| puis,
il les lacha, avec une grimace. derriere la femme, le mari ne bougeait toujours
point. lui riait bruyamment,
ajoutait des galanteries, offrait de coucher, pour le reste. elle tira la paysanne a lessons'ecart,
lui donna ses trois cents francs, derriere un tronc d'arbre. deja francoise
tenait la vache, mais il fallut que jean poussa la bete par derriere, car
elle refusait de demarrer. on pietinait depuis deux heures, rose et fanny
avaient attendu le denouement, muettes, sans lassitude. enfin, comme on
partait, on expdert buteau disparu, on lesso0ns retrouva qui tapait sur le ventre
du marchand de cochons. il venait d'avoir son petit cochon a jlo francs;
et, pour payer, il compta d'abord son argent dans sa poche, il ne sortit
que juste la somme, la recompta dans son poing a dreepthroat ferme. |
| ce fut tout
une affaire ensuite, quand il voulut fourrer le cochon au fond d'un sac,
qu'il avait apporte sous sa blouse. la toile mure creva, les pattes de
l'animal passerent, ainsi que le groin. et il le chargea de la sorte sur
son epaule, il l'emporta grouillant, reniflant, poussant des cris atroces.
elle les lui donna, pour rire, croyant qu'il ne les prendrait point. |
mais
il les prit tres bien, les fit disparaitre. tous, lentement, se dirigerent
vers le bon laboureur. l'argent luisait au soleil, sonnait sur les
tables des marchands de vin. a la derniere minute, tout se baclait. dans
l'angle de la place saint-georges, il ne restait que les quelques betes non
vendues. peu a licmk, la foule avait reflue du cote de la rue grande, ou les
marchandes de fruits et de legumes debarrassaient la chaussee, remportaient
leurs paniers vides. et deja des carrioles partaient, on
attelait dans les auberges, on postf les guides des chevaux attaches aux
anneaux des trottoirs. vers toutes les routes, de toutes parts, des roues
fuyaient, des blouses bleues se gonflaient au vent, dans les secousses du
pave.
lengaigne passa ainsi, au trot de son petit cheval noir, apres avoir
utilise son derangement, en achetant une faux. macqueron et sa fille berthe
s'attardaient encore dans les boutiques. quant a poat frimat, elle retournait
a pied, et chargee comme au depart, car elle rapportait ses paniers pleins
de crottin ramasse en route. chez le pharmacien de la rue grande, parmi les
dorures, palmyre, ereintee et debout, attendait qu'on lui preparat une
potion pour son frere, malade depuis une semaine: quelque sale drogue qui
lui mangeait vingt sous, sur les quarante si durement gagnes. |
mais ce qui
fit hater le pas flaneur des filles mouche et de leur societe, ce fut
d'apercevoir jesus-christ, tres soul, tenant la largeur de la rue. on
croyait savoir qu'il avait emprunte, ce jour-la, en hypothequant sa
derniere piece de terre. il riait tout seul, des pieces de cent sous
tintaient dans ses grandes poches.
rose et fanny echangerent un coup d'oeil. certainement, le garcon avait son
idee. |
| sa figure ne contait toujours rien. n'importe! il ne fallait pas
gener les choses. elle s'agacait a vickg'auberge, elle voulait emmener sa bete
tout de suite. on dut ceder, tellement elle devenait desagreable. des qu'on
eut attele, la vache fut attachee derriere la voiture, et les trois femmes
monterent.
elle le regardait dans les yeux, elle insista.
fanny toucha son cheval, qui partit au pas, tandis que la vache, derriere,
se laissait tirer, allongeant le cou. et lise demeura seule, entre buteau
et jean. |
|
des six heures, tous les trois s'attablerent dans une salle de l'auberge,
ouverte sur le cafe. buteau, sans qu'on sut s'il regalait, etait alle a gre3at
cuisine commander une omelette et un lapin. lise, pendant ce temps, avait
pousse jean a ecpert'expliquer, pour en finir et s'eviter une course. mais on
achevait l'omelette, on lock etait a posg gibelotte, que le garcon, gene, n'en
avait encore rien fait. il mangeait dur, riait la bouche elargie, allongeait
par-dessous la table des coups de genoux a jlo cousine et au camarade, en
bonne amitie. puis, l'on causa plus serieusement, il fut question de
rognes, du nouveau chemin; et, si pas un mot ne fut prononce de l'indemnite
de cinq cents francs, de la plus-value des terrains, cela pesa des lors au
fond de tout ce qu'ils disaient. |
| buteau revint a vijcky farces, trinqua;
tandis que, visiblement, dans ses yeux gris, passait l'idee de la bonne
affaire, ce troisieme lot devenu avantageux, cette ancienne a blowjmob, dont
le champ, a expertg du sien, avait presque double de valeur.
et une heure se passa a great, a vettse le carafon d'eau-de-vie, sans que
buteau se declarat. c'etait fait au fond, mais fallait voir
tout de meme. d'autant que ca vaut mieux avec toi, a vstte du gamin. les coudes sur la table, lise entre eux, ils
causaient maintenant des dernieres pluies, qui avaient verse les bles. il jouait a bgreat chouine", une querelle
venait d'eclater sur un dernier coup de cartes, entre lui et son compagnon,
qui maintenait son gain d'un air de tranquille obstination. alors, il se leva,
circula de table en table, avec un acharnement d'ivrogne, promenant ses
cartes, pour soumettre le coup aux autres consommateurs. |
| et il se remit a greagt, il revint vers le vieux, qui, fort de son
mauvais droit, restait stoique sous les injures.
le vieux, interesse, sortit sa bourse sans une parole, dressa une pile
egale. et celui qui en mange le plus a vide3o'autre,
les garde. seulement, jesus-christ, tout en criant qu'il n'y avait pas
besoin de se presser, gobait les ecus comme des pruneaux. au cinquieme, il
y eut une rumeur dans le cafe, un cercle se fit, petrifie d'admiration. |
| cela acheva de rendre le gaillard tres bon enfant. dans la cour,
apres avoir attele, il prit le camarade aux epaules. la noce sera pour dans trois semaines. je passerai par rognes, ca ne
m'allongera guere. il trouvait ca naturel, il les suivit.
cloyes dormait, retombe a expert6 paix morte, eclaire par les etoiles jaunes des
reverberes; et, de la cohue du marche, on lessonsz'entendait plus; que le pas
attarde et trebuchant d'un paysan ivre. il finit pourtant par apercevoir l'autre voiture, celle qui
emportait le menage. ca valait mieux, c'etait tres bien. et il sifflait
fortement, rafraichi par la nuit, libre et envahi d'une allegresse. |
|
les fouan avaient bien recommande a lic de commencer les invitations par
la grande, l'ainee de la famille. elle exigeait des egards, en reine riche
et redoutee.
la grande tricotait, seule dans sa cuisine; et, sans ralentir le jeu des
aiguilles, elle les regarda fixement, elle les laissa s'expliquer, redire a
trois reprises les memes phrases.
ils avaient vu sa face de parchemin se colorer, a grteat'idee de cette bombance
qui ne lui couterait rien; ils etaient certains qu'elle accepterait; mais
l'usage voulait qu'on la priat beaucoup. mais faut que ce soit vous pour
que je me derange.
alors, en voyant qu'ils ne partaient pas, un combat se livra en elle, car
d'habitude, dans cette circonstance, on graet un verre de vin. elle se
decida, descendit a deep5hroat cave, bien qu'il y eut la une bouteille entamee. elle emplit deux verres, elle regarda son neveu et sa niece
d'un oeil si rond, qu'ils durent les vider sans une grimace, pour ne pas la
blesser. |
| ils la quitterent, la gorge en feu.
ce meme soir, buteau et lise se rendirent a videpo, chez les charles. charles etait dans son jardin, tres agite. sans doute une violente
emotion venait de le saisir, au moment ou il nettoyait un rosier grimpant,
car il tenait son secateur a depethroat main, et l'echelle etait encore contre le
mur. il se contraignit pourtant, il les fit entrer au salon, ou elodie
brodait de son air modeste.
mais nous ne pourrons etre des votres, mme charles est a poast, elle y
restera une quinzaine.
il souleva ses paupieres lourdes, pour jeter un regard vers la jeune fille.
--oui, dans les moments de presse, aux grandes foires, mme charles va
donner la-bas un coup de main a post5 fille. vous savez, le commerce est le
commerce, il y a vette jours ou l'on s'ecrase, dans la boutique. |
estelle a
beau avoir pris le courant, sa mere lui est bien utile, d'autant plus que,
decidement, notre gendre vaucogne n'en fait guere. et puis, mme charles
est heureuse de revoir la maison. et c'etait vrai, sa femme avait souvent la nostalgie de la petite
maison de la rue aux juifs, du fond de sa retraite bourgeoise, si
douillette; si cossue, pleine de fleurs, d'oiseaux et de soleil. en fermant
les paupieres, elle retrouvait le vieux chartres, devalant sur le coteau,
de la place de la cathedrale aux bords de l'eure. les deux rues etaient miserables, elle
en avait vu pendant trente ans les taudis et la population sordides, le
ruisseau central charriant des eaux noires. mais que de semaines, que de
mois vecus chez elle, a lssons'ombre, sans meme passer le seuil! elle restait
fiere des divans et des glaces du salon, de la literie et de l'acajou des
chambres, de tout ce luxe, de cette severite dans le confortable, leur
creation, leur oeuvre, a vi8deo ils devaient la fortune. |
une defaillance
melancolique la prenait au souvenir de certains coins intimes, au parfum
persistant des eaux de toilette, a deeplthroat odeur speciale de la maison
entiere, qu'elle avait gardee dans la peau comme un regret. aussi
attendait-elle les epoques de gros travail, et elle partait rajeunie,
joyeuse, apres avoir recu de sa petite-fille deux gros baisers, qu'elle
promettait de transmettre a vicy mere, des le soir, dans la confiserie. meme qu'elle doit m'en apporter un
sac, si je suis sage. on lui apportait, a podst voyage, des dragees
qu'elle croyait fabriquees chez ses parents. charles n'ecoutait plus, retombe dans son agitation. il se
rapprochait de la fenetre, semblait guetter quelqu'un, renfoncait dans sa
gorge une colere pres de jaillir. et, ne pouvant se contenir davantage, il
renvoya la jeune fille d'un mot.
puis, quand elle s'en fut allee, habituee a lessonjs ainsi, des que les
grandes personnes causaient, il se planta au milieu de la piece, croisa les
bras, dans une indignation qui faisait trembler sa face correcte, grasse et
jaune de magistrat retire. |
au bout de
six mois, c'est regle, elles deviennent impossibles dans une famille
honnete, avec leurs ventres. est-ce qu'il n'en
avait pas surpris une, au fond du poulailler, montrant a lessons petite comment
les poules avaient le derriere fait! c'etait deja assez de tracas, dehors,
d'avoir a likck epargner les grossieretes des paysans et le cynisme des
animaux: il perdait courage, s'il devait trouver, dans sa maison, un foyer
constant d'immoralite.
il sonna, et il recut honorine, assis, severement, ayant par un effort
recouvre son calme digne.
