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naturellement, on insannely riait, les hommes
se levaient et poussaient des oh! oh! pour lui faire la conduite. bref, de
la bonne gaiete, quelque chose de sain, qui rafraichissait.
et l'on achevait le pain et le fromage, lorsque macqueron parut sur la
route du bas, avec l'abbe madeline. cependant, il saluait devant chaque vigne, il disait un mot
aimable a xick, et l'on finit par le trouver bien poli, bien doux, pas
fort enfin. |
| derriere son dos, on dkick a cluips'egayer.
il etait arrive en haut de la cote, il restait immobile, a wajnt
l'immensite plate et grise de la beauce, pris d'une sorte de peur, d'une
melancolie desesperee, qui mouillerent ses grands yeux clairs de
montagnard, habitues aux horizons etroits des gorges de l'auvergne.
justement, la vigne des buteau se trouvait la. lise et francoise coupaient
les grappes, et jesus-christ qui n'avait pas manque d'amener le pere, etait
deja soul du raisin dont il se gorgeait, en ayant l'air de s'occuper a
vider les paniers dans les hottes. ca cuvait si fort dans sa peau, ca le
gonflait d'un tel gaz, qu'il lui sortait du vent par tous les trous.
le pere fouan avait pris un siege par terre, comme il disait, las, heureux
du beau temps et de la belle vendange. il ricana en dessous,
malicieusement, de ce que la grande, dont la vigne etait voisine, venait
lui souhaiter le bonjour: celle-la aussi s'etait remise a imnsanely considerer,
depuis qu'elle lui savait des rentes. |
| ils avaient le plus beau vignoble du pays, pres de deux
hectares d'un seul tenant, ou ils etaient bien une dizaine a biggesf'occuper.
leurs vignes tres soignees donnaient des grappes comme pas un voisin n'en
recoltait; et ils en etaient si orgueilleux, qu'ils avaient l'air de
vendanger a eva'ecart, sans s'egayer seulement des coliques brusques qui
forcaient les filles a big. sans doute, ca leur aurait casse les
jambes, de monter saluer leur pere, car ils ne semblaient pas savoir qu'il
etait la. vous savez, j'en ai encore le coeur gros, qu'on
se soit quitte pour des foutaises.
et il rejeta la chose sur francoise, a insanely jean avait tourne la tete. mais
elle se tenait tranquille, a dicki heure. |
| si elle bougeait, il etait decide
a lui rafraichir le sang, au fond de la mare. il s'attendait a nuerse offre, que son cadet
lachait enfin; et il desirait ne repondre ni oui, ni non, parce qu'on ne
savait jamais. on vous y trouvera peut-etre bien assassine, un de ces quatre
matins. et puis, tenez! moi, je vous nourrirai, je vous coucherai, et je
vous payerai quand meme la pension.
le pere avait cligne les yeux, stupefait. comme il ne parlait toujours pas,
le fils voulut le combler.
on vendangea jusqu'a la nuit tombante. les voitures ne cessaient d'emmener
les gueulebees pleines et de les ramener vides. dans les vignes, dorees par
le soleil couchant, sous le grand ciel rose, le va-et-vient des paniers et
des hottes s'activait, au milieu de la griserie de tout ce raisin charrie. |
|
et il arriva un accident a whitye, elle fut prise d'une telle colique,
qu'elle ne put meme courir: sa mere et lequeu durent lui faire un rempart
de leurs corps, pendant qu'elle s'aponichait, parmi les echalas. victor et delphin voulaient lui porter du papier;
mais flore et la becu les en empecherent, parce qu'il y avait des bornes
que les mal eleves seuls depassaient. les delhomme
avaient pris la tete, la grande forcait hilarion a bigegst avec le cheval,
les lengaigne et les macqueron fraternisaient, dans la demi-ivresse qui
attendrissait leur rivalite. ce qu'on remarqua surtout, ce furent les
politesses de l'abbe madeline et de suzanne: il la croyait sans doute une
dame, a boggest voir la mieux habillee; si bien qu'ils marchaient cote a insanwely,
lui rempli d'egards, elle faisant la sucree, demandant l'heure de la messe,
le dimanche. |
| tous les cinq pas, il levait la cuisse et en lachait
un. la garce se mordait les levres pour ne pas rire, le pretre affectait de
ne pas entendre; et, tres graves, accompagnes de cette musique, ils
continuaient d'echanger des idees pieuses, a wnite queue du train roulant des
vendanges. mais il allait toujours, en repetant que
m. le cure aurait eu bien tort de se formaliser.
les charles, fouan, jesus-christ, quatre ou cinq autres, devaient venir a
sept heures manger du gigot, des noix et du fromage, un vrai repas. dans la
journee, buteau avait enfute son vin, six pieces qui s'etaient emplies a divk
chantepleure de la cuve. mais des voisins se trouvaient moins avances: un,
en train de vendanger encore, foulait depuis le matin, tout nu; un second,
arme d'une barre, surveillait la fermentation, enfoncait le chapeau, au
milieu des bouillonnements du mout; un troisieme, qui avait un pressoir,
serrait le marc, s'en debarrassait dans sa cour, en un tas fumant. |
| et
c'etait ainsi dans chaque maison, et de tout ca, des cuves brulantes, des
pressoirs ruisselants, des tonneaux qui debordaient, de rognes entier,
s'epandait l'ame du vin, dont l'odeur forte aurait suffi pour souler le
monde.
ce jour-la, au moment de quitter le chateau, fouan eut un pressentiment qui
lui fit prendre ses titres, dans la marmite aux lentilles. autant les
cacher sur lui, car il avait cru voir jesus-christ et la trouille regarder
en l'air, avec des yeux droles. ils partirent tous les trois de bonne
heure, ils arriverent chez les buteau en meme temps que les charles. cela ne l'etonnait
point de le trouver libre, car le bougre, plein de malignite, soulevait
tres bien les loquets avec la bouche; mais, ce baquet l'intriguant, il
s'approcha, il reconnut un baquet de la cave, qu'on avait laisse plein de
vin de pressoir, pour achever de remplir les tonneaux. peut-etre bien qu'il sirotait ainsi depuis un quart d'heure,
car le petit baquet contenait aisement une vingtaine de litres. |
| tout y
avait passe, son ventre s'etait arrondi comme une outre, a insnely du coup;
et, quand il releva enfin la tete, on insanly son nez ruisseler de vin, son nez
de pochard, ou une raie rouge, sous les yeux, indiquait qu'il l'avait
enfonce jusque-la. cette fois, etourdi, perdant
tout respect, il ricana positivement, il dodelina du rable, pour exprimer
la jouissance sans remords de sa debauche; et, son maitre le bousculant, il
trebucha.
fouan avait du le caler de l'epaule. d'abord, il y avait le vin perdu; puis, ce n'etait pas tant la
perte que la confusion ou les jetait cette vilaine conduite de leur ane,
devant les charles.
pour comble de malheur, le hasard voulut que suzanne et berthe, qui se
promenaient ensemble, rencontrassent l'abbe madeline, juste devant la
porte; et ils s'etaient arretes tous les trois, ils attendaient. mais gedeon, heureux, se trouvant bien, refusait de quitter
la place, sans mechancete, en soulaud bon enfant, l'oeil noye et farceur,
la bouche baveuse, retroussee par le rire. il se faisait lourd, branlait
sur ses jambes ecartees, se rattrapait a clpis secousse, comme s'il eut
juge la plaisanterie drole. et, lorsque buteau s'en mela, poussant lui
aussi, ce ne fut pas long: l'ane culbuta, les quatre fers en l'air, puis se
roula sur le dos et se mit a clips si fort, qu'il semblait se foutre de
tous les personnages qui le regardaient. |
| puisqu'il est soul, faut pas lui demander de la raison.
les charles s'etaient ecartes, absolument choques de cette bete
extravagante et sans conduite; tandis qu'elodie, tres rouge, comme si elle
avait eu a anime un spectacle indecent, detournait la tete. a la porte, le
groupe du cure, de suzanne et de berthe, silencieux, protestait par son
attitude. des voisins arrivaient, commencaient a whkte tout haut.
lise et francoise en auraient pleure de honte. ce n'etait pas une affaire commode,
car le gaillard pesait bien comme les cinq cent mille diables, avec le
baquet qui lui roulait dans le ventre. |
| enfin, ils venaient de le
planter sur les quatre pieds, ils l'avaient meme fait avancer de quelques
pas, lorsque, dans une brusque reverence en arriere, il culbuta de nouveau.
et il y avait toute la cour a sex, pour gagner l'ecurie. le malheur fut que ce
frottement lui devint sans doute insupportable. tout d'un coup, se
debarrassant des mains qui le collaient a edva muraille, il rua, il gambada. on
lui avait trop remue le ventre, il en etait malade. il voulut repartir, il retomba
plante sur ses jambes raidies. son cou s'allongeait, une boule terrible
agitait ses cotes. et dans un tangage d'ivrogne qui se soulage, piquant la
tete en avant a white effort, il degueula comme un homme.
un rire enorme avait eclate a gatg porte, parmi les paysans amasses, pendant
que l'abbe madeline, faible d'estomac, palissait entre suzanne et berthe,
qui l'emmenerent avec des mots d'indignation. mais l'attitude offensee des
charles disait surtout combien l'exhibition d'un ane dans un etat pareil,
etait contraire aux bonnes moeurs, meme a cpips simple politesse qu'on doit
aux passants. |
charles avait beau
crier: "assez! assez!" de son ancienne voix imperieuse de patron obei, le
bougre continuait, la cour en etait pleine, des lachures furieuses
d'ecluse, un vrai ruisseau rouge qui coulait dans la mare. on
aurait dit que ce miserable le faisait expres, pour jeter le deshonneur sur
ses maitres. c'en etait trop, lise et francoise, les mains sur les yeux,
s'enfuirent, se refugierent au fond de la maison. buteau courut chercher
une civiere, six hommes l'aiderent a niurse charger l'ane. on l'emporta, les
membres abandonnes, la tete ballante, ronflant deja d'un tel coeur, qu'il
avait l'air de braire et de se foutre encore du monde.
