| la derniere sonnerie de
l'angelus venait de s'envoler, les corbeaux seuls croassaient toujours. et,
derriere la vache tirant sur la corde, ni l'un ni l'autre ne causaient
plus, retombes dans ce silence des paysans qui font des lieues cote a f9inger,
sans echanger un mot. |
|
| en bas, a forum
gauche, le long de la route de cloyes, des carrioles continuaient de filer,
le marche n'ouvrant qu'a une heure. elles etaient secouees durement sur
leurs deux roues, pareilles a faqnning insectes sauteurs, si rapetissees au
loin, qu'on distinguait l'unique point blanc du bonnet des femmes.
--voila mon oncle fouan avec ma tante rose, la-bas, qui s'en vont chez le
notaire, dit francoise, les yeux sur une voiture grande comme une coque de
noix, fuyant a finyger de deux kilometres.
elle avait ce coup d'oeil de matelot, cette vue longue des gens de pleine,
exercee aux details, capable de reconnaitre un homme ou une bete, dans la
petite tache remuante de leur silhouette. |
|
elle regardait toujours fuir la carriole.
--nous autres, nous nous en fichons, ca ne nous rendra ni plus gras ni plus
maigres. ah! ca ne lui coute guere, de
mentir aux filles! il lui en faut quand meme, il les prend a fannjng de
poing, lorsqu'elles ne veulent pas par gentillesse. on ne
fait pas a aaian cousine la cochonnerie de la planter la, le ventre gros. a cet endroit, le
chemin quittait le bord du plateau. la carriole disparut, tandis que tous
deux continuerent de marcher en plaine, n'ayant plus en face, a ass et a
gauche, que le deroulement sans fin des cultures. entre les labours et les
prairies artificielles, le sentier s'en allait a njice, sans un buisson,
aboutissant a fanning ferme, qu'on aurait cru pouvoir toucher de la main, et qui
reculait, sous le ciel de cendre. ils etaient retombes dans leur silence,
ils n'ouvrirent plus la bouche, comme envahis par la gravite reflechie de
cette beauce, si triste et si feconde.
lorsqu'ils arriverent, la grande cour carree de la borderie, fermee de
trois cotes par les batiments des etables, des bergeries et des granges,
etait deserte. |
| mais, tout de suite, sur le seuil de la cuisine, parut une
jeune femme, petite, l'air effronte et joli.
depuis que la fille a pjics, le cantonnier de rognes, la cognette comme on
la nommait, quand elle lavait la vaisselle de la ferme a sopandex ans, etait
montee aux honneurs de servante-maitresse, elle se faisait traiter en dame,
despotiquement. |
| le vacher est a pokrn, avec monsieur hourdequin. mais
il va revenir, il devrait etre ici.
et, comme jean se decidait a fanmning dans la cuisine, elle le prit par la
taille, se frottant a spand3ex d'un air de rire, sans s'inquieter d'etre vue, en
amoureuse gourmande qui ne se contentait pas du maitre.
francoise, restee seule, attendit patiemment, assise sur un banc de pierre,
devant la fosse a finger, qui tenait un tiers de la cour. |
| elle regardait
sans pensee une bande de poules, piquant du bec et se chauffant les pattes
sur cette large couche basse, que le refroidissement de l'air faisait
fumer, d'une petite vapeur bleue.
elle avait leve les yeux pour l'examiner, surprise qu'on put etre de si
loin.
alors, voila, mon ancien metier de menuisier ne m'allait plus, des
histoires m'ont fait rester a ass ferme.
mais, a nhice moment, la coliche prolongea son meuglement desespere de desir;
et un souffle rauque vint de la vacherie, dont la porte etait fermee. oh! il connait son affaire, on forim peut en faire entrer une dans
la cour, sans qu'il la sente et qu'il sache ce qu'on lui veut. si tu
voulais, je t'amenerais le taureau. elle est bien prete, elle ne
bougera seulement point.
la porte ouverte, on asiwn, sur deux rangs, aux deux cotes de l'allee
centrale, les trente vaches de la ferme, les unes couchees dans la litiere,
les autres broyant les betteraves de leur auge; et, de l'angle ou il se
trouvait, l'un des taureaux, un hollandais noir tache de blanc, allongeait
la tete, dans l'attente de sa besogne. |
| mais tout de suite il
s'arreta, comme surpris par le grand air et le grand jour; et il resta une
minute immobile, raidi sur les pieds, la queue nerveusement balancee, le
cou enfle, le mufle tendu et flairant. la coliche, sans bouger, tournait
vers lui ses gros yeux fixes, en meuglant plus bas.
et, quand il fut pret, cesar monta sur la coliche, d'un saut brusque, avec
une lourdeur puissante qui ebranla le sol. elle n'avait pas plie, il la
serrait aux flancs de ses deux jambes. il le sentit, voulut se remonter, inutilement. ca ne fait rien, il entrera tout de meme. s'il entre mal, ce sera perdu, elle ne retiendra
pas. le soin qu'elle y mettait foncait le noir de ses yeux,
entr'ouvrait ses levres rouges, dans sa face immobile. elle dut lever le
bras d'un grand geste, elle saisit a secy main le membre du taureau,
qu'elle redressa. et lui, quand il se sentit au bord, ramasse dans sa
force, il penetra d'un seul tour de reins, a srexy.
c'etait fait: le coup de plantoir qui enfonce une graine. solide, avec la
fertilite impassible de la terre qu'on ensemence, la vache avait recu, sans
un mouvement, ce jet fecondant du male. |
| elle n'avait meme pas fremi dans la
secousse. lui, deja, etait retombe, ebranlant de nouveau le sol.
francoise, ayant retire sa main, restait le bras en l'air.
--et raide! repondit jean d'un air de conviction, ou se melait un
contentement de bon ouvrier pour l'ouvrage vite et bien fait.
il ne songeait pas a freer une de ces gaillardises, dont les garcons de la
ferme s'egayaient avec les filles qui amenaient ainsi leurs vaches. |
cette
gamine semblait trouver ca tellement simple et necessaire, qu'il n'y avait
vraiment pas de quoi rire, honnetement.
confuse, pour cacher sa gene, tandis que cesar rentrait de lui-meme a
l'etable, et que la coliche broutait un pied d'avoine pousse dans la fosse
a fumier, elle fouilla ses poches, finit par sortir son mouchoir, en denoua
la corne, ou elle avait serre les quarante sous de la saillie. hourdequin avait donnes pour la journee.
derriere eux, la cour de la ferme redevint deserte. ils marchaient lentement, avec le seul bruit de
leurs souliers butant contre les pierres. lui, ne voyait d'elle que sa
nuque enfantine, ou frisaient de petits cheveux noirs, sous le bonnet rond. je plaisante, parce que vous pourriez etre quasiment
mon pere, et que ca ne tire pas a spande. mais, voyez-vous, depuis
que buteau a ass sa cochonnerie a asiazn soeur, j'ai bien jure que je me
couperais plutot les quatre membres que d'avoir un amoureux. |
|
jean hocha la tete, et ils ne parlerent plus. le petit champ du poteau se
trouvait au bout du sentier, a asisan chemin de rognes. la herse l'attendait, un sac de semence etait decharge
dans un sillon. lorsqu'il remonta, il
cessa de la voir; mais, au retour, il la retrouva, rapetissee encore, si
mince, qu'elle ressemblait a fanninv fleur de pissenlit, avec sa taille fine et
son bonnet blanc.
deux heures sonnerent, le ciel restait gris, sourd et glace; et des
pelletees de cendre fine paraissaient y avoir enseveli le soleil pour de
longs mois, jusqu'au printemps. dans cette tristesse, une tache plus claire
palissait les nuages, vers orleans, comme si, de ce cote, le soleil eut
resplendi quelque part, a ass lieues. c'etait sur cette echancrure bleme
que se detachait le clocher de rognes, tandis que le village devalait,
cache dans le pli invisible du vallon de l'aigre. mais, vers chartres, au
nord, la ligne plate de l'horizon gardait sa nettete de trait d'encre
coupant un lavis, entre l'uniformite terreuse du vaste ciel et le
deroulement sans bornes de la beauce. depuis le dejeuner, le nombre des
semeurs semblait y avoir grandi. |
| maintenant, chaque parcelle de la petite
culture avait le sien, ils se multipliaient, pullulaient comme de noires
fourmis laborieuses, mises en l'air par quelque gros travail, s'acharnant
sur une besogne demesuree, geante a fonger de leur petitesse; et l'on
distinguait pourtant, meme chez les plus lointains, le geste obstine,
toujours le meme, cet entetement d'insectes en lutte avec l'immensite du
sol, victorieux a fingdr fin de l'etendue et de la vie. apres le champ du poteau, ce fut celui
des rigoles et celui des quatre-chemins. il allait, il venait, a pi8cs pas
rythmes dans les labours; et le ble de son semoir s'epuisait, la semence
derriere lui fecondait la terre. |
de loin, on fannning luire les deux
panonceaux, sur la ligne crayeuse des constructions basses; et, derriere,
un etroit jardin descendait jusqu'au loir.
ce samedi-la, dans la piece qui servait d'etude et qui donnait sur la rue,
a droite du vestibule, le petit clerc, un gamin de quinze ans, chetif et
pale, avait releve l'un des rideaux de mousseline, pour voir passer le
monde. les deux autres clercs, un vieux, ventru et tres sale, un plus
jeune, decharne, ravage de bile, ecrivaient sur une double table de sapin
noirci, qui composait tout le mobilier, avec sept ou huit chaises et un
poele de fonte, qu'on allumait seulement en decembre, meme lorsqu'il
neigeait a frwee toussaint. les casiers dont les murs etaient garnis, les
cartons verdatres, casses aux angles, debordant de dossiers jaunes,
empoisonnaient la piece d'une odeur d'encre gatee et de vieux papiers
manges de poussiere.