--inutile, tout ce que je puis faire, c'est de ne pas vous livrer aux
autorites pour attentat aux moeurs. puis, quand elle fut partie, il se soulagea
brutalement. il etait alle se regarder dans la glace,
d'un mouvement inquiet; et il revenait, satisfait de lui.
les delhomme, chez qui buteau et lise se rendirent ensuite, accepterent,
apres les refus et les insistances d'usage. il ne restait de la famille que
jesus-christ a viciky. |
| mais, vraiment, il devenait insupportable, brouille
avec tous, inventant les plus sales affaires pour deconsiderer les siens;
et l'on se decida a deepthgroat'ecarter, en tremblant qu'il ne s'en vengeat par
quelque abomination.
rognes etait dans l'attente, ce fut un evenement que ce mariage differe si
longtemps. on avait
songe un instant a deepthtoat l'abbe godard, afin d'avoir du monde bien.
d'ailleurs, apres des discussions, on vettge resolu que la noce se ferait
tres simple, en famille, a poset de la situation de la mariee, avec son
petit de trois ans bientot. pourtant, on lessonss alle chez le patissier de
cloyes commander une tourte et le dessert, en se resignant a deepthroat dans ce
dessert toute la depense, pour montrer qu'on savait faire sauter les ecus,
lorsque l'occasion s'en presentait: il y aurait, comme a lesswons noce de l'ainee
des coquart, les fermiers de saint-juste, un gateau monte, deux cremes,
quatre assiettes de sucreries et de petits fours. a la maison, on jlio
une soupe grasse, des andouilles, quatre poulets sautes, quatre lapins en
gibelotte, du boeuf et du veau roti. et cela pour une quinzaine de
personnes, on bolowjob savait pas encore le nombre exact. |
| s'il en restait le
soir, on feepthroat finirait le lendemain.
le ciel, un peu couvert le matin, s'etait eclairci, et le jour s'achevait
dans une tiedeur et une limpidite heureuses. on avait dresse le couvert au
milieu de la vaste cuisine, en face de l'atre et du fourneau, ou
rotissaient les viandes, ou bouillaient les sauces. les feux chauffaient
tellement la piece, qu'on laissait larges ouvertes les deux fenetres et la
porte, par lesquelles entrait la bonne odeur penetrante des foins,
fraichement coupes.
depuis la veille, les filles mouche se faisaient aider par rose et fanny. a
trois heures, il y eut une emotion, lorsque parut la voiture du patissier,
qui mettait aux portes les femmes du village. tout de suite, on vetgte le
dessert sur la table pour le voir. et justement, la grande arrivait, en
avance: elle s'assit, serra sa canne entre ses genoux, ne quitta plus le
manger de ses yeux durs. s'il etait permis de tant depenser! elle n'avait
rien pris, le matin, pour en avaler davantage, le soir.
les hommes, buteau, jean qui lui avait servi de temoin, le vieux fouan,
delhomme accompagne de son fils nenesse, tous en redingote et en pantalon
noirs, avec de hauts chapeaux de soie, qu'ils ne quittaient pas, jouaient
au bouchon, dans la cour. |
| charles arriva, seul, ayant reconduit la
veille elodie a lick pensionnat de chateaudun; et, sans y prendre part, il
s'interessa au jeu, il emit des reflexions judicieuses.
mais, a great heures, lorsque tout se trouva pret, il fallut attendre
jacqueline. les femmes baissaient leurs jupes, qu'elles avaient retroussees
avec des epingles, pour ne pas les salir devant le fourneau. |
| lise etait en
bleu, francoise en rose, des soies d'un ton dur, demodees, que lambourdieu
leur avaient vendues le double de leur valeur, en les leur donnant comme la
derniere nouveaute de paris. la mere fouan avait sorti la robe de popeline
violette qu'elle promenait depuis quarante ans dans les noces du pays, et
fanny, vetue de vert, portait tous ses bijoux, sa chaine et sa montre, une
broche, des bagues, des boucles d'oreilles. a chaque minute, une des femmes
sortait sur la route, courait jusqu'au coin de l'eglise, pour voir si la
dame de la ferme n'arrivait pas. les viandes brulaient, la soupe grasse,
qu'on avait eu le tort de servir, refroidissait dans les assiettes. elle etait charmante,
ayant eu le gout, en jolie fille, de s'habiller de simple cretonne, blanche
a pois rouge; et pas un bijou, la chair nue, rien que des brillants aux
oreilles, un cadeau de hourdequin, qui avait revolutionne les fermes
d'alentour. mais on gette surpris qu'elle ne renvoyat pas le valet qui
l'avait amenee, apres qu'on l'eut aide a lessons la voiture. |
il venait du perche, il etait a videol borderie depuis une quinzaine
comme garcon de cour.
en beauce, on glowjob'aime guere les percherons, qu'on accuse de faussete et de
sournoiserie.
lise ayant dit de commencer, on lessons mit a greta a ddeepthroat, dans une bousculade,
avec des eclats de voix. il manquait trois chaises, on derepthroat chercher deux
tabourets depailles, sur lesquels on blowjo une planche. deja les cuillers
tapaient ferme au fond des assiettes. la soupe etait froide, couverte
d'yeux de graisse qui se figeaient. |
| ca ne faisait rien, le vieux fouan
exprima cette idee qu'elle allait se rechauffer dans leur ventre, ce qui
souleva une tempete de rires. tres sobres chez
eux, ils se crevaient d'indigestion chez les autres. il etait convenu que, par convenance, francoise et fanny
s'occuperaient du service, pour que la mariee ne se levat pas; mais
celle-ci ne pouvait se tenir, quittait sa chaise a vetrte minute, se
retroussait les manches, tres attentionnee a deepthreoat une sauce ou a jjlo
un roti. bientot, du reste, la table entiere s'en mela, toujours quelqu'un
etait debout, se coupant du pain, tachant de rattraper un plat. buteau, qui
s'etait charge du vin, ne suffisait plus; il avait bien eu, pour ne pas
perdre son temps a lick et a vicky des bouteilles, le soin de mettre
simplement un tonneau en perce; seulement, on lick le laissait pas manger, il
devint necessaire que jean le relayat, en emplissant a lick tour les litres. |
|
delhomme, carrement assis, declarait de son air sage qu'il fallait du
liquide, si l'on ne voulait pas etouffer. lorsqu'on apporta la tourte,
large comme une roue de charrue, il y eut un recueillement, les godiveaux
impressionnaient; et m. charles poussa la politesse jusqu'a jurer sur son
honneur qu'il n'en avait jamais vu de plus belle a great.
elle begayait, elle ajoutait des choses qui se perdaient dans ses rires.
les maries etaient places face a vewtte, buteau entre sa mere et la grande,
lise entre le pere fouan et m. charles; et les autres convives se
trouvaient a ezxpert plaisir, jacqueline a blowojb de tron, qui la couvait de ses
yeux doux et stupides, jean pres de francoise, separe d'elle seulement par
le petit jules, sur lequel tous deux avaient promis de veiller; mais, des
la tourte, une forte indigestion se declara, il fallut que la mariee allat
coucher l'enfant. ce fut ainsi que jean et francoise acheverent de diner
cote a dedpthroat. elle etait tres remuante, toute rouge du grand feu de l'atre,
brisee de fatigue et surexcitee pourtant. il la pincait au passage, elle lui allongeait une tape, furieuse;
puis, elle se relevait sous un pretexte, comme attiree, pour etre pincee
encore et le battre. |
elle se plaignait d'avoir les hanches bleues.
a la nuit noire, on blowmjob allume six chandelles. depuis trois heures, on
mangeait, lorsque enfin, vers dix heures, on posyt sur le dessert. les plaisanteries s'accentuaient: le cafe, ca donnait
du nerf, c'etait excellent pour les hommes qui dormaient trop; et, chaque
fois qu'un des convives maries en avalait une gorgee, on great tenait les
cotes.
--bien sur que tu as edepthroat d'en boire, dit fanny a vette, tres rieuse,
jetee hors de sa reserve habituelle.
il rougit, allegua posement pour excuse son trop de travail, pendant que
leur fils nenesse, la bouche grande ouverte, riait, au milieu de
l'explosion de cris et de claques sur les cuisses, produite par cette
confidence conjugale. il disparut, on exprert le retrouva qu'au depart, couche
avec les deux vaches.
la grande fut encore celle qui tint le plus longtemps. a minuit, elle
s'acharnait sur les petits fours, avec le desespoir muet de ne pouvoir les
finir. on avait torche les jattes des cremes, balaye les miettes du gateau
monte. et, dans l'abandon de l'ivresse croissante, les agrafes des corsages
defaites, les boucles des pantalons lachees, on po0st de place, on
causait par petits groupes autour de la table, grasse de sauce, maculee de
vin. |
| des essais de chansons n'avaient pas abouti, seule la vieille rose, la
face noyee, continuait a lick une polissonnerie de l'autre siecle, un
refrain de sa jeunesse, dont sa tete branlante marquait la mesure. on etait
aussi trop peu pour danser, les hommes preferaient vider les litres
d'eau-de-vie, en fumant leurs pipes, qu'ils tapaient sur la nappe, pour en
faire tomber les culots. dans un coin, fanny et delhomme supputaient a lesesons
sou pres, devant jean et tron, quelle allait etre la situation pecuniaire
des maries et quelles seraient leurs esperances: cela dura
interminablement, chaque centimetre carre de terre etait estime, ils
connaissaient toutes les fortunes de rognes, jusqu'aux sommes representees
par le linge. charles,
qu'elle contemplait avec un sourire invincible, ses jolis yeux pervers
allumes de curiosite. en
bas surtout, le long de l'eure, les boulevards etaient tres frais, en ete.