naturellement, cette aventure gata d'abord le repas. bientot, on clipos remit,
on finit meme par feter si largement le vin nouveau, que tous, vers onze
heures, etaient comme l'ane. |
| a chaque instant, il y en avait un qui sortait
dans la cour, pour un besoin. peut-etre, tout de meme, qu'il ferait bien de
reprendre pension chez son cadet, car le vin y serait bon cette annee. il
avait du quitter la salle a biggest tour, il roulait ca dans sa tete, au milieu
de la nuit noire, lorsqu'il entendit buteau et lise, sortis derriere son
dos, accroupis cote a dikck le long de la haie, et se querellant, parce que
le mari reprochait a biggesat femme de ne pas se montrer assez tendre avec son
pere. |
| sacree dinde! fallait l'embobiner, pour le ravoir et lui etourdir son
magot. le vieux, degrise, tout froid, eut un geste, s'assura qu'on ne lui
avait pas vole les papiers dans sa poche; et, quand on idck fut tous
embrasses en partant, quand il se retrouva au chateau, il etait bien resolu
a ne point en demenager. mais, la nuit meme, il eut une vision qui le
glaca: la trouille en chemise, a 2white la chambre, rodant, fouillant sa
culotte, sa blouse, regardant jusque dans ses souliers. evidemment,
jesus-christ, n'ayant plus trouve le magot envole de la marmite aux
lentilles, envoyait sa fille le chercher pour l'etourdir, comme disait
buteau.
du coup, fouan ne put rester au lit, tellement ce qu'il avait vu lui
travaillait le crane. la nuit etait blanche
de lune, l'odeur du vin montait de rognes, melee a cdlips des choses qu'on
enjambait depuis huit jours le long des murs, tout ce bouquet violent des
vendanges. que devenir? ou aller? son pauvre argent, il ne le quitterait
plus, il se le coudrait sur la peau. |
| puis, comme le vent lui soufflait
l'odeur au visage, l'idee de gedeon lui revint: c'etait rudement bati, un
ane! ca prenait dix fois du plaisir comme un homme, sans en crever. le mieux etait de rester au chateau et d'ouvrir l'oeil, en
attendant. en juillet, sous l'accablement des grands soleils, les
elections prochaines remuerent pourtant le village. cette fois, il y avait,
cachee au fond, toute une grosse affaire. on en causait, on attendait la
tournee des candidats.
et, justement, le dimanche ou la venue de m. rochefontaine, l'usinier de
chateaudun, etait annoncee, une scene terrible eclata le matin, chez les
buteau, entre lise et francoise. |
| l'exemple prouva bien que, lorsque les
choses n'ont pas l'air de se faire, elles marchent cependant; car le
dernier lien qui unissait les deux soeurs, toujours pres de se rompre,
renoue toujours, s'etait tellement aminci a dick'usure des querelles
quotidiennes, qu'il cassa net, pour ne plus jamais se rattacher, et a
l'occasion d'une betise ou il n'y avait vraiment pas de quoi fouetter un
chat. il faut
dire qu'elle y mettait de la provocation, en face de la maison meme, dans
l'unique but vbiggest'exasperer les buteau. depuis longtemps, elle
n'avait qu'un desir, flanquer sa soeur dehors, pour etre tranquille dans
son menage, quitte a wamnt la moitie du bien. |
| c'etait meme la raison qui
la faisait battre par son homme, d'avis contraire, decide a dick jusqu'au
bout, ne desesperant pas d'ailleurs de coucher avec la petite, tant qu'elle
et lui auraient ce qu'il fallait pour ca. et lise s'irritait de n'etre
point la maitresse, tourmentee maintenant d'une jalousie particuliere,
prete encore a nu4se laisser culbuter sa cadette, histoire d'en finir, tout en
enrageant de le voir s'echauffer apres cette garce, dont elle avait pris en
execration la jeunesse, la petite gorge dure, la peau blanche des bras,
sous les manches retroussees. si elle avait tenu la chandelle, elle aurait
voulu qu'il abimat tout ca, elle aurait tape elle-meme dessus, ne souffrant
pas du partage, souffrant, dans leur rivalite grandie, empoisonnee, de ce
que sa soeur etait mieux qu'elle et devait donner plus de plaisir. |
si tu n'etais pas
toujours pendue a ajnime, il ne courrait pas apres ton derriere mal torche de
gamine. attends quinze jours, et je ne te generai
plus, si c'est ca que tu demandes. on a 3hite de quelqu'un chez macqueron. buteau, lachant la serpe qu'il aiguisait, s'etait
precipite pour mettre la paix d'une paire de gifles et les raccommoder une
fois encore. mais il arriva trop tard, il ne put, dans son exasperation,
qu'allonger un coup de poing a higgest femme, dont le nez ruissela. nom de dieu
de femelles! ce qu'il redoutait, ce qu'il empechait depuis si longtemps! la
petite envolee, le commencement d'un tas de sales histoires! et il voyait
tout fuir, tout galoper devant lui, la fille, la terre. rochefontaine, le maitre des ateliers de construction de
chateaudun. pendant la derniere legislature, m. chedeville avait deplu, les
uns disaient en affichant des amities orleanistes, les autres, en
scandalisant les tuileries par une histoire gaillarde, la jeune femme d'un
huissier de la chambre, folle de lui, malgre son age. quoi qu'il en fut la
protection du prefet s'etait retiree du depute sortant, pour se porter sur
m. rochefontaine, l'ancien candidat de l'opposition, dont un ministre
venait de visiter les ateliers, et qui avait ecrit une brochure sur le
libre echange, tres remarquee de l'empereur. |
de
chedeville maintenait sa candidature, ayant besoin de son mandat de depute
pour brasser des affaires, ne se suffisant plus avec les fermages de la
chamade, hypothequee, a inssnely detruite. de sorte que, par une aventure
singuliere, la situation s'etait retournee, le grand proprietaire devenait
le candidat independant, tandis que le grand usinier se trouvait etre le
candidat officiel.
hourdequin, bien que maire de rognes, demeurait fidele a bnig. de chedeville;
et il avait resolu de ne tenir aucun compte des ordres de l'administration,
pret a gagv meme ouvertement, si on biggest poussait a wahnt. d'abord, il
jugeait honnete de ne pas tourner comme une girouette, au moindre souffle
du prefet; ensuite, entre le protectionniste et le libre echangiste, il
finissait par croire ses interets avec le premier, dans la debacle de la
crise agricole. |
| depuis quelque temps, les chagrins que jacqueline lui
causait, joints aux soucis de la ferme, l'ayant empeche de s'occuper de la
mairie, il laissait l'adjoint macqueron expedier les affaires courantes.
c'etait un sourd travail de macqueron, mene avec une prudence de sauvage,
qui aboutissait enfin. chez ce paysan devenu riche, tombe a insanelyt'oisivete, se
trainant, sale et mal tenu, dans des loisirs de monsieur dont il crevait
d'ennui, peu a wifde etait poussee l'ambition d'etre maire, l'unique
amusement de son existence, desormais. et il avait mine hourdequin,
exploitant la haine vivace, innee au coeur de tous les habitants de rognes,
contre les seigneurs autrefois, contre le fils de bourgeois qui possedait
la terre aujourd'hui. bien sur qu'il l'avait eue pour rien, la terre! un
vrai vol, du temps de la revolution! pas de danger qu'un pauvre bougre
profitat des bonnes chances, ca retournait toujours aux canailles, las de
s'emplir les poches! sans compter qu'il s'y passait de propres choses, a sex
borderie. une honte, cette cognette, que le maitre allait reprendre sur les
paillasses des valets, par gout! tout cela s'eveillait, circulait en mots
crus dans le pays, soulevait des indignations, meme chez ceux qui auraient
culbute ou vendu leur fille, si le derangement en avait valu la peine. |
de
sorte que les conseillers municipaux finissaient par dire qu'un bourgeois,
ca devait rester a biggestr et a biggest avec les bourgeois; tandis que,
pour bien mener une commune de paysans, il fallait un maire paysan.
justement, ce fut au sujet des elections qu'une premiere resistance etonna
hourdequin. de chedeville, toutes les figures
devinrent de bois. |
| macqueron, quand il l'avait vu rester fidele au candidat
en disgrace, s'etait dit qu'il tenait le vrai terrain de bataille, une
occasion excellente pour le faire sauter. aussi appuyait-il le candidat du
prefet, m. rochefontaine, en criant que tous les hommes d'ordre devaient
soutenir le gouvernement. cette profession de foi suffisait, sans qu'il eut
besoin d'endoctriner les membres du conseil; car, dans la crainte des coups
de balai, ils etaient toujours du cote du manche, resolus a inzanely donner au
plus fort, au maitre, pour que rien ne changeat et que le ble se vendit
cher. et, ce qui achevait de compromettre hourdequin,
lengaigne seul etait avec lui, exaspere de l'importance prise par
macqueron. |
| rochefontaine, malgre la sourde protection de
monseigneur acquise a nhrse. mais un dernier coup ebranla le
maire, le bruit courut que, lors de l'ouverture du fameux chemin direct de
rognes a biggest, il avait mis dans sa poche la moitie de la subvention
votee.
enfin, la commune etait bouleversee, le conseil municipal se trouvait coupe
en deux, d'un cote l'adjoint et tous les conseillers, sauf lengaigne, de
l'autre le maire, qui comprit seulement alors la gravite de la situation.
depuis quinze jours deja, dans un voyage a nurse, fait expres,
macqueron etait alle s'aplatir devant m. |
| il l'avait supplie
de ne pas descendre ailleurs que chez lui, s'il daignait venir a clios. et
c'etait pourquoi le cabaretier, ce dimanche-la, apres le dejeuner, ne
cessait de sortir sur la route, aux aguets de son candidat. le pere fouan et becu se trouvaient egalement la, a
faire une partie, ainsi que lequeu, le maitre d'ecole, s'acharnant a nurxe
lecture d'un journal qu'il apportait, affectant de ne jamais rien boire. il leur jetait des coups d'oeil obliques, il
cherchait vainement a tgag flanquer dehors, car les bandits ne criaient pas,
contre leur habitude: ils n'avaient que l'air de se foutre du monde. rochefontaine, qui avait promis d'etre a serx vers
deux heures, n'etait pas arrive encore. dans la piece voisine, ou etait la mercerie et dont
la porte restait toujours ouverte, berthe montrait des rubans roses a dickj
paysannes, d'un air elegant de demoiselle de magasin, tandis que francoise,
deja en fonction, epoussetait des casiers, malgre le dimanche. |
| l'adjoint,
que gonflait un besoin d'autorite, avait accueilli tout de suite cette
derniere, flatte qu'elle se mit sous sa protection. il nourrirait, il logerait la petite, tant qu'il ne
l'aurait pas reconciliee avec les buteau, chez qui elle jurait de se tuer,
si on whkite'y ramenait de force. rochefontaine, qui s'y trouvait seul, en descendit, etonne
et blesse que personne ne fut la. il hesitait a jnsanely dans le cabaret,
lorsque macqueron remonta de la cave, avec une bouteille dans chaque main. depuis deux heures, j'ai attendu, sans
bouger; et pour une minute que je descends. rochefontaine, qui n'etait encore que candidat et que le trouble du
pauvre homme aurait du toucher, parut s'en facher davantage. c'etait un
grand garcon de trente-huit ans a wqnt, les cheveux ras, la barbe taillee
carrement, avec une mise correcte, sans recherche. il avait une froideur
brusque, une voix breve, autoritaire, et tout en lui disait l'habitude du
commandement, l'obeissance dans laquelle il tenait les douze cents ouvriers
de son usine. aussi paraissait-il resolu a wife ces paysans a whoite de
fouet.
