir, elle comprit
qu'elle s'etait trop pressee. |
| maintenant, du reste, elle etait la maitresse
absolue, couchant ouvertement dans la chambre conjugale, mangeant a shrot
avec le maitre, commandant, reglant les comptes, ayant les clefs de la
caisse, si despotique, qu'il la consultait sur les decisions a yigh. il
declinait, tres vieilli, elle esperait bien vaincre ses revoltes dernieres,
l'amener au mariage, quand elle aurait acheve de l'user. en attendant,
comme il avait jure de desheriter son fils, dans le coup de sa colere, elle
travaillait pour le decider a bgirl testament en sa faveur; et elle se croyait
deja proprietaire de la ferme, car elle lui en avait arrache la promesse,
un soir, au lit. tout en parlant d'un geste machinal, elle
avait enfonce ses bras nus dans le ble; et elle les en retirait, les y
replongeait, poudrant sa peau d'une poudre fine et douce. il regardait ce
jeu, il fit a laqtina haute une reflexion qu'il regretta ensuite. est-ce qu'il n'est pas jaloux! oui, il me fait des scenes, il ne
me passe que le maitre, et encore! je crois qu'il vient ecouter la nuit si
nous dormons. mais elle ne riait pas, elle, ayant une peur
secrete de ce colosse, qu'elle disait sournois et faux, ainsi, que tous les
porcherons. |
il l'avait menacee de l'etrangler, si elle le trompait. aussi
n'allait-elle plus avec lui qu'en tremblant, malgre le gout qu'elle gardait
pour ses gros membres, elle toute fluette qu'il aurait ecrasee entre son
pouce et ses quatre doigts. lui, se trouvait reconquis, oubliait son depart de la ferme, son
mariage, l'enfant qui allait naitre. il lui saisit les poignets, au fond de
la semence; il remonta le long de ses bras, veloutes de farine, jusqu'a sa
gorge d'enfant, que l'abus de l'homme semblait durcir; et c'etait ce
qu'elle voulait, depuis qu'elle l'avait apercu, en haut de la trappe, un
regain de sa tendresse d'autrefois, le mauvais plaisir aussi de le
reprendre a hoigh autre femme, une femme legitime.
rends-lui le service, alors, de la prevenir qu'elle ferme son bec, si elle
ne veut pas que j'ouvre le mien. il etait plein de honte, irrite de ce qu'il avait manque faire.
lui qui croyait bien aimer francoise, il n'avait plus jamais pres d'elle de
ces coups betes de desir. |
et fremissant, il sauta sur son cheval, il galopa,
afin de rentrer plus vite a mini8. c'etait elle d'habitude qui faisait ce
travail, et elle se decidait en songeant qu'elle trouverait la-haut son
homme, au labour; car elle n'aimait guere s'y hasarder seule, dans la
crainte de s'y coudoyer avec les buteau, qui, enrages de ne plus avoir
toute la piece a latinz, cherchaient continuellement de mauvaises querelles.
elle prit une faux, le cheval rapporterait le paquet d'herbe. mais, comme
elle arrivait aux cornailles, elle eut la surprise de ne point apercevoir
jean, qu'elle n'avait pas averti du reste: la charrue etait la, ou
pouvait-il bien etre, lui? et ce qui acheva de l'emotionner fortement, ce
fut de reconnaitre buteau et lise, debout devant le champ, agitant les
bras, l'air furieux. sans doute ils venaient de s'arreter, au retour de
quelque village voisin, endimanches, les mains libres. un instant, elle fut
sur le point de tourner les talons.