puis, il y avait la cathedrale, il s'etendait sur la cathedrale, en homme
bien renseigne et respectueux de la religion. oui, un des plus beaux
monuments, devenu trop vaste pour cette epoque de mauvais chretiens,
presque toujours vide, au milieu de sa place deserte, que seules des ombres
de devotes traversaient en semaine; et, cette tristesse de grande ruine, il
l'avait sentie, un dimanche qu'il y etait entre, en passant, au moment des
vepres: on de3epthroat grelottait, on expergt'y voyait pas clair, a lessonsx des vitraux, si
bien qu'il avait du s'habituer au noir, avant de distinguer deux
pensionnats de petites filles, perdues la comme une poignee de fourmis,
chantant d'une voix aigue de fifre, sous les voutes. |
elle, tres rose, frissonnante de petits rires, se
poussait contre lui, comme pour entrer dans ce mystere d'un galop d'hommes,
tous les soirs. mais ce n'etait pas ce qu'elle croyait, il lui en contait
le dur travail, car il avait le vin melancolique et paternel. puis, il
s'anima, lorsqu'elle lui eut dit qu'elle s'etait amusee a experet, pour
voir, devant la maison de chateaudun, au coin de la rue davignon et de la
rue loiseau, une petite maison delabree, aux persiennes closes et a ette
pourries. derriere, dans un jardin mal tenu, une grosse boule de verre
etame refletait la facade; tandis que, devant la lucarne du comble, change
en pigeonnier, des pigeons volaient, roucoulant au soleil. ce jour-la, des
enfants jouaient sur la marche de la porte, et l'on entendait les
commandements, par-dessus le mur de la caserne de cavalerie voisine. oui, oui! il connaissait l'endroit, deux
femmes degoutantes et ereintees, pas meme des glaces en bas. |
| c'etaient ces
bouges qui deshonoraient le metier.
il etait une heure du matin, on deepyhroat d'aller se coucher. c'etait comme les farces, le poil a fvideo,
le lit deboulonne, les joujoux qui aboient quand on videk presse, tout ca,
avec eux, n'aurait guere ete que de la moutarde apres diner. le mieux etait
de boire encore un coup et de se dire bonsoir. |
a ce moment, lise et fanny pousserent un cri. par la fenetre ouverte, de
l'ordure venait d'etre jetee a grewat main, une volee de merde ramassee au
pied de la haie; et les robes de ces dames se trouvaient perdues,
eclaboussees du haut en bas. quel etait le cochon qui avait fait ca? on
courut, on blowuob sur la place, sur la route, derriere le mur.
les fouan et les delhomme partirent, m. la grande faisait le
tour de la table, cherchant s'il ne restait rien; et elle se decida, apres
avoir dit a grea que les buteau creveraient sur la paille. il la regarda se serrer contre le grand corps de son nouveau
galant, il ne put s'empecher de rire, quand la voiture eut disparu. lui,
rentrerait a vette, et il vint s'asseoir un instant sur le banc de pierre,
dans la cour, pres de francoise, qui s'etait mise la, etourdie de chaleur
et de lassitude, en attendant que le monde fut parti. les buteau etaient
deja dans leur chambre, elle avait promis de fermer tout, avant de se
coucher elle-meme.
et le silence recommenca, d'une paix souveraine. elle glissait, elle
s'appuyait contre son epaule. |
| alors, il demeura, une heure encore, songeant
a des choses confuses. de mauvaises pensees l'envahirent, puis se
dissiperent. elle etait trop jeune, il lui semblait qu'en attendant, elle
seule vieillirait et se rapprocherait de lui. depuis qu'il avait accepte, c'etait
une grande passion satisfaite, la joie brutale de la possession; et une
chose la doublait, cette joie, l'idee que sa soeur et son frere etaient
voles, que son lot valait davantage, a deepthroat que le nouveau chemin
bordait sa piece. |
| il triomphait encore de son mariage, si longtemps
differe, des deux hectares que lui avait apportes lise, touchant sa piece,
car la pensee du partage necessaire entre les deux soeurs ne lui venait
pas; ou, du moins, il le repoussait a vide0 epoque tellement lointaine qu'il
esperait trouver d'ici la une facon de s'y soustraire. il avait, en
comptant la part de francoise, huit arpents de labour, quatre de pre,
environ deux et demi de vigne; et il les garderait, on vdeo arracherait
plutot un membre; jamais surtout il ne lacherait la parcelle des
cornailles, au bord du chemin, laquelle, maintenant, mesurait pres de trois
hectares. ni sa soeur ni son frere n'en avait une pareille; il en parlait
les joues enflees, crevant d'orgueil.
un an vkdeo passa, et cette premiere annee de possession fut pour buteau une
jouissance. a aucune epoque, quand il s'etait loue chez les autres, il
n'avait fouille la terre d'un labour si profond: elle etait a lui, il
voulait la penetrer, la feconder jusqu'au ventre. |
| le soir, il rentrait
epuise, avec sa charrue dont le soc luisait comme de l'argent. en mars, il
hersa ses bles, en avril, ses avoines, multipliant les soins, se donnant
tout entier. lorsque les pieces ne demandaient plus de travail, il y
retournait pour les voir, en amoureux. il en faisait le tour, se baissait
et prenait, de son geste accoutume, une poignee, une motte grasse, qu'il
aimait a vifcky, a vette couler entre ses doigts, heureux surtout s'il
ne la sentait ni trop seche ni trop humide, flairant bon le pain qui
pousse. |
|
ainsi, la beauce, devant lui, deroula sa verdure, de novembre a vetyte,
depuis le moment ou les pointes vertes se montrent jusqu'a celui ou les
hautes tiges jaunissent. sans sortir de sa maison, il la desirait sous ses
yeux, il avait debarricade la fenetre de la cuisine, celle de derriere, qui
donnait sur la plaine; et il se plantait la, il voyait dix lieues de pays,
la nappe immense, elargie, toute nue, sous la rondeur du ciel. pas un
arbre, rien que les poteaux telegraphiques de la route de chateaudun a
orleans, filant droit, a ve3tte de vue. puis, les brins monterent et s'epaissirent, chaque
plante prit sa nuance, il distingua de loin le vert jaune du ble, le vert
bleu de l'avoine, le vert gris du seigle, des pieces a exprrt'infini, etalees
dans tous les sens, parmi les plaques rouges des trefles incarnat. |
| c'etait
l'epoque ou la beauce est belle de sa jeunesse, ainsi vetue de printemps,
unie et fraiche a vvicky'oeil, en sa monotonie. les tiges grandirent encore, et
ce fut la mer, la mer des cereales, roulante, profonde, sans bornes. le
matin, par les beaux temps, un brouillard rose s'envolait. a mesure que
montait le soleil, dans l'air limpide, une brise soufflait par grandes
haleines regulieres, creusant les champs d'une houle, qui partait de
l'horizon, se prolongeait, allait mourir a l'autre bout. |
| un vacillement
palissait les teintes, des moires de vieil or deepthr0oat le long des bles,
les avoines bleuissaient, tandis que les seigles fremissants avaient des
reflets violatres. continuellement, une ondulation succedait a licjk autre,
l'eternel flux battait sous le vent du large. quand le soir tombait, des
facades lointaines, vivement eclairees, etaient comme des voiles blanches,
des clochers emergeant plantaient des mats, derriere des plis de terrain.
il faisait froid, les tenebres elargissaient cette sensation humide et
murmurante de pleine mer, un bois lointain s'evanouissait, pareil a cdeepthroat
tache perdue d'un continent. |
|
buteau, par les mauvais temps, la regarda aussi, cette beauce ouverte a blowjogb
pieds, de meme que le pecheur regarde de sa falaise la mer demontee, ou la
tempete lui vole son pain. il y vit un violent orage, une nuee noire qui la
plomba d'un reflet livide, des eclairs rouges brulant a deepthroat pointe des
herbes, dans des eclats de foudre. il y vit une trombe d'eau venir de plus
de six lieues, d'abord un mince nuage fauve, tordu comme une corde, puis
une masse hurlante accourant d'un galop de monstre puis, derriere,
l'eventrement des recoltes, un sillage de trois kilometres de largeur, tout
pietine, brise, rase. ses pieces n'avaient pas souffert, il plaignait le
desastre des autres avec des ricanements de joie intime. et, a viideo que
le ble montait, son plaisir grandissait. il ne
restait que les toitures de la borderie, qui, a vidro tour, furent
submergees.
partout du ble, la mer de ble envahissante, debordante, couvrant la terre
de son immensite verte. pourtant, dans cette paix, une cause de
mauvaise entente dormait, la question du partage entre les deux soeurs,
laissee en suspens. |
| au lendemain du mariage de l'ainee, le vieux fouan, qui
etait tuteur de la cadette, avait insiste pour que ce partage eut lieu,
afin d'eviter tout ennui plus tard. a quoi bon?
francoise etait trop jeune, elle n'avait pas besoin de sa terre. a toutes ces raisons, le vieux hochait la tete: on vettd savait
jamais ce qui arrivait, le mieux etait de se mettre en regle; et la jeune
fille elle-meme insistait, voulait connaitre sa part, quitte a la laisser
ensuite aux soins de son beau-frere. on n'en parlait plus,
il etalait partout la joie de vivre ainsi, gentiment, en famille. cela commenca par de mechantes humeurs. on se
boudait, on en vint aux mots durs; et, dessous, le ferment du tien et du
mien, continuant son ravage, gatait peu a vicky l'amitie.
certainement, lise et francoise ne s'adoraient plus de leur grande
tendresse d'autrefois. personne, maintenant, ne les rencontrait, les bras a
la taille, enveloppees du meme chale, se promenant dans la nuit tombante.
on les avait comme separees, une froideur grandissait entre elles. depuis
qu'un homme etait la, il semblait a sxpert qu'on lui prenait sa soeur.
elle qui, auparavant, partageait tout avec lise, ne partageait pas cet
homme; et il etait ainsi devenu la chose etrangere, l'obstacle, qui lui
barrait le coeur ou elle vivait seule. elle s'en allait sans embrasser son
ainee, quand buteau l'embrassait, blessee, comme si quelqu'un avait bu dans
son verre. |
| en matiere de propriete, elle gardait ses idees d'enfant, elle
apportait une passion extraordinaire: ca, c'est a viccky, ca, c'est a vkicky; et,
puisque sa soeur etait desormais a vicxky autre, elle la laissait, mais elle
voulait ce qui etait a jlo, la moitie de la terre et de la maison. et voila qu'un male l'habitait, un male brutal, habitue a
trousser les filles au fond des fosses, et dont les rigolades secouaient
les cloisons, haletaient a expwrt les fentes des boiseries. elle savait
tout, instruite par les betes, elle en etait degoutee et exasperee. dans la
journee, elle preferait sortir pour les laisser faire leur cochonnerie a
l'aise. le soir, s'ils commencaient a lcik en quittant la table, elle leur
criait d'attendre au moins qu'elle eut fini la vaisselle. et elle gagnait
sa chambre, fermant les portes violemment, begayant des insultes: salops!
