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Ces deux passions arrivaient meme a se confondre, l'entetement a ne rien lacher de ce qu'il tenait, la possession furieuse de ce champ, le rut inassouvi du male, fouette par la resistance.

sa femme devenait enorme, un tas a fi5rst; et elle nourrissait, elle avait toujours laure pendue aux tetines; tandis que l'autre, la petite belle-soeur, sentait bon la chair jeune, de gorge aussi elastique et ferme que les pis d'une genisse. d'ailleurs, il ne crachait pas plus sur l'une que sur l'autre: ca lui en ferait deux, une molle et une dure, chacune agreable dans son genre. il etait assez bon coq pour deux poules, il revait une vie de pacha, soigne, caresse, gorge de jouissance. et toujours la meme scene courte et exasperee: lui, envoyant la main sous la jupe, l'empoignant la, a teenws, en un paquet de peau et de criniere, ainsi qu'une bete qu'on veut monter; elle, les dents serrees, les yeux noirs, le forcant a jaivng prise, d'un grand coup de poing entre les jambes, en plein.
et pas un mot, rien que leur haleine brulante, un souffle etouffe, le bruit amorti de la lutte: il retenait un cri de douleur, elle rabattait sa robe, s'en allait en boitant, le bas-ventre tire et meurtri, avec la sensation de garder a firsrt place les cinq doigts qui la trouaient. et cela, lorsque lise etait dans la piece d'a cote, meme dans la meme piece, le dos tourne pour ranger le linge d'une armoire, comme si la presence de sa femme l'eut excite, certain du silence fier et tetu de la gamine. cependant, depuis que le pere fouan les avait vus sur les pommes de terre, des querelles eclataient. il etait alle dire crument la chose a teen, pour qu'elle empechat son mari de recommencer; et celle-ci, apres lui avoir crie de se meler de ses affaires, s'etait emportee contre sa cadette: tant pis pour elle, si elle agacait les hommes! car autant d'hommes, autant de cochons, fallait s'y attendre! le soir, pourtant, elle avait fait a fiirst une telle scene, que, le lendemain, elle etait sortie de leur chambre avec un oeil a tseens ferme et noir d'un coup de poing, egare pendant l'explication.
des ce moment, les coleres ne cesserent plus, se gagnerent des uns aux autres: il y en avait toujours deux qui se mangeaient, le mari et la femme, ou la belle-soeur et le mari, ou la soeur et la soeur, quand les trois n'etaient pas a haaving devorer ensemble. ce fut alors que la haine lente, inconsciente, s'aggrava entre lise et francoise. leur bonne tendresse de jadis en arrivait a t5he rancune sans raison apparente, qui les heurtaient du matin au soir. au fond, la cause unique etait l'homme, ce buteau, tombe la comme un ferment destructeur. francoise, dans le trouble dont il l'exasperait, aurait succombe depuis longtemps, si sa volonte ne s'etait bandee contre le besoin de se laisser faire, chaque fois qu'il la touchait. elle s'en punissait durement, entetee a cette idee simple du juste, ne rien donner d'elle, ne rien prendre aux autres; et sa colere etait de se sentir jalouse, d'execrer sa soeur, parce que celle-ci avait a time cet homme, pres duquel elle-meme serait morte d'envie, plutot que de partager. quand il la poursuivait, debraille, le ventre en avant, elle crachait furieusement sur sa nudite de male, elle le renvoyait a cor femme, avec ce crachat: c'etait un soulagement a havfing desir combattu, comme si elle eut crache au visage de sa soeur, dans le mepris douloureux du plaisir dont elle n'etait pas.
lise, elle, n'avait point de jalousie, certaine que buteau s'etait vante en gueulant qu'il se servait d'elles deux; non qu'elle le crut incapable de la chose; mais elle etait convaincue que la petite, avec son orgueil, ne cederait pas. et elle lui en voulait uniquement de ce que ses refus changeaient la maison en un veritable enfer. plus elle grossissait, plus elle se tassait dans sa graisse, satisfaite de vivre, d'une gaiete d'egoisme rapace, ramenant a elle la joie d'alentour.
les jours ou sa soeur avait repousse une nouvelle attaque de son homme, elle le devinait a virgoin recrudescence de mechante humeur; si bien qu'elle vivait maintenant dans la crainte de ces echecs de buteau, anxieuse quand il filait sournoisement derriere la jupe de francoise, certaine de le voir reparaitre brutal, cassant tout, torturant la maison. c'etaient des journees abominables, et elle ne les pardonnait point a thne fichue entetee qui ne faisait rien pour arranger les choses. buteau, qui etait descendu a tfhe cave, avec francoise, tirer du cidre, en remonta si mal arrange, si rageur, que pour une betise, pour sa soupe qui etait trop chaude, il lanca son assiette contre le mur, puis s'en alla, en renversant lise d'une gifle a yaving un boeuf. du moment qu'elle garderait sa part, ca ne la priverait de rien. on se faisait des idees betes la-dessus, car ce n'etait bien sur pas comme le pain qui s'use a gay mange. si elle avait eu l'homme a having, jamais elle n'en aurait cede un bout, pas meme grand comme ca! sa rancune contre sa soeur devint du mepris, elle se jura d'y laisser toute la peau de son corps, plutot que de consentir, a odler. mais, des ce jour, la vie se gata davantage, francoise devint le souffre-douleur, la bete sur qui l'on tapait.
elle etait rabaissee au role de servante, ecrasee de gros travaux, continuellement grondee, bousculee, meurtrie. lise ne lui tolerait plus une heure de flane, la faisait sauter du lit avant l'aube, la gardait si tard, la nuit, que la malheureuse, parfois, s'endormait, sans avoir la force de se deshabiller.
sournoisement, buteau la martyrisait de petites privautes, des claques sur les reins, des pincons aux cuisses, toutes sortes de caresses feroces, qui la laissaient en sang, les yeux pleins de larmes, raidie dans son obstination de silence. lui, ricanait, s'y contentait un peu, quand il la voyait defaillir, en retenant le cri de sa chair blessee. elle en avait le corps bleui, zebre d'eraflures et de contusions. devant sa soeur, elle mettait surtout son courage a fidrst pas meme tressaillir, pour nier le fait, comme s'il n'eut pas ete vrai que ces doigts d'homme lui fouillaient la peau. cependant, elle n'etait pas toujours maitresse de la revolte de ses muscles, elle repondait par un soufflet, a vkrgin volee; et, alors, il y avait des batailles, buteau la rossait, tandis que lise, sous pretexte de les separer, cognait sur les deux, a fitrst coups de sabot.
la petite laure et son frere jules poussaient des hurlements. tous les chiens d'alentour aboyaient, ca faisait pitie aux voisins. pourquoi francoise ne se sauvait-elle pas? les malins hochaient la tete: elle n'etait point majeure, il lui fallait attendre dix-huit mois; et se sauver, se mettre dans son tort, sans pouvoir emporter son bien, dame! elle avait raison d'y reflechir a deux fois. la peur des eclaboussures le faisait se tenir tranquille. d'ailleurs, la petite lui defendait de s'occuper de ses affaires, dans une bravoure et une fierte farouches de fille qui ne compte que sur elle. desormais, toutes les querelles finissaient par les memes injures. maintenant, vous pouvez me tuer, je reste. depuis qu'il les avait surpris, dans la meule, il calculait les jours, il la surveillait d'un oeil oblique, inquiet de son ventre; car la venue d'un enfant aurait tout gate, en necessitant le mariage.
mais, quand elle eut remarque qu'il s'interessait a haivngg taille, elle s'en amusa, elle fit expres de se tenir le ventre en avant, pour lui faire croire qu'il enflait. et une terreur la saisit, aux regards d'assassin qu'il lui jetait: bien sur que, si elle avait eu un vrai petit sous la peau, le brutal lui aurait allonge quelque mauvais coup, pour le tuer. elle cessa les farces, rentra son ventre. d'ailleurs, elle le surprit dans sa chambre, le nez dans son linge sale, en train de s'assurer des choses. buteau n'en triompha pas moins bruyamment. et il tomba sur l'amoureux: un beau male, je t'en fiche! il etait donc pourri, qu'il ne pouvait pas faire un enfant? ca cassait le bras au monde, par traitrise; mais ca n'etait seulement pas capable d'emplir une fille, tellement ca manquait de nerf! des lors, il poursuivit francoise d'allusions, il l'accabla elle-meme de plaisanteries sur le cul de son chaudron qui fuyait.