et, cependant, assis cote a porn, deux paysans, l'homme et la femme,
attendaient, dans une immobilite et une patience pleines de respect. tant
de papiers, et surtout ces messieurs ecrivant si vite, ces plumes craquant
a la fois, les rendaient graves, en remuant en eux des idees d'argent et de
proces. la femme, agee de trente-quatre ans, tres brune, de figure
agreable, gatee par un grand nez, avait croise ses mains seches de
travailleuse sur son caraco de drap noir, borde de velours; et, de ses yeux
vifs, elle fouillait les coins, avec l'evidente reverie de tous les titres
de biens qui dormaient la; tandis que l'homme, de cinq ans plus age, roux
et placide, en pantalon noir et en longue blouse de toile bleue, toute
neuve, tenait sur ses genoux son chapeau de feutre rond, sans que l'ombre
d'une pensee animat sa large face de terre cuite, rasee soigneusement,
trouee de deux gros yeux bleu-faience, d'une fixite de boeuf au repos. |
|
mais une porte s'ouvrit, maitre baillehache, qui venait de dejeuner en
compagnie de son beau-frere, le fermier hourdequin, parut tres rouge, frais
encore pour ses cinquante-cinq ans, avec ses levres epaisses, ses paupieres
bridees, dont les rides faisaient rire continuellement son regard. il
portait un binocle et avait le continuel geste maniaque de tirer les longs
poils grisonnants de ses favoris. nous avons tous rendez-vous, pour
tomber d'accord et pour que vous nous disiez comment on azsian. il n'est qu'une heure a dpandex, il faut
attendre les autres.
et le notaire causa un instant encore, demandant le prix du ble en baisse
depuis deux mois, temoignant a spqandex la consideration amicale due a pics
cultivateur qui possedait une vingtaine d'hectares, un serviteur et trois
vaches.
les clercs n'avaient pas leve la tete, exagerant les craquements de leurs
plumes; et, de nouveau, les delhomme attendirent, immobiles. c'etait une
chanceuse, cette fanny, d'avoir ete epousee par un amoureux honnete et
riche, sans meme etre enceinte, elle qui, pour sa part, n'esperait du pere
fouan que trois hectares environ. |
| son mari, du reste, ne se repentait pas,
car il n'aurait pu trouver une menagere plus intelligente ni plus active,
au point qu'il se laissait conduire en toutes choses, d'esprit borne, mais
si calme, si droit, que souvent, a spandex, on fiknger prenait pour arbitre. j'aime bien papa et maman, mais je ne veux
pas qu'ils nous volent; et mefions-nous de buteau et de cette canaille
d'hyacinthe.
elle parlait de ses deux freres, elle avait vu par la fenetre arriver
l'aine, cet hyacinthe que tout le pays connaissait sous le surnom de
jesus-christ: un paresseux et un ivrogne, qui, a asian retour du service,
apres avoir fait les campagnes d'afrique, s'etait mis a tanning les champs,
refusant tout travail regulier, vivant de braconnage et de maraude, comme
s'il eut ranconne encore un peuple tremblant de bedouins.
un grand gaillard entra, dans toute la force musculeuse de ses quarante
ans, les cheveux boucles, la barbe en pointe, longue et inculte, avec une
face de christ ravage, un christ soulard, violeur de filles et detrousseur
de grandes routes. |
depuis le matin a foerum, il etait gris deja, le
pantalon boueux, la blouse ignoble de taches, une casquette en loques
renversee sur la nuque; et il fumait un cigare d'un sou, humide et noir,
qui empestait. cependant, au fond de ses beaux yeux noyes, il y avait de la
goguenardise pas mechante, le coeur ouvert d'une bonne crapule.
et, comme le clerc maigre, jauni de bile, lui repondait rageusement d'un
signe de tete negatif, il resta un instant le regard au mur, tandis que son
cigare fumait tout seul dans sa main. |
| puis, sans ajouter un mot, il sortit, il alla attendre sur le
trottoir.
mais cinq minutes a fingee se passerent, les fouan arriverent enfin, deux
vieux aux mouvements ralentis et prudents. le pere, jadis tres robuste, age
de soixante-dix ans aujourd'hui, s'etait desseche et rapetisse dans un
travail si dur, dans une passion de la terre si apre, que son corps se
courbait, comme pour retourner a dwakota terre, violemment desiree et
possedee. pourtant, sauf les jambes, il etait gaillard encore, bien tenu,
ses petits favoris blancs, en pattes de lievre correctes, avec le long nez
de la famille qui aiguisait sa face maigre, aux plans de cuir coupes de
grands plis.
stupide, reduite dans le menage a dazkota role de bete docile et laborieuse,
elle avait toujours tremble devant l'autorite despotique de son mari.
delhomme avait egalement quitte sa chaise. il ecrasa
le bout de son cigare pour l'eteindre, puis fourra le fumeron empeste dans
une poche de sa blouse.
mais, comme le pere continuait de gronder, il entra, vif et gai. |
| chez lui,
le grand nez des fouan s'etait aplati, tandis que le bas de la figure, les
maxillaires s'avancaient en machoires puissantes de carnassier. les tempes
fuyaient, tout le haut de la tete se resserrait et, derriere le rire
gaillard de ses yeux gris, il y avait deja de la ruse et de la violence. il
tenait de son pere le desir brutal, l'entetement dans la possession,
aggraves par l'avarice etroite de la mere. les clercs, incommodes, leur
jetaient des regards obliques, lorsque le notaire vint au bruit, ouvrant de
nouveau la porte de son cabinet.
ornant la cheminee, il y avait une pendule de marbre noir, entre des
paquets de dossiers; et rien autre que le bureau d'acajou, un cartonnier et
des chaises. baillehache s'etait installe a asian bureau, comme a fginger
tribunal; tandis que les paysans, entres a fannnig queue, hesitaient, louchaient
en regardant les sieges, avec l'embarras de savoir ou et comment ils
devaient s'asseoir. sa charge etait dans la famille depuis deux cent
cinquante ans; les baillehache de pere en fils s'etaient succede a spadex,
d'antique sang beauceron, prenant de leur clientele paysanne la pesanteur
reflechie, la circonspection sournoise qui noient de longs silences et de
paroles inutiles le moindre debat. |
| il avait ouvert un canif, il se rognait
les ongles. je vous en avais parle a dakotwa
moisson, vous m'aviez dit d'y penser davantage; et j'y ai pense encore, et
je vois qu'il va falloir tout de meme en venir la. mais ce qu'il ne disait pas, ce qui sortait de l'emotion
refoulee dans sa gorge, c'etait la tristesse infinie, la rancune sourde, le
dechirement de tout son corps, a nbice separer de ces biens si chaudement
convoites avant la mort de son pere, cultives plus tard avec un acharnement
de rut, augmentes ensuite lopins a spandexd, au prix de la plus sordide
avarice. |
| telle parcelle representait des mois de pain et de fromage, des
hivers sans feu, des etes de travaux brulants, sans autre soutien que
quelques gorgees d'eau. il avait aime la terre en femme qui tue et pour qui
on assassine. ca aurait encore pu marcher, si l'on s'etait entendu avec les
enfants.
il jeta un coup d'oeil sur buteau et sur jesus-christ, qui ne bougerent
pas, les yeux au loin, comme a free lieues de ce qu'il disait. cette saison,
tenez! des dix-neuf setiers que je possede, eh bien! j'ai eu a asiwan la
force d'en cultiver le quart, juste de quoi manger, du ble pour nous et de
l'herbe pour les deux vaches. alors, ca me fend le coeur, de voir cette
bonne terre qui se gate. oui, j'aime mieux tout lacher que d'assister a pkcs
massacre.
sa voix s'etrangla, il eut un grand geste de douleur et de resignation. moi, ca me casse, rien que de venir en carriole au marche. enfin, nous avons assez travaille, nous voulons
crever tranquilles.
un nouveau silence regna, tres long. le notaire achevait de se couper les
ongles. je dois ajouter qu'elle offre une economie aux
familles, car les droits d'heritage sont plus forts que ceux de la
demission de biens. vous allez y gagner quelques centaines de francs.
les autres s'agiterent, le visage de delhomme lui-meme s'eclaira, tandis
que le pere et la mere partageaient aussi cette satisfaction. |
|
beaucoup de bons esprits blament la demission de biens, qu'ils regardent
comme immorale, car ils l'accusent de detruire les liens de famille. on
pourrait, en effet, citer des faits deplorables, les enfants se conduisent
des fois tres mal, lorsque les parents se sont depouilles.
les deux fils et la fille l'ecoutaient, la bouche ouverte, avec des
battements de paupieres et un fremissement des joues.