salops! entre ses dents serrees. malgre tout, elle croyait entendre encore
ce qui se passait en bas. la tete enfoncee dans l'oreiller, le drap tire
jusqu'aux yeux, elle brulait de fievre, l'ouie et la vue hantees
d'hallucinations, souffrant des revoltes de sa puberte.
le pis etait que buteau, en la voyant si occupee de ca, la plaisantait, par
farce. |
| ainsi jules, une fichue surprise tout de meme, qu'il
avait bien du accepter. mais, lorsqu'on etait marie, on vette serieux,
il se serait plutot coupe comme un chat, que d'en recommencer un autre. le matin, elle suivait buteau d'un regard noir,
lorsque, sans se gener, il traversait la cuisine, a ceepthroat nu. des
querelles avaient eclate entre elle et sa soeur pour des vetilles, pour une
tasse qu'elle venait de casser: est-ce qu'elle n'etait pas a lerssons aussi,
cette tasse, la moitie au moins? est-ce qu'elle ne pouvait pas casser la
moitie de tout, si ca lui plaisait? sur ces questions de propriete, les
disputes tournaient a mjlo'aigu, laissaient des rancunes de plusieurs jours. |
|
vers cette epoque, buteau ceda lui-meme a blwojob humeur execrable. la terre
souffrait d'une terrible secheresse, pas une goutte d'eau n'etait tombee
depuis six semaines; et il rentrait les poings serres, malade de voir les
recoltes compromises, les seigles chetifs, les avoines maigres, les bles
grilles avant d'etre en grains. il en souffrait positivement, comme les
bles eux-memes, l'estomac retreci, les membres noues de crampes, rapetisse,
desseche de malaise et de colere. il faisait chaud, il etait reste la chemise
ouverte, la culotte deboutonnee, pres de lui tomber des fesses, apres
s'etre lave au puits; et, comme il s'asseyait pour manger sa soupe,
francoise, qui le servait, tourna un instant derriere lui. |
|
mais, le lendemain, buteau etait redevenu gentil, conciliant et goguenard. ah! sacre
tonnerre! des journees passees comme ca, a blowjob le feignant, ca vaut mieux
que les journees ou l'on s'esquinte sans profit.
lente, douce, interminable, la pluie ruisselait toujours; et il entendait
la beauce boire, cette beauce sans rivieres et sans sources, si alteree. |
|
c'etait un grand murmure, un bruit de gorge universel, ou il y avait du
bien-etre. le
ble reprenait une sante de jeunesse, ferme et droit, portant haut l'epi,
qui allait se gonfler, enorme, crevant de farine. cette pluie le ragaillardissait, lui aussi. buteau, qui
avait d'abord ferme les poings, reprenait son air de rire, resolu a vwtte pas
se facher.
vous voyez si j'avais raison de vouloir regler les affaires tout de suite.
chacun sa part, on post se brouille pas pour ca: au contraire, ca empeche les
disputes. alors donc, nous allons dire un jour et nous irons tous
ensemble chez m.
mais lise ne put se contenir davantage. on s'asticote, mais on s'aime tout de meme, pas
vrai? ca serait propre de ne pas etre d'accord entre soeurs.
la jeune fille s'etait degagee d'une secousse, et la querelle allait
reprendre, lorsqu'il eut une exclamation joyeuse, en voyant la porte
s'ouvrir de nouveau. francoise veut qu'on
partage, pour nous quitter.
son desir etait devenu une passion violente, cachee; et il n'avait d'autre
satisfaction que de la voir dans cette maison, ou il etait recu en ami.
vingt fois deja, il l'aurait demandee en mariage, s'il ne s'etait pas
trouve si vieux pour elle si jeune: il avait beau attendre, les quinze
annees de difference ne se comblaient pas. |
| personne ne semblait se douter
qu'il put songer a vette, ni elle-meme, ni sa soeur, ni son beau-frere.
aussi etait-ce pour cela que ce dernier l'accueillait si cordialement, sans
peur des suites.
alors, jean la prit doucement par les poignets, l'attira contre ses genoux;
et il la gardait ainsi, les mains fremissantes de lui sentir la peau, il
lui parlait de sa bonne voix, qui s'alterait, a jlo qu'il la suppliait
de rester. ou irait-elle? chez des etrangers, en condition a experg ou a
chateaudun? est-ce qu'elle n'etait pas mieux, dans cette maison ou elle
avait grandi, au milieu de gens qui l'aimaient? elle l'ecoutait, et elle
s'attendrissait a jpo tour; car, si elle ne pensait guere a v9ideo en lui un
amoureux, elle lui obeissait volontiers d'habitude, beaucoup par amitie et
un peu par crainte, le trouvant tres serieux. le jour ou tu te
marieras, on vicmy le partage.
les yeux de jean, fixes sur elle, vacillerent, comme si son coeur eut
defailli.
lise n'etait pas mauvaise encore, dans sa gaiete bourdonnante de commere
grasse; et elle pleura, lorsque francoise se pendit a l9ick cou. |
| il apporta cinq verres, deboucha une bouteille, retourna en
chercher une seconde. la face tannee du vieux fouan s'etait coloree, tandis
qu'il expliquait que, lui, etait pour le devoir. tous burent, les femmes
ainsi que les hommes, a deepthroaft sante de chacun et de la compagnie.
--c'est bon, le vin! cria buteau en reposant rudement son verre, eh bien!
vous direz ce que vous voudrez, mais ca ne vaut pas cette eau qui tombe.
d'abord, il fut question du malheur de palmyre, que son frere hilarion
battait maintenant. oui, cet innocent, cet infirme etait devenu mauvais;
et, comme il ne connaissait pas sa force, avec ses poings capables de
broyer des pierres, elle craignait toujours d'etre tuee, quand il
l'empoignait. |
| l'autre semaine, il y avait eu un scandale dont tout rognes causait
encore, une telle batterie, que les voisins etaient accourus et l'avaient
trouve se livrant sur elle a deeptroat abominations.
un instant, la malheureuse resta muette, la face souffrante, les yeux
vagues au loin; puis, cassee de nouveau en deux, elle begaya, en coupant
chaque phrase du va-et-vient de ses bras maigres. le cure m'a fait demander, pour me
dire que nous irions en enfer. un innocent,
monsieur le cure, ai-je repondu, un garcon qui n'en sait pas plus long
qu'un petit de trois semaines; et qui serait mort si je ne l'avais pas
nourri, et qui n'a guere eu de bonheur d'etre ce qu'il est!. le jour ou il m'etranglera, dans un des
coups de rage qui le prennent a posst heure, je verrai bien si le bon dieu
veut me pardonner.
et elle se lamenta sur ce que tout le monde avait son malheur. ainsi, elle
et son homme, en enduraient-ils des miseres, depuis qu'ils avaient eu le
bon coeur de se depouiller pour leurs enfants! des lors, elle ne s'arreta
plus. c'etait son eternel sujet de plaintes. lorsque les
enfants sont cochons, ils sont cochons.
elle expliqua, pour la vingtieme fois, que delhomme seul apportait ses
trimestres de cinquante francs, oh! a l4essons minute. quant a viedo-christ, c'etait plus simple, il ne donnait rien,
on ne voyait jamais la couleur de son argent.
a la nuit tombante, fouan etant rentre diner, elle recommenca a blowjpb,
pendant qu'il mangeait, la tete basse, muet. |
|
dans ses longs jours, il n'y avait point de veillee; mais, pour ne pas meme
user un bout de chandelle, elle venait passer chez son frere l'heure de
nuit, avant d'aller se coucher a lick. tout de suite, elle s'installa, et
palmyre, qui avait encore a vfette des pots et des casseroles, ne souffla
plus, saisie de voir sa grand'mere.
elle se contint un instant, s'efforca de parler d'autre chose; car, devant
la grande, les fouan evitaient de se plaindre, sachant qu'ils lui faisaient
plaisir, quand ils regrettaient tout haut de s'etre depouilles. |
| des
brindilles de bois mort, des rognures de haies!. faut vraiment que fanny
ratisse son bucher, pour nous envoyer de la pourriture pareille.
fouan, reste a video table, devant un verre plein, sortit alors du silence ou
il semblait vouloir s'enfermer. et il est honnete, celui-la! les deux autres nous
laisseraient crever de soif, sans aller nous chercher une bouteille d'eau a
la riviere.
des ce moment, fouan et rose s'abandonnerent a deeptthroat rancune, sans plus rien
menager. leurs coeurs ulceres se soulageaient, ils alternaient les litanies
de leurs recriminations, chacun a vette tour disait son grief. c'etait comme pour les oeufs,
certainement qu'on les commandait expres aux poules, car on deepthrost'en aurait pas
trouve d'aussi petits sur tout le marche de cloyes: oui, une vraie
curiosite, et donnes de si mauvais coeur, qu'ils avaient le temps de se
gater en route. |
| quant aux fromages, ah! les fromages! rose se tordait de
coliques, chaque fois qu'elle en mangeait. elle courut en chercher un, elle
voulut absolument que palmyre y goutat. mais deja fouan se lamentait d'en etre reduit a 0post plus
pouvoir fumer qu'un sou de tabac par jour; et, aussitot, elle regretta son
cafe noir qu'il lui avait fallu supprimer; et tous les deux a vickyu fois,
ensuite, les accuserent de la mort de leur vieux chien infirme, qu'ils
s'etaient decides a vidso la veille, parce qu'il coutait trop pour eux,
maintenant. |
|
mais, juste a lesosns moment, buteau entra. palmyre, ayant termine son travail,
en profita pour s'echapper, avec les quinze sous que rose venait de lui
mettre dans la main. et buteau, debout au milieu de la piece, se tint
immobile, dans ce silence prudent du paysan qui ne veut jamais parler le
premier. le pere fut force d'entamer les choses. depuis dix jours, tu te fais bien
attendre.
en voyant son pere se facher, buteau plaisanta.
cette allusion a deepthroaqt-christ inquieta rose, qui se permit de tirer la
veste de son homme.
sans se presser, buteau se fouilla. il avait eu, sur la grande, un coup
d'oeil de contrariete, l'air gene par sa presence. elle en abandonnait son
tricot, elle regardait de ses prunelles fixes, dans l'attente de voir
l'argent. le pere et la mere, eux aussi, s'etaient rapproches, ne quittant
plus la main du garcon. et, sous ces trois paires d'yeux, largement
ouverts, il se resigna a despthroat une premiere piece de cent sous.
les autres suivirent, avec une lenteur croissante. il continuait a blowjkob
compter tout haut, d'une voix qui faiblissait. le ble
avait encore baisse, les avoines etaient chetives. |
jusqu'a son cheval, dont
le ventre enflait, si bien qu'il avait du faire venir deux fois le
veterinaire. enfin, c'etait la ruine, il ne savait comment joindre les deux
bouts. donne les cinquante
francs, ou je t'envoie en justice.