la verite etait que, lorsque francoise rencontrait ainsi buteau, surtout
seul, elle en demeurait bouleversee. depuis deux ans, elle ne lui adressait
plus la parole. mais elle ne pouvait le voir, sans eprouver un elancement
dans tout son corps. a plusieurs reprises, sur ce meme chemin, comme elle se
rendait a sa luzerniere, elle l'avait de la sorte apercu devant elle. il
tournait la tete, deux, trois fois, pour la regarder de son oeil gris,
tache de jaune. |
un frisson la prenait, elle hatait le pas malgre son
effort, tandis qu'il ralentissait le sien; et elle passait a pargy cote,
leurs yeux se fouillaient une seconde. puis, elle avait le trouble de le
sentir derriere son dos, elle se raidissait, ne savait plus marcher. lors
de leur derniere rencontre, elle s'etait effaree au point de s'etaler tout
de son long, embarrassee par son ventre de femme grosse, en voulant sauter
de la route dans sa luzerne. |
|
le soir, lorsque buteau raconta mechamment a bhooty la culbute de sa soeur,
tous les deux eurent un regard ou luisait la meme pensee: si la gueuse
s'etait tuee avec son enfant, le mari n'avait rien, la terre et la maison
leur faisaient retour. ils savaient, par la grande, l'aventure du testament
differe, devenu inutile depuis la grossesse. |
| mais eux n'avaient jamais eu
de chance, pas de danger que le sort les debarrassat de la mere et du
petit! et ils y revinrent en se couchant, histoire simplement d'en causer,
car ca ne tue pas les gens, de parler de leur mort. une supposition que
francoise fut morte sans heritier, comme tout s'arrangeait, quel coup de
justice du bon dieu! lise, empoisonnee de sa haine, finit par jurer que sa
soeur n'etait plus sa soeur, qu'elle lui tiendrait la tete sur le billot,
s'il ne s'agissait que de ca pour rentrer dans leur chez-eux, d'ou la
salope les avait si degoutamment chasses. buteau, lui, ne se montrait pas
gourmand, declarait que ce serait deja gentil de voir le petit claquer
avant de naitre. cette grossesse surtout l'avait irrite: un enfant, c'etait
la fin de son espoir tetu, la perte definitive du bien. alors, comme ils se
mettaient au lit tous deux, et qu'elle soufflait la chandelle, elle eut un
rire singulier, elle dit que tant que les mioches ne sont pas venus, ils
peuvent ne pas venir. |
un silence regna dans l'obscurite, puis il demanda
pourquoi elle lui disait ca. collee contre lui, la bouche a vclub oreille
elle lui fit un aveu: le mois dernier, elle avait eu l'embetement de
s'apercevoir qu'elle se trouvait de nouveau pincee; si bien que, sans le
prevenir, elle avait file chez la sapin, une vieille de magnolles qui etait
sorciere. |
| il l'ecoulait, sans
approuver, sans desapprouver, et son contentement ne perca que dans la
facon goguenarde dont il exprima l'idee qu'elle aurait du se procurer
l'aiguille pour francoise. elle s'egaya aussi, le saisit a skirf bras, lui
souffla que la sapin enseignait une autre maniere, oh! une maniere si
drole! hein? laquelle donc? eh bien! un homme pouvait defaire ce qu'un
homme avait fait: il n'avait qu'a prendre la femme en lui tracant trois
signes de croix sur le ventre et en recitant un _ave_ a clug'envers. buteau s'arreta de rire, ils
affecterent de douter, mais l'antique credulite passee dans les os de leur
race, les secouait d'un frisson, car personne n'ignorait que la vieille de
magnolles avait change une vache en belette et ressuscite un mort.
depuis ce temps, l'idee de cet enfant qui poussait, qui allait leur prendre
pour toujours la maison et la terre, les hanta; et ils ne rencontraient
plus la jeune soeur, sans que leur regard, tout de suite, se portat sur son
ventre. |
| quand ils la virent arriver par le chemin, ils la mesurerent d'un
coup d'oeil, saisis de constater que la grossesse avancait et que bientot
il ne serait plus temps. elle comprit alors la cause de leurs gestes furieux, la charrue
de jean devait avoir entame leur parcelle. il y avait la de continuels
sujets de dispute; pas un mois ne se passait sans qu'une question de
mitoyennete les jetat les uns sur les autres. |
| ca ne pouvait finir que par
des coups et des proces. viens voir la borne, si tu crois que
nous mentons.
et, devant le silence, le dedain affecte de sa soeur, elle perdit toute
mesure, s'avanca sur elle, les poing fermes. je saurai bien te faire demander pardon de toutes les cochonneries
que tu m'as faites.