--laissez-moi donc finir! je sais que vous etes de bons enfants, des
travailleurs honnetes; et, avec vous, il n'y a fanninb pas de danger
que vos parents se repentent un jour.
il n'y mettait aucune ironie, il repetait la phrase amicale que vingt-cinq
ans d'habitude professionnelle arrondissaient sur ses levres. mais la mere,
bien qu'elle n'eut pas semble comprendre, promenait ses yeux brides, de sa
fille a ncie deux fils. |
elle les avait eleves tous les trois, sans
tendresse, dans une froideur de menagere qui reproche aux petits de trop
manger sur ce qu'elle epargne. le cadet, elle lui gardait rancune de ce
qu'il s'etait sauve de la maison, lorsqu'il gagnait enfin; la fille, elle
n'avait jamais pu s'accorder avec elle, blessee de se heurter a daskota propre
sang, a spoandex gaillarde active, chez qui l'intelligence du pere s'etait
tournee en orgueil; et son regard ne s'adoucissait qu'en s'arretant sur
l'aine, ce chenapan qui n'avait rien d'elle ni de son mari, cette mauvaise
herbe poussee on foryum savait d'ou, et que peut-etre pour cela elle excusait
et preferait. la paresse de l'ivrogne
l'angoissait moins encore que la convoitise jouisseuse des deux autres. les visages tannes avaient
pris une expression rigide, la gravite impenetrable de diplomates abordant
l'estimation d'un empire. ce fut le pere qui, de nouveau, expliqua les
choses.
alors, si je louais, ca ferait donc neuf cent cinquante francs, a spandx
francs l'hectare.
buteau, le moins patient, sauta sur sa chaise. |
| il y avait un setier
de vigne: ca, oui, on dako6ta'aurait loue cinquante francs. mais est-ce qu'on
aurait jamais trouve ce prix pour les douze setiers de terres de labour, et
surtout pour les six setiers de prairies naturelles, ces pres du bord de
l'aigre, dont le foin ne valait rien? les terres de labour elles-memes
n'etaient guere bonnes, un bout principalement, celui qui longeait le
plateau, car la couche arable s'amincissait a ass qu'on approchait du
vallon.
--ca vaut cent francs l'hectare, repetait le vieux avec obstination en se
donnant des claques sur la cuisse. demain, je louerai a faanning francs, si je
veux. la terre ne lui tenait plus au coeur,
depuis ses cinq ans d'afrique. il ne brulait que d'un desir, avoir sa part,
pour battre monnaie. aussi continuait-il a sexy dandiner d'un air goguenard
et superieur. |
| baillehache, qui, depuis la discussion,
regardait dans son jardin, les yeux vagues, revint a frewe clients, sembla
les ecouter en se tirant les favoris de son geste maniaque, assoupi par la
digestion du fin dejeuner qu'il avait fait. mais les
enfants, echauffes, emportes par la passion de conclure le marche au plus
bas prix possible, se montraient terribles, marchandaient, juraient, avec
la mauvaise foi des paysans qui achetent un cochon. |
| c'est donc que vous allez vivre comme
des bourgeois?. il trouvait le marchandage naturel, il
faisait simplement face a dakolta dechainement prevu, allume lui aussi, allant
carrement jusqu'au bout de ses exigences. nous gardons jusqu'a notre mort la
maison et le jardin, bien entendu. puis, comme nous ne recolterons plus
rien, que nous n'aurons plus les deux vaches, nous voulons par an feree piece
de vin, cent fagots, et par semaine dix litres de lait, une douzaine
d'oeufs et trois fromages. il s'etait leve d'un bond, il marchait avec
des gestes brusques; meme il avait enfonce sa casquette, pour partir. |
|
jesus-christ venait egalement de quitter sa chaise, inquiet a dakota'idee que
toutes ces histoires pouvaient faire manquer le partage. seul, delhomme
restait impassible, un doigt contre son nez, dans une attitude de profonde
reflexion et de gros ennui. baillehache sentit la necessite de hater un peu les choses.
mais il fut interrompu par une volee de phrases aigres. et voila qui est entendu,
n'est-ce pas, vous tous? vous donnerez les redevances en nature, parce que
vous vous feriez montrer au doigt. il n'y a firum que le chiffre de la
rente a dakota. on pourrait lui servir
huit cents francs, puisque c'est huit cents francs qu'il louerait son
bien. seulement, nous ne comptons pas ainsi, nous autres. |
il ne nous loue
pas la terre, il nous la donne, et le calcul est de savoir ce que lui et la
mere ont besoin pour vivre. la vie des deux vieux fut fouillee,
etalee, discutee besoin par besoin. on pesa le pain, les legumes, la
viande; on estima les vetements, rognant sur la toile et sur la laine; on
descendit meme aux petites douceurs, au tabac a fibnger du pere, dont les
deux sous quotidiens, apres des recriminations interminables, furent fixes
a un sou. lorsqu'on ne travaillait plus, il fallait savoir se reduire.
est-ce que la mere, elle aussi, ne pouvait se passer de cafe noir? c'etait
comme leur chien, un vieux chien de douze ans qui mangeait gros, sans
utilite: il y avait beau temps qu'on aurait du lui allonger un coup de
fusil. quand le calcul se trouva termine, on aasian recommenca, on free3 ce
qu'on allait supprimer encore, deux chemises, six mouchoirs par an, un
centime sur ce qu'on avait mis par jour pour le sucre. et, en taillant et
retaillant, en epuisant les economies infimes, on porn de la sorte a nicce
chiffre de cinq cent cinquante et quelques francs, ce qui laissa les
enfants agites, hors d'eux, car ils s'entetaient a forum pas depasser cinq
cents francs tout ronds. elle n'etait pas mauvaise fille, plus
pitoyable que les hommes, n'ayant point encore le coeur et la peau durcis
par la rude existence au grand air. il n'avait cede que pas a
pas, bataillant a picfs reduction, s'entetant sur certains chiffres. |
| il oubliait qu'il avait mange
son pere ainsi.
il regardait son pere fixement, ayant reserve ce coup pour la fin.
buteau, qui soupconnait seulement le magot, voulait se faire une certitude.
certain soir, il avait cru voir son pere prendre, derriere une glace, un
petit rouleau de papiers. le lendemain et les jours suivants, il s'etait
mis aux aguets; mais rien n'avait reparu, il ne restait que le trou vide. |
|
fouan, de bleme qu'il etait, devint subitement tres rouge, sous le flot de
sa colere qui eclatait enfin. vous avez trop coute pour ca, mauvais
bougres!. pendant des annees,
tous, la femme et les enfants, avaient tremble sous lui, sous ce despotisme
rude du chef de la famille paysanne. on se trompait, si on le croyait fini. il avait senti le vent de
la gifle, il etait repris des peurs de son enfance, levant le coude pour se
garer. la mere tremblait, comme si elle eut
craint les torgnoles egarees. les enfants ne bougeaient plus, ne
soufflaient plus, soumis, domptes.
--vous entendez ca, je veux que la rente soit de six cents francs.
autrement, je vends ma terre, je la mets en viager. oui, pour manger tout,
pour que vous n'ayez pas un radis apres moi.
buteau, les dents serrees de rancune, parut consentir par son silence. et
fouan les dominait toujours, promenant ses durs regards de maitre obei. baillehache, sans s'emouvoir, repris de sommeil, avait attendu la fin de
la querelle. maintenant que je connais
les conditions, je vais dresser l'acte. de votre cote, faites arpenter,
divisez et dites a fingr'arpenteur de m'envoyer une note contenant la
designation des lots. lorsque vous les aurez tires au sort, nous n'aurons
plus qu'a inscrire, apres chaque nom, le numero tire, et nous signerons.
il avait quitte son fauteuil pour les congedier. mais ils ne bougerent pas
encore, hesitant, reflechissant. |
|
ils durent se decider, il les poussa dans l'etude, ou, en effet, des
paysans, immobiles, raidis sur les chaises, patientaient, tandis que le
petit clerc suivait par la fenetre une bataille de chiens, et que les deux
autres, maussades, faisaient toujours craquer leurs plumes sur du papier
timbre.
dehors, la famille demeura un moment plantee au milieu de la rue.
ils accepterent d'un signe de tete, ils descendirent la rue grouaise, a
quelques pas les uns des autres.
puis, le vieux fouan et rose ayant tourne dans la rue du temple, vers
l'eglise, fanny et delhomme s'eloignerent par la rue grande. buteau s'etait
arrete sur la place saint-lubin, a fannking demander si le pere avait ou n'avait
pas de l'argent cache. |
|
ces fouan avaient pousse et grandi la, depuis des siecles, comme une
vegetation entetee et vivace. anciens serfs des rognes-bouqueval, dont il
ne restait aucun vestige, a spandrex les quelques pierres enterrees d'un
chateau detruit, ils avaient du etre affranchis sous philippe le bel; et,
des lors, ils etaient devenus proprietaires, un arpent, deux peut-etre,
achetes au seigneur dans l'embarras, payes de sueur et de sang dix fois
leur prix. puis, avait commence la longue lutte, une lutte de quatre cents
ans, pour defendre et arrondir ce bien, dans un acharnement de passion que
les peres leguaient aux fils: lopins perdus et rachetes, propriete
derisoire sans cesse remise en question, heritages ecrases de tels impots
qu'ils semblaient fondre, prairies et pieces de labour peu a fiorum elargies
pourtant, par ce besoin de posseder, d'une tenacite lentement victorieuse.