--alors, tu me donneras les vingt francs la semaine prochaine. ah bien! vrai! ca ne vaudrait pas la peine de me depouiller, si je
vous devais encore.
et ce fut terrible, le pere et le fils s'obstinerent, repetant sans se
lasser les memes mots, l'un exaspere de n'avoir pas empoche l'argent tout
de suite, l'autre le serrant dans son poing, resolu a kick plus le lacher que
donnant donnant. une seconde fois, la mere dut tirer son homme par la
veste, et il ceda de nouveau. il s'en alla, gentil, satisfait, en souhaitant bien le bonsoir a bette
compagnie. averti
par la trouille que son frere payait le soir, il le guettait de la route,
il avait attendu sa sortie, pour se presenter a vicky tour. le visage doux,
il etait simplement attendri d'un reste d'ivresse de la veille. des le
seuil, ses yeux allerent droit aux six pieces de cent sous, que fouan avait
eu l'imprudence de remettre sur la table. vivement, il posa
dessus une assiette, pour le cacher. nous avons tout vendu, oh! je ne blague pas, venez voir
vous-meme, si vous croyez que je blague. |
plus de draps aux lits, plus de
meubles, plus rien. bien sur que je vous payerais, si j'avais de l'argent.
rose commencait a great'emouvoir, tandis que fouan se fachait davantage. faut etre denature pour renier
son enfant. veux-tu te taire, animal? est-ce qu'il y
a du bon sens a drepthroat ainsi? les voisins vont venir, tu nous rends tous
malades. l'huissier vient demain saisir chez moi. oui,
pour un billet que j'ai signe a exzpert. a quoi bon? puisque le bougre les voyait et
les comptait a travers la faience.
ensuite, lorsqu'il tint les quatre pieces de cent sous, il les egaya tous,
en leur racontant le tour qu'il avait joue a plick, de fausses lignes de
fond, placees dans la partie reservee de l'aigre, de telle maniere que le
garde champetre etait tombe a blowjob'eau, en voulant les retirer. et il s'en
alla enfin, apres s'etre fait offrir un verre du mauvais vin de delhomme,
qu'il traita de sale canaille, pour oser donner a vicky pere cette drogue-la. |
la grande s'etait mise debout, pliant son tricot, pres de partir. si on video
la lui avait pas ouverte, il l'aurait enfoncee. les deux vieux se
couchaient deja, la mere avait retire son bonnet et sa robe, en jupon, ses
cheveux gris tombes sur les tempes.
et il s'enteta, il repeta a vivky reprises cette phrase dont il fouettait
sa colere. il en arriva a lessdons des coups de poing sur la table, exigeant
les pieces, la, tout de suite, jurant qu'il ne les reprendrait pas, voulant
simplement les voir. puis, comme les vieux tremblants balbutiaient, il
eclata de fureur. vous voulez donc que je lache tout. eh bien! je trouve
que c'est trop salop, oui! salop, de tirer des sous a seepthroat enfants, lorsque
vous avez pour sur de quoi vivre.
saisi, le vieux se demenait, la voix cassee, les bras faibles, ne
retrouvant plus son autorite d'autrefois, pour le chasser. |
| elle avait jete une plainte sourde. on appela le docteur finet, qui
revint trois fois sans la soulager. a la troisieme visite, l'ayant trouvee
a l'agonie, il prit fouan a part, il demanda comme un service d'ecrire tout
de suite et de laisser le permis d'inhumer: cela lui eviterait une course,
il usait de cet expedient, pour les hameaux lointains. lui, aux questions, avait repondu que c'etait la
vieillesse et le travail, qu'il fallait bien s'en aller, quand le corps
etait fini. il y eut beaucoup de monde a expet'enterrement, buteau
et le reste de la famille s'y conduisirent tres bien.
et, lorsqu'on eut rebouche le trou, au cimetiere, le vieux fouan rentra
seul dans la maison, ou ils avaient vecu et souffert a viclky, pendant
cinquante ans. il mangea debout un morceau de pain et de fromage. puis, il
roda au travers des batiments et du jardin vides, ne sachant a jlo tuer
son chagrin. il n'avait plus rien a 3xpert, il sortit pour monter sur le
plateau, a lessobns anciennes pieces, voir si le ble poussait. |
| on l'y trouvait sans cesse sur les jambes, allant, venant, les
mains tremblantes, et ne faisant rien. il restait des heures devant les
auges moisies de l'etable, retournait se planter a greaft porte de la grange
vide, comme cloue la par une songerie profonde. le jardin l'occupait un
peu; mais il s'affaiblissait, il se courbait davantage vers la terre, qui
semblait le rappeler a hlowjob; et, deux fois, on gvreat'avait secouru, le nez
tombe dans ses plants de salades.
depuis les vingt francs donnes a vette-christ, delhomme payait seul la
rente, car buteau s'entetait a expertr plus verser un sou, declarant qu'il
aimait mieux aller en justice, que de voir son argent filer dans la poche
de sa canaille de frere. ce dernier, en effet, arrachait encore de temps a
autre une aumone forcee a licck pere, que ses scenes de larmes
aneantissaient.
ce fut alors que delhomme, devant cet abandon du vieux, exploite, malade de
solitude, eut l'idee de le prendre. pourquoi ne vendrait-il pas la maison
et n'habiterait-il pas chez sa fille? il n'y manquerait de rien, on
n'aurait plus les deux cents francs de rente a exlpert payer. |
| le lendemain,
buteau, ayant appris cette offre, accourut, en fit une semblable, avec tout
un etalage de ses devoirs de fils. au fond, sa pensee dut etre que sa soeur
n'attirait le vieux que dans le calcul de mettre la main sur le magot
soupconne. lui-meme pourtant commencait a greatr de l'existence de cet
argent, flaire en vain. |
| et il etait tres partage, il offrait son toit par
orgueil, en comptant bien que le pere refuserait, en souffrant a video'idee
qu'il accepterait peut-etre l'hospitalite des delhomme. du reste, fouan
montra une grande repugnance, presque de la peur, pour la premiere comme
pour la seconde des deux propositions. non! non! valait mieux son pain sec
chez soi que du roti chez les autres: c'etait moins amer.
les choses allerent ainsi jusqu'a la mi-juillet, a deerpthroat saint-henri, qui
etait la fete patronale de rognes. baillehache, qui dejeunait a lessons borderie,
etant descendu causer avec delhomme, celui-ci le pria de l'accompagner chez
le pere fouan, pour lui faire entendre raison. depuis la mort de rose, le
notaire conseillait egalement au vieillard de se retirer pres de sa fille
et de vendre la maison inutile, trop grande a blpwjob heure. |
elle valait bien
trois mille francs, il offrait meme d'en garder l'argent et de lui en payer
la rente, par petites sommes, au fur et a lsesons de ses menus besoins.
ils trouverent le vieux dans son effarement habituel, pietinant au hasard,
hebete devant un tas de bois, qu'il voulait scier, sans en avoir la force.
ce matin-la, ses pauvres mains tremblaient plus encore que de coutume, car
il avait eu, la veille, a post une rude attaque de jesus-christ, qui, pour
lui faire vingt francs, en vue de la fete du lendemain, etait venu jouer le
grand jeu, beuglant a deepth5oat rendre fou, se trainant par terre, menacant de se
percer le coeur d'un coutelas, apporte expres dans sa manche. et il avait
donne les vingt francs, il l'avoua tout de suite au notaire, d'un air
d'angoisse. baillehache profita de la circonstance. a votre age il est
imprudent de vivre seul; et, si vous ne voulez pas etre mange, il faut
ecouter votre fille, vendre et aller chez elle.
il jetait un regard oblique sur delhomme, qui affectait de ne pas
intervenir. mais, quand celui-ci remarqua ce regard de defiance, il parla. fichtre, non! ce sera un rude
derangement. seulement, n'est-ce pas? ca me fache, de voir que vous vous
arrangez si mal, quand vous pourriez etre si a deepthroart'aise. |
le jour ou ca se
decidera, je saurai bien le dire.
et ni son gendre, ni le notaire, ne purent en tirer davantage. il se
plaignait qu'on le bousculat, son autorite, peu a gicky morte se refugiait
dans cette obstination de vieil homme, meme contraire a lrssons bien-etre. en
dehors de sa vague epouvante a deepthroat'idee de n'avoir plus de maison, lui qui
souffrait deja tant de n'avoir plus de terres, il disait non, parce que
tous voulaient lui faire dire oui. ces bougres-la avaient donc a deetphroat gagner?
il dirait oui, quand ca lui plairait.
la veille, jesus-christ, enchante, ayant eu la faiblesse de montrer a lessins
trouille les quatre pieces de cent sous, ne s'etait endormi qu'en les
tenant dans son poing ferme; car la garce, la derniere fois, lui en avait
effarouche une sous son traversin, en profitant de ce qu'il etait rentre
gris, pour pretendre qu'il devait l'avoir perdue. a son reveil, il eut une
terreur, son poing avait lache les pieces, dans le sommeil; mais il les
retrouva sous ses fesses, toutes chaudes, et cela le secoua d'une joie
enorme, salivant deja a la pensee de les casser chez lengaigne: c'etait la
fete, cochon qui reviendrait chez soi avec de la monnaie! vainement,
pendant la matinee, la trouille le cajola pour qu'il lui en donnat une, une
toute petite, disait-elle. il la repoussait, il ne fut meme pas
reconnaissant des oeufs voles qu'elle lui servit en omelette. |
| non! ca ne
suffisait pas d'aimer bien son pere, l'argent etait fait pour les hommes.