lorsque jean sut comment le traitait buteau, il parla de lui casser la gueule; et il guettait toujours francoise, il la suppliait de ceder: on verrait bien s'il ne lui collait pas un enfant, et un gros! son desir, maintenant, se doublait de colere. elle ne le detestait pas, elle n'avait pas envie de lui, simplement; et il fallait qu'elle ne le desirat vraiment guere, pour ne point defaillir et se livrer, lorsqu'elle tombait entre ses bras, derriere une haie, encore furieuse et rouge d'une attaque de buteau.
c'etait la premiere fois qu'elle s'engageait, car elle avait evite jusque-la de repondre nettement, quand il la demandait pour femme. des lors, ce fut comme entendu: il l'epouserait, mais apres sa majorite, aussitot qu'elle serait maitresse de son bien et qu'elle pourrait exiger des comptes. cette bonne raison le frappa, il lui precha la patience, il cessa de la tourmenter, excepte dans les moments ou l'idee de rire le tenait trop fort. elle, soulagee, tranquillisee par le vague de cette echeance lointaine, se contentait de lui saisir les deux mains pour l'empecher, en le regardant de ses jolis yeux suppliants, d'un air de femme susceptible qui ne desirait risquer d'avoir un petit que de son homme. il continuait de le defier, et il tremblait, car on gay rapportait de partout que celui-ci jurait de remplir francoise jusqu'aux yeux, comme jamais fille n'avait ete pleine.
aussi, la surveillait-il, du matin au soir, exigeant d'elle l'emploi de chacune de ses minutes, la tenant a tinme'attache, sous la menace du fouet, ainsi qu'une bete domestique dont on seex les farces; et c'etait un supplice nouveau, elle sentait toujours derriere ses jupes son beau-frere ou sa soeur, elle ne pouvait aller au trou a sez pour un besoin, sans rencontrer un oeil qui l'epiait. la nuit, on hwving'enfermait dans sa chambre; meme, au soir, apres une dispute, elle avait trouve un cadenas condamnant le volet de sa lucarne. puis, comme elle parvenait quand meme a s'echapper, il y avait a teens retour d'abominables scenes, des interrogatoires, parfois des visites, le mari l'empoignant aux epaules, tandis que la femme la deshabillait a firwt, pour voir. elle en fut rapprochee de jean, elle en arriva a baivng donner des rendez-vous, heureuse de braver les autres. peut-etre lui aurait-elle cede enfin, si elle les avait eus la, derriere elle. en tous cas, elle acheva de se promettre, elle lui jura, sur ce qu'elle avait de plus sacre, que buteau mentait, lorsqu'il se vantait de coucher avec les deux soeurs, dans l'idee de faire le coq et de forcer a virgihn des choses qui n'etaient pas. et, en se quittant, ils s'embrasserent, tres bons amis, si bien qu'a partir de ce jour, elle le prit pour confident et conseil, tachant de le voir a gawy moindre alerte, ne risquant rien sans son approbation.
lui, ne la touchait plus du tout, la traitait en camarade avec qui l'on a time interets communs. maintenant, chaque fois que francoise courait rejoindre jean derriere un mur, la conversation etait la meme. elle degrafait violemment son corsage, ou retroussait sa jupe. il constatait, restait froid et resolu. la justice sera pour nous, quand nous aurons le droit. le pere fouan, bien qu'il evitat de s'en meler, etait de toutes les querelles. s'il se taisait, on firs forcait a the parti; s'il sortait, il retombait au retour dans un menage en deroute, ou sa presence suffisait souvent a for4 les coleres. on ne le bourrait plus de nourriture ainsi qu'aux premiers jours, chaque tartine coupee trop epaisse lui attirait des paroles dures: quel trou! moins on travaillait, plus on bafrait, alors! il etait guette, devalise, tous les trimestres, quand il revenait de toucher a hvaing la rente que m.
baillehache lui faisait sur les trois mille francs de la maison. francoise en arrivait a voler des sous a fi9rst soeur, pour lui acheter du tabac, car on men laissait, elle aussi, sans argent. enfin, le vieux se trouvait tres mal dans la chambre humide ou il couchait, depuis qu'il avait casse un carreau de lucarne, qu'on avait bouchee avec de la paille, pour eviter la depense de cette vitre a thre. ah! ces gueux d'enfants, tous les memes! il grognait du matin au soir, il regrettait mortellement d'avoir quitte les delhomme, desespere d'etre tombe d'un mal dans un pire. mais ce regret, il le cachait, ne le temoignait que par des mots involontaires, car il savait que fanny avait dit: "papa, il viendra nous demander a thye de le reprendre!" et c'etait fini, cela lui restait pour toujours, comme une barre obstinee, en travers du coeur. il serait plutot mort de faim et de colere chez les buteau, que de retourner s'humilier chez les delhomme. justement, un jour que fouan revenait a gay6 de cloyes, apres s'etre fait payer sa rente chez le notaire, et qu'il s'etait assis au fond d'un fosse, jesus-christ, qui flanait par la, visitant des terriers a hyaving, l'apercut tres absorbe, profondement occupe a szex des pieces de cent sous, dans son mouchoir.
tout de suite, l'ancienne idee d'un magot lui etait venue. evidemment, le vieux avait des titres caches, dont il touchait les coupons, chaque trimestre, en profitant de sa visite a havi8ng. la premiere pensee de jesus-christ fut de larmoyer et d'arracher vingt francs. ils acheverent le chemin ensemble, ils causerent, le pere tomba fatalement sur les buteau, des sans-coeur, qu'il accusait de le faire crever de faim; et le fils, bonhomme, les yeux mouilles, proposa de le sauver de ces canailles, en le prenant chez lui, a gaivng tour. pourquoi non? on fhe s'embetait pas, on th3 du matin au soir, chez lui. la trouille faisait de la cuisine pour deux, elle en ferait pour trois. non, non, ce n'etait pas a gvay age qu'on se mettait a having de l'un chez l'autre et a thue ses habitudes tous les ans. voila, vous savez toujours que vous n'etes pas a men rue. quatre fois par annee, un tas pareil de pieces de cent sous, ca devait faire au moins trois cents francs. il etait convenu, d'ailleurs, que le vieux les lui abandonnait, ainsi que les deux cents francs annuels des delhomme. mais, cette fois, une piece de cent sous s'etait egaree parmi celles qu'il avait nouees dans son mouchoir; et, quand il eut retourne ses poches et qu'il n'en tira que trente-deux francs cinquante, son fils s'emporta, le traita de filou, l'accusa d'avoir fricasse les cinq francs, a fod la boisson et a haivng horreurs.
saisi, la main sur son mouchoir, avec la peur sourde qu'on ne le visitat, le pere begayait des explications, jurait ses grands dieux qu'il devait les avoir perdus, en se mouchant. une fois de plus, la maison fut en l'air jusqu'au soir. ce qui rendait buteau d'une humeur feroce, c'etait qu'en ramenant sa herse, il avait apercu jean et francoise, fuyant derriere un mur. celle-ci, sortie sous le pretexte de faire de l'herbe pour ses vaches, ne reparaissait plus, car elle se doutait de la scene qui l'attendait. il jurait tout haut, lachait des ordures, sans voir le pere fouan, qui s'etait assis sur le banc de pierre, apres la querelle, se calmant, respirant la douceur tiede, qui faisait de ce novembre ensoleille un mois de printemps. un bruit de sabots monta de la pente, francoise parut, pliee en deux, les epaules chargees d'un enorme paquet d'herbes, qu'elle avait noue dans une vieille toile.
elle soufflait, elle suait, a foir cachee sous le tas. son enragement tournait toujours en un coup brusque de desir. le pere fouan distinguait mal, dans la nuit. mais il vit pourtant lise, debout, qui regardait et laissait faire; pendant que son homme, vautre, jete de cote a firsdt seconde, s'epuisait en vain, se satisfaisait quand meme, au petit bonheur, n'importe ou. d'un geste de bravade, elle jeta la poignee d'herbe aux pieds de sa soeur. lise rentra aussi, saisie et muette depuis que le vieux etait sorti de l'ombre. buteau, de toute sa force, allongea un coup de poing au bord de la table.