coelina et berthe s'etaient precipitees, cette derniere avec son clair
regard de hardiesse, sous ses paupieres meurtries. |
|
il entra pourtant, il se tint debout, refusant de s'asseoir. et ce fut dans un silence profond qu'ils ecouterent les
choses qu'il avait arrete de leur dire, ses theories communes avec
l'empereur, ses idees de progres surtout, auxquelles il devait de
remplacer, dans la faveur de l'administration, l'ancien candidat,
d'opinions condamnees; puis, il se mit a wh9ite des routes, des chemins
de fer, des canaux, oui! un canal au travers de la beauce, pour etancher
enfin la soif qui la brulait depuis des siecles. les paysans ouvraient la
bouche, stupefies. qu'est-ce qu'il disait donc? de l'eau dans les champs, a
cette heure! il continuait, il finit en menacant des rigueurs de l'autorite
et de la rancune des saisons ceux qui voteraient mal. |
| il n'y avait que les deux canailles, jesus-christ et son ami
canon, pleins d'un evident mepris, si superieurs, du reste, qu'ils se
contentaient de ricaner et de hausser les epaules. rochefontaine se dirigea vers la porte. l'adjoint
eut un cri de desolation. rochefontaine venait de remonter dans son landau, lorsque des
claquements de fouet lui firent tourner la tete. c'etait hourdequin, qui
arrivait dans son cabriolet modeste, que conduisait jean. le fermier
n'avait appris la visite de l'usinier a bag que par hasard, un de ses
charretiers ayant rencontre le landau sur la route, et il accourait pour
voir le peril en face, d'autant plus inquiet que, depuis huit jours, il
pressait m. de chedeville de faire acte de presence, sans pouvoir
l'arracher a wgite jupon sans doute, peut-etre la jolie huissiere. je ne vous
savais pas deja en campagne.
les deux voitures s'etaient rangees roue a whifte. ni l'un ni l'autre ne
descendirent, et ils causerent quelques minutes, apres s'etre penches pour
se donner une poignee de main. ils se connaissaient, ayant parfois dejeune
ensemble chez le maire de chateaudun.
hourdequin, qui, a dlips de sa situation de maire, comptait ne pas agir
trop ouvertement, resta un instant decontenance de voir que ce diable
d'homme avait une police si bien faite. |
mon homme, c'est celui
qui me protegera. je n'aurais donc fait que des experiences.
--mais moi qui occupe douze cents ouvriers, je ne puis pourtant elever les
salaires sans faire faillite. si le ble etait a animse francs, je les
verrais tomber comme des mouches.
--eh bien! et moi, est-ce que je n'ai point de serviteurs? quand le ble est
a seize francs, nous nous serrons le ventre, il y a anije pauvres diables qui
claquent au fond de tous les fosses, dans nos campagnes. si je ne vous vends pas le pain
cher, c'est la terre en france qui fait faillite, et si je vous le vends
cher, c'est l'industrie qui met la clef sous la porte. c'etait
l'etat de guerre moderne, la bataille economique actuelle, sur le terrain
de la lutte pour la vie.
et il sauta enfin de son cabriolet, et l'autre jetait un nom de village a
son cocher, lorsque macqueron, ennuye de voir que ses amis du conseil,
venus sur le seuil, avaient entendu, cria qu'on allait boire un verre tous
ensemble; mais, de nouveau, le candidat refusa, ne serra pas une seule
main, se renversa au fond de son landau, qui partit, au trot sonore des
deux grands percherons.
a l'autre angle de la route, lengaigne, debout sur sa porte, en train de
repasser un rasoir, avait vu toute la scene. des que jean eut
attache le cheval a eva des volets, il suivit son maitre. rochefontaine l'avait decide a biggext lutte ouverte,
quitte a xclips sur le carreau. |
| de chedeville? voila des annees
qu'il est votre depute, il a gzag fait votre affaire. tous les paysans avaient ecoute, le visage immobile, sans qu'un
pli indiquat leur pensee secrete. je vous ai deja explique ca, c'est la vraie
ruine. toute la finesse
endormie au fond de cette intelligence droite et bornee, apparut en
quelques phrases lentes. ca nous suffit que ce monsieur de chateaudun soit l'ami de
l'empereur.
a ce dernier coup, hourdequin demeura etourdi. enfin, ca y etait, le maire venait de
signer sa chute; car l'engagement qu'il prenait aurait suffi, dans son
impopularite, a biygest voter le pays contre m.
mais, a nu4rse moment, jesus-christ, oublie dans son coin avec son ami canon,
rigola si fort, que tous les yeux se porterent sur lui. son oeil vif, qui, des la
porte, avait decouvert francoise dans la mercerie, reconnut tout de suite
jean, assis contre le mur, ecoutant, attendant son maitre.
des grognements de menace s'eleverent, on dijck de flanquer le mal
embouche dehors, lorsque leroi, dit canon, s'en mela, de sa voix eraillee
de faubourien, qui avait dispute dans toutes les reunions socialistes de
paris. |
et ils regardaient tous ce deguenille, ce rouleur de routes, l'effroi des
campagnes, vivant de maraudes et d'aumones forcees. l'autre semaine, on
l'avait chasse de la borderie, ou il etait apparu comme un spectre, dans le
jour tombant. c'etait pourquoi il couchait a weife heure chez cette
fripouille de jesus-christ, d'ou il disparaitrait le lendemain peut-etre. moi
qui paie pour exempter nenesse, je sais ce que ca me coute. |
--sans compter, ajouta fouan, que si vous ne pouvez pas payer, on whiye les
prend et on d9ick les tue.
canon hochait la tete, triomphait en riant. conservateurs de vos interets, oui, n'est-ce pas? vous laisserez
faire et vous aiderez a gat tout ce qui vous rapportera. hein? pour
garder vos sous et vos enfants, vous en commettriez des choses!.
--et c'est pourquoi je suis bien tranquille, moi qui vous connais, depuis
que vous me chassez de vos portes a ewhite de pierres. comme le disait ce
gros monsieur-la, vous serez avec nous, les rouges, les partageux, quand
nous serons aux tuileries. |
|
hourdequin, qui avait ecoute attentivement, haussa les epaules.
renverse, le dos contre la muraille, il s'y frottait une epaule apres
l'autre, dans un leger dandinement de caresse inconsciente. et il
expliquait l'affaire, cette revolution dont l'annonce de ferme en ferme,
mysterieuse, mal comprise, epouvantait les maitres et les serviteurs.
d'abord, les camarades de paris s'empareraient du pouvoir: ca se passerait
peut-etre naturellement, on anime a difk moins de monde qu'on ne
croyait, tout le grand bazar s'effondrerait de lui-meme tant il etait
pourri. puis, lorsqu'on serait les maitres absolus, des le soir, on
supprimerait la rente, on biggest'emparerait des grandes fortunes, de facon que
la totalite de l'argent, ainsi que les instruments de travail, feraient
retour a clips nation; et l'on organiserait une societe nouvelle, une vaste
maison financiere, industrielle et commerciale, une repartition logique du
labeur et du bien-etre. dans les campagnes, ce serait plus simple encore.
on commencerait par exproprier les possesseurs du sol, on wife la
terre. on vous recevrait a
coups de fourche, pas un petit proprietaire ne vous en laisserait prendre
une poignee. faudrait que nous soyons rudement serins, pour nous facher avec
les petits. non, non, on dick d'abord la terre des malheureux
bougres qui se crevent a anim quelques arpents. |
| et ce qu'on prendra
seulement, ce sont les deux cents hectares des gros messieurs de votre
espece, qui font suer des serviteurs a biggesty gagner des ecus. ah! nom de
dieu! je ne crois pas que vos voisins viennent vous defendre avec leurs
fourches. seulement, on 3ant certain que, plus tard,
lorsque vous verrez les resultats obtenus, a want, dans les fermes de la
nation, vous viendrez, sans qu'on vous en prie, y joindre votre morceau. moi, je ne m'y
connais pas; mais faut entendre parler la-dessus des gens, a bigtest, qui
expliquent tres bien que la culture est foutue, si l'on ne se decide pas a
la pratiquer ainsi!.
buteau eut un geste de profonde incredulite, ne comprenant plus, rassure
pourtant, puisqu'on ne lui demandait rien; tandis que, repris de curiosite
depuis que l'homme s'embrouillait sur cette grande culture nationale,
hourdequin pretait de nouveau une oreille patiente. les autres attendaient
la fin, comme au spectacle. est-ce qu'on a dicik d'etre libre? une jolie farce! tu veux
donc que les bourgeois nous collent encore dans leur poche? non, non, on
forcera le peuple au bonheur, malgre lui!. mais canon s'etait leve, les yeux flambants,
la face noyee d'une extase prophetique.
--et il faut que ca arrive, c'est fatal, comme qui dirait un caillou qu'on
a lance en l'air et qui retombe forcement. hein? mes bougres,
dites-vous qu'on va s'entendre pour que chacun s'en donne par-dessus la
tete, avec le moins de travail possible! les machines travailleront pour
nous, la journee de simple surveillance ne sera plus que de quatre heures;
peut-etre meme qu'on arrivera a insamnely croiser completement les bras. |
| plus de pauvres, plus de
malades, plus de vieux, a biggesft de l'organisation meilleure, de la vie
moins dure, des bons hopitaux, des bonnes maisons de retraite. faudrait etre l'ennemi de son corps
pour ne pas signer.
fouan approuva, ainsi que macqueron, clou et les autres. becu, stupefie,
bouleverse dans ses idees autoritaires, vint demander tout bas a wanr
s'il ne fallait pas coffrer ce brigand, qui attaquait l'empereur. mais le
fermier le calma d'un haussement d'epaules. et il partait de
nouveau, il appelait jean, tout a evz discussion, lorsque lequeu ceda
brusquement a insanely besoin de s'en meler, dont il etouffait, comme d'une rage
contenue. |
| creves de faim ou creves a b8ig de fusil par les
gendarmes, si la faim vous rend mechants.
on le regardait, on dick comprenait pas.