elle etait devant elle, enragee de rancune, aveuglee de sang. elle n'avait pas lache sa faux,
mais elle tremblait; deja, d'ailleurs, il en tenait le manche; il la lui
arracha, la jeta dans la luzerne. |
| pour lui echapper, elle n'eut plus qu'a
s'en aller a booty, elle passa ainsi dans le champ voisin, se dirigea
vers la meule qui s'y trouvait, comme si elle eut espere s'en faire un
rempart. lui, ne se hatait point, semblait egalement la pousser la, les
bras peu a latinsa ouverts, la face detendue par un rire silencieux qui
decouvrait ses gencives. non il voulait autre chose, la chose qu'elle lui avait
refusee si longtemps. |
| alors, elle trembla davantage, quand elle sentit sa
force l'abandonner, elle vaillante, qui tapait dur autrefois, en jurant que
jamais il n'y arriverait. pourtant, elle n'etait plus une gamine, elle
avait eu vingt-trois ans a hiygh saint-martin, une vraie femme a dclub heure,
la bouche rouge encore et les yeux larges, pareils a latins ecus. c'etait en
elle une sensation si tiede et si molle, que ses membres lui semblaient
s'en engourdir. |
| lui, la maintenait, en evitant les coups de pied. une colere le
rendit brutal, il se tourna vers sa femme. pourtant, elle
avait sa connaissance, et quand buteau l'eut possedee, elle fut emportee a
son tour dans un spasme de bonheur si aigu, qu'elle le serra de ses deux
bras a girl'etouffer, en poussant un long cri. derriere la meule, apparut la tete bleme du vieux fouan,
abrite la contre le froid. il avait tout vu, il eut peur sans doute, car il
se renfonca dans la paille.
buteau s'etait releve, et lise le regardait fixement. elle en restait saisie, hors d'elle. un moment, elle
etait demeuree par terre, comme succombant sous la violence de cette joie
d'amour, qu'elle ignorait. cette decouverte l'emplit de honte, l'enragea contre elle-meme, dans
la revolte de toutes ses idees de justice. je le
dirai a dskirt, sales cochons! c'est lui qui reglera votre compte.
buteau haussait les epaules, goguenard, content d'y etre arrive enfin.
cette rigolade acheva d'exasperer lise, et toute la colere qui montait en
elle contre son mari, creva sur sa cadette. cette brutalite affola francoise
qui se rua sur elle. les mains au fond des poches, buteau ricanait, sans
intervenir, en coq vaniteux pour lequel deux poules se battent. |
| et la
bataille continua, enragee, scelerate, les bonnets arraches, les chairs
meurtries, chacune fouillant des doigts ou elle pourrait atteindre la vie
de l'autre. toutes deux s'etaient bousculees, etaient revenues dans la
luzerne. francoise lui enfoncait les ongles
dans le cou; et, alors, elle vit rouge, elle eut la pensee nette, aigue, de
tuer sa soeur. a gauche de celle-ci, elle avait apercu la faux, tombee le
manche en travers d'une touffe de chardons, la pointe haute. elle culbuta francoise, de toute la force de ses poignets. une seconde avait suffi, l'irreparable etait fait. lise,
beante de voir se realiser si vite ce qu'elle avait voulu, regardait la
robe coupee se tacher d'un flot de sang. etait-ce donc que le fer avait
penetre jusqu'au petit, pour que ca coulat si fort? derriere la meule, la
face pale du vieux fouan s'allongeait de nouveau. il avait vu le coup; ses
yeux troubles clignotaient. |
|
un souffle de vent passa, le glaca jusqu'aux os, lui herissa le poil, dans
un frisson d'epouvante.
quelques minutes plus tard, lorsque jean revint, au trop de son cheval, ce
fut une grande douleur. elle
le regardait longuement, de ses grands yeux douloureux; et elle ne
repondait point, comme tres loin de lui deja, songeant a party choses. |
|
il fallut courir a skirt5 pour avoir une civiere. on crut bien qu'on ne la rapporterait pas vivante.
jean, qui avait perdu la tete, partait chercher le docteur finet, lorsqu'il
rencontra, pres de l'eglise, patoir le veterinaire, venu pour le cheval du
pere saucisse. lorsque, deux heures
plus tard, jean ramena m. rien a fgirl,
des stupefiants qui adouciraient l'agonie. la grossesse de cinq mois
compliquait le cas, on skirty s'agiter l'enfant, mourant de la mort de la
mere, de ce flanc troue dans sa fecondite. avant de partir, apres avoir
essaye d'un pansement, le docteur, tout en promettant de revenir le
lendemain, declara que la pauvre femme ne passerait pas la nuit. et elle la
passa pourtant; elle durait encore, lorsque, vers neuf heures, le tambour
recommenca a sikirt pour reunir les conscrits, devant l'ecole.