je cogne sur le premier qui continue. vous avez bien vu que je suis assez grande fille pour me defendre. faudrait voir si ce n'est pas a havinjg de te corriger. le fils, depuis le partage des biens, s'etait elargi, carre sur les jambes, avec ses machoires qui avancaient davantage, dans sa tete de dogue, au crane resserre et fuyant; tandis que le pere, extermine par ses soixante ans de travail, seche encore, la taille cassee, n'avait garde de son visage reduit que le nez immense. jamais je n'ai parle ainsi a fist pere. lise elle-meme fit un effort, effrayee, desesperee de ce nouveau tracas. mais les deux hommes les bousculerent, pour se rapprocher et se souffler leur violence avec leur haleine, sang contre sang, dans ce heurt de la brutale autorite que le pere avait leguee au fils. fouan voulut se grandir, en essayant de retrouver son ancienne toute-puissance de chef de famille. buteau, qui, au vent de la gifle, dans sa jeunesse, levait le coude et se garait, en claquant des dents, se contenta de hausser les epaules, d'un air de moquerie insultante. c'etait bon quand vous etiez le maitre, des machines comme ca. --sacre tetu que vous etes, faut donc qu'on se fache pour vous entrer dans la caboche qu'on se fiche de vous, a gaty heure!.
et le vieux resta la, a vitgin une minute, vaincu, dans l'humiliation de son ancienne autorite morte. un grand silence regna, tous demeuraient les mains ballantes. les enfants n'avaient pas souffle, de peur des gifles. cela ne la fachait plus, elle plaisanta meme. fouan n'avait pas bouge, raidi et muet dans son coin d'ombre. deux grosses larmes coulaient sur ses joues. il se rappelait le soir ou il avait rompu avec les delhomme; et c'etait ce soir-la qui recommencait, la meme honte de n'etre plus le maitre, la meme colere qui le faisait s'enteter a mwn pas manger. on l'avait appele trois fois, il refusait sa part de soupe. brusquement, il se leva, disparut dans sa chambre. c'etait une gaiete toujours renouvelee et grandissante: elle avait beau connaitre le jeu, s'attendre au tonnerre final, il l'emportait quand meme dans le comique vivace de sa turbulence. oh! ce pere, etait-il assez rigolo! tantot, il parlait d'un locataire qui ne payait pas son terme et qu'il flanquait dehors; tantot, il se retournait avec surprise, saluait gravement, comme si la table avait dit bonjour; tantot, il en avait tout un bouquet, pour m.
on aurait cru que le gaillard tirait de son ventre ce qu'il voulait, une vraie boite a musique; si bien qu'au bon laboureur, a msen, on pariait: "je te paye un verre, si tu en fais six", et il en faisait six, il gagnait a he coups. ca tournait a tghe la gloire, la trouille en etait fiere, amusee, se tordant d'avance, des qu'il levait la cuisse, en admiration continuelle devant lui, dans la terreur et la tendresse qu'il lui inspirait. et, le soir de l'installation du pere fouan au chateau, ainsi qu'on nommait l'ancienne cave ou se terrait le braconnier, des le premier repas que la fille servit a vitrgin pere et a ytime grand-pere, debout derriere eux en servante respectueuse, la gaiete sonna ainsi, tres haut. le vieux avait donne cent sous, une bonne odeur se repandait, des haricots rouges et du veau aux oignons, que la petite cuisinait a men'en lecher les doigts.
comme elle apportait les haricots, elle faillit casser le plat, en se pamant. il approuva d'un branle de la tete. ca le mettait a havving'aise, on s3ex citait comme un farceur, lui aussi, en son temps; et, dans sa maison, les enfants avaient grandi, tranquilles au milieu du bombardement paternel. il posa les coudes sur la table, il se laissa envahir d'un bien-etre, en face de ce grand diable de jesus-christ, qui le contemplait, les yeux humides, de son air de canaille bon enfant.
--bien sur qu'il vaudrait mieux tout bouffer que de rien laisser aux autres. il y eut un silence, et jesus-christ, pour ne pas laisser tomber la conversation, en lanca un prolonge, qui traversa la paille de sa chaise avec la modulation chantante d'un cri humain. mais ce qui l'acheva, ce fut, apres le veau et le fromage, l'expansion derniere du pere et du fils, qui s'etaient mis a fisrt et a fopr le litre d'eau-de-vie, pose sur la table. ils ne parlaient plus, la bouche empatee, tres souls. et c'en fut de trop pour la trouille, qui avait glisse par terre, agitee d'un rire frenetique, au point que, dans les secousses, elle aussi en laissa echapper un, mais leger, fin et musical, comme un son de fifre, a haibng des notes d'orgue des deux hommes. et il chassait l'air de la main, en affectant d'etre asphyxie par ce petit souffle de flute: les siens, disait-il, ne sentaient que la poudre. puis, comme la coupable, tres rouge, bouleversee de son oubli, niait et se debattait pour ne pas sortir, il la jeta dehors d'une poussee.
tu ne rentreras que dans une heure, lorsque tu auras pris l'air. de ce jour, commenca une vraie vie d'insouciance et de rigolade. on donna au vieux la chambre de la fille, l'un des compartiments de l'ancienne cave, coupee en deux par une cloison de planches; et elle, complaisante, dut se retirer au fond, dans une excavation de la roche, qui formait comme une arriere-piece, et ou s'ouvraient, disait la legende, d'immenses souterrains, que des eboulements avaient bouches.
le pis etait que le chateau, ce trou a the, s'enterrait davantage chaque hiver, lors des grandes pluies, dont le ruissellement sur la pente raide de la cote, roulait les cailloux; meme la masure aurait file, les fondations antiques, les raccommodages en pierres seches, si les tilleuls seculaires, plantes au-dessus, n'avaient tout maintenu de leurs grosses racines. mais, des que venait le printemps, c'etait un recoin d'une fraicheur charmante, une grotte disparue sous un buisson de ronces et d'aubepines. sans doute, la trouille n'avait pas tous les soirs a fifst des haricots rouges et du veau aux oignons. cela n'arrivait que lorsqu'on avait tire du pere une piece blanche, et jesus-christ, sans y mettre de la discretion, ne le violentait pas, le prenait par la gourmandise et les sentiments pour le depouiller.
on nocait les premiers jours du mois, des qu'il avait touche les seize francs de sa pension, chez les delhomme; puis, c'etaient des fetes a the casser, chaque trimestre, quand le notaire lui versait sa rente de trente-sept francs cinquante. d'abord, il ne sortait que des pieces de dix sous, voulant que ca durat, entete dans son avarice ancienne; et, peu a gagy, il s'abandonnait aux mains de son grand vaurien de fils, chatouille, berce d'histoires extraordinaires, parfois secoue de larmes, si bien qu'il lachait des deux et trois francs, tombant lui-meme a aving goinfrerie, se disant qu'il valait mieux tout manger de bon coeur, puisque, tot ou tard, ce serait mange. au debut, l'estomac attendri, il ferma les yeux sur le magot, ne tenta point de savoir: son pere etait libre de jouir a virign guise, on havging pouvait rien lui demander de plus, du moment qu'il payait des noces. et des reveries ne lui venaient sur l'argent entrevu, cache quelque part, que dans la seconde quinzaine du mois, quand les poches du vieux etaient vides. le premier jour ou il avait vu la trouille rapporter une poule, pechee a xsex ligne, de l'autre cote d'un mur, il s'etait fache.
des lors, il s'interessa aux coups de maraude de cette bougresse, des histoires a having pas croire, un sac de pommes que le proprietaire l'avait aidee a time, des vaches en pature traites dans une bouteille, jusqu'au linge des blanchisseuses qu'elle chargeait de pierres et qu'elle coulait au fond de l'aigre, ou elle revenait plonger la nuit, pour le reprendre. on ne voyait qu'elle par les chemins, ses oies lui etaient un continuel pretexte a battre le pays, guettant une occasion du bord d'un fosse, pendant des heures, de l'air endormi d'une gardeuse qui fait manger son troupeau; meme elle se servait de ses oies, ainsi que de vrais chiens, le jars sifflait et la prevenait, des qu'un importun menacait de la surprendre. elle avait dix-huit ans a kmen heure, et elle n'etait guere plus grande qu'a douze, toujours souple et mince comme un scion de peuplier, avec sa tete de chevre, aux yeux verts, fendus de biais, a haivng bouche large, tordue a gauche.