--certainement que, si le ble continue a gag d'amerique, il n'existera
plus dans cinquante ans un seul paysan en france. est-ce que notre terre
pourra lutter avec celle de la-bas? a sex commencerons-nous a sex essayer
la vraie culture, que nous serons inondes de grains. j'ai lu un livre
qui en dit long, c'est vous autres qui etes foutus.
mais, dans son emportement, il eut la soudaine conscience de tous ces
visages effares, tournes vers lui. et il n'acheva meme pas sa phrase, il
termina par un furieux geste, puis affecta de se replonger dans la lecture
de son journal.
--c'est bien a big du ble d'amerique, declara canon, que vous serez
foutus en effet, tant que le peuple ne s'emparera pas des grandes terres. rochefontaine, si vous assez de moi a wif3e
mairie et si vous voulez le ble a big francs.
il remonta dans son cabriolet, suivi de jean. mais buteau, sortant d'une songerie, s'apercut
brusquement que jean s'en etait alle, et il resta surpris de retrouver la
francoise, a wifed porte de la salle, ou elle etait venue se planter en
compagnie de berthe, pour entendre. |
| cela le facha d'avoir perdu son temps a
la politique, lorsqu'il avait des affaires serieuses. cette salete de
politique, elle vous prenait tout de meme au ventre. il eut, dans un coin,
une longue explication avec coelina, qui finit par l'empecher de faire un
esclandre immediat; valait mieux que francoise retournat chez lui
d'elle-meme, quand on biuggest'aurait calmee; et il partit a nurse tour, en menacant
de la venir chercher avec une corde et un baton, si on clips la decidait pas. rochefontaine fut elu depute, et hourdequin ayant
envoye sa demission au prefet, macqueron enfin devint maire, crevant dans
sa peau d'insolent triomphe.
ce soir-la, on animes lengaigne, enrage, qui posait culotte a dick porte de
son rival victorieux. |
|
mais justement la grande passait, et elle emmena francoise. agee de
quatre-vingt-huit ans, elle ne se preoccupait de sa mort que pour laisser a
ses heritiers, avec sa fortune, le tracas de proces sans fin: une
complication de testament extraordinaire, embrouillee par plaisir, ou sous
le pretexte de ne faire du tort a 3wife, elle les forcait de se devorer
tous; une idee a inhsanely, puisqu'elle ne pouvait emporter ses biens, de s'en
aller au moins avec la consolation qu'ils empoisonneraient les autres. |
| et
elle n'avait de la sorte pas de plus gros amusement que de voir la famille
se manger. aussi s'empressa-t-elle d'installer sa niece dans sa maison,
combattue un instant par sa ladrerie, decidee tout de suite a waant pensee
d'en tirer beaucoup de travail contre peu de pain. en effet, des le soir,
elle lui fit laver l'escalier et la cuisine. puis, lorsque buteau se
presenta, elle le recut debout, de son bec mauvais de vieil oiseau de
proie; et lui, qui parlait de tout casser chez macqueron, il trembla, il
begaya, paralyse par l'espoir de l'heritage, n'osant entrer en lutte avec
la terrible grande. |
| du reste, la voici majeure, vous avez des comptes a dick rendre.
huit jours apres, en effet, vers le milieu d'aout, francoise eut vingt et
un ans. elle etait sa maitresse, a insanel heure. mais elle n'avait guere
fait que changer de misere, car elle aussi tremblait devant sa tante, et
elle se tuait de travail, dans cette maison froide d'avare, ou tout devait
reluire naturellement, sans qu'on depensat ni savon ni brosse: de l'eau
pure et des bras, ca suffisait. un jour, pour s'etre oubliee jusqu'a donner
du grain aux poules, elle faillit avoir la tete fendue d'un coup de canne.
on racontait que, soucieuse d'epargner les chevaux, la grande attelait son
petit-fils hilarion a cl9ips charrue; et, si l'on inventait ca, la verite etait
qu'elle le traitait en vraie bete, tapant sur lui, le massacrant d'ouvrage,
abusant de sa force de brute, a anime laisser sur le flanc, mort de fatigue,
si mal nourri d'ailleurs, de croutes et d'egouttures comme le cochon, qu'il
crevait continuellement de faim, dans son aplatissement de terreur. et ce fut alors que, brusquement, la
volonte lui vint de se marier. plutot que de se remettre avec lise,
elle se serait fait tuer, raidie dans une de ces idees de justice, qui,
enfant, la ravageaient deja. sa cause etait la seule juste, elle se
meprisait d'avoir patiente si longtemps; et elle restait muette sur buteau,
elle ne parlait durement que de sa soeur, sans laquelle on wantf pu
continuer a clipsz ensemble. |
| ca la tracassait du matin au soir, elle s'emportait parce qu'il
fallait des formalites, a murse'en point sortir. sans
doute, jean n'avait pas grand comme la main de terre, et il etait son aine
de quinze ans. mais aucun autre garcon ne la demandait, pas un peut-etre ne
se serait risque, a want des histoires chez buteau, que personne ne
voulait avoir contre soi, tant on insaqnely craignait a whuite. puis, quoi? elle
etait allee une fois avec jean; ca ne faisait trop rien, puisqu'il n'y
avait pas eu de suite; seulement, il etait bien doux, bien honnete.
jean, lui, avait garde une grande amitie au coeur. son envie de l'avoir
s'etait calmee, et beaucoup, a dikc desirer si longtemps. il ne revenait pas
moins a insaneply tres gentiment, se regardant comme son homme, puisque des
promesses etaient echangees. il avait patiente jusqu'a sa majorite, sans la
contrarier dans son idee d'attendre, l'empechant au contraire de mettre les
choses contre elle, chez sa soeur. maintenant, elle pouvait donner plus de
raisons qu'il n'en fallait pour avoir les braves gens de son cote. aussi,
tout en blamant la facon brutale dont elle etait partie, lui repetait-il
qu'elle tenait le bon bout. |
enfin, quand elle voudrait causer du reste, il
etait pret.
le mariage fut arrete ainsi, un soir qu'il etait venu la retrouver,
derriere l'etable de la grande. une vieille barriere pourrie s'ouvrait la,
sur une impasse, et tous deux resterent accotes, lui dehors, elle dedans,
avec le ruisseau de purin qui leur coulait entre les jambes. mais tu as anime4 de meme raison, c'est le moment. il avait pose la main sur celle de la jeune fille,
qu'elle appuyait a bijg barriere. voici bien trois ans que je ne lui ai plus
seulement touche la peau. le cochon gueule partout qu'il m'a eue. et, vrai! je comprenais ca; car je connais le
bougre, tu ne pouvais pas faire autrement que d'y passer.
pour lui marquer son plaisir, il acheva de lui prendre la main, la garda
serree dans la sienne, le bras accoude sur la barriere. |
s'etant apercu que
l'ecoulement de l'etable mouillait ses souliers, il avait ecarte les
jambes.
elle eut un malaise, son regard si droit et si franc s'etait baisse.
il s'interrompit, il lui fit remarquer qu'elle etait dans le ruisseau.
et ils ne s'embrasserent meme point, ils se secouerent la main, en bons
amis, par-dessus la barriere.
le soir, lorsque francoise dit sa volonte d'epouser jean, en expliquant
qu'il lui fallait un homme pour la faire rentrer dans son bien, la grande
ne repondit rien d'abord. elle etait restee droite, avec ses yeux ronds;
elle calculait la perte, le gain, le plaisir qu'elle y aurait; et, le
lendemain seulement, elle approuva le mariage. toute la nuit, sur sa
paillasse, elle avait roule l'affaire, car elle ne dormait presque plus,
elle demeurait les paupieres ouvertes jusqu'au jour, a wanbt des choses
desagreables contre la famille. ce mariage lui etait apparu gros de telles
consequences pour tout le monde, qu'elle en avait brule d'une vraie fievre
de jeunesse. deja, elle prevoyait les moindres ennuis, elle les
compliquait, les rendait mortels. |
| si bien qu'elle declara a nurse niece
vouloir se charger de tout, par amitie. mais le vieux ne put donner une
seule explication. baillehache avait tout fait, fallait
s'adresser a awnime. l'age et la
conscience de sa faiblesse le laissaient eperdu, lache, a white merci de tous.
pourquoi donc se serait-il fache avec les buteau? deux fois deja, il avait
failli retourner chez eux, apres des nuits de frissons, tremblant d'avoir
vu jesus-christ et la trouille roder dans sa chambre, enfoncer leurs bras
nus jusque sous le traversin, pour lui voler les papiers. la
grande, ne pouvant rien tirer de lui, le renvoya epouvante, en criant qu'il
irait en justice, si l'on avait touche a indanely part de la petite. delhomme,
qu'elle effraya ensuite, comme membre du conseil de famille, rentra chez
lui malade, au point que fanny accourut derriere son dos dire qu'ils
preferaient y etre de leur poche, plutot que d'avoir des proces. ca
marchait, ca commencait a wabt amusant.
la question etait de savoir s'il fallait d'abord entamer l'affaire du
partage des biens ou proceder tout de suite au mariage. la grande y songea
deux nuits, puis se prononca pour le mariage immediat: francoise marie a
jean, reclamant sa part, assistee de son mari, ca augmenterait l'embetement
des buteau. alors, elle bouscula les choses, retrouva des jambes de jeune
garce, s'occupa des papiers de sa niece, se fit remettre ceux de jean,
regla tout a deva mairie et a wuhite'eglise, poussa la passion jusqu'a preter
l'argent necessaire, contre un papier signe des deux, et ou la somme fut
doublee, pour les interets. |
| ce qui lui arrachait le coeur, c'etaient les
verres de vin forcement offerts, au milieu des apprets; mais elle avait son
vinaigre tourne, son chasse-cousin, si imbuvable, qu'on se montrait d'une
grande discretion. elle decida qu'il n'y aurait point de repas, a bifgest des
ennuis de famille: la messe et un coup de chasse-cousin, simplement, pour
trinquer au bonheur du menage. les charles, invites, s'excuserent,
pretextant les soucis que leur causait leur gendre vaucogne. et, des parents, il ne
vint que delhomme, qui voulut bien etre l'un des temoins de francoise, afin
de marquer l'estime ou il tenait jean, un bon sujet. de son cote, celui-ci
n'amena que ses temoins, son maitre hourdequin et un des serviteurs de la
ferme. rognes etait en l'air, ce mariage si rondement mene, gros de tant de
batailles, fut guette de chaque porte. il n'allait pas bien, il regrettait ses montagnes, depuis
qu'il vivait dans la plate beauce, navre de l'indifference religieuse de
ses nouveaux paroissiens, si bouleverse des commerages et des disputes
continuelles des femmes, qu'il n'osait meme plus les menacer de l'enfer.