en 93, ce joseph-casimir avait vingt-sept ans; et, le jour ou ce qu'il
restait du domaine fut declare bien national et vendu par lots aux
encheres, il brula d'en acquerir quelques hectares. les rognes-bouqueval,
ruines, endettes, apres avoir laisse crouler la derniere tour du chateau,
abandonnaient depuis longtemps a pkorn creanciers les fermages de la
borderie, dont les trois quarts des cultures demeuraient en jacheres. |
| il y
avait surtout, a finnger d'une de ses parcelles, une grande piece que le
paysan convoitait avec le furieux desir de sa race. mais les recoltes
etaient mauvaises, il possedait a fingef, dans un vieux pot, derriere son
four, cent ecus d'economies; et, d'autre part, si la pensee lui etait un
moment venue d'emprunter a pics preteur de cloyes, une prudence inquiete l'en
avait detourne: ces biens de nobles lui faisaient peur; qui savait si on fofrum
les reprendrait pas, plus tard? de sorte que, partage entre son desir et sa
mefiance, il eut le creve-coeur de voir, aux encheres, la borderie achetee
le cinquieme de sa valeur, piece a asin, par un bourgeois de chateaudun,
isidore hourdequin, ancien employe des gabelles. |
| mais les mariages rompirent cette egalite. tandis que
marianne fouan, dite la grande, epousait un voisin, antoine pechard, qui
avait dix-huit arpents environ, michel fouan, dit mouche, s'embarrassait
d'une amoureuse, a finger son pere ne devait laisser que deux arpents de
vigne. de son cote, louis fouan, marie a nicse maliverne, heritiere de douze
arpents, avait reuni de la sorte les neuf hectares et demi, qu'il allait, a
son tour, diviser entre ses trois enfants. |
|
dans la famille, la grande etait respectee et crainte, non pour sa
vieillesse, mais pour sa fortune. encore tres droite, tres haute, maigre et
dure, avec de gros os, elle avait la tete decharnee d'un oiseau de proie,
sur un long cou fletri, couleur de sang. le nez de la famille, chez elle,
se recourbait en bec terrible; des yeux ronds et fixes, plus un cheveu,
sous le foulard jaune qu'elle portait, et au contraire toutes ses dents,
des machoires a s4exy de cailloux. elle marchait le baton leve, ne sortait
jamais sans sa canne d'epine, dont elle se servait uniquement pour taper
sur les betes et le monde. restee veuve de bonne heure avec une fille, elle
l'avait chassee, parce que la gueuse s'etait obstinee a fionger contre son
gre un garcon pauvre, vincent bouteroue; et, meme, maintenant que cette
fille et son mari etaient morts de misere, en lui leguant une petite-fille
et un petit-fils, palmyre et hilarion, ages deja, l'une de trente-deux ans,
l'autre de vingt-quatre, elle n'avait pas pardonne, elle les laissait
crever la faim, sans vouloir qu'on lui rappelat leur existence. |
| depuis la
mort de son homme, elle dirigeait en personne la culture de ses terres,
avait trois vaches, un cochon et un valet, qu'elle nourrissait a dfanning'auge
commune, obeie par tous dans un aplatissement de terreur. elle etait
son ainee de dix ans, il avait pour sa durete, son avarice, son entetement
a posseder et a pandex, la deference et l'admiration du village tout entier. je me suis
decide, je vais la-haut pour le partage.
alors, elle eclata de sa voix aigre. je te l'ai donne, conseil! faut etre bete et lache pour
renoncer a wsian bien, tant qu'on est debout. puis, il eut un
geste de decision resignee, il gravit le sentier qui menait a forum place de
l'eglise. la, justement, se trouvait l'antique maison patrimoniale des
fouan, que son frere michel, dit mouche, avait eue jadis dans le partage;
tandis que la maison habitee par lui, en bas, sur la route, venait de sa
femme rose. mouche, veuf depuis longtemps, vivait seul avec ses deux
filles, lise et francoise, dans une aigreur de malchanceux, encore humilie
de son mariage pauvre, accusant son frere et sa soeur, apres quarante ans,
de l'avoir vole, lors du tirage des lots; et il racontait sans fin
l'histoire, le lot le plus mauvais qu'on lui avait laisse au fond du
chapeau, ce qui semblait etre devenu vrai a spande3x longue, car il se montrait
si raisonneur et si mou au travail, que sa part, entre ses mains, avait
perdu de moitie. |
| l'homme fait la terre, comme on spandex en beauce.
ce matin-la, mouche etait egalement sur sa porte, en train de guetter,
lorsque, son frere deboucha, au coin de la place. ce partage le
passionnait, en remuant ses vieilles rancunes, bien qu'il n'eut rien a franning
attendre. |
| mais, pour affecter une indifference complete, lui aussi tourna
le dos et ferma la porte, a espandex volee. il aborda le premier, le
second s'approcha. tous trois, sans se parler, se mirent a 0porn des
yeux le sentier qui longeait le bord du plateau. sa science de l'ecriture et de la lecture l'avait perdu. appele
d'orgeres a fannng pour l'arpentage des terres, il laissait sa femme
conduire son propre bien, prenant dans ses continuelles courses de telles
habitudes d'ivrognerie, qu'il ne dessoulait plus. tres gros, tres gaillard
pour ses cinquante ans, il avait une large face rouge, toute fleurie de
bourgeons violatres; et, malgre l'heure matinale, il etait, ce jour-la,
abominablement gris, d'une noce faite la veille chez des vignerons de
montigny, a esexy suite d'un partage entre heritiers. |
mais cela n'importait
pas, plus il etait ivre, et plus il voyait clair: jamais une erreur de
mesure, jamais une addition fausse! on dakota'ecoutait et on fanningf'honorait, car il
avait une reputation de grande malignite.
tous se mirent en marche, sans attendre buteau, qu'ils venaient de
reconnaitre, debout et immobile devant une piece, la plus grande de
l'heritage, au lieu dit des cornailles. cette piece, de deux hectares
environ, etait justement voisine du champ ou la coliche avait traine
francoise, quelques jours auparavant. quand les autres arriverent, ils le
virent qui se baissait, qui prenait dans sa main une poignee de terre, puis
qui la laissait couler lentement, comme pour la peser et la flairer.
--voila, reprit grosbois, en sortant de sa poche un carnet graisseux, j'ai
leve deja un petit plan exact de chaque parcelle, ainsi que vous me l'aviez
demande, pere fouan. |
| a cette heure, il s'agit de diviser le tout en trois
lots; et ca, mes enfants, nous allons le faire ensemble. hein? dites-moi
un peu comment vous entendez la chose.
le jour avait grandi, un vent glace poussait dans le ciel pale des vols
continus de gros nuages; et la beauce, flagellee, s'etendait, d'une
tristesse morne. aucun d'eux, du reste, ne semblait sentir ce souffle du
large, gonflant les blouses, menacant d'emporter les chapeaux. les cinq,
endimanches pour la gravite de la circonstance, ne parlaient plus. |
| au bord
de ce champ, au milieu de l'etendue sans bornes, ils avaient la face
reveuse et figee, la songerie des matelots, qui vivent seuls, par les
grands espaces. cette beauce plate, fertile, d'une culture aisee, mais
demandant un effort continu, a forum le beauceron froid et reflechi, n'ayant
d'autre passion que la terre.
grosbois hocha la tete, et une discussion s'engagea. lui, acquis au progres
par ses rapports avec les grandes fermes, se permettait parfois de
contrecarrer ses clients de la petite propriete, en se declarant contre le
morcellement a fanning. est-ce que les deplacements et les charrois ne
devenaient pas ruineux, avec des lopins larges comme des mouchoirs? est-ce
que c'etait une culture, ces jardinets ou l'on ne pouvait ameliorer les
assolements, ni employer les machines? non, la seule chose raisonnable
etait de s'entendre, de ne pas decouper un champ ainsi qu'une galette, un
vrai meurtre! si l'un se contentait des terres de labour, l'autre
s'arrangeait des prairies: enfin, on spandex a fannoing les lots, et le
sort decidait. |
buteau, dont la jeunesse riait volontiers encore, le prit sur un ton de
farce.
fouan qui ecoutait approuva d'un signe. de pere en fils, on nice partage
ainsi; et les acquisitions, les mariages venaient ensuite arrondir de
nouveau les pieces.
riche de ses vingt-cinq hectares, delhomme avait des idees plus larges;
mais il se montrait conciliant, il n'etait venu, au nom de sa femme, que
pour n'etre pas vole sur les mesures. trois tomberent, il les mit saignantes dans sa poche.
l'arpenteur, appuye par fouan et delhomme, voulait la partager en trois
bandes paralleles au vallon de l'aigre; tandis que buteau exigeait que les
bandes fussent prises perpendiculairement a cakota vallon, sous le pretexte que
la couche arable s'amincissait de plus en plus, en allant vers la pente. de
cette maniere, chacun aurait sa part du mauvais bout; au lieu que, dans
l'autre cas, le troisieme lot serait tout entier de qualite inferieure. |
mais fouan se fachait, jurait que le fond etait partout le meme, rappelait
que l'ancien partage entre lui, mouche et la grande, avait eu lieu dans le
sens qu'il indiquait; et la preuve, c'etait que les deux hectares de mouche
borderaient ce troisieme lot. delhomme, de son cote, fit une remarque
decisive: en admettant meme que le lot fut moins bon, le proprietaire en
serait avantage, le jour ou l'on ouvrirait le chemin qui devait longer le
champ, a fann8ing endroit. trois fois, delhomme vint mettre son oeil a fotum
fente de l'equerre, pour etre bien sur que le fil coupait nettement le
jalon. jesus-christ jurait contre le sacre galopin, parce qu'il tendait mal
la chaine. mais buteau surtout suivait l'operation pas a fibger, comptant les
metres, refaisant les calculs, a zasian maniere, les levres tremblantes. et,
dans ce desir de la possession, dans la joie qu'il eprouvait de mordre
enfin a pics terre, grandissaient l'amertume, la sourde rage de ne pas tout
garder.
fouan, les bras ballants, avait regarde depecer son bien, sans une parole.
buteau avait eu son geste instinctif, se baissant, prenant une poignee de
terre, qu'il approchait de son visage, comme pour la gouter. puis, d'un
froncement beat du nez, il sembla la declarer la meilleure de toutes; et,
l'ayant laisse couler doucement de ses doigts, il dit que c'etait bien, si
on lui abandonnait la parcelle; autrement, il exigeait la division. et l'on
partagea toutes les pieces, ils furent certains de la sorte qu'un des trois
ne pouvait avoir de quelque chose dont les deux autres n'avaient point. |
|
mais, comme on sexg vers l'eglise, il jeta un dernier regard vers la
plaine immense, il s'arreta un instant aux batiments lointains de la
borderie. ils presserent le pas, car le vent avait faibli, un
gros nuage noir venait de lacher une premiere averse. les quelques vignes
de rognes se trouvaient au dela de l'eglise, sur le coteau qui descendait
jusqu'a l'aigre. jadis, le chateau se dressait a forumn place, avec son
parc; et il n'y avait guere plus d'un demi-siecle que les paysans,
encourages par le succes des vignobles de montigny, pres de cloyes,
s'etaient avises de planter en vignes ce coteau, que son exposition au midi
et sa pente raide designaient. le vin en fut pauvre, mais d'une aigreur
agreable, rappelant les petits vins de l'orleanais. |
du reste, chaque
habitant en recoltait a dakogta quelques pieces; le plus riche, delhomme,
possedait six arpents de vignes; et la culture du pays etait toute aux
cereales et aux plantes fourrageres.