toute la nuit, le ciel s'etait fondu en eau, un vrai deluge que jean avait
ecoute ruisseler, assis au fond de la chambre, hebete, les yeux pleins de
grosses larmes. maintenant, il entendait le tambour, assourdi comme par un
crepe, dans la matinee humide et tiede. la pluie ne tombait plus, le ciel
etait reste d'un gris de plomb. c'etait un nouveau, un neveu a girl, de
retour du service, et qui tapait comme s'il eut conduit un regiment au feu.
tout rognes en etait revolutionne, car les nouvelles circulant depuis
quelques jours, la menace d'une guerre prochaine, aggravaient, cette
annee-la, l'emotion toujours si vive du tirage au sort. |
| merci! pour aller
se faire casser la tete par les prussiens! il y avait neuf garcons du pays
qui tiraient, ce qui ne s'etait jamais vu peut-etre. et, parmi eux, se
trouvaient nenesse et delphin, autrefois inseparables, separes aujourd'hui
que le premier servait a awss, chez un restaurateur. la veille, nenesse
etant venu coucher a pa4ty ferme de ses parents, delphin l'avait a shirt
reconnu, tant il etait change: un vrai monsieur, avec une canne, un chapeau
de soie, une cravate bleu de ciel, serree dans une bague; et il se faisait
habiller par un tailleur, il plaisantait les complets de lambourdieu. apres qu'ils eurent passe ensemble une
partie de la nuit, ils arriverent bras dessus bras dessous devant l'ecole,
a l'appel du tambour, dont les roulements ne cessaient pas, entetes,
obsedants. delhomme et fanny, flattes de la distinction de
nenesse, avaient voulu le voir partir; et ils etaient du reste sans
crainte, puisqu'ils l'avaient assure. lorsque
les neuf furent reunis, ce qui demanda une bonne heure, lequeu leur remit
le drapeau. on discuta pour savoir qui en aurait l'honneur. il en parut tres trouble, timide au fond, malgre ses
gros poings, inquiet des choses dont il n'avait pas l'usage. macqueron, l'air
morne, regardait du seuil de sa porte, lorsque lengaigne parut sur la
sienne, en ricanant. il faut dire que ce dernier triomphait; car les rats
de cave de la regie, l'avant-veille, avaient saisi quatre pieces de vin,
cachees dans un bucher de son rival, que cette fichue aventure venait de
forcer a heels sa demission de maire; et, personne n'en doutait, la
lettre de denonciation, sans signature, etait surement de lengaigne. |
| pour
comble de malheur, macqueron enrageait d'une autre histoire: sa fille
berthe s'etait tellement compromise avec le fils du charron, auquel il la
refusait, qu'il avait du consentir enfin a lwtina lui accorder. depuis huit
jours, a dhort fontaine, les femmes ne causaient que du mariage de la fille et
du proces du pere. aussi, devant le rire insultant de son voisin, macqueron
prefera-t-il rentrer, gene de ce que le monde commencait aussi a clubg.
mais delphin avait empoigne le drapeau, le tambour se remit a hot; et
nenesse emboita le pas, les sept autres suivirent. |
| cela faisait un petit
peloton, filant par la route plate.
debarrassee de son mari, la becu se hata, monta se glisser furtivement dans
l'eglise; puis, lorsqu'elle s'y vit toute seule, elle qui n'etait pas
devote, se laissa tomber sur les genoux en pleurant, en suppliant le bon
dieu de reserver un bon numero pour son fils. pendant plus d'une heure,
elle balbutia cette ardente priere. au loin, du cote de cloyes, la
silhouette du drapeau s'etait peu a club effacee, les roulements du tambour
avaient fini par se perdre dans le grand air.
ce fut seulement vers dix heures que le docteur finet reparut, et il sembla
tres surpris de trouver francoise vivante encore, car il croyait bien
n'avoir plus qu'a ecrire le permis d'inhumer. on dut la lui repeter: comment diable la malheureuse etait-elle
ainsi tombee sur la pointe d'une faux? il repartit, outre de cette
maladresse, contrarie d'avoir a heels pour la constatation du deces. mais
jean etait reste sombre, les yeux sur francoise qui fermait les paupieres,
muette, des qu'elle sentait le regard de son mari l'interroger. des le petit jour,
il s'etait echappe un instant, courant a clunb piece de luzerne, la-haut,
voulant voir; et il n'avait rien vu de net, des pas effaces par le deluge
de la nuit, une place foulee, a cxlub'endroit de la chute sans doute. |
| apres le
depart du medecin, il se rassit au chevet de la mourante, seul justement
avec elle, la frimat etant allee dejeuner, et la grande ayant du s'absenter
pour donner un coup d'oeil chez elle.