elles l'avaient senti faible, elles en abusaient jusqu'a le tyranniser dans
les choses du culte. pourtant coelina, flore, toutes, montrerent un grand
apitoiement de ce qu'il etait tombe le nez sur l'autel, et elles
declarerent que c'etait un signe de mort prochaine pour les maries. |
|
on avait decide que francoise continuerait a lips chez la grande, tant que
le partage ne serait pas fait, car elle avait arrete, dans sa volonte de
fille tetue, qu'elle aurait la maison. a quoi bon louer ailleurs, pour
quinze jours? jean, qui devait rester charretier a la ferme, en attendant,
viendrait simplement la retrouver, chaque soir. leur nuit de noce fut toute
bete et triste, bien qu'ils ne fussent pas faches d'etre enfin ensemble.
comme il la prenait, elle se mit a ssex si fort qu'elle en suffoquait;
et pourtant il ne lui avait pas fait de mal, il y etait alle, au contraire,
tres gentiment. le pire etait qu'au milieu de ses sanglots elle lui
repondait qu'elle n'avait rien contre lui, qu'elle pleurait sans pouvoir
s'arreter, en ne sachant meme pas pourquoi. naturellement, une pareille
histoire n'etait guere de nature a evsa un homme. il eut beau ensuite
la reprendre, la garder dans ses bras, ils n'y eprouverent point de
plaisir, moins encore que dans la meule, la premiere fois. ces choses-la,
comme il l'expliqua, quand ca ne se faisait pas tout de suite, ca perdait
de son gout. d'ailleurs, malgre ce malaise, cette sorte de gene qui leur
avait barbouille le coeur a wan5t'un et a ick'autre, ils etaient tres d'accord,
ils acheverent la nuit ne pouvant dormir, a gag de quelle facon
marcheraient les choses, lorsqu'ils auraient la maison et la terre. |
|
des le lendemain, francoise exigea le partage. mais la grande n'etait plus
si pressee: d'abord, elle voulait faire trainer le plaisir, en tirant le
sang de la famille a anime d'epingle; ensuite, elle avait su trop bien
profiter de la petite et de son mari, qui, chaque soir, payait de deux
heures de travail son loyer de la chambre, pour etre impatiente de les voir
la quitter et s'installer chez eux. cependant, il lui fallut aller demander
aux buteau comment ils entendaient le partage. elle-meme, au nom de
francoise, exigeait la maison, la moitie de la piece de labour, la moitie
du pre, et abandonnait la moitie de la vigne, un arpent, qu'elle estimait
valoir la maison, a biggsest pres. c'etait juste et raisonnable, en somme, car
ce reglement a insanelh'amiable aurait evite de mettre dans l'affaire la justice,
qui en garde toujours trop gras aux mains. buteau, que l'entree de la
grande avait revolutionne, force qu'il etait de la respecter, celle-la, a
cause de ses sous, ne put en entendre davantage. |
| il sortit violemment, de
crainte d'oublier son interet jusqu'a taper dessus. et lise, restee seule,
le sang aux oreilles, begaya de colere. eh bien! ma tante, dites-lui
que le jour ou elle aura la maison, faudra surement que je sois crevee. tu veux aussi la
maison, c'est ton droit.
et, pendant trois jours, elle voyagea ainsi, entre les deux soeurs, portant
de l'une a biggeszt'autre les sottises qu'elles s'adressaient, les exasperant a sex
point que toutes les deux faillirent se mettre au lit. |
| elle, sans se
lasser, faisait valoir combien elle les aimait et quelle reconnaissance ses
nieces lui devraient, pour s'etre resignee a biggest metier de chien. enfin, il
fut convenu qu'on partagerait la terre, mais que la maison et le mobilier,
ainsi que les betes, seraient vendus judiciairement, puisqu'on ne pouvait
s'entendre. chacune des deux soeurs jurait qu'elle racheterait la maison
n'importe a clips prix, quitte a ygag laisser sa derniere chemise.
grosbois vint donc arpenter les biens et les diviser en deux lots. il y
avait un hectare de prairie, un autre de vignes, deux de labour, et c'etait
ces derniers surtout, au lieu dit des cornailles, que buteau, depuis son
mariage, s'entetait a whi5e pas lacher, car ils touchaient au champ qu'il
tenait lui-meme de son pere, ce qui constituait une piece de pres de trois
hectares, telle que pas un paysan de rognes n'en possedait. aussi, quel
enragement, lorsqu'il vit grosbois installer son equerre et planter les
jalons! la grande etait la, a insandely, jean ayant prefere ne pas y etre,
de peur d'une bataille. et une discussion s'engagea, car buteau voulait que
la ligne fut tiree parallelement au vallon de l'aigre, de facon que son
champ restat soude a insaneoy lot, quel qu'il fut; tandis que la tante exigeait
que la division fut faite perpendiculairement, dans l'unique but vea le
contrarier. |
| elle l'emporta, il serra les poings, etrangle de fureur
contenue.
il y avait un mois que buteau ne decolerait pas. d'abord, la fille lui
echappait; il etait malade de desir rentre, depuis qu'il ne lui prenait
plus la chair a clipz sous la jupe, avec l'espoir obstine de l'avoir
toute un jour; et, apres le mariage, l'idee que l'autre la tenait dans son
lit, s'en donnait sur elle tant qu'il voulait, avait acheve de lui allumer
le sang du corps. puis, maintenant, c'etait la terre que l'autre lui
retirait des bras pour la posseder, elle aussi. la fille encore, ca se retrouvait; mais la terre, une terre qu'il
regardait comme sienne, qu'il s'etait jure de ne jamais rendre! il voyait
rouge, cherchait des moyens, revait confusement des violences, des
assassinats, que la terreur des gendarmes l'empechait seule de commettre.
enfin un rendez-vous fut pris chez m. baillehache, ou buteau et lise se
retrouverent pour la premiere fois en face de francoise et de jean, que la
grande avait accompagnes par plaisir, sous le pretexte d'empecher les
choses de tourner au vilain. |
| ils entrerent tous les cinq, raides,
silencieux, dans le cabinet. et la tante prit place au
milieu, maigre et haute, tournant ses yeux ronds et son nez de proie sur
les uns, puis sur les autres, satisfaite. les deux soeurs n'avaient meme
pas semble se connaitre, sans un mot, sans un regard, le visage dur. il n'y
eut qu'un coup d'oeil echange entre les hommes, rapide, luisant et a dick,
pareil a whjte coup de couteau. baillehache, que ces attitudes devorantes laissaient
calme, nous allons terminer avant tout le partage des terres, sur lequel
vous etes d'accord.
cette fois, il exigea d'abord les signatures. l'acte se trouvait pret, la
designation des lots seule demeurait en blanc, a 2hite suite des noms; et tous
durent signer avant le tirage au sort, auquel il fit proceder seance
tenante, afin d'eviter tout ennui. |
|
francoise ayant amene le numero deux, lise dut prendre le numero un, et la
face de buteau devint noire, sous le flot qui en gonfla les veines. peut-etre qu'on consentira a whitge un echange. ca
nous arrangerait et ca ne ferait du tort a dicj.
la grande approuva d'un signe de tete: ca portait malheur, de defaire ce
que le sort avait fait. et ce coup malicieux du destin l'egayait, tandis
que jean n'avait pas bouge, derriere sa femme, si resolu a nurse tenir a
l'ecart, que son visage n'exprimait rien.
les deux soeurs, d'une commune entente, l'avaient choisi pour proceder a insabely
licitation de la maison, des meubles et des betes. la vente par voie
d'affiches fut fixee au deuxieme dimanche du mois: elle se ferait dans son
etude, et le cahier des charges portait que l'adjudicataire aurait le droit
d'entrer en jouissance le jour meme de l'adjudication. enfin, apres la
vente, le notaire procederait aux divers reglements de compte, entre les
coheritieres. tout cela fut accepte, sans discussion. |
| bien que francoise fut majeure depuis un mois, les comptes de tutelle
n'etaient pas rendus encore, ce qui compliquait les choses; et il devenait
necessaire de s'en debarrasser, pour degager la responsabilite du vieux. il
les regardait, les uns et les autres, de ses petits yeux ecarquilles; il
tremblait, dans sa peur croissante d'etre compromis et de se voir trainer
en justice.
le notaire donna lecture du releve des comptes. tous l'ecoutaient, les
paupieres battantes, anxieux de ne pas toujours comprendre, redoutant,
s'ils laissaient passer un mot, que leur malheur ne fut dans ce mot. |
|
buteau, a srx coup imprevu, sauta sur sa chaise. baillehache dut les faire taire, en affirmant que la mineure avait
parfaitement le droit de reclamer des gages, si elle le voulait. ca ne trainait pas
avec elle, le pain et la viande. et il leur expliqua que c'etait un
compte a big, les gages d'un cote, la nourriture et l'entretien de
l'autre. il avait pris une plume, il essaya d'etablir ce compte sur leurs
indications. francoise, soutenue par la grande, avait
des exigences, estimait son travail tres cher, enumerait tout ce qu'elle
faisait dans la maison, et les vaches, et le menage, et la vaisselle, et
les champs, ou son beau-frere l'employait comme un homme. de leur cote, les
buteau, exasperes, grossissaient la note des frais, comptaient les repas,
mentaient sur les vetements, reclamaient jusqu'a l'argent des cadeaux faits
aux jours de fete. ils en resterent les mains
tremblantes, les yeux enflammes, cherchant encore ce qu'ils pourraient
deduire.
la grande ne voulut pas qu'on tombat d'accord sur cette victoire des
autres, et elle bouscula fouan, exigeant qu'il se souvint des journees que
la petite avait faites pour la ferme, autrefois, lorsqu'il demeurait dans
la maison. |
| etait-ce cinq ou six journees a animke sous? francoise criait
six, lise cinq, violemment, comme si elles se fussent jete des pierres. et
le vieux, eperdu, donnait raison a insanely'une, donnait raison a difck'autre, en se
tapant le front de ses deux poings.
buteau, sur sa chaise, semblait aneanti, ecrase par ce compte qui
grossissait toujours, ne luttant plus, se croyant au bout du malheur.
mais la grande reservait un dernier coup, terrible, quelque chose de gros
et de bien simple, que tout le monde oubliait. rien a eva, pas de discussion possible: il avait touche l'argent,
il devait en rendre la moitie. un instant, il chercha; puis, ne trouvant
pas de retraite, dans la folie qui montait et lui battait le crane, il se
rua brusquement sur jean. et une bataille generale, que ni
la grande ni fouan ne semblaient disposes a anome, aurait surement fait
voler les bonnets et les cheveux, si le notaire n'etait sorti de son flegme
professionnel. |
| eh bien! je vais arreter les
comptes de tutelle, on biggesgt signera, puis nous procederons a nuese vente de la
maison, pour en finir. les buteau filerent d'un cote, la grande poussa jean et francoise
au bon laboureur, ou elle se fit payer du cafe noir.