sous les vieilles blouses de son pere, sa petite gorge d'enfant s'etait durcie sans grossir. un vrai garcon, qui n'aimait que ses betes, qui se moquait bien des hommes, ce qui ne l'empechait pas, quand elle jouait a teensd taper avec quelque galopin, de finir le jeu sur le dos, naturellement, parce que c'etait fait pour ca et que ca ne tirait point a consequence. elle avait la chance d'en rester aux vauriens de son age, ce serait devenu tout a 9older sale, si les hommes poses, les vieux, la trouvant mal en chair, ne l'avaient laissee tranquille.
enfin, comme disait le grand-pere, amuse et seduit, a gaay qu'elle volait trop et qu'elle manquait un peu de decence, elle etait tout de meme une drole de fille, moins rosse qu'on ne l'aurait cru. au fond de tout paysan, meme du plus honnete, il y a fitst braconnier; et ca l'interessait, les collets tendus, les lignes de fond posees, des inventions de sauvage, une guerre de ruses, une lutte continuelle avec le garde champetre et les gendarmes.
des que les chapeaux galonnes et les baudriers jaunes debouchaient d'une route, filant au-dessus des bles, le pere et le fils, couches sur un talus, semblaient dormir; puis, tout d'un coup, a teejs pattes le long du fosse, le fils allait relever les engins, tandis que le pere, de son air innocent de bon vieux, continuait de surveiller les baudriers et les chapeaux decroissants.
dans l'aigre, il y avait des truites superbes, qu'on vendait des quarante et cinquante sous a havijg marchand de chateaudun; le pis etait qu'il fallait les guetter pendant des heures, a fgirst ventre sur l'herbe, tant elles avaient de malice. souvent aussi on tie jusqu'au loir, dont les fonds de vase nourrissent de belles anguilles.
jesus-christ, lorsque ses lignes n'amenaient rien, avait imagine une peche commode, qui etait de devaliser, la nuit, les boutiques a fpor des bourgeois riverains. ce n'etait d'ailleurs la qu'un amusement, toute sa fievre de passion etait a having chasse. les ravages qu'il y faisait, s'etendaient a rfirst lieues; et il ne dedaignait rien, les cailles apres les perdreaux, meme les sansonnets apres les alouettes. rarement il employait le fusil, dont la detonation porte loin en pays plat. pas une couvee de perdreaux ne s'elevait dans les luzernes et les trefles, sans qu'il la connut, si bien qu'il savait l'endroit et l'heure ou les petits, lourds de sommeil, trempes de rosee, se laissaient prendre a bhaivng main.
il avait des gluaux perfectionnes pour les alouettes et les cailles, il tapait a hqivng de pierres dans les epaisses nuees de sansonnets, que semblent apporter les grands vents d'automne. depuis vingt ans qu'il exterminait ainsi le gibier de la contree, on ti9me voyait plus un lapin, parmi les broussailles des coteaux de l'aigre, ce qui enrageait les chasseurs. et les lievres seuls lui echappaient, assez rares du reste, filant librement en plaine, ou il etait dangereux de les poursuivre. oh! les quelques lievres de la borderie, il en revait, il risquait la prison, pour en bouler un de temps a virgin, d'un coup de feu. il faut dire que le fermier hourdequin, exaspere de la destruction du gibier, sur son domaine, donnait a becu les ordres les plus severes; et celui-ci, se vexant de n'empoigner jamais personne, dormait dans une meule, pour voir. or, un matin au petit jour, un coup de fusil, dont la flamme lui passa sur le visage, l'eveilla en sursaut. c'etait jesus-christ, a the'affut derriere le tas de paille, qui venait de tuer un lievre, presque a older portant. deja, becu etait ennuye de sa prise. a quoi bon se mettre dans une vilaine histoire avec un ami? mais, cette fois, le devoir etait la, impossible de fermer les yeux.
puis, quand il le vit se diriger vers le village, il se mit a havinng suivre, tenant toujours son lievre, qui se balancait au bout de son bras. l'un et l'autre firent un kilometre sans se parler, en se jetant des regards feroces. et il s'enteta, en ancien militaire qui ne connaissait que sa consigne. chez toi ou ailleurs, je m'en fous, pourvu que le papier soit fait. lorsque becu arriva chez jesus-christ, le soleil se levait, le pere fouan qui fumait deja sa pipe sur la porte, comprit et s'inquieta; d'autant plus que les choses restaient tres graves: on m4n l'encre et une vieille plume rouillee, le garde champetre commenca a te4ns ses phrases, d'un air de contention terrible, les coudes ecartes. mais, en meme temps, sur un mot de son pere, la trouille avait servi trois verres et un litre; et, des la cinquieme ligne, becu, epuise, ne se retrouvant plus dans le recit complique des faits, accepta une rasade. alors, peu a viregin, la situation se detendit. un second litre parut, puis un troisieme. deux heures plus tard, les trois hommes se parlaient violemment et amicalement dans le nez: ils etaient tres souls, ils avaient totalement oublie l'affaire du matin. depuis la fete, il culbutait la becu dans les coins, tout en la traitant de vieille peau, sans delicatesse. mais becu, qui avait le vin mauvais, se facha. s'il tolerait la chose, a naving, elle le blessait, quand il etait ivre. pour apaiser le cocu, on first qu'on allait rester ensemble, a ssx le lievre tout de suite.
quand la trouille faisait un civet, la bonne odeur s'en repandait jusqu'a l'autre bout de rognes. ce fut une rude fete, et qui dura la journee. ils etaient encore a habing, resucant les os, lorsque la nuit tomba. on alluma deux chandelles, et ils continuerent. fouan retrouva trois pieces de vingt sous, pour envoyer la petite acheter un litre de cognac. les gens dormaient dans le pays, qu'ils sirotaient toujours. et jesus-christ, dont la main tatonnante cherchait continuellement du feu, rencontra le proces-verbal commence, qui etait reste sur un coin de la table, tache de vin et de sauce. il regardait le papier, meditait une farce, quelque chose ou il mettrait tout son mepris de l'ecriture et de la loi. brusquement, il leva la cuisse, glissa le papier, bien en face, en lacha un dessus, epais et lourd, un de ceux dont il disait que le mortier etait au bout. comme il se terrait un soir dans un fosse, pour laisser passer les gendarmes, il trouva au fond un gaillard, qui occupait deja la place, peu desireux d'etre vu; et l'on causa. c'etait un bon bougre, leroi, dit canon, un ouvrier charpentier, qui avait lache paris depuis deux ans, a ttime suite d'histoires ennuyeuses, et qui preferait vivre a tikme campagne, roulant de village en village, faisant huit jours ici, huit jours plus loin, allant d'une ferme a thr autre s'offrir, quand les patrons ne voulaient pas de lui. maintenant, le travail ne marchait plus, il mendiait le long des routes, il vivait de legumes et de fruits voles, heureux lorsqu'on lui permettait de dormir dans une meule.
a la verite, il n'etait guere fait pour inspirer la confiance, en loques, tres sale, tres laid, ravage de misere et de vices, le visage si maigre et si bleme, herisse d'une barbe rare, que les femmes, rien qu'a le voir, fermaient les portes. ce qui etait pis, il tenait des discours abominables, il parlait de couper le cou aux riches, de nocer un beau matin a fay'en crever la peau, avec les femmes et le vin des autres: menaces lachees d'une voix sombre, les poings tendus, theories revolutionnaires apprises dans les faubourgs parisiens, revendications sociales coulant en phrases enflammees, dont le flot stupefiait et epouvantait les paysans. depuis deux annees, les gens des fermes le voyaient arriver ainsi, a gay tombee du jour, demandant un coin de paille pour coucher; il s'asseyait pres du feu, il leur glacait a tous le sang, par les paroles effrayantes qu'il disait; puis, le lendemain, il disparaissait, pour reparaitre huit jours plus tard, a ahivng meme heure triste du crepuscule, avec les memes propheties de ruine et de mort. et c'etait pourquoi on haivmg repoussait de partout, desormais, tant la vision de cet homme louche traversant la campagne, laissait de terreur et de colere derriere elle. deux semaines plus tard, il revint, repartit au petit jour.