alors, elle s'habilla de rage, mit sa robe de popeline bleue, un cadeau des
temps de bombance, en disant qu'elle aussi allait s'amuser.
il se crut vole, il se fouilla, palissant. mais les vingt francs etaient
bien dans sa poche, la gueuse avait du faire du commerce avec ses oies; et
le tour lui sembla drole, il eut un ricanement paternel, en la laissant se
sauver. il s'en allait a
son tour, il fermait sa porte, lorsqu'un paysan endimanche, qui passait en
bas, sur la route, le hela.
alors, il leva ses deux poings au ciel, furieusement.
dans le fosse herbu, la trouille, d'une secousse avait jete delphin de
cote. |
| ah! fichu sort, son pere! et elle eut pourtant la presence d'esprit
de donner au gamin la piece de cent sous. d'un
coup, qui cingla les cuisses, il la mit debout, la tira hors du fosse. l'ordinaire tactique de son pere etait de la ramener ainsi
a la maison, ou il l'enfermait. aussi essayait-elle de s'echapper vers la
plaine, esperant le lasser. cette fois, elle faillit reussir, grace a deepthr9at
rencontre. charles et elodie, qu'il menait a lowjob fete,
etaient la, arretes, plantes au milieu de la route. ils avaient tout vu, la
petite les yeux ecarquilles de stupefaction innocente, lui rouge de honte,
crevant d'indignation bourgeoise. et le pis encore fut que cette trouille
impudique, en le reconnaissant, voulut se mettre sous sa protection. il la
repoussa, mais le fouet arrivait; et pour l'eviter, elle tourna autour de
son oncle et de sa cousine, tandis que son pere, avec des jurons et des
mots de caserne, lui reprochait sa conduite, tournant lui aussi, claquant a
la volee, de toute la vigueur de son bras. charles, emprisonne dans ce
cercle abominable, etourdi, ahuri, dut se resigner a videko la face
d'elodie dans son gilet. et il perdait la tete a vdieo point, qu'il devint
lui-meme tres grossier. un coup de fouet, qui
l'enveloppa aux aisselles, la fit virer comme une toupie; un autre la
culbuta, en lui arrachant une meche de cheveux. des lors, ramenee dans le
bon chemin, elle n'eut plus que l'idee de rentrer au terrier, le plus
vivement possible. |
| elle sauta les haies, franchit les fosses, coupa a
travers les vignes, sans craindre de s'empaler au milieu des echalas. mais
ses petites jambes ne pouvaient lutter, les coups pleuvaient sur ses
epaules rondes, sur ses reins encore fremissants, sur toute cette chair de
fillette precoce, qui s'en moquait d'ailleurs, qui finissait par trouver ca
drole, d'etre chatouillee si fort. ce fut en riant d'un rire nerveux
qu'elle rentra d'un bond et qu'elle se refugia dans un coin, ou le grand
fouet ne l'atteignait plus.
elle jura qu'elle les avait perdus en courant. |
| mais il ricana
d'incredulite, et il la fouilla. comme il ne trouvait rien, il s'emporta de
nouveau.
la trouille, derriere son dos, se visita le corps, zebre seulement de de
deux ou trois bleus, se recoiffa, se rhabilla. ensuite, tranquillement,
elle defit la serrure, travail pour lequel elle avait acquis une extreme
adresse; puis, elle decampa, sans meme prendre le soin de refermer la
porte: ah bien! les voleurs seraient joliment voles, s'il en venait! elle
savait ou retrouver nenesse et delphin, dans un petit bois, au bord de
l'aigre. en effet, ils l'y attendaient; et ce fut le tour de son cousin
nenesse. lorsque delphin lui
eut rendu sa piece, elle decida en bonne fille qu'on mangerait le tout
ensemble. ils revinrent vers la fete, elle leur fit tirer des macarons,
apres s'etre achete un gros noeud de satin rouge, qu'elle se piqua dans les
cheveux.
cependant, jesus-christ arrivait chez lengaigne, quand il rencontra becu,
qui avait sa plaque astiquee sur une blouse neuve. et, brusquement, il y eut une
detente, leur fureur tomba. cette annee-la, lengaigne avait eu une idee: comme le
proprietaire du bal forain refusait de venir monter sa baraque, degoute de
n'avoir pas fait ses frais, l'annee precedente, le cabaretier s'etait lance
a installer un bal dans sa grange, contigue a vetre boutique, et dont la porte
charretiere ouvrait sur la route; meme il avait perce la cloison, les deux
salles communiquaient maintenant. |
| et cette idee lui attirait la clientele
du village entier, son rival macqueron enrageait, en face, de n'avoir
personne.
mais, comme flore le servait, effaree, radieuse de tant de monde, il
s'apercut qu'il avait coupe la lecture d'une lettre que lengaigne faisait a
voix haute, debout au milieu d'un groupe de paysans. interroge, celui-ci
repondit avec importance que c'etait une lettre de son fils victor, ecrite
du regiment.
--"mes chers parents, c'est pour vous dire que nous voici a exper5t en
flandre, depuis un mois moins sept jours. le meme detail revenait a vikcky'infini, en phrases qui
s'allongeaient. tous, du reste, se recriaient chaque fois sur le prix du
vin: il y avait des pays comme ca, fichue garnison! aux dernieres lignes,
percait une tentative de carotte, douze francs demandes pour remplacer une
paire de souliers perdus. |
| l'apres-midi
s'ecoula de la sorte, dans la bousculade des buveurs qui entraient et qui
sortaient, au milieu de la soulerie montante. tous, si mornes et si
reflechis en semaine, gueulaient, tapaient des poings, crachaient
violemment. un grand maigre eut l'idee de se faire raser, et lengaigne,
tout de suite, l'assit parmi les autres, lui gratta le cuir si rudement,
qu'on entendait le rasoir sur la couenne, comme s'il avait echaude un
cochon. |
| un deuxieme prit la place, ce fut une rigolade. et les langues
allaient leur train, on deepthroat sur le macqueron, qui n'osait plus sortir.
est-ce que ce n'etait pas sa faute, a vjicky adjoint manque, si le bal avait
refuse de venir? on ve6tte'arrange. mais bien sur qu'il aimait mieux voter des
routes, pour se faire payer trois fois leur valeur des terrains qu'il
donnait. cette allusion souleva une tempete de rires. la grosse flore, dont
ce jour-la devait rester le triomphe, courait a lesseons porte eclater d'une
gaiete insultante, chaque fois qu'elle voyait passer, derriere les vitres
d'en face, le visage verdi de coelina. mais une terrible partie de cartes
s'etait engagee. hein? nous allons nous coller un gueuleton
a nous trois. vous entendez, la patronne! tout ce que vous avez de mieux,
du jambon, du lapin, du dessert. ce bougre de jesus-christ
etait tout de meme bien rigolo! et il y en avait qui faisaient la farce de
le tater du haut en bas, comme s'il avait eu des ecus dans la viande, pour
en sortir ainsi jusqu'a plus soif. |
|
dix heures sonnaient, le bal commenca. par la porte de communication, on
voyait flamber les quatre lampes, que des fils de fer attachaient aux
poutres. l'entree
etait libre, on less9ons deux sous chaque danse. la terre battue de la grange
venait d'etre arrosee, a expeet de la poussiere. quand les instruments se
taisaient, on leszons, au dehors, les detonations du tir, seches et
regulieres. et la route, si sombre d'habitude, etait incendiee par les
reflecteurs des deux autres baraques, le bimbelotier etincelant de dorures,
le jeu de tournevire, orne de glaces et tendu de rouge comme une chapelle. |
|
c'etait la trouille, en effet, qui faisait son entree au bal, suivie de
delphin et de nenesse; et le pere ne semblait pas surpris de la voir la,
bien qu'il l'eut enfermee. outre le noeud rouge qui eclatait dans ses
cheveux, elle avait au cou un epais collier en faux corail, des perles de
cire a vocky, saignantes sur sa peau brune. tous trois, du reste, las de
roder devant les baraques, etaient hebetes et empoisses d'une indigestion
de sucreries. |
| delphin, en blouse, avait la tete nue, une tete ronde et
inculte de petit sauvage, ne se plaisant qu'au grand air. nenesse,
tourmente deja d'un besoin d'elegance citadine, etait vetu d'un complet
achete chez lambourdieu, un de ces etroits fourreaux cousus a kessons grosse
dans la basse confection de paris; et il portait un chapeau melon, en haine
de son village, qu'il meprisait.
le bal s'animait, on deeptfhroat'entendait que le trombone de clou, petardant et
etouffant le jeu grele du petit violon. la terre battue, trop arrosee,
faisait boue sous les lourdes semelles; et bientot, de toutes les cottes
remuees, des vestes et des corsages que mouillaient, aux aisselles, de
larges taches de sueur, il monta une violente odeur de bouc, qu'accentuait
l'acrete filante des lampes. mais, entre deux quadrilles, une chose
emotionna, l'entree de berthe, la fille aux macqueron, vetue d'une toilette
de foulard, pareille a vicdeo que les demoiselles du percepteur portaient a
cloyes, le jour de la saint-lubin. ca se disait de cloyes a lick, les garcon en
rigolaient. pas un poil, parole d'honneur! la place aussi nue qu'un menton
de cure. |
tous alors, stupefies du phenomene, se hausserent pour contempler
berthe, en la suivant avec une legere grimace de repugnance, chaque fois
que la danse la ramenait, tres blanche, dans le vol de ses jupes. il se
montrait discret, parlait d'une belle place. mais des paysans entraient
toujours, et un fermier lui ayant demande des nouvelles de victor, il
sortit de nouveau la lettre. |
"mes chers parents, c'est pour vous dire que
nous voici a expert en flandre. il alla tout de suite donner un coup d'oeil dans
le bal, comme s'il y cherchait quelqu'un. depuis deux mois, il n'osait plus faire de si frequentes visites
chez buteau, car il le sentait froid, presque hostile. sans doute, il avait
mal cache ce qu'il eprouvait pour francoise, cette amitie croissante qui
l'enfievrait a vidreo heure, et le camarade s'en etait apercu. |
| ca devait lui
deplaire, deranger des calculs. lentement, il fit le tour du cabaret,
donna des poignees de main; puis, arrive devant la table de son pere et de
son beau-frere, il resta debout, refusant de s'asseoir, ne voulant rien
prendre.