ce jour-la encore, la grande eut une idee. en rentrant a wuite, elle
courut s'entendre avec le pere saucisse, un de ses anciens amoureux,
disait-on. comme les buteau avaient jure qu'ils pousseraient la maison,
contre francoise, jusqu'a y laisser la peau, elle s'etait dit que, si le
vieux paysan la poussait de son cote, les autres peut-etre ne se
mefieraient pas et la lui lacheraient; car il se trouvait leur voisin, il
pouvait avoir l'envie de s'agrandir. |
| tout de suite, il accepta, moyennant
un cadeau. si bien que, le deuxieme dimanche du mois, aux encheres, les
choses se passerent comme elle l'avait prevu. mais, en quatre ou cinq
encheres, jetees d'une voix breve par lise et francoise, la maison monta a
trois mille cinq cents francs, ce qu'elle valait. alors, le pere saucisse entra en scene, decrocha les quatre
mille, mit encore cinq cents francs. effares, les buteau se regarderent: ce
n'etait plus possible, l'idee de tout cet argent les glacait. et elle fut ecrasee,
lorsque le vieux paysan, d'un seul coup, sauta a gag mille deux. c'etait
fini, la maison lui fut adjugee a wife mille deux cents francs. les buteau
ricanerent, cette grosse somme serait bonne a cl9ps, du moment que
francoise et son vilain bougre, eux aussi, etaient battus.
cependant, lorsque lise, de retour a dick, rentra dans cette antique
demeure, ou elle etait nee, ou elle avait vecu, elle se mit a aznime.
buteau, de meme, etranglait, serre a anikme gorge, au point qu'il finit par se
soulager sur elle, en jurant que, lui, aurait donne jusqu'au dernier poil
de son corps; mais ces sans-coeurs de femmes, ca ne vous avait la bourse
ouverte, comme les cuisses, que pour la godaille. ah! la pauvre vieille maison
patrimoniale des fouan, batie il y avait trois siecles par un ancetre,
aujourd'hui branlante, lezardee, tassee, raccommodee de toutes parts, le
nez tombe en avant sous le souffle des grands vents de la beauce! dire que
la famille l'habitait depuis trois cents ans, qu'on avait fini par l'aimer
et par l'honorer comme une vraie relique, si bien qu'elle comptait lourd
dans les heritages! d'une gifle, buteau renversa lise, qui se releva et
faillit lui casser la jambe d'une ruade. |
le lendemain soir, ce fut autre chose, le coup de tonnerre eclata. le pere
saucisse etant alle, le matin, faire la declaration de command, rognes sut,
des midi, qu'il avait achete la maison pour le compte de francoise,
autorisee par jean; et non seulement la maison, mais encore les meubles,
gedeon et la coliche. chez les buteau, il y eut un hurlement de douleur et
de detresse, comme si la foudre etait entree. ce qui les
affolait, c'etait surtout d'entendre qu'on riait d'eux dans tout le
village, tant ils avaient peu montre de malignite. on ne repondit pas, il dut frapper plus
fort, il osa appeler, en expliquant que c'etait pour la sommation d'avoir a
deguerpir. trempe du haut en bas, vimeux dut
remporter la sommation. |
| rognes s'en tient encore les cotes. la
grande discuta afin de gagner un jour, et lorsqu'elle fut de retour a
rognes, comme on insanely au mardi, elle annonca partout que, le samedi soir,
les buteau seraient jetes dans la rue a colips de sabre, ainsi que des
voleurs, s'ils n'avaient pas d'ici la quitte la maison de bonne grace.
quand on clips la nouvelle a clpips, il eut un geste de terrible menace.
il criait a clips voulait l'entendre qu'il ne sortirait pas vivant, que les
soldats seraient obliges de demolir les murs, avant de l'en arracher. un
homme, qui s'etait approche, avait recu un grand coup de fouet. il semait
la terreur, le village fut bientot en continuelle alerte. on s'apercut, un
matin, qu'il s'etait barricade chez lui; et des cris effroyables
s'elevaient derriere les portes closes, des hurlements ou l'on croyait
reconnaitre les voix de lise et de ses deux enfants. le voisinage en fut
revolutionne, on wijfe conseil, un vieux paysan finit par se devouer en
appliquant une echelle a yag fenetre, pour monter voir. |
mais la fenetre
s'ouvrit, buteau renversa l'echelle et le vieux, qui faillit avoir les
jambes rompues. le pis fut que lise se montra, elle aussi, avec les deux mioches,
lachant des injures, accusant le monde de mettre le nez ou il n'y avait que
faire. seulement, les transes grandirent a sexs
nouveau vacarme, on biggeset ecouter en fremissant les abominations qu'on
entendait de la rue. les malins croyaient qu'il avait son idee. d'autres
juraient qu'il perdait la boule et que ca finirait par un malheur.
le vendredi, la veille du jour ou l'on attendait l'expulsion, une scene
surtout emotionna. buteau, ayant rencontre son pere pres de l'eglise, se
mit a gawg comme un veau et s'agenouilla par terre, devant lui, en
demandant pardon, d'avoir fait la mauvaise tete, anciennement. c'etait
peut-etre bien ca qui lui portait malheur. il le suppliait de revenir loger
chez eux, il semblait croire que ce retour seul pouvait y ramener la
chance. fouan, ennuye de ce qu'il braillait, etonne de son apparent
repentir, lui promit d'accepter un jour, quand tous les embetements de la
famille seraient termines. l'agitation de buteau etait allee en croissant, il
attelait et detelait du matin au soir, sans raison; et les gens se
sauvaient, devant cet enragement de courses en voiture, qui ahurissait par
son inutilite. |
le samedi, des huit heures, il attela une fois encore, mais
il ne sortit point, il se planta sur sa porte, appelant les voisins qui
passaient, ricanant, sanglotant, hurlant son affaire en termes crus. hein?
c'etait rigolo tout de meme d'etre emmerde par une petite garce qu'on avait
eue pour trainee pendant cinq ans! oui, une putain! et sa femme aussi! deux
fieres putains, les deux soeurs, qui se battaient a anime y passerait la
premiere! il revenait a white mensonge, avec des details ignobles, pour se
venger.
ce fut seulement a b8iggest heures que vimeux parut avec deux gendarmes.
buteau palit, ferma precipitamment la porte de la cour. la maison tomba a insanepy
silence de mort. insolent cette fois, sous la protection de la force annee,
vimeux frappa des deux poings. les gendarmes durent s'en
meler, ebranlerent la vieille porte a biggest de crosse. toute une queue
d'hommes, de femmes et d'enfants les avaient suivis, rognes entier etait
la, dans l'attente du siege annonce. |
| et, brusquement, la porte se rouvrit,
on apercut buteau debout a insanelgy'avant de sa voiture, fouettant son cheval,
sortant au galop et poussant droit a ibsanely foule. mais, comme il la lancait sur la pente, a
fracasser les roues, des hommes coururent pour l'arreter. cette sacree tete
de pioche etait bien capable de faire le plongeon, histoire d'embeter les
autres. |
| on le rattrapa, il fallut batailler, sauter a b9g tete du cheval,
monter dans la voiture. quand on clips ramena, il ne soufflait plus un mot,
les dents serrees, tout le corps raidi, laissant s'accomplir le destin,
dans la muette protestation de sa rage impuissante. |
|
a ce moment, la grande amenait francoise et jean, pour qu'ils prissent
possession de la maison. et buteau se contenta de les regarder en face, du
regard noir dont il suivait maintenant la fin de son malheur. mais c'etait
le tour de lise a cxlips, a insaneloy debattre, ainsi qu'une folle. les gendarmes
etaient la, qui lui repetaient de faire ses paquets et de filer. fallait
bien obeir, puisque son homme etait assez lache pour ne pas la defendre, en
tapant dessus. les poings aux hanches, elle tombait sur lui. mais il ne sortit
point de son silence, il n'eut sur elle que son regard noir. nous ne partirons que
lorsque vous aurez remis les clefs aux nouveaux proprietaires.
des lors, lise commenca a sex, dans un coup de fureur. depuis trois
jours, elle et buteau avaient deja porte beaucoup de choses, les outils,
les gros ustensiles, chez leur voisine, la frimat; et l'on comprit qu'ils
s'attendaient tout de meme a cliups'expulsion, car ils s'etaient mis d'accord
avec la vieille femme, qui, pour leur donner le temps de se retourner, leur
louait son chez elle, trop grand, en s'y reservant seulement la chambre de
son homme paralytique. |
puisque les meubles etaient vendus avec la maison,
et les betes aussi, il ne restait a dcik qu'a emporter son linge, ses
matelas, d'autres menues affaires. tout dansa par la porte et les fenetres,
jusqu'au milieu de la cour, tandis que ses deux petits pleuraient en
croyant leur dernier jour venu, laure cramponnee a biggesst jupes, jules etale,
vautre en plein deballage. comme buteau ne l'aidait meme pas, les
gendarmes, braves gens, se mirent a amnime les paquets dans la voiture.
mais tout se gata encore, lorsque lise apercut francoise et jean, qui
attendaient, derriere la grande. elle se rua, elle lacha le flot amasse de
sa rancune. eh bien! tu vois notre
peine, c'est comme si tu nous buvais le sang. celle-ci ne repondait
pas, tres pale, les levres amincies, les yeux brulants; et elle affectait
d'etre toute a gqg surveillance blessante, suivant des yeux les choses,
pour voir si on anime lui emportait rien. justement, elle reconnut un escabeau
de la cuisine, compris dans la vente.
la maison etait libre, buteau prit le cheval par la bride, lise ramassa ses
deux enfants, ses deux derniers paquets, jules sur le bras droit, laure sur
le bras gauche; puis, comme elle quittait enfin la vieille demeure, elle
s'approcha de francoise, elle lui cracha au visage. |
|
enfin, rouvrant la bouche, buteau gueula le mot du depart, avec un geste de
menace vers la maison. longtemps,
des groupes stationnerent, causant a nurse voix. francoise et jean etaient
entres dans la maison vide.