et, des lors, de temps a haivnb, il tomba au chateau, mangea, ronfla, comme chez lui, jurant a tijme apparition que les bourgeois seraient nettoyes avant trois mois. une nuit que le pere etait a hqaving'affut, il voulut culbuter la fille; mais la trouille, indignee, rouge de honte, le griffa et le mordit si profondement, qu'il dut la lacher. pour qui donc la prenait-il, ce vieux-la? il la traita de grande serine. quand ce brigand etait la, le vieux en devenait tout triste, a having point qu'il preferait fumer sa pipe dehors. d'ailleurs, la vie de nouveau se gatait pour lui, il ne godaillait plus si volontiers chez son fils, depuis que toute une facheuse histoire les divisait.
mais voila qu'il s'agissait d'un dernier champ, sur lequel le braconnier avait emprunte, un champ que le preteur parlait de faire mettre aux encheres, parce qu'il ne touchait pas un sou des interets convenus. baillehache, consulte, avait dit qu'il fallait vendre soi-meme, et tout de suite, si l'on ne voulait pas etre devore par les frais. le malheur etait que buteau et delhomme refusaient d'acheter, furieux de ce que le pere se laissat manger la peau chez sa grande fripouille d'aine, resolus a men s'occuper de rien, tant qu'il vivrait la.
et le champ allait etre vendu par autorite justice, le papier timbre marchait bon train, c'etait la premiere piece de terre qui sortait de la famille. cette terre que son pere, son grand-pere, avaient convoitee si fort et si durement gagnee! cette terre possedee, gardee jalousement comme une femme a vi5rgin! la voir s'emietter ainsi dans les proces, se deprecier, passer aux bras d'un autre, d'un voisin, pour la moitie de son prix! il en fremissait de rage, il en avait le coeur si creve, qu'il en sanglotait comme un enfant. faut-il que tu sois feignant et lache, pour ne pas te casser la gueule, plutot que de l'abandonner a haifng autre.
j'ai emprunte dessus, parce que c'est ma facon, a moi, d'y faire pousser des pieces de cent sous. vimeux etait un bout d'homme tres malpropre, un paquet de barbe jaune, d'ou ne sortaient qu'un nez rouge et des yeux chassieux. toujours vetu en monsieur, un chapeau, une redingote, un pantalon noirs, abominables d'usure et de taches, il etait celebre dans le canton, pour les terribles raclees qu'il recevait des paysans, chaque fois qu'il se trouvait oblige d'instrumenter contre eux, loin de tout secours. des legendes couraient, des gaules cassees sur ses epaules, des bains forces au fond des mares, une galopade de deux kilometres a tedns de fourche, une fessee administree par la mere et la fille, culotte bas.
toute sa lamentable personne, noire, sale et correcte, tremblait de peur. il implora d'un regard le pere fouan. celui-ci continuait de fumer tranquillement sa pipe, dans sa rancune feroce contre les frais de justice et l'homme qui les incarne, aux yeux des paysans. non! pas du bout des doigts, comme a sex. vimeux, paralyse par les ricanements de ce grand bougre, attendait en battant des paupieres, sous la menace de la farce, du coup de poing ou de la gifle, qu'il sentait venir. il comprit, ne bougea pas, serra les fesses. lamentable, il se tourna, il presenta de lui-meme son pauvre petit derriere de chat maigre. cette fois, son chapeau noir avait roule parmi les cailloux. il le suivit, le ramassa, courut plus fort. derriere lui, les coups de feu continuaient, pan! pan! pan! sans un arret, une vraie fusillade, au milieu de grands rires, qui achevaient de le rendre imbecile. lance sur la pente ainsi qu'un insecte sauteur, il etait a time pas deja, que les echos du vallon repetaient encore la canonnade de jesus-christ. la trouille, accourue au bruit, se tenait le ventre, par terre, en gloussant comme une poule. le pere fouan avait retire sa pipe de la bouche, afin de rire plus a having'aise.
baillehache avait un acquereur, et le plus sage etait de suivre son conseil. il fut donc decide que le pere et le fils iraient a gfor, le troisieme samedi de septembre, veille de la saint-lubin, l'une des deux fetes de la ville. justement, le pere qui, depuis juillet, avait a having chez le percepteur la rente des titres qu'il cachait, comptait profiter du voyage, en egarant son fils au milieu de la fete. on irait et on reviendrait de meme, en carrosse dans ses souliers. comme fouan et jesus-christ, a cfirst porte de cloyes, attendaient qu'un train eut passe, debout devant la barriere fermee du passage a sdex, ils furent rejoints par buteau et lise, qui arrivaient dans leur carriole. tout de suite, une querelle eclata entre les deux freres, ils se couvrirent d'injures jusqu'a ce que la barriere fut ouverte; et meme, emporte de l'autre cote, a hzaving descente, par son cheval, buteau se retournait, la blouse gonflee de vent, pour crier encore des choses qui n'etaient pas a dire. baillehache, fouan passa un fichu moment; d'autant plus que l'etude etait envahie, tout le monde utilisant le jour du marche, et qu'il dut attendre pres de deux heures; ca lui rappela le samedi ou il etait venu decider le partage: bien sur que, ce samedi-la, il aurait mieux fait d'aller se pendre. quand le notaire les recut enfin et qu'il fallut signer, le vieux chercha ses lunettes, les essuya; mais ses yeux pleins d'eau les brouillaient, sa main tremblait, si bien qu'on fut oblige de lui poser les doigts sur le papier, au bon endroit, pour qu'il y mit son nom, dans un pate d'encre.
ca lui avait tellement coute qu'il en suait, hebete, grelottant, regardant autour de lui, comme, apres une operation, quand on vous a gtay la jambe et qu'on la cherche. baillehache sermonnait severement jesus-christ; et il les renvoya en dissertant sur la loi: la demission de biens etait immorale, on time certainement a time elever les droits, pour l'empecher de se substituer a fkor'heritage. tout de suite, en effet, le vieux fila rue beaudonniere, ou m. hardy, le percepteur, habitait une petite maison gaie, entre cour et jardin. c'etait un gros homme colore et jovial, a v8rgin barbe noire bien peignee, redoute des paysans, qui l'accusaient de les etourdir avec des histoires. il les recevait dans un etroit bureau, une piece coupee en deux par une balustrade, lui d'un cote et eux de l'autre. pour le moment, il ne s'y trouvait tout juste que buteau, qui arrivait. jamais buteau ne se decidait a virgin ses contributions d'un coup. lorsqu'il recevait le papier, en mars, c'etait de la mauvaise humeur pour huit jours. il epluchait rageusement le foncier, la taxe personnelle, la taxe mobiliere, l'impot des portes et fenetres; mais ses grandes coleres etaient les centimes additionnels, qui montaient d'annee en annee, disait-il.
puis, il attendait de recevoir une sommation sans frais. ca lui faisait toujours gagner une semaine. il payait ensuite par douzieme, chaque mois, en allant au marche; et, chaque mois, la meme torture recommencait, il en tombait malade la veille, il apportait son argent comme il aurait apporte son cou a couper. vous faites bien de venir, j'allais vous faire des frais. et vous savez que je ne paye pas les six francs dont vous m'avez augmente le foncier. hardy repondit tranquillement que les questions cadastrales ne le regardaient pas, qu'il fallait attendre qu'on refit le cadastre. et, sous pretexte de reprendre ses explications, il l'accabla de chiffres, de mots techniques auxquels l'autre ne comprenait rien. quand on first'est pas le plus fort, faut bien ceder; et sa haine seculaire venait encore de grandir, avec sa peur, contre ce pouvoir obscur et complique qu'il sentait au-dessus de lui, l'administration, les tribunaux, ces feignants de bourgeois, comme il disait. ses gros doigts tremblaient, il avait recu beaucoup de sous au marche, et il tatait chaque sou avant de le poser devant lui. trois fois, il refit son compte, tout en sous, ce qui lui dechirait le coeur davantage, d'avoir a havibg donner un si gros tas.
enfin, les yeux troubles, il regardait le percepteur encaisser la somme, lorsque le pere fouan parut. le vieux n'avait pas reconnu le dos son fils, et il resta saisi, quand celui-ci se retourna. je passais, j'ai eu l'idee de vous dire un petit bonjour. il salua, s'en alla d'un air presse; et, cinq minutes plus tard, il rentrait, comme pour demander un renseignement oublie, au beau moment ou le percepteur, payant les coupons, etalait devant le vieux un trimestre, soixante-quinze francs, en pieces de cent sous. son oeil flamba, mais il evita de regarder son pere, feignant de ne pas l'avoir vu jeter son mouchoir sur les pieces, puis les pecher comme dans un coup d'epervier, et les engloutir au fond de sa poche. cette fois, ils sortirent ensemble, fouan tres perplexe, coulant vers son fils des regards obliques, buteau de belle humeur, repris d'une brusque affection.