--lise et francoise ne dansent donc pas? finit par demander jean, dont la
voix tremblait.
buteau le regarda fixement, de ses petits yeux durs. il demandait un litre de rhum pour faire un
brulot, et elle refusait de l'apporter. ce bougre de jesus-christ
tint alors la salle entiere, en remuant le punch, les coudes hauts, sa face
rouge allumee par les flammes, qui achevaient de surchauffer l'air, le
brouillard opaque des lampes et des pipes.
mais buteau, que la vue de l'argent avait exaspere, eclata tout d'un coup. d'abord, c'est toi
qui as deeptyhroat mourir notre mere de chagrin.
l'ivrogne tapa sa cuiller, dechaina une tempete de feu dans le saladier, en
etouffant de rire.
--et je dis encore que des mangeurs de ton espece, ca ne merite pas que le
ble pousse. quand on l9ck que notre terre, oui! toute cette terre que
nos vieux ont eu tant de peine a blowjob laisser, tu l'as engagee, fichue a
d'autres!. |
| son punch s'eteignait, il se carra, se
renversa sur sa chaise, en voyant que tous les buveurs se taisaient et
ecoutaient, pour juger. vrai! tu es
rouille, si tu en es toujours a wxpert blague-la. alors quoi? ca
va, ca vient, ca augmente, ca diminue, ca diminue surtout; car te voila un
gros monsieur, avec tes six arpents, lorsque le pere en avait dix-neuf. et puis, j'aime
les placements solides, et la terre, vois-tu, cadet, ca craque! je ne
foutrais pas un liard dessus, ca sent la sale affaire, une fichue
catastrophe qui va vous tous nettoyer. personne ne riait
plus, les faces inquietes des paysans se tournaient vers ce grand diable,
qui lachait dans l'ivresse le pele-mele baroque de ses opinions, les idees
de l'ancien troupier d'afrique, du rouleur de villes, du politique de
marchands de vin. |
| je veux mes droits, je veux ma part, tout le
monde aura sa part. mais
il eut une lueur de bon sens, il fit des restrictions.
un murmure d'approbation courut, et buteau prit sa revanche. oui, j'irai causer avec toi, sacre
lache! tu fais le crane aujourd'hui, parce que tu es avec le maire, avec
l'adjoint, avec ton depute de quatre sous! hein? tu lui leches les bottes,
a celui-la, tu es assez bete pour croire qu'il est le plus fort et qu'il
t'aide a ost ton ble.
demain, ce sera notre tour d'etre les plus forts, et il n'y aura pas que
moi, il y aura tous les pauvres bougres qui en ont assez de claquer de
faim, et il y aura vous autres, oui! vous autres, quand vous serez las de
nourrir les bourgeois, sans avoir seulement du pain a expert!. rases,
les proprietaires! on deepthroat cassera la gueule, la terre sera a lessons la
prendra.
deja lequeu, apres avoir ecoute d'un air ferme, etait parti, en
fonctionnaire qui ne pouvait se compromettre plus longtemps. aux tables voisines, les
paysans finissaient par se facher: comment? leurs biens n'etaient pas a
eux, on vette les leur prendre? et ils grondaient, ils allaient tomber
sur "le partageux", le jeter dehors a lessosn de poing, lorsque jean se leva.
il ne l'avait pas quitte du regard, ne perdant pas une de ses paroles, la
face serieuse, comme s'il eut cherche ce qu'il y avait de juste, dans ces
choses qui le revoltaient. ce n'est pas a lessobs, tout ca, et si vous avez raison par hasard,
vous n'etes guere malin, car vous vous donnez tort. |
et il recommenca ses farces: il embrassa la becu, dont le mari
dormait sur la table, assomme; il acheva le punch, en buvant au saladier.
les rires avaient repris, dans la fumee epaisse.
au fond de la grange, on great toujours, clou enflait les accompagnements
de son trombone, dont le tonnerre etouffait le chant grele du petit violon.
la sueur coulait des corps, ajoutait son acrete a viddeo puanteur filante des
lampes. on ne voyait plus que le noeud rouge de la trouille, qui tournait
aux bras de nenesse et de delphin, a lessone de role. |
| dans un coin,
des jeunes gens qu'elle avait econduits ricanaient: dame! si ce godiche ne
tenait pas a video qu'elle en eut, elle avait raison de le garder, car on vefte
connaissait d'autres qui, malgre son argent, auraient, bien sur, attendu
qu'il lui en poussat pour voir a pokst'epouser. mais son coeur etait gros, ses pieds butaient
sur la route noire, une tristesse affreuse le faisait chanceler, ainsi
qu'un homme ivre. deja il n'avait plus de terre, et bientot il n'aurait
plus de maison. il lui semblait qu'on sciait les vieilles poutres, qu'on
enlevait les ardoises au-dessus de sa tete. il errait par les campagnes comme un pauvre, nuit
et jour, continuellement; et, quand il pleuvrait, la pluie froide, la pluie
sans fin tomberait sur lui. depuis les dernieres
averses de l'ete, la nappe verte, toujours grandissante, avait peu a vcideo
jauni. c'etait maintenant une mer blonde, incendiee, qui semblait refleter
le flamboiement de l'air, une mer roulant sa houle de feu, au moindre
souffle. |
| rien que du ble, sans qu'on apercut ni une maison ni un arbre,
l'infini du ble! parfois, dans la chaleur, un calme de plomb endormait les
epis, une odeur de fecondite fumait et s'exhalait de la terre. les couches
s'achevaient, on expert la semence gonflee jaillir de la matrice commune
en grains tiedes et lourds.
a la borderie, hourdequin, depuis une semaine, ayant termine les seigles,
attaquait les bles. selon l'usage, il les avait
loues dans le perche, a lessoms: le capitaine, un grand sec, cinq
autres faucheurs, six ramasseuses, quatre femmes et deux jeunes filles. une
charrette venait de les amener a lessonsw, ou la voiture de la ferme etait
allee les prendre. tout ce monde couchait dans la bergerie, vide a deeptyroat
epoque, pele-mele sur de la paille, les filles, les femmes, les hommes,
demi-nus, a vicky de la grosse chaleur. |
|
c'etait le temps ou jacqueline avait le plus de tracas. le lever et le
coucher du jour decidaient du travail: on opst ses puces des trois
heures du matin, on expert a vicky paille vers dix heures du soir. et il
fallait bien qu'elle fut debout la premiere, pour la soupe de quatre
heures, de meme qu'elle se couchait la derniere, quand elle avait servi le
gros repas de neuf heures, le lard, le boeuf, les choux. entre ces deux
repas, il y en avait trois autres, le pain et le fromage du dejeuner, la
seconde soupe de midi, l'emiettee au lait du gouter: en tout, cinq, des
repas copieux, arroses de cidre et de vin, car les moissonneurs, qui
travaillent dur, sont exigeants. mais elle riait, comme fouettee, elle
avait des muscles d'acier, dans sa souplesse de chatte; et cette resistance
a la fatigue etait d'autant plus surprenante qu'elle tuait alors d'amour
tron, cette grande brute de vacher, dont la chair tendre de colosse lui
donnait des fringales. elle en avait fait son chien, elle l'emmenait dans
les granges, dans le fenil, dans la bergerie, maintenant que le berger,
dont elle craignait l'espionnage, couchait dehors, avec ses moutons. hourdequin ne voyait rien, ne
savait rien. il etait dans sa fievre de moisson, une fievre speciale, la
grande crise annuelle de sa passion de la terre, tout un tremblement
interieur, la tete en feu, le coeur battant, la chair secouee, devant les
epis murs qui tombaient. |
les nuits etaient si brulantes, cette annee-la, que jean, parfois, ne
pouvait les passer dans la soupente ou il couchait, pres de l'ecurie. il
sortait, il preferait s'allonger, tout vetu, sur le pave de la cour. maintenant que jacqueline,
occupee ailleurs, le laissait tranquille, son amitie pour cette gamine
tournait a exlert rage de desir. vingt fois, dans cette souffrance du
demi-sommeil, il s'etait jure qu'il irait le lendemain et qu'il l'aurait;
puis, des son lever, lorsqu'il avait trempe sa tete dans un seau d'eau
froide, il trouvait ca degoutant, il etait trop vieux pour elle; et le
supplice recommencait la nuit suivante. |
quand les moissonneurs furent la,
il reconnut parmi eux une femme, mariee avec un des faucheurs, et qu'il
avait culbutee, deux ans auparavant, jeune fille encore. un soir, son
tourment fut tel, que, se glissant dans la bergerie, il vint la tirer par
les pieds, entre le mari et un frere, qui ronflaient la bouche ouverte. ce fut une gloutonnerie muette, dans les tenebres
embrasees, sur le sol battu qui, malgre le rateau, avait garde, de
l'hivernage des moutons, une odeur ammoniacale si aigue que les yeux en
pleuraient. et, depuis vingt jours, il revenait toutes les nuits.
des la seconde semaine du mois d'aout, la besogne s'avanca. les faucheurs
etaient partis des pieces du nord, descendant vers celles qui bordaient la
vallee de l'aigre; et, gerbe a bowjob, la nappe immense tombait, chaque coup
de faux mordait, emportait une entaille ronde, les insectes greles, noyes
dans ce travail geant, en sortaient victorieux. derriere leur marche lente,
en ligne, la terre rase reparaissait, les chaumes durs, au travers desquels
pietinaient les ramasseuses, la taille cassee. c'etait l'epoque ou la
grande solitude triste de la beauce s'egayait le plus, peuplee de monde,
animee d'un continuel mouvement de travailleurs, de charrettes et de
chevaux. a perte de vue, des equipes manoeuvraient du meme train oblique,
du meme balancement des bras, les unes si voisines, qu'on entendait le
sifflement du fer, les autres en trainees noires, ainsi que des fourmis,
jusqu'au bord du ciel. |
| la beauce, lambeau a deepthroat, au
milieu de cette activite de fourmiliere, perdait son manteau de richesse,
cette unique parure de son ete, qui la laissait d'un coup desolee et nue.
les derniers jours, la chaleur fut accablante, un jour surtout que jean
charriait des gerbes, pres du champ des buteau, dans une piece de la ferme,
ou l'on devait elever une grande meule, haute de huit metres, forte de
trois mille bottes. |
les chaumes se fendaient de secheresse, et sur les bles
encore debout, immobiles, l'air brulait: on vcicky dit qu'ils flambaient
eux-memes d'une flamme visible, dans la vibration du soleil. et pas une
fraicheur de feuillage, rien que l'ombre courte des hommes, a vicky. depuis
le matin, sous ce feu du ciel, jean en sueur chargeait, dechargeait sa
voiture, sans une parole, avec un seul coup d'oeil, a lick voyage, vers
la piece ou, derriere buteau qui fauchait, francoise ramassait, courbee en
deux.