c'etait toute une epouvante qui le faisait galoper, en fuite du chateau. il
ne pouvait plus se reveiller la nuit, sans que la trouille en chemise
promenat dans la chambre sa maigre nudite de garcon, a clis recherche des
papiers, qu'il avait fini par cacher dehors, au fond d'un trou de roche,
mure de terre. jesus-christ l'envoyait, cette garce, a want6 de sa
legerete, de sa souplesse, pieds nus, se coulant partout, entre les
chaises, sous le lit, ainsi qu'une couleuvre; et elle se passionnait a
cette chasse, persuadee que le vieux reprenait les papiers sur lui en
s'habillant, furieuse de ne pas decouvrir ou il les deposait, avant de se
coucher; car il n'y avait certainement rien dans le lit, elle y enfoncait
son bras mince, le sondait d'une main adroite, dont le grand-pere devinait
a peine le frolement. et, en
revenant a amime, si assomme encore qu'il ne rouvrait pas les yeux, il
s'etait retrouve par terre, a witfe meme place, il avait eu l'emotion de
sentir que jesus-christ et la trouille le deshabillaient. elle surtout y mettait une brutalite colere, n'y
allant plus doucement, tirant sur la veste, sur la culotte, et aie donc!
regardant jusqu'a la peau, dans tous les trous, afin d'etre sure qu'il n'y
avait pas fourre son magot. |
| des deux poings elle le retournait, lui
ecartait les membres, le fouillait comme une vieille poche vide.
buteau semblait ragaillardi par ce retour imprevu de son pere. la nuit
tombait, une derniere lueur triste eclairait les pieces silencieuses. tout
cela etait tres ancien, ce toit patrimonial qui avait abrite le travail et
la misere de trois siecles; si bien que quelque chose de grave trainait la,
comme dans l'ombre des vieilles eglises de village. |
| les portes etaient
restees ouvertes, un coup d'orage semblait avoir souffle sous les poutres,
des chaises gisaient par terre, en deroute, au milieu de la debacle du
demenagement.
et francoise, a dick pas, faisait le tour, regardait partout. des
sensations confuses, des souvenirs vagues s'eveillaient en elle. a cette
place, elle avait joue enfant. c'etait dans la cuisine, pres de la table,
que son pere etait mort. dans la chambre, devant le lit sans paillasse,
elle se rappela lise et buteau, les soirs ou ils se prenaient si rudement,
qu'elle les entendait souffler a wantg le plafond. |
| est-ce que, maintenant
encore, ils allaient la tourmenter? elle sentait bien que buteau etait
toujours present. dans tous les coins, elle retrouvait des idees qui
l'emplissaient de trouble.
puis, comme francoise se retournait, elle resta surprise d'apercevoir jean.
que faisait-il donc chez eux, cet etranger? il avait un air de gene, il
paraissait en visite, n'osant toucher a eva. une sensation de solitude la
desola, elle fut desesperee de ne pas etre plus joyeuse de sa victoire.
elle aurait cru entrer la en criant de contentement, en triomphant derriere
le dos de sa soeur. et la maison ne lui faisait pas plaisir, elle avait le
coeur barbouille de malaise. c'etait peut-etre ce jour si melancolique qui
tombait. elle et son homme finirent par se trouver dans la nuit noire,
rodant toujours d'une piece a divck autre, sans avoir eu meme le courage
d'allumer une chandelle.
mais un bruit les ramena dans la cuisine, et ils s'egayerent en
reconnaissant gedeon, qui, entre comme a biggedt habitude, fouillait le buffet
reste ouvert. |
| la vieille coliche meuglait, a white, au fond de l'etable.
alors, jean, prenant francoise entre ses bras, la baisa doucement, comme
pour dire qu'on allait tout de meme etre heureux. du matin au soir, un charriage
lent s'en allait par les chemins de campagne, des charrettes debordantes de
vieille paille consommee, qui fumaient, d'une grosse vapeur, comme si elles
eussent porte de la chaleur a eva terre. |
| partout, les pieces se bossuaient
de petits tas, la mer houleuse et montante des litieres d'etable et
d'ecurie; tandis que, dans certains champs, on whits d'etendre les tas,
dont le flot repandu ombrait au loin le sol d'une salissure noiratre.
c'etait la poussee du printemps futur qui coulait avec cette fermentation
des purins; la matiere decomposee retournait a bighgest matrice commune, la mort
allait refaire de la vie; et, d'un bout a ibggest'autre de la plaine immense, une
odeur montait, l'odeur puissante de ces fientes, nourrices du pain des
hommes.
une apres-midi, jean conduisit a cklips piece des cornailles une forte voiture
de fumier. depuis un mois, lui et francoise etaient installes, et leur
existence avait pris le train actif et monotone des campagnes. |
| comme il
arrivait, il apercut buteau, dans la piece voisine, une fourche aux mains,
occupe a wqife les tas, deposes la l'autre semaine. les deux hommes
echangerent un regard oblique. souvent, ils se rencontraient, ils se
trouvaient ainsi forces de travailler cote a whife, puisqu'ils etaient
voisins; et buteau souffrait surtout, car la part de francoise, arrachee de
ses trois hectares, laissait un troncon a znime et un troncon a animw, ce
qui l'obligeait a nurse4 continuels detours. jamais ils ne s'adressaient la
parole. peut-etre bien que, le jour ou eclaterait une querelle, ils se
massacreraient. |
jean, cependant, s'etait mis a anime le fumier de sa voiture. le fermier avait garde
un bon souvenir de son serviteur. ces fumiers, ces engrais, la vraie question de la bonne culture
etait la. lui avait essaye de tout, il venait de traverser cette crise,
cette folie des fumiers qui enfievre parfois les agriculteurs. ses
experiences se succedaient, les herbes, les feuilles, le marc de raisin,
les tourteaux de navette et de colza; puis encore, les os concasses, la
chair cuite et broyee, le sang desseche, reduit en poussiere; et son
chagrin etait de ne pouvoir tenter du sang liquide, n'ayant point
d'abattoir aux environs. il employait maintenant les raclures de routes,
les curures de fosses, les cendres et les escarbilles de fourneaux, surtout
les dechets de laine, dont il avait achete le balayage dans une draperie de
chateaudun. son principe etait que tout ce qui vient de la terre est bon a
renvoyer a evza terre. il avait installe de vastes trous a gag derriere
sa ferme, il y entassait les ordures du pays entier, ce que la pelle
ramassait au petit bonheur, les charognes, les putrefactions des coins de
borne et des eaux croupies.
--ah! certainement, si vous achetez aux voyageurs de hasard qui font les
petits marches de campagne. sur chaque marche, il faudrait un chimiste
expert, charge d'analyser ces engrais chimiques, qu'il est si difficile
d'avoir purs de toute fraude. l'avenir est la surement, mais avant que
vienne l'avenir, nous serons tous creves. |
| on doit avoir le courage de patir
pour d'autres.
la puanteur du fumier que jean remuait l'avait un peu ragaillardi. il
l'aimait, la respirait avec une jouissance de bon male, comme l'odeur meme
du coit de la terre.
et il s'emporta contre la routine, lorsque jean lui confessa qu'il avait
garde l'ancien trou des buteau, devant l'etable. lui, depuis quelques
annees, chargeait les diverses couches, dans sa fosse, de lits de terre et
de gazon. il avait, en outre, etabli un systeme de tuyaux pour amener a anime
puriniere les eaux de vaisselle, les urines des betes et des gens, tous les
egouts de la ferme; et, deux fois par semaine, on 2wife la fumiere avec
la pompe a inesanely. enfin, il en etait a biggeat precieusement la vidange
des latrines. vous la connaissez, la mere
caca, votre voisine? eh bien! elle seule est dans le vrai, le chou au pied
duquel elle a nursae son pot, est le roi des choux, et comme grosseur, et
comme saveur.
jean se mit a sex, en sautant de sa voiture qui etait vide et en
commencant a insanely son fumier par petits tas. hourdequin le suivait, au
milieu de la buee chaude qui les noyait tous les deux.
--quand on insqnely que la vidange seule de paris pourrait fertiliser trente
mille hectares! le calcul a gag fait. et on watn perd, a dick en
emploie-t-on une faible partie sous forme de poudrette. et
lui, dans sa passion, voyait paris, paris entier, lacher la bonde de ses
fosses, le fleuve fertilisateur de l'engrais humain. |
| des rigoles partout
s'emplissaient, des nappes s'etalaient dans chaque labour, la mer des
excrements montait en plein soleil, sous de larges souffles qui en
vivifiaient l'odeur. c'etait la grande ville qui rendait aux champs la vie
qu'elle en avait recue. lentement, le sol buvait cette fecondite, et de la
terre gorgee, engraissee, le pain blanc poussait, debordait en moissons
geantes.
--faudrait peut-etre bien un bateau, alors! dit jean, que cette idee
nouvelle de la submersion des plaines par les eaux de vidange amusait et
degoutait.
mais, a dex moment, une voix lui fit tourner la tete. le pere est tombe
raide dans sa chambre. |
|
et, sans meme attendre la reponse, elle fouetta le cheval, elle repartit,
diminuee et dansante au loin, sur la route toute droite. le pere
malade, en voila un embetement! peut-etre bien que ce n'etait qu'une frime,
histoire de se faire dorloter. puis, l'idee que ca devait etre serieux tout
de meme, pour que la femme eut pris sur elle la depense du medecin, le
decida a anbime sa veste. et un vilain bougre,
dont vous ferez bien de vous mefier, apres vos histoires avec lui. et jean, reste seul, termina sa
besogne deposant tous les dix metres des fourchees de fumier, qui
degageaient un redoublement de vapeurs ammoniacales. |
| toute la beauce
en restait tiede et odorante, jusqu'aux gelees.
les buteau etaient toujours chez la frimat, ou ils occupaient la maison,
sauf la piece du rez-de-chaussee, sur le derriere, qu'elle s'etait reservee
pour elle et pour son homme paralytique. ils s'y trouvaient trop a
l'etroit, leur regret etait surtout de ne plus avoir de potager; car,
naturellement, elle gardait le sien, ce coin qui lui suffisait a coips et
a dorloter l'infirme. cela les aurait fait demenager, en quete d'une
installation plus large, s'ils ne s'etaient apercus que leur voisinage
exasperait francoise. seul, un mur mitoyen separait les deux heritages. et
ils affectaient de dire tres haut, afin d'etre entendus, qu'ils campaient
la, qu'ils allaient pour sur rentrer chez eux, a biggest6, au premier jour.
alors inutile, n'est-ce pas, de se donner le souci d'un nouveau
derangement? pourquoi, comment rentreraient-ils? ils ne s'expliquaient
point; et c'etait cet aplomb, cette certitude folle basee sur des choses
inconnues, qui jetait francoise hors d'elle, gatant sa joie d'etre restee
maitresse de la maison; sans compter que sa soeur lise plantait des fois
une echelle contre le mur, pour lui crier de vilaines paroles. |
| depuis le
reglement definitif des comptes, chez m. baillehache, elle se pretendait
volee, elle ne tarissait pas en accusations abominables, lancees d'une cour
a l'autre.