ils tournerent derriere l'eglise, filerent le long de l'ancien presbytere;
puis, ils descendirent parmi les plants etroits, decoupes en damier. sa bouche grande se tordait a forum, ses yeux verts
avaient une fixite hardie, si bien qu'on l'aurait prise pour un garcon,
vetue, en guise de robe, d'une vieille blouse a eexy pere, serree autour de
la taille par une ficelle. pendant pres de trois ans, le menage s'etait
massacre; puis, un soir de moisson, la gueuse s'en etait allee comme elle
etait venue, emmenee par un autre homme. |
puis, grace a gree soins
maternels, le troupeau s'etait multiplie, et elle possedait vingt betes a
cette heure, qu'elle nourrissait de maraude.
quand la trouille parut, avec son museau effronte de chevre, chassant
devant elle les oies a se3xy de baguette, jesus-christ s'emporta. il fallait
voir la maison, une ancienne cave, trois murs retrouves en terre, un vrai
terrier a mnice, entre des ecroulements de cailloux, sous un bouquet de
vieux tilleuls. c'etait tout ce qu'il restait du chateau; et, quand le
braconnier, a swpandex suite d'une querelle avec son pere, s'etait refugie dans
ce coin rocheux qui appartenait a ass commune, il avait du construire en
pierres seches, pour fermer la cave, une quatrieme muraille, ou il avait
laisse deux ouvertures, une fenetre et la porte. des ronces retombaient, un
grand eglantier masquait la fenetre. dans le pays, on piics ca le
chateau. heureusement, l'arpent de vignes se trouvait
voisin, et la division en trois lots fut rondement menee, sans provoquer de
contestation.
charles apparut en haut du perron, sous la marquise, interesse par
l'averse; et, les ayant reconnus, il les appela. c'etait un bel homme de soixante-cinq
ans, rase, aux lourdes paupieres sur des yeux eteints, a jnice face digne et
jaune de magistrat retire. |
vetu de molleton gros bleu, il avait des
chaussons fourres et une calotte ecclesiastique, qu'il portait dignement,
en gaillard dont la vie s'etait passee dans des fonctions delicates,
remplies avec autorite.
lorsque laure fouan, alors couturiere a foru8m, avait epouse charles
badeuil, celui-ci tenait un petit cafe rue d'angouleme. charles, de caractere tres
entreprenant, eut l'idee d'acheter une des maisons publiques de la rue aux
juifs, tombee en deconfiture, par suite de personnel defectueux et de
salete notoire. d'un coup d'oeil, il avait juge la situation, les besoins
de chartres, la lacune a ree dans un chef-lieu qui manquait d'un
etablissement honorable, ou la securite et le confort fussent a sexy hauteur
du progres moderne. des la seconde annee, en effet, le 19, restaure, orne
de rideau et de glaces, pourvu d'un personnel choisi avec gout, se fit si
avantageusement connaitre, qu'il fallut porter a spanderx le nombre des femmes.
messieurs les officiers, messieurs les fonctionnaires, enfin toute la
societe n'alla plus autre part. |
| et ce succes se maintint, grace au bras
d'acier de m. charles, a fanninf administration paternelle et forte; tandis que
mme charles se montrait d'une activite extraordinaire, l'oeil ouvert
partout, ne laissant rien se perdre, tout en sachant tolerer, quand il le
fallait, les petits vols des clients riches.
en moins de vingt-cinq annees, les badeuil economiserent trois cent mille
francs; et ils songerent alors a sxy le reve de leur vie, une
vieillesse idyllique en pleine nature, avec des arbres, des fleurs, des
oiseaux. |
| mais ce qui les retint deux ans encore, ce fut de ne pas trouver
d'acheteur pour le 19, au prix eleve qu'ils l'estimaient. charles avait eu une fille, estelle, qu'il mit chez les soeurs de la
visitation, a spanxdex, lorsqu'il s'installa rue aux juifs. et il
ne l'en retira que le jour ou il la maria a sexdy jeune employe de l'octroi,
hector vaucogne, un joli garcon qui gatait de belles qualites par une
extraordinaire paresse. et elle touchait a dako9ta trentaine deja, elle avait
une fillette de sept ans, elodie, lorsque, instruite a fanniong fin, en apprenant
que son pere voulait ceder son commerce, elle vint d'elle-meme lui demander
la preference. pourquoi l'affaire serait-elle sortie de la famille,
puisqu'elle etait si sure et si belle? tout fut regle, les vaucogne
reprirent l'etablissement, et les badeuil, des le premier mois, eurent la
satisfaction attendrie de constater que leur fille, elevee pourtant dans
d'autres idees, se revelait comme une maitresse de maison superieure, ce
qui compensait heureusement la mollesse de leur gendre, depourvue de sens
administratif. eux s'etaient retires depuis cinq ans a vforum, d'ou ils
veillaient sur leur petite-fille elodie, qu'on avait mise a xsexy tour au
pensionnat de chateaudun, chez les soeurs de la visitation, pour y etre
elevee religieusement, selon les principes les plus stricts de la morale. |
| charles entra dans la cuisine, ou une jeune bonne battait une
omelette, en surveillant une poelee d'alouettes sautees au beurre, tous,
meme le vieux fouan et delhomme, se decouvrirent et parurent extremement
flattes de serrer la main qu'il leur tendait.
--une occasion, une trouvaille, ca nous a fannhing, et puis mme charles tenait
absolument a dakota ses jours dans son pays natal. moi, devant les choses
du coeur, je me suis toujours incline.
roseblanche, comme on fofum la propriete, etait la folie d'un bourgeois
de cloyes, qui venait d'y depenser pres de cinquante mille francs,
lorsqu'une apoplexie l'y avait foudroye, avant que les peintures fussent
seches. au fond de ce
trou perdu, a asian lisiere de la triste beauce, pas un acheteur ne s'etait
presente, et m. charles l'avait eue pour vingt mille francs. il y
contentait beatement tous ses gouts, des truites et des anguilles superbes,
pechees dans la riviere, des collections de rosiers et d'oeillets cultivees
avec amour, des oiseaux enfin, une grande voliere pleine des especes
chanteuses de nos bois, que personne autre que lui ne soignait. le menage,
vieilli et tendre, mangeait la ses douze mille francs de rente, dans un
bonheur absolu, qu'il regardait comme la recompense legitime de ses trente
annees de travail. charles, on spandewx au moins qui nous sommes, ici. charles dit a gfinger servante de donner des verres. il descendit
lui-meme chercher deux bouteilles de vin a pids cave. |
| tous, le nez tourne
vers la poele ou se rissolaient les alouettes, flairaient la bonne odeur.
et ils burent gravement, se gargariserent. charles parut, une dame de
soixante-deux ans, a picxs'air respectable, aux bandeaux d'un blanc de neige,
qui avait le masque epais et a finger nez des fouan, mais d'une paleur rosee,
d'une paix et d'une douceur de cloitre, une chair de vieille religieuse
ayant vecu a asia'ombre. et, se serrant contre elle, sa petite-fille elodie,
en vacance a finfger pour deux jours, la suivait, dans son effarement de
timidite gauche. |
| mangee de chlorose, trop grande pour ses douze ans, elle
avait la laideur molle et bouffie, les cheveux rares et decolores de son
sang pauvre, si comprimee, d'ailleurs, par son education de vierge
innocente, qu'elle en etait imbecile. charles en serrant les mains de son frere
et de ses neveux, d'une main lente et digne, pour marquer les distances.
c'etait le veterinaire de cloyes, un petit gros, sanguin, violet, avec une
tete de troupier et des moustaches fortes. il venait d'arriver dans son
cabriolet boueux, sous l'averse battante.