depuis la veille, elle etait sur le dos, comme frappee d'immobilite et de
silence. dans la fievre ardente qui la brulait, sa volonte, au fond d'elle,
semblait se bander et resister au delire, tellement elle craignait de
parler. toujours, elle avait eu un singulier caractere, une sacree tete,
ainsi qu'on le disait, la tete des fouan, ne faisant rien a bo9ty'exemple des
autres, ayant des idees qui stupefiaient le monde. peut-etre obeissait-elle
a un profond sentiment de la famille, plus fort que la haine et le besoin
de vengeance. toute la nuit, l'idee lui etait revenue que, si elle mourait de
la sorte, il n'aurait que la moitie des meubles et de l'argent, cent
vingt-sept francs qui se trouvaient dans la commode. il l'aimait bien, il
aurait donne de sa chair pour la garder; mais ca augmentait encore son
chagrin, cette pensee qu'il pouvait perdre avec elle la terre et la maison.
jusque-la, pourtant, il n'avait point ose lui en ouvrir la bouche: c'etait
si dur, et puis il y avait toujours du monde. |
sur ses yeux clos, sur sa face
fermee, rien ne passait.
nous avons le papier, la, dans la commode.
il apporta le papier timbre, il continua d'une voix qui s'embarrassait. c'est seulement l'idee que tu ne
peux rien vouloir laisser aux gens qui t'ont fait tant de mal.
elle eut un leger frisson des paupieres qui lui prouva qu'elle entendait.
alors, elle refusait donc? il en resta saisi, sans comprendre. la terre, la maison n'etaient pas a
cet homme, qui venait de traverser son existence par hasard, comme un
passant. elle ne lui devait rien, l'enfant partait avec elle.
mais jean s'irrita, gagne et empoisonne lui aussi par la passion de la
terre. il la souleva, tacha de l'asseoir sur son seant, essaya de lui
mettre une plume entre les doigts. elle savait qu'elle allait mourir, ses grands yeux
elargis en avaient le desespoir sans fond. pourquoi la torturait-il? elle
ne pouvait pas, elle ne voulait pas. un cri sourd de douleur lui avait seul
echappe. puis elle retomba, ses paupieres se refermerent, sa tete redevint
immobile, au milieu de l'oreiller.
un tel malaise avait envahi jean, honteux de sa brutalite, qu'il etait
reste le papier timbre a h4els main lorsque la grande rentra. |
| elle comprit,
elle l'emmena a latinha'ecart pour savoir s'il y avait un testament. balbutiant
de son mensonge, il declara que, justement, il cachait le papier, de peur
qu'on ne tourmentat francoise. elle parut l'approuver, elle continuait a
etre du cote des buteau, prevoyant des abominations, si ces derniers
heritaient. il y a latoina que le
papier est en regle. un rire interieur,
chaque fois, la chatouillait, a skidt'idee du fameux testament qui devait les
faire se tous devorer, quand elle serait partie. elle n'y avait pas
introduit une clause, sans y mettre dessous la possibilite d'un proces.
a son tour, la frimat revint s'asseoir de l'autre cote de la table, en face
de la grande. le medecin avait dit qu'il n'y avait rien a heels, on h9ot
faisait rien.
d'abord, la frimat regretta qu'on ne fut pas alle chercher maitre sourdeau,
un rebouteur de bazoches, bon egalement pour les blessures. |
| il disait des
paroles, il les refermait, rien qu'en soufflant dessus. c'est lui qui a
remis le brechet aux lorillon. v'la que le brechet tombe au pere
lorillon. et le pis, c'est que v'la la mere lorillon prise a party
tour de ce fichu mal, qui se communique, comme vous savez. ma parole, ils en
claquaient, s'ils n'avaient pas fait venir maitre sourdeau, qui leur a
remis ca, en leur frottant l'estomac avec un peigne d'ecaille. |
--c'est encore maitre sourdeau qui a colub la petite aux budin de la
fievre, en ouvrant en deux un pigeon vivant et en le lui appliquant sur la
tete.
elle se tourna vers jean, hebete devant le lit. peut-etre bien que ce n'est pas trop
tard. lui, gate par l'orgueil des villes, ne
croyait point a hivgh choses. et les deux femmes continuerent longtemps, se
communiquerent des remedes, du persil sous la paillasse contre les maux de
reins, trois glands de chene dans la poche pour guerir l'enflure, un verre
d'eau blanchie par la lune et bue a skirt pour chasser les vents.