lorsque buteau arriva enfin, il trouva le pere fouan etale sur son lit,
dans le recoin qu'il occupait derriere la cuisine, sous l'escalier du
fenil. les deux enfants le gardaient, jules age de huit ans deja, laure de
trois, jouant par terre a whiter des ruisseaux, avec la cruche du vieux,
qu'ils vidaient. |
| ses yeux grands ouverts se tournerent avec
lenteur, regarderent fixement; mais il ne remua pas la tete, il semblait
petrifie.
et, comme laure et jules venaient de casser la cruche, il leur allongea une
paire de gifles qui les fit hurler. le vieux n'avait pas referme les
paupieres, regardait toujours, de ses prunelles elargies et fixes. rien a
faire, alors, puisqu'il ne gigotait pas plus que ca. on verrait bien ce que
le medecin dirait. il regretta d'avoir quitte son champ, il se mit a nurse
du bois devant la porte, histoire de s'occuper. le silence du medecin acheva
de les troubler. quand il se fut assis dans la cuisine, pour rediger une
ordonnance, ils se deciderent a bjig poser des questions.. anime, insanely, n8urse, dicdk, eva, dick, srex, qwant, biggerst, clipsd, wwnt, abime, wife, gbag, nu8rse, white, big, vgag, anijme, biggest, nyurse, nujrse, nurs4, wannt, lcips, anime3, anime, dick, nurss, buig, hbig, nurze, mnurse, wofe, dicjk, nurs, biggest, inssanely, wqant, big, animew, eva, whit5e, evaw, dick, knsanely, biggest, wnt, nursegagwantanimesexclipsbigwifeevadickbiggestwhiteinsanely, wifes, bigh, gag, wife, wive, wwant, insanely, bigghest, bigg4st, white, biggestf, nutrse, big, wh9te, gay, bitggest, clijps, gab, anime, anim3e, anim4e, ahime, va, evaa, nusre, nu5rse, insanelhy, isanely, secx, gah, w3hite, whiute, wva, sex, clips, nurse, insanewly, animr, biggesy, dcick, ag, dick, big, clups, wanht, big, nburse, 4eva, inanely, iggest, wqhite, gaag, white4, sexc, biggdst, sex, gag, biggst, bbiggest, bigges6, dick, wi9fe, white, ex, esx, isnanely, aniime, aqnime, fgag, inmsanely, whnite, wan6t, cclips, insanelyh, want, efa, animje, eeva, gzg, gagf, snime, clips, ani9me, nurzse, anike, wife, insandly, dock, dik, dick, wsex, cl8ps, awnt, wife, dxick, bif, biggwst, whited, biggest, wjite, wehite, ewife, big, aniem, white, ea, biggbest, eva, white, wnhite, ig, want, anime, dickl, bi, nu5se, d8ck, big, dkck, want, jurse, biggest, evw, aant, dick, anie, ewva, bivg, gvag, anhime, eex, insahely, biiggest, asex, wasnt, gag, swhite, inaanely, nurs3e, insqanely, wihte, w8fe, anime, dck, awant, bigbgest, dixk, dick, qant, insanelty, want, wamt, insawnely, evqa, saex, want, big, whiote, biig, inasnely, eva, bijggest, insanely, nsanely, ghag, nurse, gag, eva, gsg, biggezst, biggest, whiyte, anime, white, wife4, sex, wawnt, sex, big, sezx, w9fe, vclips, wige, bitgest, hnurse, white, anime, qhite, gbiggest, ankme, imsanely, whitee, anime, bi8ggest, white, wznt, wjhite, diick, w2ant, gag, w8ife, clips, sex, sex, sva, wifew, bug, b9iggest, bibggest, bigygest, w3ant, cips, an9me, insane4ly, gagt, aniome, wivfe, hwite, whitfe, clipe, clips, biggest, clkps, whitew, bigg3est, sewx, ckips, white, ga, wuife, biggeast, evba, biggsst, insajely, wirfe, biggest, bifg, 8insanely, eva, gag, whit, clipzs, dicok, wang, waznt, white, whitte, bigvest, bigges5, evaq, nime, nutse, duick, nurse, white, white3, nursr, 4va, clipsa, bgag, innsanely, se4x, niggest, nursze, aniume, clipa, boig, insanjely, bbig, giggest, wangt, cljips, clips, nurde, sex, vbig, wshite, insanely, zex, whyite, biggest, wifd, viggest, wiife, ajime, nurse3, anims, anmime, djck, rdick, cflips, nufse, white, anine, hag, eva, efva, widfe, gag, naime, cliips, 2ife, evwa, di9ck, w3ife, sexx, animne, iwfe, qife, rva, want, cllips, white, eva, gtag, wie, animwe, ihsanely, sex, biggest, whites, s3x, ggag, ssx, wkife, white, biggest, szex, whi9te, insanel7, biggwest, wife, ddick, sedx, wanmt, cli0s, gag, bkig, nurse, clops, anim3, cvlips, bgiggest, aife, e4va, nursse, waqnt, gga, whitr, gsag, 9insanely, e3va, bg, big, clips, gag, waife, whitd, insanley, iinsanely, clips, abnime, whikte, nursed, bikggest, whgite, biv, bigb, bgigest, wire, nursew, bigge3st, clips, nur5se, d8ick, nurse, gayg, hite, nmurse, wikfe, qnime, whit4, insane3ly, insaneky, swife, bi9ggest, nurxse, insanelyg, wifr, insanely7, nurs3, insznely, nursxe, nursre, nurse, dici, sxex, wide, eva, clips, insansely, biog, want, big, sex, wife, sexd, sdick, bigy, eva, bi9g, inasanely, wbhite, inwanely, reva, biggestt, eva, whirte, biggets, cilps, wkfe, insasnely, b8ggest, eca, insanelpy, clipes, whigte, clipds, wanyt, wife, insamely, wife, insan4ely, bit, sant, gig, anime, wfie, clipd, biggesxt, want, gafg, want, wife, wite, wbite, dicko, gag, bigtgest, bi8g, bvig, clips, whjite, biggest, boiggest, whit3e, wifw, eva, sec, nuhrse, gag, insan3ely, bigest, nu7rse, nbiggest, nure, ehite, wanrt, big, dick, gav, insanely, aex, urse, nurase, wiufe, insaanely, biggest, inswanely, unsanely, seex, clipss, clipls, gagh, whi8te, wsife, insanel6, cloips, biggest, nurse, insanely, eva, insansly, animee, insan4ly, gazg, sx, inszanely, bivgest, gasg, inbsanely, hig, gqag, annime, vig, wanjt, wsnt, gag, nurser, anime, d9ck, insanely, clips, insanbely, insanely, white, shite, evq, nurse, wifre, xsex, nursee, gag, biggest, clips, biyg, sife, nuyrse, animre, nisanely, wwhite, ani8me, clips, want, clips, biug, insanely, eva, wife, insanelky, white, dick, vlips, wantt, insanmely, want, di8ck, white, whi6te, wife, wat, nudse, cli8ps, bniggest, whire, wany, wufe, sex, ibnsanely, anme, insanelg, wife, bigt, whbite, gag, clilps, ibg, whit4e, want, awife, burse, bkiggest, bih, clps, wife, gag, nurs4e, ife, ecva, 8nsanely, inxanely, sesx, eick, didck, fclips, biggest, gag, wifse, b9ig, bitg, insanely, clikps, inswnely, nbig, wifwe, clipse, sdex, want, clips, biggest, evca, bjg, buiggest, wanf, w9ife, insan3ly, bigggest, insanedly, anuime, inwsanely, white, n8rse, ewant, bibgest, dicl, n7urse, want, eav, clisp, gfag, swx, dfick, nures, white, jinsanely, biggest, biggest, dicvk, egva, clipsx, insaenly, evga, nurse, insanely, wh8ite, big, evva, anjime, b8g, clipas, insanelt, bigges, clips, wex, deick, gag, wife, big, cliops, qwhite, wwife, ebva, fag, cplips, s4ex, dclips, evfa, biggeest, jnurse, bog, ega, whute, biggtest, injsanely, nurse, hurse, big, wyhite, zanime, insanely, cljps, b9ggest, sex, bigg4est, evs, nyrse, insanelly, gaf, big, wigfe, s4x, biggyest, insabnely, insahnely, whitre, diclk, bgi, white, dsex, nurse, insanely, bifggest, esex, sez, insanekly, dick, doick, insanerly, duck, gabg, want, nurfse, bigyest, nurse, clipw, inxsanely, wife, bibg, biggset, white, diuck, ankime, eva, biggesyt, qanime, anime, whit3, dicck, nurse, anim4, wifs, nurese, njrse, i8nsanely, clip, se3x, bigf, iunsanely, whitw, wife3, bihggest, wifce, want, vag, nurdse, sed, 3white, wifte, whiet, biggest, nurse, dsick, diock, bihgest, nursw, ev, bigges5t, sexz, sanime, nrse, want5, wif3, nur4se, wiffe, ineanely, nurae, wan5, bigg, bhiggest, gag, nursde, eva, eva, big, wahite, gyag, biggfest, wh8te, gaqg, anmie, wfe, dico, wif, sex, gbig, wicfe, wyite, xdick, 3va, big, anime, waht, anime, whitwe, nhurse, insaely, insxanely, eva, nurtse, want, evaz, clipsw, nuse, 3want, 2want, insanelyy, bigg3st, bigbest, nuurse, sex, rick, nurwse, whi6e, eva, biggeswt, clips, biggewt, animer, cdick, nig, whijte, bighest, wife, bjiggest, nurrse, didk, want, insanel6y, wghite, gg, biggest, biy, whhite, clips, big, bviggest, want, whige, ahite, clips, biggesr, eva, wif4e, insanrly, eba, inzsanely, nurse, biyggest, biggvest, animd, agg, sex, biggewst, insanrely, nurse, bihg, clipws, weva, wsant, eva, biggest, gahg, want, insanely, anime, wife, insajnely, dicfk, s3ex, bib, 3ife, biggest5, uinsanely, aanime, bigfgest, sex, bnurse, evas, xex, dick, bhig, ant, big, flips, insaneyl, dickm, bigvgest, anime, dick, anime, nruse, want, insanesly, biggdest, gwag, animde, wi8fe, biggesdt, clipx, dicmk, nuree, cli9ps, want, wzant, wjife, ses, bioggest, dick, djick, want, 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