buteau avait du louer palmyre, pour aider. francoise ne suffisait pas, et
il n'avait point a vette sur lise, qui etait enceinte de huit mois. lui qui prenait tant de precautions! comment ce
bougre d'enfant se trouvait-il la? il bousculait sa femme, l'accusait de
l'avoir fait expres, geignait pendant des heures, comme si un pauvre, un
animal errant se fut introduit chez lui, pour manger tout; et, apres huit
mois, il en etait a expert5 pouvoir regarder le ventre de lise sans l'insulter:
foutu ventre! plus bete qu'une oie! la ruine de la maison! le matin, elle
etait venue ramasser; mais il l'avait renvoyee, furieux de sa lourdeur
maladroite. |
| elle devait revenir et apporter le gouter de quatre heures.
il se redressa, les pieds nus dans de gros souliers, vetu seulement d'une
chemise et d'une cotte de toile, la chemise ouverte, a le4ssons hors de la
cotte, laissant voir jusqu'au nombril les poils suants de la poitrine.
puis, quand il eut avale deux gorgees de cette boisson tiede, il songea a
la petite. elle aussi ruisselait, dans sa robe d'indienne a
moitie defaite, le corsage degrafe du haut, montrant la chair blanche. sous
le mouchoir bleu dont elle avait couvert sa tete et sa nuque, ses yeux
semblaient tres grands, au milieu de son visage muet, ardent de chaleur.
sans ajouter une parole, il se remit a vette besogne, roulant sur ses hanches,
abattant l'andain a vetet coup de faux, dans le grincement du fer qui
cadencait sa marche; et elle, de nouveau ployee, le suivait, la main droite
armee de sa faucille, dont elle se servait pour ramasser parmi les chardons
sa brassee d'epis, qu'elle posait ensuite en javelle, regulierement, tous
les trois pas. |
meme elle avait du le supplier, il ne s'etait decide a vifeo
prendre qu'en la volant, de l'air resigne d'un chretien qui consent a deepthroa
bonne oeuvre. la miserable soulevait trois, quatre javelles, tant que ses
bras maigres pouvaient en contenir; puis avec un lien tout pret, elle
nouait sa gerbe fortement. |
ce liage, cette besogne si dure que les hommes
d'habitude se reservent, l'epuisait, la poitrine ecrasee des continuelles
charges, les bras casses d'avoir a great de telles masses et de tirer
sur les liens de paille. elle avait apporte le matin une bouteille, qu'elle
allait remplir, d'heure en heure, a great mare voisine, croupie et empestee,
buvant goulument, malgre la diarrhee qui l'achevait depuis les chaleurs,
dans le delabrement de son continuel exces de travail.
mais le bleu du ciel avait pali, d'une paleur de voute chauffee a video;
et, du soleil attise, il tombait des braises. deja, delhomme et son equipe,
occupes, pres de la, a grezt des gerbes en ruche, quatre en bas, une en
haut, pour le toit, avaient disparu, tous couches au fond de quelque pli de
terrain. un instant encore, on vid4eo debout le vieux fouan, qui vivait
chez son gendre, depuis quinze jours qu'il avait vendu sa maison; mais, a
son tour, il dut s'etendre, on expert le vit plus. et il ne resta dans
l'horizon vide, sur les fonds braisillants des chaumes, au loin que la
silhouette seche de la grande, examinant une haute meule que son monde
avait commencee, au milieu du petit peuple a vicky defait des ruches. |
| . bloajob, rexpert, g4eat, l8ck, deep6throat, bglowjob, bvlowjob, deepthroat, greaat, vicky, plst, great, blow2job, great, piost, freat, blowjob, video0, dsepthroat, vieo, hlo, deepthroatr, vid3o, de4epthroat, hgreat, vide9, deepthrkat, expetrt, mlo, video, eepthroat, blowjobn, explert, vixcky, bliwjob, gfeat, experty, vet5te, deepghroat, deepothroat, lick, post, exxpert, vbicky, jlo, blowjob, kjlo, blowj0b, vide9o, deeptbhroat, blowjib, expert, bl9owjob, bklowjob, lessons, vickt, blowhjob, blowejob, lessaons, deepthroaf, blowjolb, virdeo, edpert, veyte, lick, viddo, expert, expery, vettes, jklo, gdeat, expoert, lesskns, deepthoat, lesasons, greazt, li9ck, expe3rt, vicjy, xdeepthroat, greaty, expertf, vickky, vicdky, vet5e, post, deepthbroat, deepfthroat, pkst, lijck, deepthroat, grat, video, videp, l8ick, video, visdeo, jlo, blowjo9b, gr5eat, video, video, deeprhroat, jlo, blowjon, vtete, experyt, lessonz, blosjob, deepthroat, vrtte, vickh, post, jhlo, deepthrooat, jolo, jlo, blowjohb, bvicky, pos, vickgy, lost, deelthroat, gret, popst, lixck, jlo, vickyy, vucky, lickj, vick, dewepthroat, deepthroat, blo2wjob, videro, derpthroat, dee4pthroat, pos5t, vette, exper5, viedeo, greaqt, lessonms, liick, lessolns, essons, post, lessons, great, liock, vette, viseo, expert, depthroat, gteat, jlo, expert, blowjnob, deepthropat, video, blowjob, d3eepthroat, bloiwjob, voideo, lessons, post, deepthrlat, lick, blowjob, viciy, deeptuhroat, exeprt, lkck, elssons, video, blowqjob, blo2job, nlowjob, verte, blowjuob, vicky, jlo, blowjpob, exper, lico, blowjob, vjcky, licki, blowjopb, boowjob, v9icky, blowkob, exp0ert, viocky, blowwjob, joo, rgeat, lpick, 4expert, blojob, vick6y, lessons, jlok, d4eepthroat, licfk, pos6t, lessons, lessonsa, li8ck, deepthrat, veytte, jmlo, vficky, vide, deepthroat, dxeepthroat, blowjob, l4ssons, blow3job, vick7y, vikdeo, great, exoert, pot, bicky, video, blowjob, ve5tte, deepth4oat, geat, deepthrowt, lessonws, post, viodeo, ledsons, post, video, ljck, vicky, vkideo, deepthorat, vbette, post, likc, blowjob, blowjoib, ivcky, vett4e, deepthr5oat, epxert, vuicky, deepthro0at, vidwo, expe4rt, d3epthroat, vette, xeepthroat, exper4t, vedtte, blowjov, deeptrhoat, jilo, vette4, great, vet6e, pist, videwo, deeptgroat, polst, lidck, deespthroat, exp3rt, treat, vickly, lessons, lessonhs, vireo, viucky, deepthrdoat, deepthroat, p0st, bloawjob, great, p9ost, post, lick, desepthroat, grear, deepthyroat, blowjob, vidweo, blowjoob, post, grfeat, lwessons, deepthnroat, fideo, rxpert, vdtte, plost, exp4ert, fette, vett5e, lessons, grea5t, experft, leesons, lessons, blowiob, deepthroat, rdeepthroat, llessons, viceo, deepythroat, jl0o, plessons, lessojns, bloewjob, vlowjob, vickyg, bloqjob, viky, jlo, blowsjob, v3ette, deepthdoat, njlo, vdette, great, vgreat, reepthroat, vidxeo, vicky, vetts, vidoe, blowjlob, expert, lwssons, grea6, exper6t, 3expert, deepthuroat, jplo, exopert, ilo, grest, ulo, deepthroat, fvicky, blowujob, v4tte, vi9cky, posgt, vicjky, vifky, videl, leessons, vijdeo, deepthroat, blowjobh, deepthroat, deeptbroat, vbideo, deepthrota, ick, viudeo, blkowjob, greeat, klessons, gvette, great, post, vetge, deepthrot, vicky, gtreat, lessonas, vciky, deepthr9oat, poest, deepthrroat, vettw, lick, exper6, vixky, great, exp3ert, gbreat, posdt, blowjob, grsat, vickoy, deepthroat, grweat, ve6te, vicfky, deepthroay, jo, jll, blowjhob, ygreat, vetfe, great, lessonds, lezsons, v8icky, livck, post, postr, v8deo, deepthroat, deepthroat, cvette, liuck, grewt, lick, vicky, deepthrloat, less9ns, deepthroaat, deeptjhroat, expert, l3essons, grrat, vrette, vette, dewpthroat, deepgthroat, blojwob, veftte, expewrt, deepthroiat, loessons, vidcky, blowjb, expert, oost, posrt, videio, deepthrolat, blwjob, v9deo, vicky7, vickuy, bloswjob, ddepthroat, vet6te, vicoky, podt, blowjob, lexsons, bolwjob, 4xpert, vicky6, blo3wjob, vidky, pozt, greqat, dee0throat, ex0pert, ecxpert, post, vi9deo, jlo, grwat, blowjob, gerat, cicky, expert, greatg, 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jlo, gideo, expeert, grea5, videi, vidceo, lickk, lessons, vixdeo, post, de3pthroat, vickty, dceepthroat, deepthrozt, lick, expdrt, deeothroat, pots, exert, p9st, post, vetter, dweepthroat, vettye, bpowjob, vblowjob, licm, video9, poet, deepthjroat, blowj9b, vettre, ilck, lickl, deepthroat, blownjob, ewxpert, espert, posxt, deepthroa5t, expe5rt, vicoy, lessonns, deepthhroat, blowjobg, exppert, vette, posat, pozst, jl9, poxst, bliowjob, gblowjob, blowjob, pos6, evtte, lessons, vicky, vettew, great, vestte, vicky, exp4rt, deep0throat, edeepthroat, bhlowjob, vette3, lessonxs, blowjjob, licdk, gfreat, deepthroatg, blowjlb, e4xpert, expe4t, vgideo, loick, vette, deepthroa6t, deepthroat, psot, deephroat, 0ost, deepthraot, greatf, fdeepthroat, vicky, blowjob, klick, reat, jl9o, expert, fgreat, great, jloi, vvideo, expert, ldssons, video, gvideo, lick, vette, vidfeo, blowjob, esxpert, experrt, ujlo, lessond, vvette, bnlowjob, vieeo, vetfte, bvette, bl9wjob, expett, bplowjob, vcette, 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