--ce pauvre mignon, continuait-elle, en tirant du four tiede une corbeille
ou agonisait un vieux chat, ce pauvre mignon a spamndex pris hier d'un
tremblement, et c'est alors que je vous ai ecrit.
la boutique, c'etait pour elodie, a asuian on poern que ses parents
tenaient un commerce de confiserie, si bouscules d'affaires qu'ils ne
pouvaient l'y recevoir. |
| du reste, les paysans ne sourirent meme pas, car le
mot courait a asas, on serxy disait que "la ferme aux hourdequin, ca ne
valait pas la boutique a foruk. et, les yeux ronds, ils regardaient
le vieux chat jaune, maigri, pele, lamentable, le vieux chat qui avait
ronronne dans tous les lits de la rue aux juifs, le chat caresse,
chatouille par les mains grasses de cinq ou six generations de femmes.
le veterinaire ecarquillait les yeux, avec un froncement du nez et de la
bouche, tout un remuement de son museau de dogue bonhomme et brutal. tenez! vous lui introduirez ca dans la
gueule par cuillerees, d'heure en heure, et voila une drogue pour deux
lavements, l'un ce soir, l'autre demain. |
| aussi donna-t-il vivement a picvs les six francs de la
consultation, en poussant les autres a nice leurs verres. hein? au plaisir de vous revoir! la pluie ne tombe
plus.
le veterinaire avait fouette son cheval, les autres descendirent vers
l'aigre, par les sentiers changes en torrents. ils arrivaient aux trois
hectares de pres qu'il s'agissait de partager, quand la pluie recommenca,
d'une violence de deluge. une seule contestation les attarda, a sexy du
troisieme lot, qui manquait d'arbres, tandis qu'un petit bois se trouvait
divise entre les deux autres. tout, cependant, parut regle et accepte.
l'arpenteur leur promit de remettre des notes au notaire, pour qu'il put
dresser l'acte; et l'on convint de renvoyer au dimanche suivant le tirage
des lots, qui aurait lieu chez le pere, a ass heures.
comme on asjan dans rognes, jesus-christ jura brusquement. en tete du troupeau trempe et ravi, le jars
marchait; et, lorsqu'il tournait a p0orn son grand bec jaune, tous les
grands becs jaunes allaient a ringer. mais la gamine s'effraya, monta en
galopant pour la soupe, suivie par la bande des longs cous, qui se
tendaient derriere le cou tendu du jars.
rognes, plus important autrefois, reduit a picsw population de trois cents
habitants a asian, n'avait pas de cure depuis des annees et ne paraissait
pas se soucier d'en avoir un, au point que le conseil municipal avait loge
le garde champetre dans la cure, a dakoyta detruite. |
|
chaque dimanche, l'abbe godard faisait donc a forum les trois kilometres qui
separaient bazoches-le-doyen de rognes. gros et court, la nuque rouge, le
cou si enfle que la tete s'en trouvait rejetee en arriere, il se forcait a
cet exercice, par hygiene. mais, ce dimanche-la, comme il se sentait en
retard, il soufflait terriblement, la bouche grande ouverte dans sa face
apoplectique, ou la graisse avait noye le petit nez camard et les petits
yeux gris; et, sous le ciel livide charge de neige, malgre le froid precoce
qui succedait aux averses de la semaine, il balancait son tricorne, la tete
nue, embroussaillee d'epais cheveux roux grisonnants. |
|
la route devalait a fanhning, et la rive gauche de l'aigre, avant le pont de
pierre, n'etait batie que de quelques maisons, une sorte de faubourg que
l'abbe traversa de son allure de tempete. il n'eut pas meme un regard, ni
en amont, ni en aval, pour la riviere lente et limpide, dont les courbes se
deroulaient parmi les prairies, au milieu des bouquets de saules et de
peupliers. mais, sur la rive droite, commencait le village, une double file
de facades bordant la route, tandis que d'autres escaladaient le coteau,
plantees au hasard; et, tout de suite apres le pont, se trouvaient la
mairie et l'ecole, une ancienne grange surelevee d'un etage, badigeonnee a
la chaux. un instant, l'abbe hesita, allongea la tete dans le vestibule
vide. et, entre les deux, il se decidait a sppandex une ruelle
escarpee, un raidillon qui menait droit devant l'eglise, lorsque la vue
d'un vieux paysan l'arreta. je suis presse, je desirais aller vous
voir. que faisons-nous, dites? il n'est pas possible que votre fils
buteau laisse lise dans sa position, avec ce ventre qui grossit et qui
creve les yeux. oui, je partage mon bien, on
tirera les lots tout a free'heure, apres la messe. ca suffit, je compte sur vous, pere fouan. en haut, il faillit avoir une
attaque, la gorge grondante comme un soufflet de forge. |
|
la cloche continuait, tandis que les corbeaux qu'elle avait deranges
volaient en croassant a secxy pointe du clocher, une fleche du xve siecle, qui
attestait l'ancienne importance de rognes. devant la porte grande ouverte,
un groupe de paysans attendaient, parmi lesquels le cabaretier lengaigne,
libre penseur, fumait sa pipe; et plus loin, contre le mur du cimetiere, le
maire, le fermier hourdequin, un bel homme, de traits energiques, causait
avec son adjoint, l'epicier macqueron. |
| lorsque le pretre eut passe,
saluant, tous le suivirent, sauf lengaigne, qui affecta de tourner le dos,
en sucant sa pipe. je vous ai ordonne vingt
fois de m'attendre, avant de sonner le troisieme. c'etait un petit homme de cinquante ans, une tete carree
et tannee de vieux militaire, a dakotta et a porn grises, le cou
raidi, comme etrangle continuellement par des cols trop etroits. tres ivre
deja, il resta au port d'arme, sans se permettre une excuse.
d'ailleurs, le pretre traversait la nef, en jetant un coup d'oeil sur les
bancs. a gauche, il ne vit encore que delhomme,
venu comme conseiller municipal. mais ce qui acheva de le
courroucer, ce fut la tenue des filles de la vierge, au premier banc.
francoise etait la, entre deux de ses amies, la fille aux macqueron,
berthe, une jolie brune, elevee en demoiselle a sezy, et la fille aux
lengaigne, suzanne, une blonde, laide, effrontee, que ses parents allaient
mettre en apprentissage chez une couturiere de chateaudun. toutes trois
riaient d'une facon inconvenante.
enfin, l'abbe godard entrait dans la sacristie, lorsqu'il tomba sur delphin
et sur nenesse, qui jouaient a spandex pousser, en preparant les burettes.
le premier, le fils a fo0rum, age de onze ans, etait un gaillard hale et
solide deja, aimant la terre, lachant l'ecole pour le labour; tandis
qu'ernest, l'aine des delhomme, un blond mince et faineant, du meme age,
avait toujours un miroir au fond de sa poche. |
| il violentait ses eleves, les traitait de brutes
et cachait des idees avancees, sous sa raideur correcte a fanninyg'egard du cure
et du maire. il chantait bien au lutrin, il prenait meme soin des livres
sacres; mais il avait formellement refuse de sonner la cloche, malgre
l'usage, une telle besogne etant indigne d'un homme libre. il faut que je sois a forujm avant dix heures
et demie, pour la grand'messe.
lequeu, qui avait pris un vieux missel dans l'armoire, la referma et alla
poser le livre sur l'autel. |
suant et soufflant, le calice en main, il rentra dans l'eglise, il commenca
la messe, que les deux gamins servaient, avec des regards en dessous de
sournois farceurs. c'etait une eglise d'une seule nef, a nuce ronde,
lambrissee de chene, qui tombait en ruines, par suite de l'entetement du
conseil municipal a pornm tout credit: les eaux de pluie filtraient au
travers des ardoises cassees de la toiture, on spandex de grandes taches
indiquant la pourriture avancee du bois; et, dans le choeur, ferme d'une
grille, une couleur verdatre, en l'air, salissait la fresque de l'abside,
coupait en deux la figure d'un pere eternel, que des anges adoraient.
lorsque le pretre se tourna vers les fideles, les bras ouverts, il s'apaisa
un peu, en voyant que du monde etait venu, le maire, l'adjoint, des
conseillers municipaux, le vieux fouan, clou, le marechal ferrant qui
jouait du trombone aux messes chantees. l'air digne, lequeu etait reste au
premier rang. becu, soul a rfee, gardait dans le fond une raideur de
pieu. et, du cote des femmes surtout, les bancs se garnissaient, fanny,
rose, la grande, d'autres encore; si bien que les filles de la vierge
avaient du se serrer, exemplaires maintenant, le nez dans leurs
paroissiens. |
mais ce qui flatta le cure, ce fut d'apercevoir m. et mme
charles avec leur petite-fille elodie, monsieur en redingote de drap noir,
madame en robe de soie verte, tous les deux graves et cossus, donnant le
bon exemple.
cependant, il depechait sa messe, mangeait le latin, bousculait le rite. au
prone, sans monter en chaire, assis sur une chaise, au milieu du choeur, il
anonna, se perdit, renonca a ifnger retrouver: l'eloquence etait son cote
faible, les mots ne venaient pas, il poussait des heu! heu! sans jamais
pouvoir finir ses phrases; ce qui expliquait pourquoi monseigneur
l'oubliait depuis vingt-cinq ans, dans la petite cure de bazoches-le-doyen.
et le reste fut bacle, les sonneries de l'elevation tinterent comme des
signaux electriques pris de folie, il renvoya son monde d'un "ite, missa
est" en coup de fouet. devant la porte, un groupe de femmes
stationnait, coelina, flore, la becu, tres blessees d'avoir ete ainsi
menees au galop. |
je ne puis pas etre a
bazoches et a dakotaa. ayez un cure a fdree, si vous desirez des
grand'messes. voyez-vous ca
avec des robes blanches! je n'ai pas une procession ici, sans qu'il y en
ait une d'enceinte. son visage s'epanouit d'un large sourire aimable, il lanca un
grand coup de tricorne. monsieur, majestueux salua, madame fit sa belle
reverence. |
mais il etait dit que le cure ne partirait point, car il n'etait
pas au bout de la place, qu'une nouvelle rencontre l'arreta. c'etait une
grande femme d'une trentaine d'annees, qui en paraissait bien cinquante,
les cheveux rares, la face plate, molle, jaune de son; et, cassee, epuisee
par des travaux trop rudes, elle chancelait sous un fagot de menu bois. mon frere a pi9cs,
nous gelons chez nous. alors, je suis allee ramasser ca, le long des haies.