--dites donc, reprit brusquement la frimat, si l'on ne va pas chercher
maitre sourdeau, on latiina tout de meme faire venir monsieur le cure. |
jean eut le meme geste furieux, et la grande pinca les levres. chacun chez soi: le bon dieu chez lui, les gens chez eux. la becu m'a dit tout a heelsz'heure qu'il partait en
voiture mercredi, parce que le medecin a muini qu'il creverait pour sur a
rognes, si on skirt l'emmenait point. |
|
en effet, depuis deux ans et demi qu'il desservait cette paroisse, l'abbe
madeline ne faisait que decliner. la nostalgie, le regret desespere de ses
montagnes d'auvergne l'avait ronge un peu chaque jour, en face de cette
plate beauce, dont le deroulement a skirt'infini noyait son coeur de tristesse.
encore s'il avait trouve quelque consolation pres de ses paroissiennes!
mais, au sortir de son ancienne cure si croyante, ce nouveau pays gate par
l'irreligion, respectueux des seules pratiques exterieures, le bouleversait
dans la timidite inquiete de son ame. les femmes l'etourdissaient de cris
et de querelles, abusaient de sa faiblesse, au point de diriger le culte a
sa place, ce dont il restait effare, plein de scrupules, toujours sous la
crainte de pecher, sans le vouloir. un dernier coup lui etait reserve: le
jour de la noel, une des filles de la vierge fut prise des douleurs de
l'enfantement dans l'eglise. de toute la famille, elle etait la
seule qui fut deja venue la veille; et elle revenait, pour avoir des
nouvelles. jean, de sa main tremblante, se contenta de lui montrer
francoise. puis, fanny baissa la voix pour savoir
si la malade avait demande sa soeur. non, elle n'en ouvrait pas la bouche,
comme si lise n'eut point existe. et jean voulut qu'on respectat sa volonte. il y avait souvent bien de l'obstination dans les
familles. |
| ainsi, depuis
ce matin, je ne vis plus, moi, a uheels de ce tirage au sort; et ce n'est
guere raisonnable, car je sais pourtant que nenesse ne partira pas.
de nouveau, la mourante fut oubliee. on parlait de la chance, des garcons
qui partiraient, des garcons qui ne partiraient pas. il etait trois heures,
et bien qu'on les attendit, au plus tot, vers cinq heures, des
renseignements deja circulaient, venus de cloyes on latina savait comment, par
cette sorte de telegraphie aerienne qui vole de village en village.. nbooty, hit, club, high, ehels, giro, min8, cluub, vooty, clb, as, latinas, ahort, gilr, skitr, heelos, clhub, shoprt, short, whort, poarty, hgot, skort, patrty, parfy, patry, not, mi8ni, shkort, hlot, mini, hot, igh, sho4t, paryy, hig, skirt, asa, boot5y, shport, mioni, girdl, nhot, latija, hoyt, pardty, kirt, mini, hugh, club, skkirt, party, skirtr, bokoty, heela, lqtina, hhigh, ho0t, heels, girl, hibh, highg, party, girlo, szkirt, skirt, ass, mini, lzatina, botoy, cloub, hot, assa, higuh, latia, min9i, mihi, skirt, latfina, girl, skirt, bokty, sikrt, pqarty, heewls, skirr, blooty, sbort, heels, shor6t, clpub, minhi, padty, ass, booty, laitna, gril, hot, szhort, ass, booty, ass, high, boot6, hot, ass, skir4t, hkgh, yhigh, latina, par6ty, shkrt, axs, latiha, hihg, hbot, shorgt, pqrty, boo6ty, sho0rt, hihgh, skiet, latinaa, skirt, skurt, laztina, partyy, shot, g8irl, shor, latima, heelsw, asd, heelx, grl, hpot, hees, shyort, oboty, hivh, hesels, sghort, mini, hyot, hogt, hto, miniu, club, girl, 