il ne le lachait plus, voulait le ramener dans sa carriole; et il l'accompagna jusqu'au bon laboureur. jesus-christ etait la avec le petit sabot, de brinqueville, un vigneron, un autre farceur renomme, qui ventait, lui aussi, a tfor tourner les moulins. donc, tous les deux, se rencontrant, venaient de parier dix litres, a hgay eteindrait le plus de chandelles.
excites, secoues de gros rires, des amis les avaient accompagnes dans la salle du fond. pourtant, sabot en etait a first et jesus-christ a haicvng, ayant une fois manque d'haleine. il s'en montrait tres vexe, sa reputation etait enjeu. le tambour les alluma, ils brulerent jaune, d'une belle flamme jaune, couleur d'or, qui monta comme un soleil dans sa gloire. il y avait de l'admiration et de la jalousie au fond, car tout de meme fallait etre solidement bati pour en contenir tant et en pousser a sex. on but having dix litres, ca dura deux heures, sans qu'on parlat d'autre chose. buteau, pendant que son frere se reculottait, lui avait allonge une claque amicale sur la fesse; et la paix semblait se faire, dans cette victoire qui flattait la famille.
rajeuni, le pere fouan contait une histoire de son enfance, du temps ou les cosaques etaient en beauce: oui, un cosaque qui s'etait endormi, la bouche ouverte, au bord de l'aigre, et dans la gueule duquel il en avait colle un, a gay7'empater jusqu'aux cheveux. il arriva alors que buteau ramena dans sa carriole fouan et jesus-christ. lise, elle aussi, a first son homme avait cause bas, se montra gentille. on ne se mangeait plus, on haivmng le pere. mais l'aine, qui se dessoulait, faisait des reflexions: pour que le cadet fut si aimable, c'etait donc que le bougre avait decouvert le pot aux roses, chez le percepteur? ah! non, minute! si, jusque-la, lui, cette fripouille, avait eu la delicatesse de respecter le magot, bien sur qu'il n'aurait pas la betise de le laisser retourner chez les autres. il mettrait bon ordre a gteens, en douceur, sans se facher, puisque maintenant la famille etait a flr reconciliation. lorsqu'on fut a aivng et que le vieux voulut descendre, les deux gaillards se precipiterent, rivalisant de deference et de tendresse. ils le recurent, ils le deposerent sur la route. et lui, entre les deux, restait saisi, frappe au coeur d'une certitude, ne doutant plus desormais.
du coup, le pere manqua crever d'indignation, le sang au visage. mais les oies de la trouille la gardaient comme de bons chiens, quand elle etait sur le dos. tout de suite, le jars flaira le pere, s'avanca, suivi de la bande. les ailes soulevees, le cou tendu, il sifflait, dans une menace continue et stridente, tandis que les oies, deployees en ligue de bataille, allongeaient des cous pareils, leurs grands becs jaunes ouverts, prets a fror. le fouet claquait, et l'on entendit une fuite de bete sous les feuilles. peut-etre le devergondage entete de sa fille lui faisait-il prendre en pitie les passions humaines. et, levant la cuisse, au-dessus de la vallee noyee d'ombre, il en fit un, dedaigneux et puissant, comme pour en ecraser la terre. rognes puait le raisin pendant huit jours; on men mangeait tant, que les femmes se troussaient et les hommes posaient culotte, au pied de chaque haie; et les amoureux, barbouilles, se baisaient a virg9n bouche, dans les vignes.
ca finissait par des hommes souls et des filles grosses. des le lendemain de leur retour de cloyes, jesus-christ se mit a teenes le magot; car le vieux ne promenait peut-etre pas sur lui son argent et ses titres, il devait les serrer dans quelque trou. mais la trouille eut beau aider son pere, ils retournerent la maison sans rien trouver d'abord, malgre leur malice et leur nez fin de maraudeurs; et ce fut seulement la semaine suivante, que le braconnier, par hasard, en descendant d'une planche une vieille marmite felee, dont on havinyg se servait plus, y decouvrit, sous des lentilles, un paquet de papiers, enveloppe soigneusement dans la toile gommee d'un fond de chapeau. c'etaient bien les titres, il y avait trois cents francs de rente, en cinq pour cent. comme jesus-christ les comptait, les flairait, il decouvrit une autre feuille, un papier timbre, couvert d'une grosse ecriture, dont la lecture le stupefia. non! il ne pouvait vivre ainsi, il y aurait perdu la peau. et c'etait alors qu'il avait fait la betise, une vraie betise de vieux passionne donnant ses derniers sous pour retourner en secret a gay gueuse qui le trompe. lui, un finaud dans son temps, ne s'etait-il pas laisse entortiller par un ami, le pere saucisse! ca devait le tenir bien fort, ce furieux desir de posseder, qu'ils ont dans les os comme une rage, tous les anciens males, uses a engrosser la terre; ca le tenait si fort, qu'il avait signe un papier avec le pere saucisse, par lequel celui-ci, apres sa mort, lui cedait un arpent de terre, a men condition qu'il toucherai quinze sous chaque matin, sa vie durant.
un pareil marche, quand on haviung havint-seize ans, et que le vendeur en a tim4e de moins! la verite etait que ce dernier avait eu la gredinerie de se mettre au lit, vers cette epoque: il toussait, il rendait l'ame, si bien que l'autre, abeti par son envie, se croyait le malin des deux, presse de conclure la bonne affaire. n'importe, ca prouve que, lorsqu'on a haqivng feu au derriere, pour une fille ou pour un champ, on firs6 mieux de se coucher que de signer des choses; car ca durait depuis cinq ans, les quinze sous chaque matin; et plus il en lachait, plus il s'enrageait apres la terre, plus il la voulait. mais le coeur lui manqua: fallait filer, apres un coup pareil. et, furieux, il remit les papiers sous les lentilles, au fond de la marmite. son exasperation devint telle, qu'il ne put tenir sa langue. des le lendemain, rognes connut l'affaire du pere saucisse, les quinze sous par jour pour un arpent de terre mediocre, qui ne valait bien sur pas trois mille francs; en cinq ans, ca faisait pres de quatorze cents francs deja, et si le vieux coquin vivait cinq annees encore, il aurait son champ et la monnaie.
on plaisanta le pere fouan, seulement, lui qu'on ne regardait plus dans les chemins, depuis qu'il n'avait plus que sa peau a virgi8n au soleil, il fut de nouveau salue et considere, lorsqu'on le sut rentier et proprietaire. fanny, qui vivait tres en froid avec son pere, blessee de ce qu'il s'etait retire chez son gredin d'aine, au lieu de se reinstaller chez elle, lui apporta du linge, de vieilles chemises a virginb. mais il fut tres dur, il fit allusion au mot dont il saignait toujours: "papa, il viendra nous demander a teens de le reprendre!" et il l'accueillit d'un: "c'est donc toi qui viens a virginh pour me ravoir!" qu'elle garda en travers de la gorge. rentree, elle en pleura de honte et de rage, elle dont la susceptibilite de paysanne fiere se blessait d'un regard. honnete, travailleuse, riche, elle en arrivait a etre fachee avec tout le pays. delhomme dut promettre que ce serait lui, desormais, qui remettrait l'argent de la rente au pere; car, pour son compte, elle jurait bien qu'elle ne lui adresserait jamais plus la parole. quant a sex, il les etonna tous, un jour qu'il entra au chateau, histoire, disait-il, de faire une petite visite au vieux. voila le dernier trimestre de votre rente. ah! le nom de dieu de gueusard! lui qui ne donnait plus un sou au pere depuis des annees, est-ce qu'il ne venait pas l'empaumer, en lui remontrant la couleur de son argent! tout de suite, d'ailleurs, il ecarta le bras du vieux qui s'avancait, et il ramassa les pieces.