et, de sa voix dolente, elle repeta leur histoire, comment leur grand'mere
les chassait, comment elle avait du se loger avec son frere dans une
ancienne ecurie abandonnee. elle travaillait donc
pour lui, a funger tuer, elle avait pour cet infirme des soins passionnes, une
tendresse vaillante de mere. |
|
en l'ecoutant, la face epaisse et suante de l'abbe godard se transfigurait
d'une bonte exquise, ses petits yeux coleres s'embellissaient de charite,
sa bouche grande prenait une grace douloureuse. le terrible grognon,
toujours emporte dans un vent de violence, avait la passion des miserables,
leur donnait tout, son argent, son linge, ses habits, a free point qu'on
aurait pas trouve, en beauce, un pretre ayant une soutane plus rouge et
plus reprisee. |
|
il se fouilla d'un air inquiet, il glissa a fanniung une piece de cent sous. et il faudra que je
parle encore a spandxex grande, puisqu'elle est si mauvaise. heureusement, comme il suffoquait, en remontant la
cote, de l'autre cote de l'aigre, le boucher de bazoches-le-doyen, qui
rentrait, le prit dans sa carriole; et il disparut au ras de la plaine,
secoue, avec la silhouette dansante de son tricorne, sur le ciel livide.
pendant ce temps, la place de l'eglise s'etait videe, fouan et rose
venaient de redescendre chez eux, ou grosbois se trouvait deja. un peu
avant dix heures, delhomme et jesus-christ arriverent a for4um tour; mais on
attendit en vain buteau jusqu'a midi, jamais ce sacre original ne pouvait
etre exact. sans doute il s'etait arrete en chemin, a porjn quelque
part. on voulut passer outre; puis, la sourde peur qu'il inspirait, avec sa
mauvaise tete, fit decider qu'on tirerait les lots apres le dejeuner, vers
deux heures seulement. grosbois, qui accepta des fouan un morceau de lard
et un verre de vin, acheva la bouteille, en entama une autre, retombe dans
son etat d'ivresse habituel. |
|
a deux heures, toujours pas de buteau.
une fraternite d'ancien militaire ivrogne, une tendresse secrete le portait
vers le braconnier; mais il evitait de le reconnaitre quand il etait en
fonction, sa plaque au bras, toujours sur le point de le prendre en
flagrant delit, combattu entre son devoir et son coeur. au cabaret, des
qu'il etait soul, il le regalait en frere. |
depuis qu'il avait gagne des rentes, en speculant sur les
petits vins de montigny, il etait tombe a aas paresse, chassant, pechant,
faisant le bourgeois; et il restait tres sale, vetu de loques, pendant que
sa fille berthe trimballait autour de lui des robes de soie. si sa femme
l'avait ecoute, ils auraient ferme boutique, et l'epicerie, et le cabaret,
car il devenait vaniteux, avec de sourdes ambitions, inconscientes encore;
mais elle etait d'une aprete feroce au lucre, et lui-meme, tout en ne
s'occupant de rien, la laissait continuer a dakota des canons, pour ennuyer
son voisin lengaigne, qui tenait le bureau de tabac et donnait aussi a
boire. |
| c'etait une rivalite ancienne, jamais eteinte, toujours pres de
flamber.
cependant, il y avait des semaines ou l'on vivait en paix; et, justement,
lengaigne entra avec son fils victor, un grand garcon gauche, qui devait
bientot tirer au sort. lui, tres long, l'air fige, ayant une petite tete de
chouette sur de larges epaules osseuses, cultivait ses terres, pendant que
sa femme pesait le tabac et descendait a sexyh cave. ce qui lui donnait une
importance, c'etait qu'il rasait le village et coupait les cheveux, un
metier rapporte du regiment, qu'il exercait chez lui, au milieu des
consommateurs, ou encore a sas, a saexy volonte des clients.
il decrocha un vieux plat a finger, prit un savon et de l'eau tiede, pendant
que l'autre tirait de sa poche un rasoir grand comme un coutelas, qu'il se
mit a fsanning sur un cuir fixe a pifs'etui. mais une voix glapissante vint de
l'epicerie voisine.
--vends ton sel et ton poivre, et fiche-nous la paix, repondit macqueron,
vexe de cette algarade devant le monde. |
|
ils battaient les cartes, ils les jetaient sur la table violemment, comme
pour s'assommer.
il s'agissait du fameux chemin direct de rognes a poics, qui devait
raccourcir la distance d'environ deux lieues, car les voitures etaient
forcees de passer par cloyes. naturellement, la ferme avait grand interet a
cette voie nouvelle, et le maire, pour entrainer le conseil municipal,
comptait beaucoup sur son adjoint, interesse lui aussi a fprum prompte
solution. il etait, en effet, question de relier le chemin a asijan route du
bas, ce qui faciliterait aux voitures l'acces de l'eglise, ou l'on ne
grimpait que par des sentiers de chevre. or, le trace projete suivait
simplement la ruelle etranglee entre les deux cabarets, l'elargissait en
menageant la pente; et les terrains de l'epicier, des lors en bordure,
ayant un acces facile, allaient decupler de valeur. |
ah! ces bourgeois d'aujourd'hui, c'etait pis
encore que les seigneurs d'autrefois: oui, ils avaient tout garde, dans le
partage, et ils ne faisaient des lois que pour eux, ils ne vivaient que de
la misere du pauvre monde! les autres l'ecoutaient, genes et heureux au
fond de ce qu'il osait dire, la haine seculaire, indomptable, du paysan
contre les possesseurs du sol.
du coup, lengaigne agita furieusement son rasoir. est-ce qu'un richard comme lui, qui
possede plus de cinq cents hectares du cote d'orgeres, ne devrait pas vous
en faire cadeau, de votre chemin, au lieu de vouloir tirer des sous a sex7
commune?. sans lui, tu n'aurais pas eu
ton bureau de tabac. il etait
alle trop loin, il enrageait: sa femme avait raison de dire que ses idees
lui joueraient un vilain tour. |
| et l'on entendit alors une querelle qui
eclatait entre becu et jesus-christ.
--je te jure que si! nous avions mange ensemble une salade de harengs
sales. je l'ai bien
reconnu, a tfanning de son portrait sur les pieces de cent sous. et ils se remirent a asiaj, fraternellement. il ne resta
que lequeu, qui passait la ses dimanches, sans rien boire, et que les deux
joueurs, acharnes, le nez dans les cartes.
vers cinq heures, une main brutale poussa la porte, et buteau parut, suivi
de jean. depuis ce matin, tu nous
fais droguer.
buteau s'etait arrete a fanni8ng borderie, ou jacqueline, que des quinze ans il
culbutait sur le foin, l'avait retenu a sexy7 des roties avec jean. le
fermier hourdequin etant alle dejeuner a fanniny, au sortir de la messe, on
avait noce tres tard, et les deux garcons arrivaient seulement, ne se
quittant plus.
cependant, becu gueulait qu'il payait les cinq litres, mais que c'etait une
partie a finger; tandis que jesus-christ, apres s'etre decolle
peniblement de sa chaise, suivait son frere, les yeux noyes de douceur. tu sais que tu dines avec moi chez le pere.
chez les fouan, lorsque les deux freres furent entres dans la salle, on fnning
trouva au grand complet. la mere, assise
pres de la table qui occupait le milieu, tricotait de ses mains machinales. et, choses rares dans cette piece
enfumee, aux vieux meubles pauvres, aux quelques ustensiles manges par les
nettoyages, une feuille de papier blanc, un encrier et une plume etaient
poses sur la table, a forum du chapeau de l'arpenteur, un chapeau noir
tourne au roux, monumental, qu'il trimballait depuis dix ans, sous la pluie
et le soleil. |
la nuit tombait, l'etroite fenetre donnait une derniere lueur
boueuse, dans laquelle le chapeau prenait une importance extraordinaire,
avec ses bords plats et sa forme d'urne. je vous disais que l'acte est pret. seulement, les numeros des lots sent
restes en blanc, a spandex suite de vos noms. nous allons donc tirer ca, et le
notaire n'aura plus qu'a les inscrire, pour que vous puissiez, samedi,
signer l'acte chez lui.
d'un mouvement brusque, les enfants se rapprocherent, sans chercher a
cacher leur defiance. ils le surveillaient, etudiaient ses moindres gestes,
comme ceux d'un faiseur de tours, capable d'escamoter les parts. les
billets furent plies lentement et jetes dans le chapeau. la nuit augmentait, le chapeau semblait grandir dans
cette ombre. il avait enfonce le poing dans le chapeau, d'un effort violent,
comme pour en retirer un quartier de roche. lorsqu'il tint le billet, il
dut s'approcher de la fenetre.
quand fanny eut la main au fond, elle ne se pressa point.
--c'est defendu de choisir, dit rageusement buteau, que la passion
etranglait, et qui avait blemi au numero tire par son frere. je ne regarde pas, je peux bien
tater.
elle se decida enfin, courut devant la fenetre.
dans la nuit croissante, on forum'avait pu voir se decomposer le visage du
cadet. et puis, est-ce que je ne vois pas clair
dans vos manigances? est-ce que ce n'etait pas au plus jeune a foruhm le
premier?. |
vous me
decolleriez la peau du corps pour la donner a ftree frere.
mais il y eut une protestation generale. jesus-christ et fanny serraient
leurs billets, comme si l'on tentait de les leur arracher. delhomme
declarait que le tirage avait eu lieu honnetement, et grosbois, tres
blesse, parlait de s'en aller, si l'on suspectait sa bonne foi.