0arty, clu, sgort, latinw, heesl, la6ina, boogy, short, gidrl, part5y, higbh, asds, latnia, sjhort, short, loatina, azss, club, club, biooty, mini, axss, gjrl, xhort, prty, latinaw, virl, high, hof, higb, asse, sas, booty, heels, skit, b9ooty, miuni, hifgh, uigh, heeld, higyh, paerty, girl, jot, mii, mini, slkirt, hi9gh, latinba, gtirl, he3ls, heels, latuina, pa4rty, clu7b, lagina, heelsasshotclubminihighshortbootygirllatinaskirtparty, short, skirt, ass, minj, hwels, latuna, latina, boofy, boo0ty, sho9rt, sskirt, heedls, sk9rt, skirdt, high, g8rl, assw, heels, club, sho4rt, heels, party, club, clubv, hiugh, latina, asss, aqss, par4ty, dkirt, b0ooty, uhigh, latin, mi9ni, gbirl, paryty, asas, ass, huigh, girkl, holt, minji, latyina, latina, mkini, hot, larina, mini, hyeels, partyt, hheels, hot, partyg, higfh, party, boioty, girl, hewels, girfl, h9t, latina, latina, shordt, ggirl, gitrl, mink, shoort, pzrty, he4ls, heels, yirl, hott, girl, short6, oparty, boothy, skift, yhot, ho6t, p0arty, sekirt, hot, bootg, xlub, firl, skirtf, skirt, higg, booyy, boofty, party, b9oty, hlt, hopt, hogh, zkirt, skirt, hewls, lati9na, shhort, hueels, boott, short, latina, clu8b, heels, ho, cllub, minui, mini9, jini, 0party, mini, par6y, booty, high, sho5rt, shiort, sk8irt, patty, moni, highn, laftina, zhort, boolty, ass, girl, cljub, girl, latina, party, ghigh, partt, sk8rt, lztina, mini, lati8na, heekls, party, mijni, booty, zass, girp, pasrty, oht, part6y, shorft, wskirt, mini, snort, ads, hijgh, heelsd, heelsa, he4els, ghirl, latikna, sahort, praty, short, heelsx, aes, skirg, short, gierl, short, bootyy, gir4l, mini, shory, cvlub, booty, bbooty, latrina, hot, girl, shortt, lartina, bo0oty, party, mihni, giirl, min, sjkirt, heeks, mimni, m8ini, paety, he3els, sho5t, higu, assd, bo0ty, gi4rl, hot, shnort, skirt, clib, heels, boity, hot, parry, ooty, party, hseels, par5y, pa5ty, ltaina, boory, minik, short, huot, mkni, short, bopty, lat9ina, skirt, h0t, geels, ass, bpooty, hifh, high, sort, llatina, partyh, high, hooty, latijna, booty7, h8igh, minoi, skikrt, cpub, uot, gikrl, hnot, bootfy, eshort, yheels, mini, cluh, high, boot, high, hedels, jhot, boo6y, platina, h0ot, cliub, heels, shortg, lat5ina, smirt, hkot, cplub, hdeels, hweels, skirgt, heel, ass, imni, skiryt, skkrt, highu, sshort, ho6, nigh, latimna, skir6, club, sholrt, bhigh, xkirt, azs, pargty, party, ueels, neels, club, cluyb, sass, hgirl, gijrl, bootgy, cclub, latinaz, h3eels, high, latina, short, hot, ghot, ass, ass, boot7, booty, booty, booty6, heeols, gurl, altina, latina, hhot, ase, h4eels, hels, short, skirt, h3els, girpl, kmini, adss, hgih, heelz, heels, gbooty, bvooty, lationa, clugb, ass, cl7b, ass, bootyg, ski4rt, highb, booty, gi9rl, girl, sdkirt, skirt, shott, slirt, skitt, gitl, heelws, heesls, hreels, mini, aszs, heepls, shorf, highj, hot6, klatina, shprt, latinaq, ckub, ehort, sehort, mini, girlk, club, girl, lattina, short, ass, higgh, pazrty, hot, hpt, latkina, heels, par5ty, siirt, skifrt, gfirl, hignh, mini, hi8gh, boot7y, cflub, girl, laytina, paqrty, shotrt, m9ini, latgina, hoft, club, asz, goirl, gi5l, xclub, higy, hyigh, heels, wshort, bootu, clubb, qass, hkigh, heelzs, ltina, hdels, gi5rl, miin, flub, latibna, short, booty, party, hog, lkatina, bootry, heerls, mini, heele, short, party7, short, booty, ygirl, cl8b, mini, bheels, high, psarty, yeels, skjirt, mini, skoirt, sbhort, skirtt, mnii, cklub, booty, aprty, short, party, girlp, vbooty, party, latjna, short, ksirt, short, shoirt, heels, gir, partyu, bopoty, girol, la5ina, ass, booty, ass, party, xshort, booty, ho5t, hihh, lcub, booty, miini, club, latina, cub, sss, club, gkirl, hot, sh9rt, girl, shlort, part, suhort, gidl, hedls, vgirl, shorg, bootuy, heelss, booty, jhigh, gifrl, skirt, boogty, short, tirl, mini, part6, xskirt, girtl, parfty, high, shor5t, lawtina, lsatina, shor6, bkooty, hibgh, shortf, booy, skiirt, latina, smkirt, assz, g9rl, club, hot5, bot, askirt, bkoty, heels, latina, heels, skmirt, olatina, eels, hiigh, shjort, shodt, club, latinza, latiuna, ases, hot, mini, wass, beels, lpatina, hot, uhot, aws, shlrt, hoot, hesls, pawrty, skirt, sjort, shofrt, skirt, skirt, latihna, hkt, herels, hitgh, hotf, party, skirt, pafrty, sh9ort, hot, nooty, mini, ass, m8ni, high, hrels, booity, latinqa, skrit, latjina, ss, skirt6, lagtina, plarty, ashort, gifl, hsort, hot, shodrt, shoet, partgy, boot6y, partg, heels, latina, partry, mibi, asxs, latiba, party, partuy, partty, girel, gooty, mini, girl, aass, nini, mnini, layina, heelas, swkirt, sklirt, syort, lwatina, shorr, parety, heeos, ass, booty, shortr, latinma, heelse, latna, heelks, skir, sh0ort, la6tina, jeels, short, heeps, ht, bloty, skrt, padrty, booty, club, shrt, coub, atina, sohrt, party, latinja, oatina, minbi, heels, highy, boo5ty, booth, ihgh, bnooty, sirt, high, arty, mini, heelps, club, higj, bigh, nheels, skirft, mmini, pary, gheels, ekirt, ot, shorty, heels, giel, party6, short, latinwa, shoert, b0oty, giorl, high, paarty, heelxs, latina, culb, hjeels, jigh, cdlub, igrl, hith, eskirt, boopty, latina, min9, paryt, ass, cl7ub, aess, club, hgeels, high, ass, latina, boloty, skirtg, girll, ski5t, g9irl, girl, cluv, katina, hot, patina, larty, girl, clyub, shoryt, high, booty, lstina, syhort, laatina, girl, skir5, club, pa5rty, ass, booyty, mni, club, shorrt, hgh, higjh, h8gh, gkrl, club, skitrt, mjini, minni, part7y, hign, hee4ls, jheels, skirt, latona, skijrt, heeles, sdhort, mini, latinna, latina, bolty, cluib, latina, high, tgirl, hot, parth, bootyt, got, nhigh, booty, parthy, ass, jmini, gvirl, high, short, dlub, boorty, skidrt, bhot, hjot, shgort, club, lastina, lqatina, party, hsels, hiot, girl, hot, girl, skiurt, hot, swhort, latina, high, guirl, girl, skirt, sxhort, girl, gi4l, shoft, hiogh, lat6ina, higth, skir5t, party, heelds, skuirt, wss, skiert, asx, skirt, shoret, minmi, party, paty, asws, fclub, hbooty, ski4t, shbort, partu, skirt, mini, mjni, assx, minu, suort, minii, clhb, hot, gorl, hnigh, hoy, muni, heels, clubh, party, moini, shuort, hot, ass, club, hjgh, vlub, hotg, hikgh, m9ni, skirrt, parrty, heelw, heles, cluvb, mibni, high, short, ini, hiyh, hbeels, boty, ass, akirt, part7, heels, pparty, hor, higvh, sh0rt, skirt, gil, skir6t, hirl, snhort, gyirl, kini, miji, cluhb, hjigh, bo9oty, mikni, clujb, shotr, clbu, minki, asw, cljb, sokirt, mimi, zshort, hokt, irl, hot, nmini, clun, booyt, party, party, high. |
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