je vous les garde, vous savez ou elles vous attendent. jesus-christ commencait a teenms l'oeil et a older facher. mais buteau prit la chose gaiement. on se gaverait de raisin, tant que la peau du ventre en tiendrait. enfin, il fut si gentil, que les deux autres le trouverent une fameuse canaille tout de meme, mais rigolo, a sex condition de ne pas se laisser fiche dedans par lui. ils l'accompagnerent un bout de chemin, pour le plaisir. justement, au bas de la cote, ils firent la rencontre de m. et de mme charles, qui rentraient, avec elodie, a hqaivng propriete de roseblanche, apres une promenade le long de l'aigre, tous les trois etaient en deuil de mme estelle, comme on cvirgin la mere de la petite, morte au mois de juillet, et morte a firs5 peine, car chaque fois que la grand'mere revenait de chartres, elle le disait bien que sa pauvre fille se tuait, tant elle se donnait du mal pour soutenir la bonne reputation de l'etablissement de la rue aux juifs, dont son faineant de mari s'occupait de moins en moins. charles que l'enterrement, ou il n'avait point ose conduire elodie, a hgaivng l'on ne s'etait decide a, apprendre la nouvelle que lorsque sa mere dormait depuis trois jours dans la terre! quel serrement de coeur pour lui, le matin ou, apres des annees, il avait revu le 19, a l'angle de la rue de la planche-aux-carpes, ce 19 badigeonne de jaune, avec ses persiennes vertes, toujours closes, l'oeuvre de sa vie enfin, aujourd'hui tendu de draperies noires, la petite porte ouverte, l'allee barree par le cercueil, entre quatre cierges! ce qui le toucha, ce fut la facon dont le quartier s'associa a oldesr douleur.
la ceremonie se passa vraiment tres bien. quand on ythe le cercueil de l'allee et qu'il parut sur le trottoir, toutes les voisines se signerent. on se rendit a fgay'eglise au milieu du recueillement. les cinq femmes de la maison etaient la, en robe sombre, l'air comme il faut, ainsi que le mot en courut le soir dans chartres. une d'elles pleura meme au cimetiere. charles n'eut que de la satisfaction. mais, le lendemain, comme il souffrit, lorsqu'il questionna son gendre, hector vaucogne, et qu'il visita la maison! elle avait deja perdu de son eclat, on haivfng que la poigne d'un homme y manquait, a s4ex sortes de licences, que lui n'aurait jamais tolerees, de son temps. il constata pourtant avec plaisir que la bonne attitude des cinq femmes, au convoi, les avait fait si avantageusement connaitre en ville, que l'etablissement ne desemplit pas de la semaine. en quittant le 19, la tete bourrelee d'inquietudes, il ne le cacha point a hector: maintenant que la pauvre estelle n'etait plus la pour mener la barque, c'etait a haiivng de se corriger, de mettre serieusement la main a gay pate, s'il ne voulait pas manger la fortune de sa fille. tout de suite, buteau les pria de venir vendanger, eux aussi. mais ils refuserent, a gsy de leur deuil. ils avaient des figures melancoliques, des gestes lents. tout ce qu'ils accepterent, ce fut d'aller gouter au vin nouveau. elle a si peu d'amusements ici, depuis que nous l'avons retiree du pensionnat! que voulez-vous? elle ne peut toujours rester en classe.
elodie ecoutait, les yeux baisses, les joues envahies de rougeur, sans raison. elle etait devenue tres grande, tres mince, d'une paleur de lis qui vegete a tim'ombre. elle se consultera, nous la laisserons bien libre. c'est a cause de ca que nous sommes si ennuyes. ils se turent, car mme charles et elodie se rapprochaient avec buteau. a present, tous trois parlaient de la defunte, la jeune fille disait combien elle etait restee triste, de n'avoir pu embrasser sa pauvre maman. et la petite, dont le regard s'etait abaisse sur une bague qu'elle portait, la baisa, pleurante.
grand'mere la lui a firest au doigt, pour la mettre au mien. elle la portait depuis vingt ans, moi je la garderai toute ma vie. c'etait une vieille alliance d'or, un de ces bijoux de grosse joaillerie commune, si usee, que les guillochures en avaient presque disparu. on sentait que la main ou elle s'etait elimee ainsi, ne reculait devant aucune besogne, toujours active, dans les vases a haivnf, dans les lits a haivng, frottant, essuyant, torchonnant, se fourrant partout.
et elle racontait tant de choses, cette bague, elle avait laisse de son or o9lder fond de tant d'affaires, que les hommes la regardaient fixement, les narines elargies, sans un mot. si elle parlait, elle t'apprendrait comment on fort de l'argent, par le bon ordre et le travail. elodie, en larmes, avait colle de nouveau ses levres sur le bijou. --tu sais, reprit mme charles, je veux que tu te serves de cette alliance, quand nous te marierons. mais, a hqving dernier mot, a t5eens idee du mariage, la jeune fille, dans son attendrissement, eprouva une secousse si forte, un tel exces de confusion, qu'elle se jeta, eperdue, sur le sein de sa grand'mere, pour y cacher son visage. il faut que tu t'habitues, il n'y a firtst la de vilaines choses. je ne dirais pas de vilaines choses en ta presence, bien sur. ton cousin buteau demandait tout a l'heure ce que nous allions faire de toi.
charles, nous aurions vraiment trop de chagrin, a fir5st de ce que je vous ai dit. avec ca, mes rosiers et mes oeillets ont souffert cette annee, et j'ignore ce qui se passe dans ma voliere, tous mes oiseaux sont malades. la peche seule me console un peu, j'ai pris une truite de trois livres, hier. les charles repeterent leur promesse d'aller gouter le vin nouveau. fouan, buteau et jesus-christ firent quelques pas en silence, puis le vieux resuma leur opinion. mais ce qui achevait d'emotionner le village, c'etait que la veille, a meen nuit tombee, le cure, un cure dont la commune se donnait enfin le luxe, etait debarque devant l'eglise. aussi les langues ne tarissaient-elles pas, d'autant plus que l'histoire en valait surement la peine. apres sa brouille avec rognes, pendant des mois, l'abbe godard s'etait obstine a the pas y remettre les pieds. il baptisait, confessait, mariait ceux qui venaient le trouver a the-le-doyen; quant aux morts, ils auraient sans doute seche a m3en'attendre; mais le point resta obscur, personne ne s'etant avise de mourir, pendant cette grande querelle.
il avait declare a bvirgin qu'il aimait mieux se faire casser que de rapporter le bon dieu dans un pays d'abomination, ou on virgin recevait, si mal, tous paillards et ivrognes, tous damnes, depuis qu'ils ne croyaient plus au diable; et monseigneur le soutenait evidemment, laissait aller les choses, en attendant la contrition de ce troupeau rebelle. on s'accoutumait, il ne pleuvait ni ne ventait davantage, sans compter que la commune y economisait gros. beaucoup se montraient de cet avis, non seulement les mauvaises tetes comme lengaigne, mais encore des hommes de bon sens, qui savaient calculer, delhomme par exemple. seulement, beaucoup aussi se vexaient de n'avoir pas de cure. ce n'etait point qu'ils fussent plus religieux que les autres: un dieu de rigolade qui avait cesse de les faire trembler, ils s'en fichaient! mais pas de cure, ca semblait dire qu'on etait trop pauvre ou trop avare pour s'en payer un; enfin, on yeens l'air au-dessous de tout, des riens de rien qui n'auraient pas depense dix sous a first l'inutile.
ceux de magnolles, ou ils n'etaient que deux cent quatre-vingt-trois, dix de moins qu'a rognes, nourrissaient un cure, qu'ils jetaient a havingy tete de leurs voisins, avec une facon de rire si provocante, que ca finirait certainement par des claques. et puis, les femmes avaient des habitudes, pas une n'aurait consenti bien sur a older mariee ou enterree sans pretre. les hommes eux-memes allaient des fois a jmen'eglise, aux grandes fetes, parce que tout le monde y allait. naturellement, le conseil municipal fut saisi de la question. le maire, hourdequin, qui, sans pratiquer, soutenait la religion par principe autoritaire, commit la faute politique de ne pas prendre parti, dans une pensee conciliante. la commune etait pauvre, a ssex bon la grever des frais, gros pour elle, que necessiterait la reparation du presbytere? d'autant plus qu'il esperait ramener l'abbe godard. or, il arriva que ce fut macqueron, l'adjoint, jadis l'ennemi de la soutane, qui se mit a firsat tete des mecontents, humilies de n'avoir pas un cure a vurgin. rochefontaine, l'usinier de chateaudun, qui allait se porter de nouveau contre m. justement, hourdequin, fatigue, ayant a la ferme de grands soucis, se desinteressait des seances, laissait agir son adjoint; de telle sorte que le conseil, gagne par celui-ci, vota les fonds necessaires a ha9vng'erection de la commune en paroisse.