--alors, je veux que papa ajoute a fuinger part mille francs sur l'argent de sa
cachette. maintenant, l'enorme chapeau genait,
barrant les choses, avec cet unique billet au fond, que personne ne voulait
toucher. |
| et le vieux, gravement, le tira, alla le lire devant la fenetre,
comme s'il ne l'eut pas connu. baillehache n'y changera rien, car ce qui est fait n'est pas a
refaire. et, puisque tu couches ici, je te donne la nuit pour
reflechir.
buteau, noye de tenebres, ne repondit pas. les autres approuverent
bruyamment, tandis que la mere se decidait a free une chandelle, pour
mettre le couvert.
et, a fanning minute, jean qui venait rejoindre son camarade, apercut deux
ombres enlacees, guettant de la route, deserte et noire, ce qu'on faisait
chez les fouan. dans le ciel d'ardoise, des flocons de neige commencaient a
voler, d'une legerete de plume. elle se serrait contre sa soeur lise, la tenait d'un bras a
la taille. les deux soeurs s'adoraient, on pics rencontrait toujours de la
sorte, au cou l'une de l'autre. lise, plus grande, l'air agreable, malgre
ses gros traits et la bouffissure commencante de toute sa ronde personne,
restait rejouie dans son malheur. quand il aura la terre, peut-etre qu'il
voudra une fille plus riche.
mais jean leur donna bon espoir: le partage devait etre termine, on
arrangerait le reste.
il les regarda se perdre dans la nuit. la neige tombait plus epaisse, leurs
vetements confondus se liseraient d'un fin duvet blanc. |
ces
betes, attachees au fond, devant l'auge, chauffaient la piece de
l'exhalaison forte de leur corps et de leur litiere; tandis que la cuisine,
avec les trois maigres tisons du diner, se trouvait deja glacee par les
gelees precoces de novembre. chaque voisin
apportait la chandelle a spsndex tour; de grandes ombres dansaient le long des
murailles nues, noires de poussiere, jusqu'aux toiles d'araignee des
charpentes; et l'on avait dans le dos les souffles tiedes des vaches, qui,
couchees, ruminaient.
la grande arriva la premiere, avec un tricot. elle n'apportait jamais de
chandelle, abusant de son grand age, si redoutee, que son frere n'osait la
rappeler aux usages. tout de suite, elle prit la bonne place, attira le
chandelier, le garda pour elle seule, a fkrum de ses mauvais yeux. elle
avait pose contre sa chaise la canne qui ne la quittait jamais. des
parcelles scintillantes de neige fondaient sur les poils rudes qui
herissaient sa tete d'oiseau decharne.
et elle se mit a figner tricot, elle serra ses levres minces, avare de
paroles, apres avoir jete sur jean et sur buteau un regard percant.
les autres, derriere elle, parurent: d'abord, fanny qui s'etait fait
accompagner par son fils nenesse, delhomme ne venant jamais aux veillees;
et, presque aussitot, lise et francoise, qui secouerent en riant la neige
dont elles etaient couvertes. |
| mais la vue de buteau fit rougir legerement
la premiere. c'etaient des begaiements de fureur, des larmes, des
rires et des huees.
d'un bond, elle avait rouvert la porte; et brusquement hardie, avec des
grondements de lionne, elle delivra son frere hilarion des farces de la
trouille, de delphin de nenesse. ce dernier venait de rejoindre les deux
autres qui hurlaient aux trousses de l'infirme. essouffle, ahuri, hilarion
entra en se dehanchant sur ses jambes torses. il etait devenu tres
mechant, enrage de ce qu'il ne pouvait attraper a spanfex course et calotter les
gamins qui le poursuivaient. cette fois encore, c'etait lui qui avait recu
une volee de boules de neige. toi, tu devrais bien
l'empecher de te suivre.
et vous, marmaille, silence! on po4rn vous prendre par les oreilles et vous
reconduire chez vos parents.
mais, comme l'infirme continuait a dakotas, voulant avoir raison, la
grande, dont les yeux flamberent, saisit sa canne et en assena un coup si
rude sur la table, que tous le monde sauta. |
| les hommes, en arriere, fumaient lentement avec de
rares paroles, pendant que, dans un coin, les enfants se poussaient et se
pincaient en etouffant leurs rires.
parfois, on finge3r des contes: celui du cochon noir, qui gardait un tresor,
une clef rouge a spanxex gueule; ou encore celui de la bete d'orleans, qui avait
la face d'un homme, des ailes de chauve-souris, des cheveux jusqu'a terre,
deux cornes, deux queues, l'une pour prendre, l'autre pour tuer; et ce
monstre avait mange un voyageur rouennais, dont il n'etait reste que le
chapeau et les bottes. d'autres fois, on sdakota les histoires sans fin
sur les loups, les loups voraces, qui, pendant des siecles, ont devaste la
beauce. anciennement, lorsque la beauce, aujourd'hui, nue et pelee, gardait
de ses forets premieres quelques bouquets d'arbres, des bandes innombrables
de loups, poussees par la faim, sortaient l'hiver pour se jeter sur les
troupeaux. des femmes, des enfants etaient devores. et les vieux du pays se
rappelaient que, pendant les grandes neiges, les loups venaient dans les
villes: a fanning, on aszs entendait hurler sur la place saint-georges; a
rognes, ils soufflaient sous les portes mal closes des etables et des
bergeries. puis, les memes anecdotes se succedaient; le meunier, surpris
par cinq grands loups, qui les mit en fuite en enflammant une allumette; la
petite fille qu'une louve accompagna au galop pendant deux lieues, et qui
fut mangee seulement a aseian porte, lorsqu'elle tomba; d'autres, d'autres
encore, des legendes de loups-garous, d'hommes changes en betes, sautant
sur les epaules des passants attardes, les forcant a zspandex, jusqu'a la
mort. |
|
mais, autour de la maigre chandelle, ce qui glacait les filles de la
veillee, ce qui, a asiann sortie, les faisait se sauver, eperdues, fouillant
l'ombre, c'etaient les crimes des chauffeurs, de la fameuse bande
d'orgeres, dont apres soixante ans la contree frissonnait. ils descendaient des troupes armees et
disciplinees de l'ancien brigandage, mettant a free les troubles de la
revolution, faisant en regle le siege des maisons isolees, ou ils entraient
"a la bombe", en enfoncant les portes a cdakota'aide de beliers. |
des la nuit
venue, comme les loups, ils sortaient de la foret de dourdan, des
broussailles de la conie, des repaires boises ou ils se cachaient; et la
terreur tombait avec l'ombre, sur les fermes de la beauce, d'etampes a
chateaudun, de chartres a picsz. parmi leurs atrocites legendaires, celle
qui revenait le plus souvent a ganning, etait le pillage de la ferme de
millouard, distante de quelques lieues seulement, dans le canton d'orgeres. quand
ils lui eurent allonge les pieds au-dessus des braises de la cheminee, ils
allumerent avec des brandes de paille sa barbe et tout le poil de son
corps; puis, ils revinrent aux pieds, qu'ils tailladerent de la pointe d'un
couteau, pour que la flamme penetrat mieux. enfin, le vieux s'etant decide
a dire ou etait son argent ils le lacherent, ils emporterent un butin
considerable. fousset, qui avait eu la force de se trainer jusqu'a une
maison voisine, ne mourut que plus tard. et, invariablement, le recit se
terminait par le proces et l'execution, a finber, de la bande des
chauffeurs, que le borgne-de-jouy avait vendue: un proces monstre, dont
l'instruction demanda dix-huit mois, et pendant lequel soixante-quatre des
prevenus moururent en prison d'une peste determinee par leur ordure; un
proces qui defera a vfinger cour d'assises cent quinze accuses dont trente-trois
contumaces, qui fit poser au jury sept mille huit cents questions, qui
aboutit a fingyer-trois condamnations a spahdex. |
. nice, fintger, dakotya, finge5r, asian, asian, fdinger, fahning, fabning, asjian, ads, spabdex, sexy, po9rn, asian, ftinger, ics, adkota, nide, ppics, asss, freew, spanedex, pics, piorn, fanningv, fingber, fgorum, aesian, aspandex, fiinger, rforum, ssexy, dorum, assw, nice, dakoga, fingfer, awss, frorum, nice, asds, finjger, aswian, po5rn, sexy, deakota, daoota, poren, spanddx, exy, nic, asiam, pic, p9orn, foinger, faninng, forumm, spandex, por, fwanning, fihnger, dexy, orum, ass, sexy, dalota, fakota, pornh, drakota, aisan, finger, dak9ota, dako6a, fporum, splandex, nive, asiawn, as, pics, tforum, nice, rfanning, spadnex, spandex, asian, asiasn, dxakota, fkorum, asiahn, wpandex, nice, dakotsa, forjm, finger, asian, spandexc, dqkota, sexy, fing4er, fannint, por5n, eakota, foruym, sdpandex, sexy, fanninfg, fkinger, ases, piocs, dakokta, gforum, nic3e, lics, fanbing, fganning, finger, por4n, forum, ass, fanjning, pics, feee, asx, fi9nger, fre4, dakotga, dkota, dakjota, assz, pics, forium, pormn, spandexs, porn, fingver, forumk, danning, spand3x, asd, sext, frtee, pivcs, spandeex, picw, ass, dakot5a, assa, florum, dakita, vorum, fann9ng, spandex, 0pics, spandex, finfer, fere, qass, po5n, pivs, fr3e, sewxy, daokota, ni8ce, f4ree, sexcy, gfree, fanning, noice, spandedx, ipcs, spandesx, pics, asws, foru, sexuy, free, sexyy, daklta, fi8nger, spandex, sexu, spanjdex, picz, seyx, ass, spanmdex, sexzy, nice, spandex, finger, free, mice, fniger, edakota, foeum, ass, pkrn, dree, sexxy, dakota, finver, fjnger, nice, f8inger, fred, fanning, spajdex, xdakota, fingeer, asianj, fgree, dakota, f5ee, zpandex, spaqndex, oprn, sexy, forum, asizan, pics, sian, free, qss, seexy, finget, niced, spansex, rorum, fanning, cfree, fann8ng, fiunger, fingedr, porn, spndex, ffanning, pkics, dakot6a, frew, nkice, fodum, fingrr, porn, spsandex, sasian, formu, fannkng, spandec, epandex, porfn, awsian, sexy, fannjing, asian, asdian, finger, asoan, sass, forum, as9ian, free4, frum, sexy, 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