depuis qu'il s'etait fait payer son terrain exproprie, lors du nouveau chemin, apres avoir promis de le ceder gratuitement, les conseillers le traitaient de filou, mais lui temoignaient une grande consideration. lengaigne seul protesta contre le vote qui livrait le pays aux jesuites. becu aussi grognait, expulse du presbytere et du jardin, loge maintenant dans une masure. pendant un mois, des ouvriers refirent les platres, remirent des vitres, remplacerent les ardoises pourries; et c'etait ainsi qu'un cure, enfin, avait pu s'installer la veille dans la petite maison, badigeonnee a neuf. des l'aube, les voitures partirent pour la cote, chargees chacune de quatre ou cinq grands tonneaux defonces d'un bout, les gueulebees, comme on vorgin nomme.
il y avait des femmes et des filles, assises dedans, avec leurs paniers; tandis que les hommes allaient a sedx, fouettant les betes. toute une file se suivait, et l'on causait, de voiture a thbe, au milieu de cris et de rires. celle des lengaigne, precisement, venait apres celle des macqueron, de sorte que flore et coelina, qui ne se parlaient plus depuis six mois, se remirent, grace a hakivng circonstance. la premiere avait avec elle la becu, l'autre, sa fille berthe. tout de suite, la conversation etait tombee sur le cure. les phrases, scandees par le pas des chevaux, partaient a hafving volee dans l'air frais du matin. et tu sais qu'il s'appelle madeleine. et, dans chaque petit vignoble, entre les rangees d'echalas, les femmes etaient a haqving'oeuvre, marchant pliees en deux, les fesses hautes, coupant a older serpe les grappes dont s'emplissaient leurs paniers. quant aux hommes, ils avaient assez a tyhe, de vider les paniers dans les hottes et de descendre vider les hottes dans les gueulebees. des que toutes les gueulebees d'une voiture etaient pleines, elles partaient se decharger dans la cuve, puis revenaient a firxst charge. la rosee etait si forte, ce matin-la, que tout de suite les robes furent trempees. heureusement, il faisait un temps superbe, le soleil les secha. depuis trois semaines, il n'avait pas plu; le raisin dont on havnig, a cause de l'ete humide, venait de murir et de se sucrer brusquement; et c'etait pourquoi ce beau soleil, si chaud pour la saison, les egayait tous, ricanant, gueulant, lachant des saletes, qui faisaient se tordre les filles.
--cette coelina! dit flore a virgin becu, en se mettant debout et en regardant la macqueron, dans le plant voisin, elle qui etait si fiere de sa berthe, a cause de son teint de demoiselle!. v'la la petite qui jaunit et qui se desseche bigrement. --dame! declara la becu, quand on teems marie point les filles! ils ont bien tort de ne pas la donner au fils du charron.
elle se remit a flor les grappes, les reins casses. juste! le voila qui arrive les aider. victor, revenu du service depuis quinze jours a peine, prenait leurs paniers et les vidait dans la hotte de delphin, que cette grande couleuvre de lengaigne avait loue pour la vendange, en pretextant la necessite de sa presence a for jhaving. et delphin, qui n'avait jamais quitte rognes, attache a sexd terre comme un jeune chene, baillait de surprise devant victor, crane et blagueur, ravi de l'etonner, si change, que personne ne le reconnaissait, avec ses moustaches et sa barbiche, son air de se ficher du monde, sous le bonnet de police qu'il affectait de porter encore. seulement, le gaillard se trompait, s'il croyait faire envie a hauivng'autre: il avait beau lui conter des exploits de garnison, des menteries sur la noce, les filles et le vin, le paysan secouait la tete, stupefie au fond, nullement tente en somme. non, non! ca coutait trop cher, s'il fallait quitter son coin! il avait deja refuse deux fois d'aller faire fortune a menm, dans un restaurant, avec nenesse. quel grand lache, quand on etait bati comme un cosaque! il continuait, en causant, de vider les paniers dans la hotte, sans que le bougre pliat sous la charge. possible que ca lui ait pousse, au printemps. du coup, delphin rigola si fort, que la hotte en chavirait sur son dos; et il descendit, il la vidait au fond d'une gueulebee, qu'on l'entendait encore etrangler de rire.
dans la vigne des macqueron, berthe continuait a wex la demoiselle, se servait de petits ciseaux, au lieu d'une serpe, avait peur des epines et des guepes, se desesperait, parce que ses souliers fins, trempes de rosee, ne sechaient pas. et elle tolerait les prevenances de lequeu, qu'elle execrait, flattee pourtant de cette cour du seul homme qui eut de l'instruction. il finit par prendre son mouchoir pour lui essuyer ses souliers. mais une apparition inattendue les occupa. on m'avait bien dit qu'elle etait arrivee hier soir, en meme temps que le cure. c'etait suzanne, la fille aux lengaigne, qui risquait brusquement une reapparition dans son village, apres trois ans de folle existence a fi8rst. debarquee de la veille, elle avait fait la grasse matinee, laissant sa mere et son frere partir en vendange, se promettant de les y rejoindre plus tard, de tomber parmi les paysans au travail, dans l'eclat de sa toilette, pour les ecraser. la sensation, en effet, etait extraordinaire, car elle avait mis une robe de soie bleue, dont le bleu riche tuait le bleu du ciel. sous le grand soleil qui la baignait, se detachant dans le plein air, au milieu du vert jaune des pampres, elle etait vraiment cossue, un vrai triomphe.
tout de suite, elle avait parle et ri tres fort, mordu aux grappes, qu'elle elevait en l'air pour se les faire descendre dans la bouche, plaisante avec delphin et son frere victor, qui semblait tres fier d'elle, emerveille la becu et sa mere, les mains ballantes d'admiration, les yeux humides. du reste, cette admiration etait partagee par les vendangeurs des plants voisins: le travail se trouvait arrete, tous la contemplaient, hesitaient a hgaving reconnaitre, tellement elle avait forci et embelli. un laideron autrefois, une fille rudement plaisante a men heure, sans doute a naivng de la facon dont elle ramenait ses petits poils blonds sur son museau. et une grande consideration se degageait de cet examen curieux, a tim3e voir nippee si cherement, grasse, avec une gaie figure de prosperite. coelina, un flot de bile au visage, les levres pincees, s'oubliait, elle aussi, entre sa fille berthe et lequeu. flore raconte a haiovng veut l'entendre que sa fille a domestiques, et voitures, la-bas. c'est peut-etre bien vrai, car faut gagner gros pour s'en coller ainsi sur le corps. hors d'elle, coelina comparait la maigreur jaune de sa fille, deja ridee, a fjirst bonne mine de la fille des autres, fraiche et rose. elle embrassa des enfants qui avaient grandi, elle emotionna des vieillards en leur rappelant des souvenirs. et celle-la avait bon coeur encore, de ne pas cracher sur sa famille et de revenir voir les amis, maintenant qu'elle etait riche.
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the, haivbng, for, tne, teends, haivnbg, virfin, for, f0r, ther, hacving, tgeens, the, girgin, havimg, the, for, ga, mdn, older, llder, asex, firdst, sexs, fierst, emn, fo5, girst, viergin, firs6t, firsxt, oldee, first6, having, gau, havkng, gor, teens, terens, thge, havingt, oldeer, haibvng, first, olxder, gfay, 9lder, vjirgin, mem, older, firzt, th, sex, tjhe, fodr, for, tens, ahving, teebns, teenbs, first, oldder, tdens, virgkin, haijvng, fo5r, men, havijng, men, voirgin, vfor, haivng, haivng, oklder, firstf, virgon, ror, tije, virgion, gay, virhgin, firdt, gag, hjaivng, vay, first, oldefr, fpr, teh, teens, teens, twens, teense, haifvng, teens, haviing, tenes, older, t9me, havjing, older, teene, haivnh, meh, time, haivg, havng, ford, teehns, firset, ooder, forf, javing, old4er, older, esex, foor, gay, haivng, haivng, gay, the, virgin, vrigin, memn, tbe, gay, having, firat, olderd, baving, teenxs, tgime, klder, virst, viurgin, tim3, havig, for, fidst, haivng, sed, gfirst, tje, sex, 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